Quand Abdelaziz Bouteflika ne sait plus quoi faire

La démocratie et la diversification de son économie, voilà ce qui manque à l’Algérie, non une énième constitution bâclée dans des salons feutrés.

Il y a quelques années, lors d’une visite officielle dans notre pays, le président de la Banque mondiale n’a pas hésité à rappeler aux Algériens les graves dangers qu’ils encourent en ne comptant que sur les recettes des hydrocarbures. Mais les prix du pétrole étaient tellement élevés que les propos du président de la BM ont eu l’effet d’un prêche dans le désert. C’était l’époque bénie où l’argent coulait à flots. C’était aussi l’époque où on chantait inlassablement cette antienne : l’ère du pétrole à moins de cent dollars est révolue.

Rassurés qu’ils étaient, nos gouvernants avaient commencé alors à dépenser sans compter. Tout y passera : de l’autoroute la plus chère au monde, à la troisième plus grande mosquée au monde, en passant par l’effacement des dettes de pays du tiers monde. Devenu une sorte de filon, notre pays verra les grands dirigeants de ce monde se bousculer à son portillon. Les uns viendront pour du pétrole, d’autres pour des crédits, d’autres encore pour des parts de marché pour leurs produits de pacotille. Très malins, certains d’entre eux useront de flatteries envers le Président en le présentant comme quelqu’un de très expérimenté auquel on demande conseils et orientations, non pas pour ses beaux yeux bleus mais pour leurs intérêts matériels.

Et le ballet diplomatique se poursuivra ainsi de longues années, jusqu’au jour où, en se levant le matin, les Algériens découvrent avec effroi que le prix du pétrole a commencé à chuter inexorablement, que les grands de ce monde ont subitement oublié la destination Algérie et que nous n’avons désormais que nos yeux pour pleurer sur notre sort qui dépond à 95 % du pétrole.

Certes, il arrive à tout dirigeant qui se respecte de se tromper, de passer à côté de son sujet ou de ne pas voir venir le danger, mais le même dirigeant, pragmatique qu’il est, prend immédiatement les mesures qui s’imposent, allant parfois jusqu’à démissionner. Et ça marche presque à tous les coups. Il n’y a qu’à voir ce qui se passe dans le football pour comprendre qu’il suffit parfois d’un changement de staff pour provoquer le déclic, et voir ainsi le club remonter allégrement dans le classement.

Une chose est sure cependant, nos gouvernants ne sont pas prêts de reconnaître leur échec et continuent donc à soutenir mordicus qu’ils sont les seuls à même de sortir le pays de son impasse. Nous voulons bien les croire, mais des questions simples se posent et méritent des réponses claires, précises et sans détours. Si on n’a pas réalisé grand-chose en quinze ans avec un pétrole largement au dessus de cent dollars, qu’en sera-t-il avec un baril à moins de cinquante dollars ?

En réalité, nos gouvernants ont d’autres chats à fouetter. Rompus à l’art de gouverner par la ruse de paysans, ils ne sont obnubilés que par une chose : se maintenir au pouvoir, quitte à devenir la risée du monde. Quitte aussi à croiser le fer par sbires interposés avec tout empêcheur de gouverner en rond. Les sorties médiatiques du secrétaire général du FLN à la veille du quatrième mandat en sont l’illustration parfaite.

Le plus aberrant reste toutefois cette propension à vouloir changer de constitution. Chadli Bendjedid l’a changée, Liamine Zeroual et Abdelaziz Bouteflika ont fait de même, mais aucun d’entre eux n’est arrivé à diversifier l’économie algérienne. Du coup, on est tenté de dire que quand ils ne savent plus quoi faire, nos gouvernants changent de constitution.

Pauvres présidents des USA qui se sont succédé à la Maison Blanche, sans jamais penser à amender la constitution américaine de façon à rester à vie aux commandes de la première puissance mondiale !

Ahcène Bettahar

Rédaction
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14 commentaires

  1. Connaissez vous une personne ou un groupe de personnes qui résolvent les problèmes qu'il génèrent et programment eux mêmes, c'est contre nature, on ne peut pas être à la fois le problème et la solution, il est évident que ce pouvoir ne changera jamais, que le peuple restera lâche dans sa large majorité, le caractère volage du second explique en grande partie l'obstination du premier, en attendant le naufrage, tout le monde fait semblant d'occuper correctement sa fonction, le voleur vide les caisses, l'idiot rempli sa panse par la semoule et le lait en poudre.

  2. Celui qui aime s'entourer de meutes de coyotes … n'a pas intéret à fermer les yeux un seul moment …

  3. Depuis qu' ils ont pris le pouvoir de force en 1962 ils n 'arrêtent pas de nous sortir de leur chapeau , un lapin après l 'autre, pour masquer leurs échecs et continuer la fuite en avant afin de garder le pouvoir.

  4. L'ancienne Constitution est dédiée à la République socialiste et consacre le régime socialiste dans toute sa rigueur tel qu'il a été proclamé et rêvé par nos glorieux chouhadas (et chahidates )et les valeureux moudjahidines et moudjahidates. La nouvelle Constitution sera dédiée à l'économie turbocapitaliste bénie par l'intégrisme religieux ; à la grande bourgeoisie campradore montante et ses convoitises néocoloniales.Un nouveau code de domination néocolonialiste qui va délimiter les zones et faire retourner la majorité à la condition d'indigène et de colonisé.

  5. Cet article montre que ce n’est pas un problème d’hommes (présidents) mais un problème de système. En d’autres termes, si on fait la même expérience on obtient le même résultat.

  6. Légendaire "Cul de sac Constitutionnel" Algérien, ils ne savent que cela, ils n'ont appris que cette ineptie de tarés intellectuels, vous demandez du pain et on vous fait une loi constitutionnelle du pain (Octobre 1988), finalement un pays de tarés qui mérite d'etre réoccuppé et meme détruit, d'ailleurs Bouteflika est venu:Avec l'idée lumineuse que "L'algérie était recolonisable", seulement cette fois ce sont ces etres de pacotille élévés dans les quartiers malaffamés d'oujda comme village toba, que sont les colonisateurs.
    Soyons sérieux un peuple qui ne peut relever une gifle à sa figure est un peuple de poltrons, alors qu'ils aillent tous ensembles vers la destruction assurée.
    Bouteflika sera détruit au sens propre du mot, les batards venus du maroc également (personne n'échappera) et l'algérie actuelle ne dépassera pas l'année 2018

  7. Avec une clan (l'Armée des frontieres) aux commandes depuis 1962, l'Algerie continue a pourrir pour que le Peuple (cet ennemi imaginaire du Pouvoir en place) se plie a genoux et puisse ainsi souhaiter la mort plutot que de vivre……… en liberté.
    Les institutions de l"Etat (Armée incluse) preferent jouer aux jeux de l'arnaque et de la farce,….. mais jusqu'a quand? Un jour, il tombera des grenouilles, et cela rique d'etre trop tard pour redresser cette Algerie VIOLEE par des gens venus de l'autre cote des frontieres!
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    Sommes-nous aussi ingrats que cela pour que l'Algerien pur sang ne se decide pas de monter a l'action!?

  8. EN effet. Mais il y a tout de meme de l'espoir, car de meme que ce bouble est assomme' par le ventre, c'est aussi le ventre qui le reveillera. In-Salah en est unexample: Ca touche a la patate, alorsils reagissent. Puis, il y a la serenade religieuse, qui elle aussi finira par partir, quand son orchestre, c.a.d. ses maitre-chanteur enttendrons la serenade de leurs estomachs. C'est la culture democratique arabienne – ou ce n'est pas le nombre de circonscriptions electoralent qui compte, mais celui de puits de gaz ou de petrole. La question est combien en reste-t-il et pour combien de temps encore ?

  9. Cette theorie de prise de pouvoir par la force est revoir, le zami. C'etait une question de malenttendu entre clique du meme fln. Maintenant Dekka et Daho s'enttendent, et la situation ne change pas.

  10. Aksil – Qui ne dit rien consent dit-on. Il est temps de regarder les choses en face, bouteflika et ses potes, ne sont pas moins Algeriens ou plus Marocains que les autres – La meme chose peut-etre dite de l'autre cote de la dite drontiere. C'est une question de culture… et celle-ci se reflete dans le silence des masses, et leur incapacite' a se mobiliser pour dire non a l'arnaque – qui n'est point synonyme de l'arbitraire. Il y a les exception Kabyle et RIfaine, et encore…

  11. ils savent bezaf quoi faire chkara chkara chkara jusqu'au bout, ils sont là bark parce qu'il y a encore du chaoui à voler, le jour où ils partiront les Algeriens n'auront plus le choix que le suicide

  12. En peinant à relancer et développer l' économie nationale ; médiocre et impuissant le système n'a fait en fait que sauver et faire prospérer l'économie des autres pays ses principaux fournisseurs de biens d'équipements , de produits alimentaires ; jusqu'au savoir- faire technologique et agricole . Ils sont appélés à la rescousse pour exploiter et manager les installations livrées "clé en main" en Algérie pour sauver les palmeraies et le cheptel menacés et ravagés par des maladies. A l'allure ou vont les choses ; pas besoin de trop de se fatiguer même pour engrosser leurs femmes , ils vont finir par le faire faire par d'autres ; ils se contenteront de règler le service " Clé en main " qu'ils affectionnent .

  13. "bouteflika et ses potes, ne sont pas moins Algeriens ou plus Marocains que les autres – "

    En voila un exemple ou reside l'exploit du neo-FLN: La cecité du Peuple!

  14. Le peuple algérien est soumis à ce qu'on appelle le syndrome de "l'impuissance acquise" qui est un syndrome qui pousse l'être humain, a force d'échec , à croire qu'il est incapable de résoudre un problème. Il pense qu'il n'y a rien à faire, rien qui peut changer sa condition.
    Ce président qui n'a aucune légitimité sait que pour faire carrière et se maintenir il doit servir les intérêts des puissants du moment (France/USA), le peuple, lui, n'a pas son mot à dire. Il va procéder à un nouveau viol constitutionnel avec la complicité du parlement pour protéger sa sortie et celle de son clan. Normalement la constitution doit protéger le peuple des abus du pouvoir et de ses institutions et pour cela elle doit être écrite par le peuple dans le cadre d'une constituante à l'image de ce qui s'est fait chez nos voisins tunisiens. Malheureusement, nous les algériens nous ne sommes que des grosses gueules, face à ce pouvoir, dans les faits, on ne bouge pas pour le remettre en cause.

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