L’Afrique doit retrouver son Nord

Aujourd’hui, j’ai envie de crier. Mes mots sont comme des braises. Ils me brûlent la bouche. Je ne peux pas continuer de les ressasser. Il faut que je les crache.

Par Karim Akouche (*)

Ce matin, après plusieurs années, j’ai enfin osé regarder mes papiers.

J’ai scruté mon passeport et ma carte d’identité. Ils sont verts. On les a imprimés à la couleur de l’islam. Les informations y sont en arabe.

Je les ai retournés. Je les ai froissés. Je les ai épluchés.

Il n’y a pas la langue de ma mère.

Ces documents ne me nomment pas. Ils me renient. Les autorités ont fait de moi ce que je n’ai jamais été.

En kabyle, la carte d’identité s’appelle nekwa. Autrement dit, celui qui est sur ce document, c’est moi. Or, il n’y a pas « moi » dans les documents officiels algériens. Il y a l’autre. Il y a le déni. Il y a le faux. Il y a l’absurde.

Le Berbère est la version moderne de l’indigène. Pour exister, il doit brandir les couleurs de ses maîtres.

L’Afrique a perdu son Nord, a dit le poète. Le Nord se cherche. Il a les pieds en Afrique et la tête en Orient. On l’appelle le Maghreb. Parfois, le Maghreb arabe. À chaque fois que quelqu’un prononce cette appellation, il plante un couteau dans la poitrine d’un enfant amazigh.

L’Algérie est sustentée au mensonge identitaire. Le mensonge identitaire a engendré l’amnésie. L’amnésie a enfanté la haine de soi. La haine de soi a nourri le complexe du colonisé. Le complexe du colonisé a produit les hommes du ressentiment. Les hommes du ressentiment ont accouché des enfants de la violence.

Qui suis-je ? J’ignore ma route. Je ne connais pas ma destination. J’erre tel un somnambule. Perdu dans les tourbillons du temps, je me cherche une bouée de sauvetage.

Derrière, le désert me poursuit. Devant, le froid me menace.

Où est l’horizon ?

Où est la langue de ma mère ? Où est la religion de mon père ? Où est la mémoire de ma terre ? Où est l’histoire de mes aïeux ?

Où sont leurs traces ? Où sont leurs empreintes ?

Il n’y a rien à l’école, rien dans les villages, rien dans les villes, rien dans les arbres, rien dans les masures, rien sur les tombes.

Rien ici. Rien là-bas. Rien partout.

Triste destin que les colons ont gravé dans le caillou.

Personne ne dit la vérité. Les sages africains l’ont compris bien longtemps avant moi : tant que les lions n’auront pas leurs historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur.

Nous sommes généreux avec ceux qui nous oppriment. Nous n’existons qu’à travers leurs gestes. Nos rêves sont aussi grands que nos chimères. Nous souhaitons abolir les frontières. Mais nous manquons de logique. L’universalisme est un luxe que les êtres enchaînés ne peuvent pas se permettre. Nous appartenons à un peuple sans voix. Notre nation est invisible.

Quand comprendrons-nous que l’histoire n’est pas l’alliée des vaincus ? Elle est la concubine des puissants.

Un peuple sans État est comme un chien de basse-cour. Il obéit à l’État qui le tient en laisse.

Nous avons trop écouté les marchands d’illusions. Les identités ne sont pas toutes meurtrières. La nôtre et bien d’autres sont meurtries. Depuis belle lurette que nous vivons à la périphérie du monde. Nous parlons comme le colon. Nous mangeons comme lui. Nous rions comme ses filles. Nos pommettes rougissent comme ses joues. Nous sommes son ombre. Pour avancer, nous le suivons. Pour vivre, nous le copions. Notre art est son art. Nos cauchemars sont ses hallucinations. Nous imitons ses mouvements. Nous cavalons quand il court. Nous reculons quand il hésite. Il nous a légué ses habits. Il a trouvé des savates à nos pieds. Nous réagissons quand il nous agresse. Nous nous recroquevillons lorsqu’il nous aiguillonne. C’est lui qui impose les lois. Il est à la manœuvre. Nous sommes à la remorque. Nos pas sont rythmés par la cadence de son cœur. Il nous a façonnés avec son moule.

Nous sommes les enfants illégitimes de sa civilisation. Nous ne valons pas cher. Nous sommes ses déchets. Il nous a sacrifiés sur l’autel de sa rapacité.

Nous sommes son folklore. Nous sommes son passe-temps. Nous sommes son divertissement. Nous sommes ses bouffons. Il contrôle notre esprit. Il a tué nos germes. Il a étouffé nos bourgeons. Nous n’avons pas le droit de nous épanouir dans notre humus. Il nous a arrachés à nos racines. Il nous a plantés dans la rocaille. Il nous a jetés dans les griffes de la servitude.

Nous sommes des produits vendus au marché de l’ignorance et du mépris. Une fois consommés, nous serons jetés dans le dépotoir de l’histoire.

Lorsque je suis né, on m’a collé l’étiquette « arabe ». À ma mort, je serai enterré « musulman ».

Mon acte de naissance est un acte de décès. Je n’existe pas. Ni dans la vie ni dans la mort.

Je suis une odeur. Je suis une rumeur. Je suis le murmure d’un oiseau étranger. Je suis le bruissement du vent.

Je suis perdu. J’appartiens à un peuple renié, spolié de ses terres et de ses droits. Je suis relégué au rang d’administré.

L’histoire m’a tendu un double piège. Aux yeux de l’Oriental, je suis un peu occidental, car je suis laïque et ouvert sur le monde. Pour l’Occidental, je suis un Oriental, un être exotique, un Arabe, un musulman.

Ballotés entre l’Est et l’Ouest, envahis par le général Oqba et conquis par l’empereur Napoléon, nous regardons passer les vagues du temps.

Nous sommes les spectateurs d’un monde ingrat qui nous écrase.

Faute d’avoir une existence officielle, je me suis créé une existence fictive, dans les livres, dans les contes, sur les planches des théâtres.

N’est-il pas temps,

grand temps,

que l’Afrique retrouve son Nord ?

K.A. (écrivain)

Karim Akouche fera bientôt paraître un roman sur la dépossession identitaire.

14 commentaires

  1. Merçi Karim.
    En lisant ton message je me suis rappellé de Gurdgieff ce philosophe Arménien et du film tiré de son oeuvre :

    "Rencontres avec des hommes remarquables"

    Ton écrit est un rappel à la source qui réssucite en nous Da LMouloud ,Matoub et tous ceux comme eux qui ont portent haut le drapeau amazigh symbole de notre culture millenaire et grace auxquels nous ne sommes pas , malgré tout , encore éffacés de histoire aussi conditionnés que nous etions par des pseudo-civilisateurs colonialistes de tous les azimuts,

    Oui je me suis souviens de moi même.:

    Je suis Amazigh, j
    e suis laic ,
    ma langue c'est Tamazight .

    J'ai retrouvé mon nord !!!!!!

    Ava va inouva !!!

  2. D’accord nekwa, pour kardentiti, j’avoue que c’est mal placé. On aurait dû l’appeler la kiciçuila. Et pour le passeport : le outivakoumça.

    C’est cette histoire d’identité commune qui me turlupine. N’est-ce pas Kichi Duoduma ?
    C’est fou ce que tout processus de recouvrement d’une identité commence par l’enferment culturel et communautariste. N’y a-t-il pas contradiction ?

    Moi j’ai été kabyle, il ya longtemps bessah. J’ai même été radical-berbériste, ih ! En plus du genre que fustigeait 3othmane Saadi : je l’avoue sans complexe aujourd’hui. Mais l’exil m’a soigné. Ma kabylitose brobroïforme est entrée en rémission et ne résiste qu’à l’état de latence que des stigmates indélébiles font deviner aux seuls connaisseurs aujourd’hui. En quelque sorte je suis un porteur sain de kabylité, ou presque, on ne va pas chipoter.

    Bon c’est vrai que je ne suis pas totalement guéri, je ne le serai que lorsque des provocateurs arrêteront de remuer le couteau dans la plaie, ou, dit en kabyle : thtsoughal iyid yel as ma sendefniyid thaqvaylith iw. Les gens comme 3othmane Sadi, me la font récidiver, quoi !

    C’est ainsi que j’ai laissé tout tomber, pour une autre philosophie : celle du vide vide. J’ai abandonné la quête du noukni, du hna, du nous, et au lieu d’aller à la quête de du moi perdu, j’ai fait l’inverse : j’ai été noyer mon moi dans l’inconnu. Et quand j’aurai réussi à devenir totalement étranger à moi-même, je deviendrai serein car je n’aurais aucune raison de me culpabiliser.

    Moi, ce que je propose aux kabyles et même aux autres, non pas les autres, on ne va pas les embarquer, dans notre dérive, ipi ils sont trop atteints par leur propre intégrisme : c’est d’abord que chacun commence par un processus d’individuation. Que chacun se récupère d’abord lui-même, après on verra s’il y a compatibilité.

    Dans les sociétés intégristes, les branlades arabes, le monothéisme, le monoculturalisme, le patriarcat, la dictature de l’horizontalité plate, le verrouillage sociétal, l’adoration des archaïsmes, la nécrolâtrie, l’islam de nos parents, et je ne sais quoi encore, on a donné. Enfin, moi, j’ai plutôt rendu.
    Ou alors, on va créer une SKPA (Société Kabyle par actions) genre SPA (société par actions) mais avec des kabyles uniquement. Ih, comme ça on ne forcera personne, celui que ça n’arrangera pas il n’aura qu’à vendre ses actions de kabylité à un kabyle qui en voudrait. Ou alors une CKTR : une coopérative de kabyles temporairement réunis. C’est ça que le mot amazigh « l’homme libre » veut dire, non ?

    Et nous on ne donnera pas des nekwa mais des anwek-ketch, ih, des kititwa ? Là on ne sera plus obligé de s’identifier ou de montrer patte blanche : on répondra: jissipas !

    Bonne quête kamim a Karim!

  3. Pour ne plus « être spectateur d’un monde ingrat qui nous écrase » il faudrait peut-être aussi que la soumission cesse d’être « volontaire » ! Il faudra travailler davantage et fournir plus d’effort dans la reconstruction de l’identité algérienne, par un surcroît de communication, de pédagogie et de séduction.
    On n’est pas obligé de mourir musulman puisque l’Islam et le Coran interdisent la contrainte en religion. « La ikraha fi ddin ». Certes l’Algérie continuera à être arabe jusqu’au jour où l’Etat Algérien saura faire la différence entre l’Islam qui est une religion universelle, une conviction, et l’Arabisme (baathisme) qui lui est une idéologie inventée par les chrétiens d’orient à la tête desquels était Michel Aflak en vue de faire office de contrepoids à la ligue musulmane dirigée par le pakistanais Ali Djinah.
    Oui l’Afrique doit retrouver son nord ! Et Comment pourrait-il en être autrement pour une langue tamazight, si belle, qui est une des plus anciennes langues de l’humanité et qui a résisté à plus de vingt siècles de colonisation, de même pour tout l’hémisphère nord de l’Afrique dont la toponymie regorge de noms authentiquement amazighs, ainsi que les différents groupes humains qui de l’atlantique à l’Egypte et de l’Algérie à l’Afrique centrale se revendiquent de l’amazighité.
    En ces temps de mondialisation, l’Amazighité est un facteur structurant. Au risque de surprendre plus d’un, même Maammar Kadafi a paradoxalement commencé à s’y intéresser. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles il a été éliminé quand on sait par ailleurs qu’il tenait beaucoup à la création d’instruments financiers africains que sont : le fonds monétaire africain, la banque centrale africaine et la banque africaine d’investissements.
    Alors au lieu de se livrer en proie à des jérémiades incessantes, faisons plutôt en sorte qu’en 2016 Alger (ou constantine ?) soit la capitale Amazigh de l’Afrique ! Les batailles perdues étant celles que nous n’avons pas encore livrées au colonialisme dont tous les algériens sont victimes.

  4. A force de baraguouiner tu finis par devenir illisible dommage !! decide toi à parler kabyle ou francais ou même arabe si tu veux passer un message aux kabyles.Un peu de bon ses svp mr Hend

  5. Le combat doit être activé nous avons perdu beaucoup de batailles ,et nous en perdrons d'autres mais nous pouvons et nous devons gagner la guerre.

  6. Je ommençais à m'inquiéter d'être compris par des gens comme toi!
    Merci de m'avoir sorti du club de tes amis! J'ai failli braire pur te le faire comprendre.

    Mais comme le baragouin suffit…
    Warthufeth!

  7. Avant de commencer, je vous rends toute ma kabylité pour être libéré de toute forme d’allégeance et de sermon que j’aurai fait à mon insu.

    Je me disais qu'avec une approche un peu niaiseuse, comme disent les quebéquois, je passerais à travers les crachats. C'était sans compter sur les vigiles, les fidais du Mak, gardiens des temples de demain.

    J'aurais su j'aurais pissé que du vinaigre pour élogner les mouches , ya Sidi!

    D’abord pourquoi, même étant né kabyle, je ne m’identifierai qu’en tant que tel et pas en tant « qu’homme fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vos n’importe qui » ? (Sartre).
    Moi, je suis pour les autonomies en Algérie. Mais ce n’est pas avec les kabyles que j’ai envie de me retrouver. Pourquoi voudriez-vous que je me sente plus proche d’un kabyle intégriste que d’un arabe ou d’un juif humaniste athée et communiste ? Pourquoi le modèle autonomiste devrait-il se construire sur un modèle communautariste, hein ?
    A chaque fois qu’une monoculture se constitue c’est sur les ruines de toutes les contradictions et des libertés. On est en train de nous constituer une théologie de la kabylité, et pas moyen de la frelater avec quelques doutes. On voudrait être plus dogmatique que le dogme on ne s’y prendrait pas autrement. Même le Coran, ya din qessam, a été pipé par des versets sataniques dont il ne fut expurgé que lors de sa transcription après moult réécritures.
    Tout y est ya boureb ! Le Messie Ferhat, les apôtres, les stigmates, la persécution, la martyrologie, et la terre promise où enfin le peuple kabyle persécuté : mouselimoun moukatifoune (traduisez : soumis et entravé) pourra réaliser son destin sans être opprimé.
    On veut nous sortir du nationalisme arabo-islamiste pour nous faire rentrer dans un totalitarisme kabyle sectaire et exclusif.

    On n’a pas le droit de dire ses doutes quand à cette foutue histoire d’identité. Même parmi les compagnons de Jésus et de Mohamed, et les anges de Dieu himself, il y en eût qui ont douté. Je sais qu’ils ont eut des problèmes, mais !

    Je vais donc retartiner la petite histoire du débat qui s’est déroulé entre Bigeard le vaillant serviteur de sa patrie et de Bob Denard le vulgaire mercenaire.

    Bigeard toisa Bob Denard et lui dit : Moa Môssieur je me bats pour l’honneur et pour ma patrie : vous vous vous battez pour l’argent !

    Bob Denard regarda Bigeard et lui réponds : chacun se bat pour ce qui lui manque, mon général !

    Vous n’avez pas encore fait votre Kabylie, que vos intégristes ont commencé déjà leur inquisition et à dresser des buchers pour ceux qui s’aviseront de douter.

    Vous voulez virer l’intégrisme islamiste pour le remplacer par le vôtre, un intégrisme monoculturel kabyle pur jus ?

    Je vous offre ces mots de Feraoun : il suffit de remplacer certains mots pour recontextualiser.

    « J’ai pu lire d’un bout à l’autre le numéro spécial du Moudjahid. J’ai été navré d’y retrouver pompeusement idiot, le style d’un certain hebdomadaire régional. Il y a dans ces trente pages beaucoup de foi et de désintéressement mais aussi beaucoup de démagogie, de prétention, un peu de naïveté et d’inquiétude. Si c’est là la crème du FLN, je ne me fait pas d’illusions, ils tireront les marrons du feu pour quelques gros bourgeois, quelques gros politiciens tapis mystérieusement dans leur courageux mutisme et qui attendent l’heure de la curée. Pauvres montagnards, pauvres étudiants, pauvres jeunes gens, vos ennemis de demain seront pires que ceux d’hier’’

    Wech, tkhewfou fina entouma thani?

  8. Jean Amrouche disait : « je sais tout faire en français, sauf pleurer, je ne sais le faire qu’en kabyle ». Snif snif ! Non, snif snif c’est en français ! Ayavava !

    Je lisais parfois avec effarement les posts de moh arwal. Quand il a commencé à me flatter il ya quelques commentaires, j’ai eu cette pensée pour Jésus qui dit à Saint Pierre : « En vérité, je te le dis, que cette nuit, avant que le coq ne chante, tu me renieras trois fois ».
    Mais n’étant pas aussi allégorique, je me suis dit seulement à propos : cause toujours mon lapin, tu ne perds rien à attendre, je m’arrangerai pour te décevoir.
    Maintenant que je suis fâché avec Moh Arwal et que j’ai été démis de ma kabylité ,de mon arabité de ma francité, il va falloir que je me fasse d’autres ennemis.

    PS : j’ai écrit une longue lettre d’excuse pour tous les kabyles que j’ai offensés, mais aussi pour les arabes auxquels on m’a apparenté à l’insu de leur plein gré et aux français aussi.

  9. Je lis la contribution de Karim Akouche et je me sens troublé. Je me demande comment se fait-il qu'un écrivain puisse vivre une crise d'identité au point où il perd son nord comme il le dit. Et pourtant tout est clair. Il est d'abord algérien. La langue algérienne officielle est l'arabe. Cette langue n'a jamais été imposé comme il le souligne. Mais une langue héritée par nos aïeux et fiers berbères tout au long de l'histoire depuis que l'islam est parvenu en Afrique du Nord. Pour cela, on doit rendre hommage à nos valeureux berbères qui sont en même temps les aïeux de Karim Akouche. Ces berbères n'ont pas été colonisés comme il le suppose ou croit Karim Akouche mais des maitres de leurs terres. Pensons aux différentes dynastie berbères musulmanes et qui étaient à leurs têtes. Bologhine, Ben Tacheffine….
    Karim Akouche pense pris au piège par l'histoire. Ce n'est pas vrai. l'orient est plus ouvert et plus laïc que nous les kabyles. Je pense à la Syrie, l'Irak, le Liban et l'Égypte. dois-je le rappeler où est né l'arabo-baâthisme qui est d'essence laïc Nous les berbères ou les kabyles sont plus conservateurs à en mourir. A quel point un kabyle peut permettre à sa sœur de sortir avec l'homme qu'elle aime. le nif l'empêche.
    Non karim, tu t'es trop égaré. l'histoire de la kabylie c'est l'histoire de tout village algérien. On a connu les affres du colonialisme français qui a tant essayé de nous déraciner. on ne voudra jamais devenir des occidentaux. Les kabyles ne penseront jamais à accepter l'homosexualité ni les avortements, ni nos femmes qu'elles fréquentent des bars ou des cafés.
    C'est ça la fierté kabyle. nous avons hérité ces valeurs de nos valeureux berbères qui ont embrassé l'islam et ont puisé dans cette religion la sève de leurs existence.
    Réveille-toi karim et tu vivras heureux sans crise identitaire.

  10. Un trait commun de tous les intégristes est qu’ils ne savent pas rire, et surtout pas rire d’eux-mêmes. La seule chose qui les fait rire, comme une réponse pavlovienne, est un dessin montrant un des « leurs » donnant un coup de pied au dérrière d’un des « autres ». Que c’est triste, et quel gaspillage un être humain qui ne sait pas s’esclaffer de temps en temps jusqu’à ce que ses genoux flaichissent et qu’il ne puisse plus se tenir debout ! Que c’est navrant un homme qui s’enferme dans le carcan d’une identité conférée par le hasard de la longitude et de la latitude sous lesquelles il a vu le jour la première fois !
    Pourtant si triste que soit la situation, je ne peux pas blâmer le pauvre malheureux couillon qui se croit supérieur ou simplement différent par le fait qu’il est né à Ighil Ouqeddouh ou Tharga Ouchavchaq. Je blâme les autres archi-cons, les ignarissimes du soit-disant givirnemma qui s’acharent depuis des décennies à lui pomper dans les veines une identité qui lui est encore plus étrangère. Il se retrouve poussé d’une part et tiré de l’autre. Il cherche la pente la plus douce, le chemin le plus court, où qu’il mène. Le nationalisme ou tribalisme primaires sont toujours le chemin le plus facile, souvent le seul chemin visible, bien que ceux qui en voient le bout sachent bien qu’il est très court et ne mène qu’à une impasse.
    Un grand poéte (je suis sûr que tu reconnaîtras le grand barde) a dit :

    El-fahem athan dhi ttarma
    Ichoud m’khalfa
    Âellqen isegras yeghyal.

    La plupart des gens dans le monde entier sont des “hayawan moutakallam” comme disaient les soufis d’antan. Des animaux doués de parole. En général, le bourricot européen est repu, il a toujours son “asegras” au cou (ou est-ce “isegres” ? je ne me rappelle plus, ça fait trop longtemps depuis que j’ai mis un sac de grain au cou d’un baudet en lui parlant kabyle. ) Donc quand le “ijjedh” ou “inyen” ou “aghyoul” est bien nourri et pas trop maltraîté, il est satisfait et se soumet aux ordres, il est discipliné et inoffensif. C’est le cas de l’ “equus asinus” européen, japonais et américain. L’asinus du pays sous-développé, lui, fait beaucoup de “zenqir”. Normal pourtant, pas sa faute. Il réclame du foin et un peu d’orge de temps en temps. Quand “la stoma” est vide, le ciboulot a du mal à faire son boulot.

  11. oui vous avez raison, le combat n'est pas une question de poitrail, il faut gagner la guerre contre l'ignorance, l'ami objectif du colonialisme.

  12. Monsieur le Président,

    Je sais, je sais, que contenu par vos immenses prérogatives, vous ne pourriez pas condescendre jusqu’à ma misérable personne car votre notoriété définitivement acquise vous dispense du baiser au lépreux et mes péchés étant si misérables pour attirer vos foudres : c’est donc moi, imitant médiocrement Lagardère, qui viens à vous.
    J’ai péché, j’ai péché Monseigneur, heu… Pardonnez, Mon Président, ce lapsus involontaire, j’ai commis un péché capital et je viens de sortir de ma catharsis, après bien des confessions chez le Rabin, l’imam et le curé de mon quartier, qui tous, dans un œcuménisme plein de mansuétude, m’ont recommandé de m’adresser directement au Bon Dieu, c'est-à-dire à vous, plutôt qu’a ses saints car mon péché était, selon eux, trop grand pour qu’il puisse dépendre de leurs juridictions.
    C’est donc complètement repentit et absout ,les chemins de Damas n’étant plus ce qu’ils furent, ceux de Canossa non plus, que je viens solliciter auprès de votre bienveillante autorité, la grâce, sinon, au vu des circonstances atténuantes, la clémence qui sied si bien aux immensités comme vous.
    Vous auriez compris, Monsieur le Président, toutes les précautions que j’ai prises, quitte à faire ma précieuse en marchant sur des œufs pour ne pas égratigner le protocole en vous disant vulgairement que je regrette ce que j’ai écrit à propos, et que je viens devant vous manger mon chapeau car un narcissisme pathologique m’a interdit l’autoflagellation pour vous signifier la passion nouvelle que j’ai pour vous.
    Je sais, Monsieur le président, qu’avec tous les apôtres que vous avez, vous n’avez pas besoin de vous faire des ennemis. Surtout que de ce coté là vous n’êtes pas mal servi aussi. Ne serait-ce qu’en comptant ceux que vous vous êtes d’abord fait au FFS en le quittant pour le RCD et au RCD en le quittant pour l’exil, sans parler de ceux des MCB, et du MPA de Amara Benyounes : votre ex-compagnon de lutte qui a qualifié le MAK de « tube de l’été » au moment de sa création. Et des ennemis illégitimes qu’on vous a faits dans le dos.
    Monsieur le Président, le MAK, dont vous vous êtes arrogé la putative paternité, était censé être une réflexion sur l’idée d’autonomie, au moment où vous peinait à sortir de votre nationalisme à votre arrivé à Paris. Mais je reconnais aussi que l’idée d’autonomie a toujours été contingente à toutes les brobroïtés qu’elle a accompagnées sous une forme latente et qu’elle ne vous a pas, vous-même, épargné. Tant mieux que vous soyez sorti de votre ambivalence et que vous ayez régler votre dissonance à ce sujet et que vous puissiez lâcher toutes les casseroles que des plaisantins ou des malfaisants voudraient vous accrocher.
    Monsieur le Président : vous voyez bien que les chemins de l’autonomie sont pavés de mauvaises intentions. Que d’entraves ! Que d’entraves. Que d’entraves ! En effet, diriez-vous. Si c’ n’était votre omnipotence, bien entendu ! Que d’eau que d’eau ! Aurait dit Mac Mahon, Duc de magenta, mais qui n’était pas Moïse pour se frayer un passage à travers les flots.
    Monsieur le président, bien que nous ne soyons pas des grenouilles, et que c’est malgré vous que vous faites durer votre mandat provisoire, et pour notre plaisir aussi, ne le boudons pas : permettez-moi d’oser vous suggérer de vous donner mandat provisoire à vie. Ou de vous faire Roi Ferhat Premier.
    En attendant Monsieur le président, je vous promets de gommer toutes mes aspérités et de réaliser toutes les contorsions nécessaires pour entrer dans le moule que vous nous avez forgé.
    Je vous prie, à genoux, Majesté, d’intercéder en ma faveur pour m’éviter la fureur de vos sohabas. J’ai failli apostasier ma kabylitose congénitale comme on se débarrasse d’une vulgaire chtouille choppée au cours d’un dévergondage, alors qu’elle m’était acquise définitivement et qu’il était de mon devoir de l’assumer, fièrement.

    C’est, soyez en assuré, Majesté, un sujet complètement contrit qui vous fait allégeance et qui adresse à son Roi sa profonde gratitude.
    Longue vie à notre Roi !
    Vive la monotonie !
    Zut !
    Vive l’autonomie !

  13. Il a dit aussi?

    thamurt i znuzen a3quc
    inefqen di lekruc
    si thizi d.a sawèn.

    Ces dealers de pacotilles
    Friands de triperies
    Ceux de tizi et au- delà
    ( traduction libre)

Les commentaires sont fermés.