L’honneur perdu de Messali El Hadj

L’Armée messaliste, de la contre-révolution à la collaboration.

Par Bélaïd Abane

Surpris par le déclenchement soudain de la lutte armée, le 1er novembre 1954, Messali hésite. Le devoir lui commande de rejoindre le FLN et l’insurrection. Il pourrait même en prendre la tête. Tout est encore possible, car le prestige du vieux chef est encore inentamé, malgré sa guéguerre avec les centralistes. Et le FLN n’a pas de tête d’affiche. Messali serait tout naturellement le leader tout indiqué qui pourrait ressouder les failles qui déchirent le mouvement national et rétablir son unité.

Mais Messali préfère déclencher sa propre révolution, sûr de récupérer à son profit les lauriers et les bénéfices engrangés par l’étincelle et les premières flammes de Novembre. Il crée le Mouvement national algérien (MNA) qui prend la place toute chaude du MTLD dissout le 5 novembre 1954. Début décembre, le MNA entre en guerre et ses commandos se signalent par quelques actions terroristes dans le Constantinois.

Sûr de son audience et de sa prééminence dans les villes, le mouvement messaliste veut occuper seul le terrain et évincer « cette bande de va-nu-pieds » du FLN dont il sous-estime les capacités à organiser et à mener à son terme le combat libérateur. Il toise de haut son adversaire et le présente à l’opinion comme une marionnette aux mains des communistes. Il appelle au boycott des tabacs et alcools, et multiplie les attentats contre les contrevenants. Pour le nerf de la guerre, les commerçants mettront la main au portefeuille. Ne le font-ils pas pour le FLN ? A Alger, les commerçants mozabites, ulcérés, se voient surtaxés et parfois soumis à de féroces représailles.

Sous l’impulsion d’Abane et de Krim, la direction intérieure du FLN, entreprend une série de contacts avec les dirigeants du MNA (Mustapha Ben Mohamed dit Negro, Mokhtar Zitouni, Khelifa Benamar…), à Alger. Selon Mokhtar Bouchafa premier responsable des réseaux FLN d’Alger cité par Khalfa Mammeri, le FLN aurait proposé au MNA de participer à une direction collégiale de l’insurrection. Les messalistes, pensant avoir le vent en poupe, déclinent l’offre du FLN et exigent de ses dirigeants de »reconnaître par écrit que c’est Messali qui a déclenché la Révolution ». Sollicité en mars 1955, Messali aurait également refusé la présidence d’honneur du FLN. La cécité politique du zaïm et son orgueil vont alors enclencher un processus tragique aux conséquences désastreuses pour les deux mouvements, mais plus encore pour le MNA et son chef, qui ne s’en relèveront jamais.

La partie de bras de fer s’engage entre les deux mouvements. A cette époque, le MNA porte l’entière responsabilité de la crise. Selon l’ancien dirigeant messaliste Mohamed Maroc cité par Mohamed Harbi, « jusqu’en avril 1956, l’intransigeance était du côté MNA ». Et les événements vont se précipiter après l’assassinat à Paris d’un militant nationaliste acquis au FLN.

Abane organise la contre-attaque. Sans citer les messalistes, il met en garde contre « ceux qui entretiennent la confusion » et dénonce « tous ceux qui ont recours au mensonge et à la calomnie pour dérouter de la véritable voie » (Appel au peuple algérien du 1er avril 1955).

La mise en garde est plus explicite dans les Directives du 1er juin 1955. Le chef FLN d’Alger enjoint aux militants de « démasquer les messalistes ». La tension monte dès le début de l’automne 1955. Un tract du FLN daté du 15 septembre, s’en prend directement à Messali, « briseur de l’unité du mouvement national…et auxiliaire du colonialisme », avant d’annoncer à la Délégation extérieure que la guerre avec le MNA et son Armée nationale du Peuple algérien (ANPA) dirigée par le « Général Bellounis » va commencer, malgré « toute notre répugnance ».

Le 10 octobre 1955, Krim Belkacem donne à l’ALN de la Kabylie et de l’Algérois (zones III et IV) l’ordre d’entrer en action contre les groupes MNA. La décision est prise quelques jours auparavant par les principaux chefs FLN d’Alger, dont Krim, Ouamrane et Abane.

Si elle n’est pas une création ex nihilo de l’Etat-major ennemi, l’ANPA lui donne en tout cas des idées. L’armée de Bellounis est accueillie favorablement et encouragée en sous-main. Les armes lui manquent car le FLN en contrôle jalousement les voies d’acheminement. Alors le « Général du désert » et sa « la glorieuse armée » comme se plaisait à les nommer Paris Match qui leur consacrera moult reportages, n’hésitent pas à se tourner vers l’armée française. Des liens se tissent tandis que l’aide logistique et financière afflue. Selon Slimane Chikh (L’Algérie en armes, Thèse de doctorat) qui cite plusieurs sources, l’armée française aurait octroyé au « Général Bellounis » une aide mensuelle de 70 millions de francs. Piégé, ce dernier glisse progressivement vers la coopération avec l’armée coloniale. Au reste, la détermination du FLN et la férocité des coups que lui porte l’ALN, poussent Bellounis à faire appel ouvertement à la protection de l’armée française. Renvoyant l’ascenseur, il multiplie les déclarations loyalistes envers le gouvernement français. « Si un jour, déclare-t-il au Monde, un gouvernement algérien même régulièrement constitué, devait rejeter la France, on me trouverait à ses côtés pour lutter contre ce gouvernement. » Pour le FLN, « la trahison » ne fait plus de doute. Le MNA et « son armée » sont dans une logique de contre-révolution et de collaboration avec le pouvoir colonial.

ANPA, armée coloniale, même combat

C’est en Kabylie où Messali bénéficie d’une très large audience, que s’ouvrent les hostilités entre FLN et MNA. Terre d’émigration, la Kabylie est en effet un enjeu vital pour les deux mouvements.

On se bat partout en Grande Kabylie : dans la région de Menerville (Thenia), à Draa El Mizan, aux Ouadhias. Des combats violents se déroulent également en Petite Kabylie, dans la région de Seddouk et de Guenzet, où FLN et MNA entrent en contact frontal. Amirouche écrase les groupes armés messalistes dont les rescapés se replient vers la région de Bouïra et d’Aïn Bessam où se trouve le gros des troupes dirigées par Bellounis.

Vaincu au douar Rich, Bellounis se replie vers les Hauts Plateaux. Il s’accroche pendant quelques mois à ses positions, dans la région de Boghari et d’Aumale. Soumise au harcèlement des katibas de la wilaya IV (Algérois), l’ANPA se retire sur les flancs nord de l’Atlas saharien. Bellounis se réfugie à Dar Chioukh, au nord des Ouled Naïl, entre Ksar Chellala et Bou Saada, où il installe son PC. Les services spéciaux de l’armée française volent à son secours et organisent l’opération « Olivier » (nom de code donné par les services spéciaux français à Bellounis), diligentée par les généraux Allard et Salan, avec l’aval du ministre-résident Lacoste. Les troupes de Bellounis, évaluées à 3000 hommes, sont encadrées par les parachutistes du 11e choc commandé par le colonel Vernières qui relève directement du SDECE. Elles sont renflouées en armes, munitions, véhicules, finances et ravitaillement. Bellounis est officiellement reconnu comme « représentant de l’armée nationale du peuple algérien », « le MNA et Messali Hadj, comme interlocuteurs valables ». En contrepartie, le chef de l’ANPA est « disposé à participer à la pacification de l’Algérie…et à mener le combat contre les frontistes et les communistes », comme il l’écrira dans sa lettre du 8 septembre 1957, adressée à la presse, dans laquelle il ne fait plus mystère de l’alliance ANPA/MNA avec l’administration et l’armée françaises (Voir Archives de Mohamed Harbi).

Après avoir hissé le drapeau français aux côtés du « drapeau algérien », et opté pour « l’intégration de l’Algérie à la France », Bellounis prend goût au pouvoir et manifeste quelques velléités d’indépendance. Il projette de faire jonction avec l’autre contre-maquis que dirige Djilali Belhadj, alias Kobus, dans la vallée du Chélif. Cet ancien membre de l’OS avait été « retourné » par la police française dont il devient indicateur. Il avait servi d’appât à Alger en mars 1955, pour attirer les dirigeants du FLN dans un traquenard. Bitat y avait été arrêté tandis que qu’Abane et Krim y échappèrent de justesse.

Mais le commandement français commence à s’inquiéter des nouvelles alarmantes de désertions et de ralliements à l’ALN des hommes de Bellounis et de Kobus. L’état-major français impose d’abord à Bellounis de « limiter son champ d’action à une zone géographique restreinte…ne faire déplacer ses troupes qu’avec une escorte de l’armée française ». Dans ses cantonnements, l’ANPA est également tenue d’ »arborer les deux emblèmes ». Puis, craignant sans doute la réédition de « l’opération oiseau bleu », le commandement français se ravise et décide d’arrêter les frais. Désemparé par la volte-face française, Bellounis alerte l’opinion publique. « Ce que je décris, écrit-il, est conforme à la position bien définie par le gouvernement français et Messali Hadj à maintes reprises. »

Le colonel Trinquier du 3e RPC est chargé de liquider Bellounis et ses hommes. L’affaire est réglée le 14 juillet 1958. « L’armée nationale du peuple algérien » a vécu.

Sous les décombres de l’ANPA, la presse découvre un charnier de près de 500 cadavres, attribué à Bellounis et à ses hommes qui auraient semé la terreur dans la région et rançonné la population. Curieusement, ce massacre ne suscitera ni émotion ni indignation dans les médias, comme il en fut de « Melouza » quelques mois auparavant.

La direction du MNA publie un communiqué exaltant « la mémoire d’un combattant mort héroïquement, les armes à la main, parce qu’il refusait l’intégration (sic) et menait le combat pour une Algérie indépendante, libérée de tout totalitarisme et libre de choisir elle-même son propre destin ». Ce soutien donné à titre posthume à Bellounis, est la preuve, aux yeux du FLN, de la duplicité et de la « trahison » du MNA et de son chef.

A Alger, les groupes de choc du MNA multiplient les tirs de harcèlement contre les cafés et les commerces jugés pro-FLN. La liste des militants frontistes abattus, s’allonge. Ahcène Laskri, responsable politique, et Abdelkader P’tit Negro tombent tour à tour sous les coups des groupes armés messalistes. Le FLN décide de passer à l’offensive. Abane lève les « consignes de sagesse » et les recommandations faites aux militants d’éviter les affrontements. Selon Yacef Saadi, des instructions précises sont données aux commandos FLN pour éliminer tous les messalistes faisant partie de groupes armés, « retourner » par un travail de propagande et de contre-information tous les indécis, éclairer et rallier les inconscients.

Dans l’ouest du pays, le MNA connaît une infortune encore plus tragique. Ses dirigeants disparaissent un à un. Invités à Oujda pour discuter des modalités d’union avec le FLN, des responsables messalistes tombent dans un guet-apens et sont liquidés. Les militants, dont le futur colonel Lotfi, rejoignent le FLN.

Au Caire, Mezerna, fidèle lieutenant de Messali, accepte dans un premier temps de signer en février 1955 avec Boudiaf, un accord avalisant l’entrée du MNA au FLN. Désavoué et sanctionné par Messali, Mezerna renie son engagement et entreprend de constituer une large alliance en essayant de drainer au MNA, les Ulémas et l’UDMA, afin d’isoler le Front dont il somme les militants de « réintégrer le mouvement purement et simplement » (lettre de Mezerna de mars 1955). Ben Bella que tentent aujourd’hui de récupérer les messalistes sollicite l’aide du pouvoir nassérien pour neutraliser les messalistes. Mezerna et Chadli El Mekki sont arrêtés le 11 juillet 1955. Le FLN reprend le dessus. Grâce à la bienveillance de l’autorité égyptienne dictée, sans doute, par l’intérêt porté à un Ben Bella entièrement acquis à ses thèses, mais aussi par l’aversion éprouvée à l’endroit d’un Messali jugé trop proche du régime saoudien dont la doctrine, le wahabisme, est à l’opposé du panarabisme nassérien.

En France, c’est Messali en personne qui déclenche en juillet 1956 l’affrontement. L’organisation FLN est ébranlée, décapitée dans certaines zones. Notamment dans le Nord, les Ardennes, le XVIIIe arrondissement de Paris, Argenteuil et Montreuil, en banlieue parisienne, et dans certaines villes de province comme Clermont-Ferrand, Lyon et Grenoble, où le MNA est solidement implanté. 82 cadres périssent sous les balles des commandos messalistes. Le FLN va devoir se battre sur deux fronts. Après moult hésitations, la direction est obligée de suivre les militants impatients de riposter aux attaques messalistes. Salah Louanchi et Tayeb Boulahrouf, responsables de la Fédération, avalisent, à leur corps défendant, la création de groupes de choc. La chasse aux messalistes est ouverte.

L’année 1957 se termine, ponctuée d’initiatives d’apaisement de part et d’autre, dont la plus inattendue est celle de Messali qui lance, le 1er septembre 1957, un appel à la cessation des attentats. Appliquant pour la première fois le principe de réalité -le MNA est alors en nette perte de vitesse tant sur le plan militaire que politique- Messali invite ses partisans à déposer les armes. Les évènements qui se déroulent alors en Algérie, notamment la collaboration de Bellounis avec l’armée française contre l’ALN, avec la bénédiction des dirigeants messalistes, incitent le FLN à « redoubler de férocité ». L’encadrement politique et syndical du MNA est décimé. Le réalisme pousse certains militants ayant survécu à la guerre fratricide, à rallier le FLN qui se rend partout maître du terrain. D’autres, terrifiés ou écœurés, préfèrent se détourner définitivement de la lutte.

L’honneur perdu de Messali Hadj

Le bilan de la guerre fratricide entre le FLN et le MNA est très lourd. Selon diverses sources, le bilan s’élèverait à 10 000 morts et 25 000 blessés pour les deux camps. La guerre fut particulièrement meurtrière en France où l’on compte près de 13 000 victimes dont 4000 morts, soit un Algérien sur 80. Ce qui équivaut à 550 000 victimes si on rapporte la proportion à la population métropolitaine globale de l’époque.

Dans cette descente aux enfers, Messali porte sa part énorme de responsabilité. Son parcours politique et sa personnalité sont au cœur du problème. Vénéré comme le sauveur providentiel venu du ciel, il est depuis les années 1930 adulé des masses algériennes qui voyaient en lui l’unique planche de salut, le seul dirigeant capable à leurs yeux de faire sauter les verrous du carcan colonial. Nul n’imaginait alors que le destin de l’homme allait un jour sombrer dans le trou noir d’un oubli abyssal. Comment en est-on arrivé là ?

Au commencement était le patriote sincère et résolu qui fait don de sa personne à la cause de son peuple et à l’indépendance de son pays. Messali ne recule devant aucun sacrifice. Il passe la majeure partie de sa vie d’adulte en prison, en résidence surveillée ou en exil.

Agitateur infatigable et orateur de talent, il est accueilli et acclamé partout par la foule en délire. Il porte la bonne parole et annonce l’approche du grand jour où « le peuple algérien glorieux planera dans le ciel de la liberté ». Son « look » messianique savamment entretenu (longue barbe blanche très soignée, tarbouche, gandoura d’une blancheur immaculée, portée sur le costume et la cravate… qui « fait partie du programme », selon ses propres dires), conforte la masse algérienne inculte dans sa croyance en l’avènement imminent d’un monde nouveau paradisiaque.

L’adoration dont il est l’objet conforte le zaïm dans un sentiment d’infaillibilité qu’entretient un entourage tout à sa dévotion. Sanctuarisé par une flopée de courtisans et de flagorneurs qui passent le plus clair de leur temps à flatter son ego, Messali se coupe progressivement des masses. Le culte de la personnalité prend le pas sur le projet politique, dans un parti fortement marqué, dès son origine, de l’emprunte du chef. Même si ce parti est réellement celui du peuple algérien, la dérive est inexorable. Et ça continue encore aujourd’hui pour ses derniers adorateurs qui persistent à en faire l’Alpha et l’Omega de la libération du peuple algérien.

Prisonnier d’un passé mythique et d’une vision sans prise sur la réalité politique du pays, Messali ne se rend pas compte que du temps a passé et que le mouvement national, en maturation accélérée depuis les évènements du 8 mai 1945, est entré dans une phase historique nouvelle. Cramponné aveuglément à l’illusion d’une grandeur passée qui n’impressionne plus que les derniers cercles de ses partisans, Messali n’a rien vu ou n’a pas voulu voir la réalité nouvelle, celle qui fait du messalisme une étape dépassée et une vision archaïque de l’avenir national algérien. Là est la cause profonde qui va enclencher et entretenir la spirale infernale de la guerre fratricide.

Prélude à la dégringolade, l’image du vieux leader se brouille. Au sein des masses, son charisme décline. Lorsqu’il est accusé de « collusion avec l’ennemi » Messali n’est plus qu’un mythe décadent. De porte-drapeau du nationalisme algérien, Messali devient l’obstacle à écarter, puis l’ennemi à abattre. Lorsqu’il fait amende honorable et se présente enfin comme l’apôtre de l’unité et de la réconciliation nationale, il est déjà trop tard. Pour le FLN, ce revirement tactique ne peut faire oublier le reniement par Messali d’une cause qu’il a si longtemps et si ardemment défendue. Car l’homme qui fut le champion de l’indépendance, n’envisage plus l’avenir de l’Algérie que dans le giron de la république française. C’est bien en effet Messali qui déclare à l’hebdomadaire France Observateur (janvier 1959) : « Il faut faire de l’Algérie un Etat ? En avons-nous les moyens ? Non ! Où les trouver ?… Seuls les Français ont les habitudes municipales et gouvernementales… De tous les temps, il y a eu des indépendances, mais il y a eu aussi des associations. Je n’abandonne pas le principe de l’indépendance, loin de là. Mais je comprends mieux qu’il y a quarante ans. Le monde est divisé en deux blocs autour desquels gravitent des satellites. Nous sommes à l’ère stellaire. »

Le FLN : l’unité à tout prix

Revenons au conflit FLN-MNA. La guerre est totale. Une guerre civile et fratricide certes, mais dans laquelle chaque « belligérant » est résolu à en finir avec l’autre. Il en est ainsi du FLN, mais aussi du MNA, comme l’écrira Mohamed Lebdjaoui : « Dans certaines régions, notamment dans le Nord…les groupes de choc (du MNA, NDLA), armés, nombreux et déterminés, liquidaient systématiquement les militants que tentait d’implanter le FLN. » « L’assassinat politique » est érigé en technique guerrière banale de tous les jours.

En dirigeant politique responsable, Abane relève, il est vrai, le défi et le fait avec l’entêtement méthodique qu’on lui connaît. En vérité, pour le FLN le choix est clair : laisser le champ libre au mouvement messaliste et assumer la responsabilité de la défaite, mais aussi celle d’un recul qui porterait un coup fatal à la Révolution. Ou bien affronter le MNA et le réduire pour préserver l’unité du mouvement national et les chances de succès du projet libérateur. C’est cette voie que choisit Abane avec l’appui, il faut le rappeler, de l’ensemble des dirigeants frontistes et des chefs maquisards, de l’intérieur ou de l’extérieur, y compris Ait Ahmed, Boudiaf, Khider et surtout Ben Bella, dont on se plaît à rappeler aujourd’hui la tendresse pour Messali. Rappelons que Ben Bella qui avait choisi son camp, l’Egypte, ne pouvait être alors dans celui de Messali. Le panarabisme nassérien était en effet l’ennemi juré des Saouds et du wahabisme auxquels s’était adossé Messali. Mais l’obligé de Nasser qui se découvrira messaliste 50 ans plus tard, n’était pas à un reniement près, d’autant que sa boussole s’était sérieusement déglinguée depuis sa remise en liberté par le Président Chadli Bendjedid après 14 ans de détention sans jugement.

Entre le FLN et le MNA, le meilleur l’a emporté. La victoire qui est celle du plus décidé, du plus aguerri, ne s’explique pas seulement par la combativité du FLN. Le facteur « militaire », s’il est très important, n’est pas le seul déterminant. L’échec du MNA, c’est en vérité, aussi, celui de sa promesse. La promesse floue d’un avenir hypothétique est sans contours. Et aussi celui de l’ambiguité. Ainsi, en Kabylie, où pourtant Messali jouissait d’une grande popularité, la seule chose qui se disait et se savait du MNA et de son chef, est qu’ils sont devenus les pires ennemis du FLN. Jamais il ne fut question d’embuscades, d’attaques ou de quelque glorieux fait d’armes messalistes contre l’armée coloniale. Comme si la mission principale du MNA était d’abord de neutraliser le FLN. Quant aux mots d’indépendance et de libération nationale, ils n’étaient jamais associés aux messalistes, perçus alors de manière très négative. Ceux qui avaient l’âge se souviennent aujourd’hui de ces « iMiNA » ayant fui la métropole où l’air était devenu irrespirable, pour se réfugier au village natal, en rasant les murs pour continuer à vénérer confidentiellement le zaïm, en sculptant des icônes de bois à son effigie.

Comment expliquer que le peuple algérien finisse par se détourner de ce messalisme-messianisme qui l’a, pourtant, si longtemps subjugué ? Et qu’ils penchent au contraire du côté frontiste ? Le secret est dans la simplicité et la clarté d’une promesse concrète de liberté et d’indépendance. Et dans une exigence aussi simple : l’union du peuple et l’unité révolutionnaire sans faille.

Et le messalisme ? Si on ose regarder au fond des choses, on verra que les messalistes ont combattu non pas le colonialisme, mais le FLN, pour la gloire de Messali et le messalisme, dénaturant le sens même de leur combat et de leurs engagements passés. On notera également qu’à leurs yeux, l’objectif de la libération nationale est devenu secondaire ou même dérisoire, devant le « péril FLN » qui menace de déboulonner la statue du zaïm. Glissante, la pente de ce dévoiement l’est, au point d’entraîner rapidement le MNA et son chef dans la voie du rapprochement et de la collaboration avec l’ennemi principal, pour combattre les rivaux frontistes.

Quant au FLN, obsédé par la division, la dispersion des forces et l’échec, il se bat, certes avec une détermination sauvage. Mais il le fait pour préserver l’unité révolutionnaire, condition sine qua none de la victoire sur le colonialisme, avec la conviction d’agir pour l’intérêt général.

Les motivations des deux prétendants à la suprématie sont donc diamétralement opposées. Pour le MNA, c’est le culte de la personnalité voué à Messali dont il faut à tout prix préserver le statut de chef incontesté et infaillible. Quant au FLN, convaincu d’incarner le courant majoritaire du mouvement national, et donc le peuple algérien tout entier, sa motivation est l’unité de la nation, sans laquelle le mouvement sombrerait inévitablement dans l’échec. Une valeur qu’il faut préserver, quel que soit le prix à payer.

B. A.

Rédaction
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25 commentaires

  1. Jamais le proverbe kabyle : anwa ik mi chekrène a thislith , ne s’est vérifié autant que dans cette affaire Messali. Après l’autre qui nous a bassinés avec Ben Bella qui s’est recueilli sur la Tombe de Messali voila Paris-Match qui devient une source historiographique.
    Que les hagiographes des uns et des autres de disputent le panthéon sur la place publique est-ce que ça nous fait une belle jambe à nous qui ne sommes pas sortis de celle de Jupiter ?

    La vérité , il n'y a que Fafa qui la connait. Nous dira-t-elle un jour qui l'a combattu ou pas?

  2. Finalement ,c'est lui qui a eu le dernier mot . Il a oeuvré pour l'attachement de l'Algérie à La France et le résultat est là,criard et insultant ; On comprend mieux Hollandouille qui tient à le réhabiliter !

  3. … Ak'yaâfou Rabbi !! Merci pour cet éclairage. Rien à rajouter.

  4. Merci pour la clarete' du resume'. Ainsi, tomba l'Algerie entre les jambes du montre mi-Baathiste, mi-Wahabiste – quelque part entre le Caire et Ryad. Quand aux petits basane's d'apres-62, ils iront chercher leur patrie, dans une ile mythique appele'e "Harraga". Ce qui me surprend, c'est qu'on percoit une difference entre "Zaisme" et "Communisme" – D'ailleurs, on les rtrouve tous les 2, dans le drapeau l'etoile et le croissant – Alors qu'un chiffon blanc aurait suffit. Helas non, de la ou je suis, je vois plutot un drapeau noir, se profiler a l'horizon.

  5. C'est très instructif comme récit, les faits sont savamment rapportés et analysés… sur une prédiode crutiale de notre histoire … pour les générations d'aujourd'hui et de demain … révélant la complexité du combat et le degré de sacrifice qu'avaient accordé nos anciens pour recouvrir notre indépendance !!!

  6. J'ai lu et apprécié. Merci M. Abane, vous vous êtes attelé à nous livrer une analyse des plus intéressante, époustouflante, d’une clarté digne d’un orfèvre, qui plus est avec une alternative à la clé. Vous êtes un historien hors pair qui rappelle un peu Jean Lacouture

    Cette réflexion lumineuse ou vous démonter avec beaucoup d’à propos « le donquichottisme » de ces aïeux de DAESH.

    On a une fâcheuse tendance à oublier que la matrice idéologique de cette « secte des assassins » remonte à Messali, à son culte de la personnalité, et à son crypto wahhabisme.

    Votre sérénité, et honnêteté intellectuelle qui transparaissent dans la grille de lecture de l'histoire est une leçon magistrale pour certains intellectuels qui concoctent une nouvelle et énième cabale mémorielle contre l’Algérie.

    Votre article reflète une conscience en éveil et répond à un devoir de vigilance qu’aucun citoyen algérien digne de ce nom, ne devrait négliger ou s’en détourner -et cela au nom du sacro-saint principe : « plus jamais ça en Algérie », « non passaran » aujourd’hui, demain et pour toujours, le discours à résonnance révisionniste, car certains « historiens-idéologues » croient encore pouvoir rejouer le match… « Dans les esprits ».

    La cause étant, pour utiliser un raccourci, que nous n’avons cessé de maltraiter l’écriture de l’Histoire du Mouvement de libération nationale, en la « politisant » à l’extrême et parfois de manière vulgaire, en y introduisant des « blancs » , en décontextualisant les initiatives et les propos des différents acteurs, parfois les témoins de référence se jetant l’anathème les uns sur les autres …

    Des tribunes ( ??) sont honteusement ouvertes sans aucune retenue à ces sectaires, à des histrions et autres journaleux et laisse la porte ouverte à l’exploitation de la moindre occasion qui s’offre pour minoriser, les vraie icones tels Abane, Boudiaf, Ait Ahmed, Abbas…et en « gonflant » le rôle de certains ,qui sont connus des plus médiocres au plan intellectuel et de la personnalité certainement pour des raisons politiciennes. Personnellement j’estime que le contenu de vos livres et écrits, aura ou finira par avoir un impact considérable sur l’intelligentsia dans notre Pays.

    En tout cas avec beaucoup d'élégance et de pertinence, vous aviez gratifié Messali, ses émules et autres Ben Bella d'un enterrement de première classe.

    L'occasion est très intéressante parce que cela permettra à nos élites et au rab du messalisme de mieux les connaitre. Merci à vous.

  7. La vérité , il n'y a que Fafa qui la connait. Nous dira-t-elle un jour qui l'a combattu ou pas?
    dixit Hend
    ajutons que fafa ne trahit pas ses amis pour le moment .Because business is busines,Mais bientôt la fin du pétro-dollar ce jour là on decouvrira alors,que le vent de l'histoire ne souffle pas dans la même direction.

  8. Hend Barwaqi : vous avez oublié Aït Ahmed qui s'est recueilli lui aussi sur la tombe de Messali. Est-ce qu'Aït compte pour du beurre ?

  9. Comme toutes les révolutions, la Revolution Algérienne depuis ses origines à à longtemps souffert de toutes sortes de maux :

    – REGIONALISME : (berberistes contre les arabistes et vise-versa, les oranais contre les kabyles et j'en passe),

    – LE CULTE DE LA PERSONNALITÉ : (zaïmisme missaliste),

    – LES GUERRES FRATRICIDES : (MNA contre FLN dont les morts se comptent par dizaines de milliers en France et en Algérie),

    – TRAITRISE ET COMPLOTS : (ex : l'élimination de Abane Ramdane par Boussouf, le comble avec la complicité de ses compagnons comme Krim Belkacem, ou la mort du colonel Amirouche, son itinéraire fut communiqué aux français par les services de Boussouf),

    – RECHERCHE DU LEADERSHIP ET JALOUSIE: (comme exemple Ben Bella, Abane, Krim, Boudiaf, Ait Ahmed..etc),

    – CLANISME : (luttes intestines à l'intérieur du FLN durant l'été 1962 où le pouvoir militaire incarné par le clan d'Oujda a sa tête le colonel Boumédiene qui commande plus de 60 000 hommes armés jusqu'aux dents, rentre en dissidence armes et bagages en déclarant la guerre aux hommes de GPRA qui est l'instance civile, la fin du conflit est marqué par un bilan de plus de 1000 morts, le ralliement de Ben Bella au clan d'Oujda pour s'emparer du pouvoir par la force au détriment de la volonté populaire.)

    Maintenant, 52 ans après, dire qui a tort ou qui n'est pas eu tort, est ce que ça va résoudre nos problèmes??, le mal est déjà fait et l'Algérie post-indépendante souffre encore de ce mal, vieux plus de de 50 ans. Le travaille de mémoire doit être fait par des historiens très sérieux, chercheurs et universitaires de la nouvelle génération qui n'ont aucun lien avec le passé, par ce que il est c'est dangereux que notre histoire sera écrite par des politiciens ou soit manipuler à des fins politiques comme le cas de maintenant à travers les journaux interposés.

    Aucune Révolution au monde n'est parfaite, qu'elle soit la Révolution française, russe ou cubaine, elles ont toutes leurs coté sombre, sous Robespierre en France obnubilé par la suspicion il a instauré la terreur , en guillotinant des centaines d'innocents et parmi les victimes il y a ses meilleurs compagnons d'armes. Staline, le tyran rouge qui a assassiné, exilé tous ses compagnons, plus de 30 millions de morts sous son régime. Castro avec son pouvoir dictatorial, même le ché son fidèle ami ne l'a pas épargne. REVOLUTION = LIBERATION mais toujours avec la terreur, assassinats, traitrises, complots, déportations, exils, dictature etc…Et l'avenir appartient aux nouvelles générations, je reste optimiste 🙂

  10. Le recueillement de Hocine Ait Ahmed sur la tombe de Messali n'engage que sa personne et n'absout absolument pas votre zaim de tous les morts dont il porte la responsabilité entière. Il est l'ordonnateur de la guerre fracticide MNA-FLN. Le généralissime Belounis n'est qu'exécutant. Je persiste et signe: la réhabilitation de Messali ne se justifie que par des raisons purement tribales. Messali-Pétain: le parallèle est parfait.

  11. On ne construit pas un pays sur des bases molles, mais sur des bases solides … et ces bases constituent le passé !!! Les générations d'aujourd'hui doivent savoir qui a fait quoi … pour éviter de répéter les erreurs du pasé !!!

    Sinon, tous les "déchets" qu'a abondonné FAFA ici vont reprendre du service … au bénifice de leur anciens "maitres" !!! Comme le montrent certains comportements et décisions !!!

    si selon N. Bonaparte "L'HISTOIRE APPARTIENT A CEUX QUI L'ECRIVENT" … LE FUTUR APPARTIENT A CEUX QUI LA MAITISENT !!!

  12. Il n'y pas que la guerre fratricide durant la guerre de libération, il aussi l'autre :celle d'après , de 63, qui n'engageait pas que le FFS contre Ben Bella.(Tiens, les deux accolytes qui se sont recueilli sur la tombe de Messali). Quand les partisans de Zilho égoregairt leurs prores frères d'armes.
    Pour l'histoire:
    En 1963, vers cinq heures du matin j’ai entendu des cris stridents qui venaient de chez mes voisins d’en face. C’étaient effroyable et la peur me paralysait. J’entrouvre la fenêtre et je regarde à travers les persiennes. Les fils de mes voisins portaient un drap ensanglanté c’était leur père qui a été coupé en deux morceaux par ses amis. Car il ne voulait pas rejoindre le maquis du FFS.
    Quelques jours après à trois heures du matin, j’entendis un coup de feu, venant de chez les mêmes voisins. Cette fois ce fut son fils que des membres du FFS ont assassiné. Plus d'attre d'autres ont été égorgé ou abbattus pat des "fidaïs" du FFS. Plus de 5 personnes ont été assassinés ainsi pour avoir trahi nous disait-on.

  13. il ya bien eu toutes les tares et deviations que tu mentionnes dan s la revolution algerienne tu as donc raiosn sur la fond mais pas sur la forme ta facon de justifer et la description en détail est sublective .Ne moralise pas tu n es pas hsitorien .Je te cite des exemples de tes erreurs
    1. Ben bella n a pas rallié Boumédienne les deux sont coacteurs avec boutef et Nasser l egyptien,de la prise du pouvoir de force.
    2. Cette prise du pouvoir etait préparée de longue date par ces acteurs depuis 1957 et c est bien dans le cadre de celle ci qu' Abane et amiroucjhe ont été liquidés
    3.C 'est archifaux de mettre Abane,Boudiaf Ait ahmed sur la liste des hommes qui ont cherché le leader le leader Cheap Abane teait parti avant l heure des ambitieux les autres heros n ont fait que de la résistance au putshistes , a savoir ben bella boutef boumedienne boussouf avec l aide de daulle et nasser

  14. Il y a de bons individus comme il y a de mauvais individus, par contre il n’a ya pas de bons groupes, il n’y a pas de mauvais groupes. Les groupes (nations, partis, gangs, tribus, etc.,) sont des alliances de circonstance, organisés pour des buts définis. Aucun groupe humain n’est exempt d’exactions contre un autre groupe, à un moment ou à un autre, à un endroit ou à un autre de son histoire. Les kabyles, aujourd’hui si unis, brandissant leur berbérité avec firté et ferveur feraient presque oublier ça, pourtant il suffit de lire l’histoire ou même de demander aux plus vieux encore vivants : il n’y a pas tellement longtemps, chaque village kabyle était en guerre constante contre les villages voisins, et à l’intérieur de chaque village, chaque famille ( ou plutôt clan, “adhroum”) était en guerre permanente contre les autres familles. On pourrait poursuivre cette anlayse ne disant qu’à l’intérieur de chaque famille les individus étaient (sont) en conflit permanent les uns avec les autres. Les “arabes” ne présentent pas un portrait plus reluisant non plus, loin de là, et les européens n’en parlons pas, il n’y a qu’à voir les 70 millions de morts entre les deux guerres mondiales, et ça ce n’est pas de l’histoire ancienne, de nombreux combattants sont encore vivants de nos jours. Où qu’on regarde, l’homme massacre l’homme quand il convoite quelque chose ou pour se défendre de la convoitise des autres. La victime d’aujourd’hui est l’oppresseur de demain, et vice-versa. Aucune exception. Aucune.

  15. Une chose qui m'intrigue. Dans le journal LE MATIN , ces jours-ci, deux contributions sont parues. La première est "MESSALI HADJ, L'HONNEUR NATIONAL" et la deuxième est "L'honneur perdu de MESSALI HADJ'. La première contribution n'a été publiée qu'une seule fois. Par contre , la deuxième est à son troisième ou quatrième jour de publication. Messali vous fait-il encore aussi peur?
    En ce qui concerne l'ecrit de MR BELAID ABANE, il est évident que celui-ci va défendre la mémoire de son oncle, avec un parti pris flagrant.

  16. La plume de Belaid Abane est l'une des plus respectée. Elle est au dessus de tout soupçon. Sauf pour ceux', comme vous' qui tentent désespérément de la descréditer. Quant à son oncle Ramdane, il n'a nullement besoin d'être défendu. Son aura et son bilan le font fort bien… Oser comparer Abane Ramdane au traitre Messali relève dey l'absurde

  17. La trahison n'est jamais une qualité à défendre mais une tare à combattre !!!

  18. Hey Francis shut up please!!! Pas vrai du tout ce que tu racontes là.Le matin Dz est "un journal Online" sérieux.
    Il est mis a jour de temps à autre quand il a des nouveaux articles à publier mais non pas tous les jours systématiquement .Il n'est aussi riche que ton chiffon el moujahid qui puisse ses besoins financiers dans les caisses de l'Etat et qui dispose d'une armée de journalistes payés pour trafricoter des slogans vides et malhonnêtes.
    Certaines fois les mêmes aricles restent "on line" 2 jours ,parfois 3 jours ou plus s' il y a un jour férié ou un week-end .Les mises à jour sont faites uniquement quand il y a des nouveaux articles à publier.Ce que tu dis n'est pas une manipulation puisque la même chose se produit souvent avec d'autres articles que ceux dédiés à ton messali:Le matin DZ ne censure pas et ne manipule pas ses lecteurs comme ton journal chiffon FLNiste déja cité.
    Tu as juste cru davoir trouver une petite faille a exploiter pour denigrer et detourner et detruire la confiance des lecteurs et jeter le doute sur ce journal qui nous donne la possibilité d'ecrire des choses vraies sur ton zaim Messali qui est restera un traitre pour l 'eternité n'en déplaise au clan qui t a instruit pour écrire tes aneries.

  19. Exact ! Dans ma propre famille il y a trois noms différents. Certains ont changé de nom à cause d’une guerre fratricide qui les a décimés pendant 5 générations. Crimes d’honneurs et vengeance succédaient à d’autres. Et ceci est valable pour toute la Kabylie.

    Là ou je te rejoins c’est là où tu ébauches, ou cela se déduit de ce que tu dis : le processus d’individuation qui nous a jusque là manqué, en Algérie. Le mimétisme obligatoire nous absout de toutes nos responsabilités individuelles. Et cette querelle en est l’exemple parfait. Dans toutes les révolutions et les guerres ce sont toujours les plus radicaux qui finissent par triompher.

    Il n'y a aucune lecture critique de l'histoire dans ce qu'on lit ici.

    Pourquoi Ferhat n’avait pas campé sur ses positions ? Pourquoi le Parti communiste internationaliste par essence avait rejoint les nationalistes alors que pour eux les prolétaires n’ont pas de patrie ? Ils auraient étaient traités de traitres, comme on traite Messali de traitre aujourd’hui. Il y a une différence entre Messali , Boudiaf, Et Zilhou : C’est que lui il n’a pas attendu l’indépendance pour régler ses comptes avec ses anciens compagnons.

    Si on veut faire œuvre d’historien, on décrit des faits et l’action des acteurs, on n’a pas à les qualifier. Qu’ils soient des lâches des traitres ou des héros, cela relève de la pure subjectivité: c’est pour la mythologie.

  20. Aya barkana ya si!

    Rouhou techriw el mesvah, comme on dit chez nous. Le Matin.Dz a publié votre article et il est toujours disponible. Vous voulez qu'il fasse comme el moudjahid avec el barwita hadik à sa une ou quoi?
    Ils sont déjà gentils de publier vos bulletins paroissiaux sans vous aire payer. Vous voulez qu’ils réchauffent vos plats en plus ? Il est intervenu combien de fois Afif ? Ou ma zeltou toukarirou les même rengaines ya Sidi ! Pourquoi vous ne lui construiser pas un mausolée?

  21. Cette subordination de l’individu au groupe est profondément ancrée dans la psyché algérienne et surtout kabyle. “Qui es-tu ?” se dit “wik-ilan ?” en kabyle, c’est à dire “à qui appartiens-tu” sous-entendu “à quels âarch, village ou famille” selon l’endroit où la question est posée. Ça commence à être remplacé par “anwak” dans les villes, mais ce processus d’individuation ne saurait arriver que dans un système économique basé sur le travail et la production, un système dans lequel l’individu devient important par sa capacité de travail, pas seulement une autre bouche à nourrir réclamant sa petite part de la rente pétrolière, ou dans un système tribal encore présent dans le subconscient tout près de la surface de la conscience, comme une paire de bras capable de manier un fusil.

  22. wa moh seroual (moh arwal).
    Descent sur terre et met beaucoup d'eau dans ton vin.
    je sais ce que je dis et cela s'est confirmée ce jour , le 05 mars 2015. Quand je dis qu'il y a selection dans la parution des contributions, alors IL Y A SELECTION DANS LA PARUTION DES CONTRIBUTIONS.
    De plus qui t'a mis dans ta cervelle que je suis FLNiste ?Qui te dit que le lis EL MOUDJAHID?
    Arrête de divaguer!

  23. Rappelons l'essentiel …

    Je suis responsable de mes propos mais pas des interprétations qu'on en fait !!!

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