L’ancien président yéménite Ali Abdallah Saleh a accumulé par la corruption une fortune estimée entre 32 et 60 milliards de dollars en 33 années de pouvoir. L’ONU a fait cette révélation mercredi dans un rapport. Cette fortune colossale a été placée dans une vingtaine de pays, mais le rapport ne les nomme pas.
Le groupe d’experts auteurs du rapport, qui a été transmis au Conseil de sécurité, ont aussi enquêté sur les liens entre M. Saleh et des hommes d’affaires qui l’auraient aidé à dissimuler ce pactole. Le Conseil de sécurité de l’ONU a décrété fin 2014 des sanctions, dont un gel de ses avoirs, contre l’ex-président chassé du pouvoir en 2012, l’accusant de nuire à la transition politique au Yémen en soutenant les miliciens houthis qui ont pris le contrôle de Sanaa.
Selon ce rapport, « les fonds proviennent en partie de la corruption, en particulier celle liée aux contrats pétroliers et gaziers ». L’ancien président yéménite aurait touché des pots-de-vin en échange de droits de prospection exclusifs.
Ali Abdallah Saleh, ses amis et sa famille sont aussi accusés d’avoir détourné de l’argent d’un programme de subventions à l’industrie pétrolière et d’être impliqués dans des escroqueries et des opérations d’extorsion de fonds. La corruption à permis à M. Saleh d’empocher près de 2 milliards de dollars par an durant trois décennies, a chiffré le rapport de l’ONU.
S’attendant à des sanctions du Conseil de sécurité, M. Saleh a pris des dispositions pour dissimuler ses avoirs, ajoutent aussi les experts. « Il a eu amplement le temps de circonvenir les mesures prises pour geler ses avoirs », affirment-ils. De nombreux responsables yéménites interrogés par les experts ont plaidé pour un retour au Yémen des sommes volées par M. Saleh, afin de remédier aux difficultés du pays et de l’aider à rembourser sa dette.
AFP




