Les premiers pas décisifs de la révolution algérienne

Le déclenchement de la guerre d’Algérie survient au moment où le principal parti nationaliste, le PPA-MTLD, traverse sa plus grave crise.

Pour échapper au contrôle des deux groupes se disputant le contrôle du parti, en l’occurrence les centralistes et les messalistes, un groupe d’activistes se lance dans l’action armée, un projet cher à la frange radicale du PPA-MTLD. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce projet manque immanquablement de préparation. Et pour cause ! Après l’accomplissement d’une trentaine d’attentats la nuit de la Toussaint, le passage à l’action armée s’avère, au fil des jours, périlleux et incertain.

En fait, malgré le passage à l’acte, le plus dur reste totalement à faire. Bien que les allumeurs de la mèche croient, eux aussi, à la dureté de la tâche, au lendemain des actions du 1er novembre 1954, les dirigeants de l’ALN (armée de libération nationale) – dans les mouvements de cette nature, la naissance du bras armée précède l’organisation politique – doivent faire face à une double difficulté : organiser les maquis et échapper à la riposte des autorités coloniales.

I- Mobiliser les Algériens

Malgré le cloisonnement qui a caractérisé la constitution des premiers noyaux de l’ALN, les initiateurs de la lutte armée sont obligés de faire appel à tous les volontaires. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que, dans le contexte colonial, les dirigeants disposent d’une réserve assez importante. Pour parvenir à leur but, ils doivent exposer les objectifs de leur mouvement en insistant sur le fait qu’il ne soit pas lié à aucun mouvement existant jusque-là. Mais, en 1954, le seul homme qui puisse rassembler les Algériens, c’est indubitablement Messali Hadj. D’ailleurs, les chefs de la Kabylie, Krim Belkacem et Amar Ouamrane, n’ont-ils pas refusé de se joindre au CRUA (comité révolutionnaire pour l’unité et l’action) et plus tard à la réunion des 22 pour cause de l’attachement de la région à son chef charismatique, Messali Hadj.

Hélas, la révolution se fera sans Messali. Quant aux centralistes, ils rejoignent le mouvement après l’avoir combattu à ses débuts. Pour autant, peut-on considérer Messali Hadj comme un traitre ? En tout cas, aucun historien sérieux ne s’est aventuré sur ce terrain. Car, bien qu’il soit absent à ce rendez-vous de l’histoire –il faut dire aussi que c’est lui qui a formé les initiateurs du projet révolutionnaire –, Messali Hadj a consacré les meilleures années de sa jeunesse à la libération de son pays.

Toutefois, pour revenir au contexte de l’époque, le nouveau parti, le FLN historique et non pas l’actuel où le seul sacrifice de ses dirigeants –car il s’agit d’un travail à plein temps –consiste à détruire les richesses nationales, doit se renforcer, et ce, par tous les moyens. En effet, la tâche nécessite le sacrifice des meilleurs fils de l’Algérie. Et dès le début de l’année 1955, le FLN trouve la tête politique qui lui manque. Il s’agit évidemment d’Abane Ramdane. Ce dernier, en compagnie d’autres valeureux chefs, à l’instar de Larbi Ben Mhidi, réalise le grand rassemblement national et l’unique que l’histoire du pays ait connu. Avec tous les reproches que les uns et les autres auraient pu ou pourraient faire à Abane, ils ne peuvent pas nier le fait suivant : sans l’arrivée du sang neuf –d’où l’inanité d’un contrat moral entre les neufs chefs historiques –, la révolution algérienne serait étouffée dès 1955 avec la neutralisation des 3 sur les 5 chefs militaires de l’intérieur (Didouche mort en janvier 1955, Ben Boulaid arrêté en février 1955 et Bitat arrêté en mars 1955).

II- La riposte coloniale

Pris de vitesse –bien que les activités du CRUA ne soient pas totalement ignorées –, le régime colonial reprend, peu à peu, le contrôle. «Après la dissolution du mouvement indépendantiste bien connu [le PPA-MTLD] décidée en conseil des ministres, qui fait l’objet d’un décret le 5 novembre, des centaines de ses militants font l’objet d’une rafle dès la nuit suivante. Au total, en l’espace de peu de temps, ils seront plus de 2000 à être emprisonnés», écrivent Benjamin Stora et Renaud de Rochebrune, dans «la guerre d’Algérie vue par les Algériens». N’étant pas associés à la préparation de la lutte armée, ces militants ne peuvent pas compromettre l’existence su FLN. Autrement dit, ces arrestations ne vont pas contrarier les desseins du nouveau parti, le FLN. Et contre toute attente, les militants qui sont sur le point d’être arrêtés préfèrent rejoindre le FLN que de croupir dans les geôles coloniales.

Cependant, après la chute du gouvernement, dirigé par Pierre Mendès France, l’un des hommes de la IVe République ouvert au dialogue, le nouveau président du Conseil, Edgar Faure, ne perd pas de temps. Dès son investiture, il met en place des mesures répressives susceptibles de porter un terrible coup d’estocade au mouvement indépendantiste. « Prévue pour une durée de six mois, adoptés le 31 mars 1955 par l’Assemblée, la loi sur l’état d’urgence permet en principe aux préfets d’interdire la circulation des personnes et des véhicules, d’instituer des zones de protection, de prononcer des assignations à résidence, etc.… », écrit Philippe Masson, dans la revue «Historia». Mais, le plus dur reste à venir. La loi sur la responsabilité collective reste la plus prisée par les responsables du « rétablissement d’ordre », notamment lors de la bataille d’Alger. Enfin, sur l’année 1955, les renforts militaires battent leur plein. Plus de 100000 militaires vont rejoindre l’Algérie. En ce sens, l’année 1955 constitue un véritable tournant de la guerre d’Algérie.

Pour conclure, il va de soi que le déclenchement de la guerre d’Algérie ne laisse pas de place à l’expectative. À ce titre, malgré le flou et l’incertitude, le FLN va réussir à s’imposer, dans le premier temps, sur la scène politique algérienne, et ensuite comme le seul interlocuteur face au gouvernement français. Dans la douleur et le sang, les premiers chefs vont créer un climat de solidarité. Mais, cet esprit de sacrifice et de solidarité va-t-il perdurer ? Malheureusement, certains dirigeants ne pensent qu’à satisfaire leur ego. Du coup, avant même le cessez-le-feu, un groupe de militaires, à leur tête Houari Boumediene, s’empare illégalement du pouvoir, privant ainsi le peuple algérien de son droit à vivre sans carcans. Plus grave encore, 52 ans après l’indépendance, l’Algérie continue à être gérée par le même clan. Profitant de la passivité du peuple algérien –son renoncement est quelque part une trahison au sang versé par les valeureux chouhadas –, le régime algérien abuse et profite de tout.

Boubekeur Aït Benali

12 commentaires

  1. Ayez le courage d'assumer en écrivant sous votre nom véritable et ensuite venez apporter la contradiction au Dr Said Sadi !! C'est par de telles méthodes que ce pays trahi a connu cette descente en enfer ! Quand on n'assume pas même pas son nom on ne risque pas de convaincre, même si seule la diversion intéresse !! On en est encore a l'avant l'homo erectus !! Que c'est dur d’être un Homme en Algerie !!

  2. @ait benali TU AS ECRIS CECI: Messali Hadj a consacré les meilleures années de sa jeunesse à la libération de son pays.
    Ainsi selon toi ce traitre a liberé le pays.Tu n' as pas honte de dire une imbecilité pareille?

  3. La négligence, l’erreur fatale qui nous empêche d’avancer.
    À présent la majorité croyait à la même version, alors que ça n’a jamais été comme ça.

  4. Votre article est complétement décousu, si vous voulez réhabiliter et défendre Messali ce n'est pas la peine de le noyer dans une pseudo dénonciation du groupe de oujda. Par ailleurs vouloir sacraliser Messali en prétendant qu'il était le chef charismatique de la région Kabylie c'est aller vite en besogne. Vous oubliez peut être que parmi les 8 membres qui ont créer l'Etoile Nord africaine( l'ancêtre du PPA et du MTLD) 6 étaient Kabyles. La crise anti berbère qui a permi à Messali de faire une purge dans les rang du parti a porté un grand coup à son Zaîmisme parmi les militants Kabyles. Pas d'enfumage s'il vous plait!

  5. Je rejoints Raveh Aksel, En sus il est connu de l'Histoire et de tous, que lorsqu'on évoque le déclenchement de la révolution algérienne, on met systématiquement en avant et en photo le groupe des six (6) ! vous y rajoutez les photos d'Ait-Ahmed et Ben Bella, on voit alors l'objectif de votre article… Quant au contenu, on voit la "touche" vicieuse de la falsification. Tout cela c'est le remue-ménage causé par les récits de Said Saadi. On va en voir des écrits de ce calibre…
    à bon entendeur

  6. considerer Messali comme rassembleur!? C'est faire preuve de myopie et de foutaise ,il etait prmomené comme un singe de foire le pauvre.charismatique !? Je vous en fouterer des charismes et autres balivernes , avec son burnous et sa chechia il faisait le bon indigene que les foules à l'instar d'une partie du peuple croyait à la cha3ouada comme pour le vote du FIS prometant le paradis , pauvre peuple et pauvre histrions, Messali ne fut que le pére du MNA sans plus! l'Algerie heureusement avait une elite formée tellle Abane, ben m'hidi , Ferhat Abbas, Ait Ahmed ,Boudiaf et j'en passe des Boumendjel, mhd cherif Sahli, Benkhada,kiouane , Lahouel ,Dahleb…..

  7. TU DIS AUSSI QUE: "c’est lui qui a formé les initiateurs du projet révolutionnaire*
    COMME SI LA REVOLUTION S APPRENAIT A L ECOLE .TU te trompes Messali a formé des traitres comme lui qui ont fait la guerre à l'ALN

  8. Vous etes en plein délire, révolution vous savez ce que c'est?
    Non, alors une histoire de guerre de libération n'a jamais été une révolution en algérie tribale, pour réeduquer les esprits.Et oui monsieur, infiltrée par les deux "merdes régionales" : L'égypte fausse et le maroc imposteur, voilà ce qui est arrivé sommairement et vous croyer en une révolution algérienne.
    La psychiatrie pourra expliquer ces fixations de subconcient, aussi perverses que cet inceste historique mensonger que des écrits pareils , continuent dans la mystification et le mensonge historique.
    Non aucune révolution n'a eu lieu en algérie, une guerre de libération oui, mais ratée car recoloniser par pire que les francais:Les hybrides paysans qui ont fait de la crotte et de la bouse des vaches leurs idéologies au pluriel, non on ne peut partager votre article cher monsieur tout est faux malgré vous Allah Ghaleb?

  9. Et boubekeur Ait Benali, je connais aucun Ait de ce nom, alors svp, rien ne sert de se cacher , vous vous en etes débusqué vous meme, quand à Messali el Hadj et en bonus:C'est un traitre de la cause nationale algérienne des algériens authentiques, pas celle des marocains d'algérie et autre pseudo diaspora à l'étranger, alors bonsoir le crépuscule est là pour votre dernier canasson politique "Abdelaziz Bouteflika", à bientot.

  10. Parler du mouvement des nationalistes Anegeriens ca nous ramenes a quoi,on s'en fout du passe,etant donne'tout a ete confisquer par les Mauros,alors j'essaye de vous conseiller,regadez devant vous oubien le retroviseur,FLN(a sa tete un Tunisien),le RND a sa tete(un Marocain),APN(a sa tete un tunisien),leFIS(un tunisien B) ,bientot on est sur le chemin d'avoir un nouveau partementaire CHINOIS,quelle derive !!JERJER YAHZENE,la cerise sur le gateau un Perzidene MAROCAIN,assvar a Mass FERHAT oussane se rapproches ca sera pour bientot.

  11. Comme il est déja signalé, La vie d'un homme se juge par sa fin et non par ses débuts … de Nombreux dictateurs en europe, en amérique du sud et en afrique avaient débuté leurs vies comme de farouches et vaillants opposants mais ils l'ont cloturé de façon désastreuse …

    Certes, les luttes entre les militants messalistes et ceux du FLN étaient des luttes fratrécides, à la seule différence que les premiers étaient appuyés et équipés par les services de FAFA que combattaient les seconds !!! C'est un petit détail qui fait toute la différence !!!

  12. Prétendre défendre la mémoire et l'héritage d'un passé lointain aux dépends d'un passé proche est une pure supercherie !!!

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