Reportage du Monde (édition du 21 juin)
Rarement, sans doute, le « système » algérien n’aura paru aussi opaque. Rarement l’avenir n’aura semblé à la population aussi incertain. « Ceux qui vous disent qu' »ils savent » pratiquent la désinformation. Personne ne sait, en réalité, ce qui se passe au sommet de l’Etat, ni ce qui nous attend », souligne l’avocat Ali Yahia Abdenour, ancien président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme.
Seule certitude des Algériens, les caisses de l’Etat sont pleines : 110 milliards de dollars de réserves de change, fin 2007, grâce aux hydrocarbures. Une telle manne est une chance et un piège, car elle n’incite guère à sortir de l’économie rentière.
Quinze ans après le début de la « décennie de sang », qui allait voir s’affronter les islamistes armés aux forces de sécurité et faire des dizaines de milliers de morts, l’Algérie semble être toujours menacée par le vide. Certes, le pays a changé. On construit partout : autoroutes, immeubles, ponts, barrages… Mais cette politique des grands travaux ne crée pas assez d’emplois. Et une minorité de nouveaux riches côtoie une masse grandissante de pauvres.
Des émeutes éclatent à intervalles de plus en plus rapprochés, du nord au sud et d’est en ouest. Oran, fin mai, a connu deux jours de violences inouïes. Bériane, à 900 km au sud d’Alger, a été secouée, en mars, par des affrontements sanglants entre Arabes et Mozabites. Sont-elles le signe avant-coureur d’une vague déferlante de mécontentements ?
En tous les cas, le langage de l’émeute se propage. Des signes de violences sont évidents. Sur la route, où les automobilistes adoptent des comportements quasi meurtriers ; sur les trottoirs, où des bandes d’adolescents pratiquent le vol à l’arraché ; au sein des familles, enfin, où l’on sait de moins en moins discuter sans s’affronter.
Paradoxalement, ce ne sont pas les kamikazes, ni les voitures piégées, ni les attentats à la bombe qui préoccupent le plus la population. Les gens ont appris à « vivre avec ». La région d’Alger a été frappée par une vague d’attentats début juin mais la situation sécuritaire n’a toutefois rien à voir avec les grands pics de violence des années 1990. Ce qui mine la plupart des Algériens, c’est l’absence de perspectives.
« Le peuple se sent abandonné par le pouvoir. Il n’y a aucune communication entre l’un et l’autre. Dans les années 1990, nous souffrions du terrorisme et le pétrole n’était qu’à 9 dollars le baril, rappelle Ali Djerri, journaliste et ancien directeur du quotidien arabophone El-Khabar. Aujourd’hui, le baril flambe et la sécurité est en principe revenue, mais le désespoir est partout. Les gens n’ont qu’une idée : quitter le pays. »
Le phénomène des « harragas » – ces jeunes clandestins qui tentent de traverser la Méditerranée à bord d’embarcations de fortune – prend d’ailleurs de l’ampleur. Pas une semaine ne passe sans qu’on apprenne que dix ou quinze personnes ont été interceptées en mer en essayant de gagner les rives de l’Europe.
Pourtant, imperturbable, la chaîne de télévision nationale, baptisée ironiquement « l’Unique », chante chaque soir les louanges du président Abdelaziz Bouteflika. « L’Unique » assure que tout va bien.
« Le plus inquiétant, c’est l’absence de solution de rechange. Si demain, les émeutes se généralisent, personne ne sera capable de contrôler la situation : ni le DRS (la sécurité militaire), car ce n’est pas son rôle, ni la police, car elle pactiserait avec la population ! », s’inquiète Chafik Mesbah, un ancien officier devenu analyste politique.
« Nos dirigeants conduisent le pays comme ils conduiraient une brouette ! », s’exaspère de son côté l’ancien chef de gouvernement Sid Ahmed Ghozali, secrétaire général du Front démocratique (non agréé). Pour lui, « on occupe la galerie avec de fausses querelles », et le problème n’est pas M. Bouteflika, mais le « système » qui tient l’Algérie. Un système autiste, à bout de souffle, qui risque de conduire le pays à l’explosion. « Nous n’avons pas tiré les leçons du terrorisme des années 1990. On oublie ce que nous avait dit le général Lamari (ancien chef d’état-major des armées) : « Nous avons vaincu le terrorisme militairement. Reste à vaincre l’intégrisme, ce qui est du ressort du politique » », rappelle M. Ghozali.
Mais la vie politique reste atone et la sécurité militaire toujours aussi puissante. Si le terrorisme a très nettement diminué d’intensité, rien n’assure qu’il ne connaîtra pas de regain, les racines du mal étant toujours présentes. Quant au président Bouteflika, il fait assaut de religiosité. Compte-t-il s’appuyer sur les islamistes ? Tente-t-il plutôt de leur ravir la vedette ? Les avis sont partagés. Et envisage-t-il sérieusement de briguer un troisième mandat en avril 2009 malgré une santé précaire ?
« Le régime fonctionne en circuit fermé, sans débat contradictoire, donc sans limite à ses erreurs. Le peuple voit en lui un ennemi. La seule solution, ce serait une bonne gouvernance, un enseignement de qualité, une justice digne de ce nom, soupire Sid Ahmed Ghozali. Croyez-moi, si je suis venu à l’option démocratique, ce n’est pas pour des raisons morales, mais par nécessité ! Il n’y a pas d’autre solution… »
Florence Beaugé
Article paru dans l’édition du 21.06.08





En 1999, le terrorisme islamiste a été effectivement vaincu militairement et politiquement mais l’intronisation de Bouteflika est venue faire capoter la situation en allant dans le sens des agresseurs fanatiques, des égarés et des repentis en leur tendant la main et en les réhabilitant comme si de rien n’était .Il a choisi la voie de la solution facile et de l’approche démagogique et populiste pour soi-disant instaurer la paix et la concorde.En faisant cela, il nous a fait revenir à la case de départ avec cette fois la dispersion et la démobilisation de toutes les forces démocratiques et patriotiques qui ont tenu tête aux assassins et aux violeurs intégristes et qui les ont acculés jusque dans leurs derniers retranchements .Au tout début des hostilités, le peuple et son ANP ont compris qu’on ne négocie pas avec ces fanatiques islamistes qui ont triché et trompé tout le monde de l’époque pour ensuite déclencher et propager la terreur dans tout le pays en passant de la chasse à l’homme, jusqu’aux attentats meurtriers et aux massacres de populations innocentes qui ne demandaient qu’à vivre en paix et en liberté. A présent, on ne voit pas de solution pointer à l’horizon, c’est l’impasse totale .
Bahr Ettouffane, une chanson prémonitoire.Nous avons réduit les ambitions des jeunes à une ambarcation et un gps.
Depuis le début de l’indépendance c’est-à-dire 5 Juillet 1962, les dirigeants autoproclamés de notre pays ont horreur de faire face aux citoyens et adoptent vis-à-vis d’eux une approche dite « crabienne », c’est-à-dire « fuite en avant et latérale ». Ils ont eu un problème à réglé avec le FIS, ils négocient avec HAMAS (Il leur ont jeté un os à croqué en les maintenant dans le système et leur donnant une part du gâteau. Le problème est avec les kabyles (Derguez) n’est pas réglé, ils discutent avec les baathistes. Les communistes s’agitent dans les universités, ils lâchent contre eux les islamistes. Les enfants du « front » (FLN) n’affrontent jamais mais contournent et détournent (sans jeu de mots).
Finalement voila ou est arrivé le pays après 46 ans d’indépendance avec ce système de gestion « pourris » sans représentant (des Sensibilités Nationales) réel du peuple ; Sur un autre registre, selon un décompte (officiel), effectué par les éléments de la gendarmerie nationale concernant l’émigration clandestine ( Les Harragas), par ses deux voies, terrestre et maritime, la mer a rejeté du 1er janvier au 30 avril 2008, (seulement) 15 corps de harragas, tous de sexe masculin, dont douze à Oran, 2 à Aïn Témouchent et un à Mostaganem,
Des centaines de milliers de désespérés de la vie en Algérie continuent toujours à se livrer à la dangereuse et incertaine aventure de l’émigration clandestine. Parfois pour trompé et dé tourné le peuple de la vrai raison; Ils dissent que c’est la MAIN de L’ETRANGER ». Fautes d’encadrement politique et d’avenir les jeunes Algériens de tout bord non pas trouvé de solutions à leurs problèmes que celle d’éclater des émeutes à prendre .C’est malheureux de constater que le système en place va mettre tout son énergie et son intelligence à essayer de juguler ce type d’expression par le renforcement des mesures de police ; gendarmerie ; armée (DRS) par la mise en place de plans diabolique tel que camera ; indic, emprisonnement illégal et disparitions tout ça grâce à l’état d’urgence qui les arranges pour ce maintenir sur le « KORSI et s’ assurer en catimini un 3 éme mandat contre la volonté de la majorité de notre peuple ….
Les premisses de la decennie noire qu’a vecue l’Algerie different de l’etat actuel que vit la societe Algerienne. Effectivement maintenant, nous constatons que la violence est quasi quotidienne et tout autour de nous. L’Algerien sans egard a son statut social, son age ou son sexe est devenu un delinquant double d’un clochard aux sens propres des deux termes. Chacun degage un mepris sans egal envers son semblable. Faites juste une revue de la plus grande partie des actes de violences qui se sont succedes ces derniers temps. Vous constaterez que les jeunes ciblent aussi leurs semblables en s’attaquant a leurs biens. Prenez la route et vous verrez cette violence et haine qui se degage allant jusqu’a la volonte de faire du mal. Allez sur nos marches ou vous aurez au minimum, le droit d’assister a des affrontements quasi repetitifs au fil de la journee. Sans compter avec les agressions verbales qui sont devenues des pratiques normalisees. Les tenants des commandes de ce pays veulent cette clochardisation de notre societe. On parle d’une violence qui risque de changer la situation. Moi, je dis que c’est une energie qui veut etre violente et qui est menee, pas pour le changement, mais plutot pour cautionner les pratiques du pouvoir ou plutot des tenants des manchettes de la brouette nommee Algerie. Ce meme peuple sera le garant de l’aboutissement de tous les projets de corruption et de detournements qui se pratiquent dans les hautes spheres du pouvoir. Personnellement, je ne vois aucune lueur d’un scenario ou ce peuple changera quelque chose dans ce pays. Ce peuple, nous convenons tous, a besoin d’une elite pour le drainer vers tout projet. La seule elite en cours c’est la mafia politico-economique qui dicte la chanson a Mr. Bouteflika et la dance a Mr. Belkhadem et la bande d’incompetents qui bossent pour lui et qui menent des groupes de populations au niveau de chaque localite vers des actes bien orchestres. Leur virulance grandira avec la hausse du Baril. La manne d’argent qui gite dans les banques ne fera qu’agrandir leurs faims. Avril 2009 sera l’ultime preuve de mon pessimisme. Mr. Bouteflika a ete le premier a engager publiquement cette vague de corruption a tous les niveaux lors de sa seconde compagne electorale, en declarant des budgets complementaires pour les departements sans aucune etude prealable et en se servant a sa guise de cette manne et instaurant des comites de soutiens dans chaque localite composes de pseudo affairistes qui ont beneficies de tous les avantages sociaux, financiers et economiques. Ce sont ces memes corrompus qui veillent sur la situation qui prevaut dans notre societe. Le journal, usant de la pudeur, parle d’une securite militaire. C’est plutot la tranche militaire de cette mafia politico-economique qui veille a ce qu’en aucun cas les racines du terrorisme ne soient pas irradiquees, pour toujours tenir en main la der, qui consiste a nous faire choisir, dans le cas echeant, entre l’ordre etabli et le GHOUL qu’est le terrorisme. Mr. Ghozali, la seule chose qui vous demarque de tous ces charlatans qui se sont succedes au pouvoir c’est votre cravatte en noeud de papillon. Sinon, vous aussi, etiez un pion dans les mains de cette mafia politico-economique. Vous etiez l’acteur principal ayant brade nos champs petroliers pour des companies etrangeres. Quant a Amari, sans etaler son incompetence tout au long des annees noires, je ne citerez que cette affaire TONIC. Ce Monsieur ayant use de son autorite, se voit battir tout un projet sans apport personnel, mais plutot delapider des banques pour faire du detournement de fonds en meme temps. Resultat, il mene la belle vie quelque part en Europe et la boite TONIC se voit sous liquidation ou des milliers d’employers se retrouvent dans la rue. Je me demande est ce que nous devons nous soumettre a l’idee que cette Algerie ne peut plus accoucher d’intellectuels qui aspirent a un meilleur sort pour ce pays et nous devons accepter le fait que ce sont uniquement et toujours ces memes charlatans qui refont surface pour nous faire un etat des lieux. Pauvre Algerie. AL HARBA T’SALLAK.
Mes chers redacteurs a quoi sert d’ecrire de denoncer et aucun de la haute sphere ne prenne en considération ce que nous leur transmettons.Ces decideurs qui n’ecoutent meme pas les doleances des electeurs transmises par nos députés. Suivez les debats en pleinieres ou lors des questions orales que nos deputes suggerent au gouvernement et qu’aucune proposition n’est prise en considérations. Ces decideurs à leur tete le president de la republique et le ministre de l’interieurqui donnent instruction à leur wali de ne recevoir ni député voire meme aucun élu.Ou est la legitimité populaire.Un wali corrompu hypocrite et autre qui se fait passer pour le grand maitre dans sa wilaya qui le punira puisqu’il à la confiance totale de sa hiérarchie.Mrs les decideurs notre jeunesse a affronté la mort (le cas des harragas les jeunes qui ont rejoints les rangs de ceux du maquis)la prochaine elle affrontera ces corrompus de Wali et de Chefs de daira et ils ne trouveront ni policier voire meme aucun element des services de securité pour venir à leur aide.
Drôle d’analyse. Beaucoup de personnes vivent dans le système ou dans la périphérie du système veulent nous faire admettre cette fausse idée qu’il y a un affrontement entre d’un côté les islamistes et les laïques d’un autre côté.
Mais la réalité algérienne contredit cette fausse idée.
La vérité est que l’actuel système politique algérien est sans fondement idéologique. Tous ces acteurs politiques sont des opportunistes et affairistes sans scrupules à L’Algérie est gouvernée par les militaires de carrière à. Les militants de la cause nationale de la guerre de révolution ont été écartés du pouvoir par Houari Boumediene après son coup d’état.
Le grand problème de l’Algérie est qu’elle est gouvernée par des hommes forgés dans une discipline d’être des exécuteurs d’ordres. Des hommes qui exécutent sans poser de questions. C’est le mode opératoire de toutes les armées…
La question est : les ordres de qui ses exécuteurs d’ordres professionnels exécutent aujourd’hui en Algérie…C’est une question légitime.
Les consciences mortes
La presse privée algérienne, les médias étrangers, les partis politiques algériens, les personnalités nationales, anciennes et nouvelles, ne cessent d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur la détérioration continue de la situation sociale dans le pays.
Cette situation, pour le moins explosive, se caractèrise essentiellement par :
– la fermeture des champs politique et médiatique, qui permettent habituellement à la population d’exprimer ses préoccupations et de recevoir des réponses adéquates. Aujourd’hui, les émeutes violentes restent le seul moyen de communiquer avec les autorités du pays, bunkerisées dans leurs "palais" ;
– la recrudescence des attentats terroristes, essentiellemnt due à un repeuplement des maquis par les lésés et les déçus de la réconciliation nationale ;
– le climat d’intolérance instauré par un regain de l’activisme islamiste au sein de l’Administration, des Ecoles, des Universités et des Mosquées en particulier et de la société algérienne, en général, rendue vulnérable par l’exacerbation de fléaux et de maux sociaux comme la corruption, le népotisme, le régionalisme, la drogue, le chômage et autres, qui menacent sérieusement la cohésion, la stabilité et l’unité nationales, déjà considérablement fragilées par le terrorisme islamiste.
Au lieu d’affronter sérieusement cette situation et d’assumer convenablement leurs responsabilités constitutionnelles, les pouvoirs publics algériens continuent à recourir au mensonge délibéré, aux promesses farfelues, à la démagogie et au populisme irresponsable, juste pour pouvoir perdurer au pouvoir.
L’inertie et le silence des dirigeants autoproclamés du pays inquiètent de plus en plus le peuple algérien, livré à lui même ainsi que nos partenaires étrangers, qui ne comprennent pas la démarche suicidaire du pouvoir algérien, obnibulé par la cupidité et obsédé par la question de la révision constitutionnelle alors que les priorités et les urgences de l’Algérie d’aujourd’hui se situent ailleurs.
Le pays doit être soustrait d’urgence à l’influence des conscientes mortes qui le mènent droit au chaos.
Linda Chergui
Mon blog :
http://toutsurlelectionpresidentiellede2009.centerblog.net
http://mostfaetlindachergui.centerblog.net
"…personne ne sait ce qui se passe au sommet de l’Etat…"
Nous ne savons pas mais nous avons compris: que le pouvoir est fondé sur un système claniques et des groupes d’intérêt;que le terrorisme est devenu un système de régulation et que les victimes n’ont aucune valeur car ce sont les enfants du peuple, que l’Algérie est riche pour les riches; que notre destin est planifié par le régime: la mort, la prison ou l’exil.
Mais ce que vous ne savez pas maître c’est que ce sont les pseudo-intellectuels à la solde de ce régime qui ont trahi le peuple.
L’Algérie a des richesses et des têtes pensantes.
Mrs les auteurs des ecriteaux j’ai lu sur un mur »Mrs les politiques demissionnez » qui vous dis que ces pauvres malheureux politiques n’ont pas été exclu de la scene politique.Seul deux partis algeriens qui font la véritables opposition et que je leur dois un grand respect.Mrs du FFS et du RCD.Pourquoi le pouvoir n’a pas agrée les partis de Mr Taleb el Ibrahimi et sid ahmed Ghosali? Est les decideurs qui ont rejeté ces deux partis sont plus algeriens que ces deux leaders. N’ont il pas servi l’algerie dans les moments les pls difficiles.Qui a géré la sonatrach au temps de Boumedienne que Dieu aie son ame. Qui a géré au les portefeuilles de l’education et des affaires etrangeres. Ne sont ils pas algeriens et aucune defaillance ne leur a été imputée lors de leur gestion. Mrs aucun parti politique n’a la lattitude de gerer les situations actuelles que vit le peuple algerien.Seul le pouvoir en place qui a la main mise sur toute l’algerie.
Florence Beaugé ferait bien de revoir ses classiques. Lorsqu’elle écrit : « Rarement, sans doute, le « système » algérien n’aura paru aussi opaque », elle veut sans aucun doute semer le trouble dans nos esprits alors qu’il est évident que c’est elle qui se pose cette question : Pourquoi ne comprend elle rien à ce qui se déroule en Algérie ? Question sensible et qui l’inquiète comme elle inquiète de nombreux « observateurs » dépassés par le rythme imposé par un système qui a, disons le mot » le génie » de déplacer son centre de gravité dès que des failles commencent à apparaître. Cela se fait très vite et a commencé bien avant l’Indépendance. Ce « système », chaque Algérien en fait partie et il l’a parfaitement intégré au point de confondre les dirigeants et la société dont ils sont issus. Mais il ne faut pas s’inquiéter outre mesure de ce que peut penser, ou croire, Florence Beaugé. Il est plus important de resserrer les liens qui unissent nos concitoyens qui ont jusque là du subir, avec une patience exemplaire, le diktat d’individus qui ne nous veulent pas que du bien. En citant Monsieur Ghozali qui fut lui aussi au pouvoir et qui tente de s ‘en distancer, il est clair que tout le propos de la journaliste du Monde est non seulement partisan mais surtout il attise un feu que des millions d’algériens souhaitent voir s’éteindre. Je n’en voudrai pas à Madame Beaugé, c’est de bonne guerre. Cordialement
elMenfi
Megdouda, Vous avez su resume tout ce qui s’est dit tout au long de ce debat. Mais, vous parlez en conclusion de richesses et de tetes pensantes.
1). Je supposerais que par richesses, vous voulez dire les ressources naturelles et ces mannes d’argent qui ne cessent de s’entasser dans les banques etrangeres pour servir plus les interets des pays qui les hebergent au lieu du notre. Pour nous cet argent, releve plus de cette legende Kabyle de Cheikh al Kanoun. Son nom est de renommee; quant a lui, il n’a jamais existe.
2). Le point que je veux bien debattre, ce sont ces tetes pensantes. Je reviens au premier point. Des recettes enormes et conjoncturelles qu’on ne sait meme pas comment utiliser pour preparer convenablement l’avenir de ce peuple. Ceci est revelateur d’une incompetence generalisee dans tous les domaines d’activites. Les pays du Golf et je ne citerai que les EAU. Les decideurs de ce pays, qu’on n’arrete pas de caricaturiser ( C’est un domaine ou nous excellons le plus ), sont conscients que cette manne petroliere est purement conjoncturelle. Ils ont engage des projets economiques bien reflechis pour pouvoir instaurer une economie alternative a l’economie petroliere. Les recettes petrolieres de l’Emirat de Dubai ne representent que 40 % de toutes les recettes tous secteurs confondus. Abu Dhabi est entrain d’engager le meme processus. Concernant notre pays, en plus de cette volontee a etablir des reserves qui dorment, l’ensemble de la manne d’argent engagee dans le secteur economique est dediee a deux secteurs seulement: Les infrastructures qui sont plus des gouffres que de reels projets d’investissement et bien sur l’import-import qui reste de loin le secteur le plus actif de notre economie. Au meme moment notre industrie est reduite a neant. Donc, concernant ce volet, nous convenons que l’incompetence est le meilleur qualificatif des acteurs de notre economie. Les tetes pensantes, qui puissent se dresser en elite pour secouer les consciences de cette population reduite au clochardisme, on les a pas encore vues. La seule elite en service actuellement, comme je l’ai deja signale dans ma precedente intervention, c’est les comites dits de soutiens composes de ces pseudo affairistes corrompus qui menent la dance dans toutes les localites et qui veillent a ce que ce peuple soit toujours pret pour les echeances cruciales. Pour moi, ce sont les seules "tetes pensantes de ce pays" pour le moment. La conjoncture economique actuelle toute favorable n’est que passagere. Nous avons perdu, au moins dix ans qui representent les deux mandats de Mr. Bouteflika et tout le monde s’attele a nous faire perdre encore cinq ans. Resultat de ces quinze annees: un pays dortoir avec des autoroutes qu’on arrivera meme pas a entretenir. Ou sont donc ces tetes pensantes? Une tete pensante, dans notre contexte actuel, c’est l’element qui puisse engendrer ou faire partie d’un projet de changement pour ce Pays. Les cerveaux et competences qui gitent hors de ce pays ( Et j’en fais partie ) ne peuvent en aucun cas etre consideres dans notre contexte. Ils ont choisi cette issue car ils pensent que les solutions a la situation qui sevient dans notre pays sont quasi individuelles. Si nous ventons d’enumerer nos cerveaux a travers le monde, l’Inde, ou l’excellence est le seul qualificatif de leurs systemes educatifs, est entrain d’exporter des millions de cerveaux a travers le monde. Je voudrais bien partager, avec vous, cette lueur d’optimisme que vous avez affiche au terme de votre intervention.
Etant de, nature pacifique et rejetant tout ce qui a trait à la violence, je ne comprends pas l’analyse de certains intervenants ou encore les journalistes occidentaux lorsqu’ils taxent une opposition armée à un regime sanguinaire qui n’hésite pas à massacrer des vies innocentes rien que pour asseoir une vision d’apocalypse et faire cautionner sa démarche en agitant le spectre de l’islamisme ! BASTA, le terrorisme n’existe pas et ce ne sont surtout pas les islamistes qui sont derrière les massacres.DITES-VOUS !POURQUOI, ce drame est apparu ! n’est-ce pas après les liquidations physique des élus du PEUPLE.
@Ghanima. Bien vu Ghanima, c’est à croire que la malédiction qui frappe l’Algérie depuis l’avènement intégriste s’est dopée de la présence de Boutef. Ce monsieur est venu irriguer la mauvaise herbe au lieu de la couper. @Arezdi. J’aimerais tant dire à Arezki, de ne pas être trop pessimiste. Tu as très bien compris la situation, ton analyse est juste, tu devrais te dire qu’il y a dans notre société des gens, qui, en ayant compris la situation, se constituent naturellement comme les piliers de la future société algérienne. Saine, intègre et prospère. On est condamné à y croire, sinon c’est le suicide collectif. Reste la mobilisation de l’énergie (dont tu as parlée, utilisée, pour le moment, par les forces du mal), et son utilisation à bon escient. Ne vous en faîtes pas, la richesse de l’Algérie ne se compte pas uniquement en milliards de dollars mais aussi en HOMMES (au sens générique, bien sûr). Pour le moment on ne sait les compter, mais nous devons compter sur eux. N’oublions jamais que quand on arrive au fond, on doit forcément remonter (après avoir creusé un peu, pour ne pas contredire Fellag). L’histoire trace sa propre destinée. Cordialement ! W.S.
Anouar dit « le terrorisme n’existe pas et ce ne sont surtout pas les islamistes qui sont derrière les massacres ». Personnellement je ne peux laisser passer une affirmation pareille. En voilà un qui vit dans la société qu’il imagine. Sans vouloir rentrer dans le débat du « qui tue qui ? » débat stérile, qui n’a pas pour moi qu’une seule réponse : LES ISLAMISTES TUENT, LES GENS DU POUVOIR (OCCULTE) LES MANIPULE, LE PETIT PEUPLE PAIE ! M. Anouar, vous n’avez certainement jamais eu affaire à un islamiste terroriste. Vous n’avez jamais entendu parler d’un islamiste qui a tué son frère non islamiste, son oncle car non islamiste. Pour vous aucun policier n’a été tué par des islamistes. Aucun enseignant, aucun journaliste n’ont été tués par des islamistes. Les 200 000 victimes des dernières années, pour vous c’est des racontars. Mais où vivez-vous ya si Anouar ? Je crois que vous faîtes partie d’une espèce rare que je ne saurai qualifier et il n’y a pas grand-chose à vous dire pour vous en convaincre, vu votre raisonnement, ça serait comme donner des coups d’épée dans l’eau et attendre que ça saigne. La seule chose que je vous souhaite, c’est que vous arriviez un jour à comprendre que les islamistes ne sont pas des musulmans, ce sont des gens qui ont fait une relecture de l’Islam, qui l’ont politisé et qui l’utilisent exactement comme veulent les ennemis de l’Islam. Les élus du peuple dont vous parlez avaient lancé l’appel au djihad (au crime j’entends) bien avant le commencement des tueries. Wallah, j’ai pitié de vous !
Malgré le plan serré, de la photo, je reconnais ce pan de mur. Ain-Benian, Guyotville aâzizene. Mon quartier natal, celui de mes parents aussi. Après le 5 octobre en 88, les gens de Ain-Benian se sont organisés en comités de quartiers avec une coordination des comités de quartiers formidable qui est d’ailleurs restée dans l’histoire de la ville. Les citoyens avaient également créé le CDLD (Comité de Défense des Libertés Démocratiques) qui est resté dans l’histoire. C’était avant la presse indépendante. Il y’a eu de grandes bagarres avec les ninjas. Des gens ont été emprisonnés. Des manifestations magnifiquement organisées. Un concert de musique grandiose a été organisé pour la libération des 12 détenus au niveau du stade municipal que justement le mur que l’on voit sur cette photo soutient sur son côté ville. Durant ce concert, j’étais jeune mais j’ai appris beaucoup de choses. On était unis, c’était juste avant la création des partis politiques. (je ne jette pas la pierre à ces derniers). Le jour du concert de musique, on a invité des chanteurs qui sont venus d’Alger et surtout de Kabylie. Le groupe Debza que beaucoup découvraient a été magnifique. Madjid Soula, le groupe Agraw. Agraw a l’occasion a chanté : Lesswar zine. La chanson des bagnards, c’était magnifique. Madjid Soula en montant sur scène, a déclaré : en tant qu’artiste je vous soutiens et en tant que citoyen je vous soutiens. D’autres chanteurs dont je ne me rappelle pas les noms ont été très courageux. La mobilisation a été grandiose. Un seul groupe dont je n’ai pas oublié le nom d’ailleurs a fait defection. il s’appelait Afak. Arrivé sur les lieux, c’était le soir, ils ont eu peur. Ils ont dis : mais c’est politique. Ils ont prétexté qu’ils devaient aller chanter en Suède bientôt. C’était le seul groupe qui chantait en Arabe. des copains nous ont dit qu’il fallait trouver des chanteur arabophones pour que les autorités ne nous accusent pas de Berbérisme. qu’elle misère. (faut se replacer dans le contexte). Une grande mosquée venait d’être construite à côté du stade. Les intégristes étaient déjà bien organisés, bien avant le fis (hachakoum). Ce jour du concert pour la libération des détenus, des barbus sont venus d’en face en délégation. Ils ont dit que c’était pas possible de faire de la musique devant une mosquée. Les gens étaient déjà enragés à cause du combat déjà difficile. un membre des comités de quartier leur a dit : si vous êtes des hommes venez sur la scène, on vous donne le micro et annoncez à la population que le concert est interdit, hram. Ils n’ont pas osé. Le stade était plein à craquer. Ils ont fini par supplier (je dis bien supplier) de juste interrompre lors de l’appel du muezzin. Les détenus ont été libéré après 45 jours de prison, grâce à la mobilisation de tous. Il y’eut également une manif des femmes formidable, historique. Je dois dire mon sentiment aujourd’hui, c’est que l’apparition des partis nous a divisés. C’est trop long a expliqué. C’est cet épisode qui m’a donné une image immature des partis. Toutes les jalousies et tous les commérages et les frustrations tout simplement sociales ont pris corps au sein des élites des partis locaux. Bizarrement, le PAGS clandestin (dont les membres étaient du coin) qui avait effectivement pris une part active au sein du CDLD est devenu une sorte de peste dans les discussions des partis FFS et RCD qui venaient de naître. le FLN, nen parlons pas. Le danger intégriste et les gens de la mairie (FLN) étaient devenus ‘’normaux’’. J’ai vu de mes propres yeux comment il s’agissait plus de placer son parti que d’imaginer une stratégie d’unité contre le pouvoir et le fis. La prise de conscience qui est née des évenements du 5 octobre quand à changer de système politique et la mobilisation qui s’en est suivie (du moins à Ain-Benian) s’est petit à petit estompée. Les gens qui osaient rappeler la ‘’primauté’’ du danger intégriste avec son allié naturel le pouvoir étaient taxés de pagsistes. Il est plus facile d’étiqueter les gens. Je n’ai jamais ressenti le besoin d’être dans un parti. Prés de vint ans après, je pense que le brouillard ne s’est pas encore dissipé. aujourd’hui, à Ain-Benian, le FFS, le FLN, le RCD et autres indépendants sont élus à la mairie et font leurs petite affaires ensemble. Ceux qui pensent que le pouvoir est fort avec ses clans et tout le tralala, je répond par la négative. Nous avons par notre comportement immature fait perdurer ce pouvoir. Je pense que ces gens là qui sont au pouvoir n’ont aucune stratégie, aucune vue même pas à court terme, rien. Ils sont là parce qu’il faut qu’il y’ait quelqu’un. Les gens qui veulent nous faire croire avec force arguments que rien ne peut contre les clans, qu’ils sont invincibles, et bien c’est faux. Ce discours lui même est le produit de notre déliquescence, de notre incapacité à nous unir pour balayer pacifiquement ces gens qui sont là parce qu’ils ne sont pas ailleurs. Je suis parfois pessimiste parce que je me dis aussi que notre relâchement dû à notre division n’est pas le fruit du hasard. Il tient de notre propre histoire Berbère qui consiste à se faire marcher dessus jusqu’à l’impossible pour voir émerger un groupe nouveau qui va tout balayer. Nos divisions politiques tiennent de nos divisions et rivalités sociales et tribales. J’ai discuter avec des personnes âgées qui m’ont raconté la situation en Kabylie avant 54. elle rappelle par beaucoup d’aspects la situation d’aujourd’hui. Misère, agressivité, banditisme, bagarres dans les marchés, sentiment général de solitude, fatalisme. Les partis politiques ne sont pas responsables de la division, ils ont aidés à la concrétiser. Le discours qui consiste à tout remettre sur le dos du pouvoir pour dormir tranquilles, même le terrorisme intégriste, n’est que le résultat de notre propre impuissance à changer les choses. Notre mauvaise conscience nous torture, l’enfer c’est les autres. Nous sommes tous d’accord que le pouvoir doit partir mais nous n’arrivons pas à nous décider à réaliser une action en commun. Peut être, je dis bien peut être (je ne suis pas psychanalyste) que notre vrai problème réside dans ce que nous avons besoin d’être dominés pour mieux apprécier jusqu’à leur paroxysme nos vies inscrites dans nos rivalités stérilles. Boudiaf avait dit : ‘’la révolution Algérienne est une grande révolution mais elle n’a pas enfanté d’hommes à sa mesure.’’ Sommes nous retombés dans l’anonymat ?
Ce que dit Amzal avec une désarmante sincérité constitue une analyse des plus fines. Ces rappeles ( à l’ordre ) à travers l’histoire récente de notre pays nous éclaire davantage que les longs et indigestes discours creux qui sont assénés quotidiennement par les bien pensants. Je souhaiterai cependant rebondir sur quelques point : « Nous sommes tous d’accord que le pouvoir doit partir mais nous n’arrivons pas à nous décider à réaliser une action en commun » ; Certes ! Mais n’est ce pas parce que chacun souhaiterait être vizir à la place du vizir ? Et s’il s’agit uniquement de chasser les uns pour laisser la place à d’autres qui feront la même chose ne constitue pas une réelle avancée…démocratique. Amzal dit aussi : « notre vrai problème réside dans ce que nous avons besoin d’être dominés ». Peut-être mais probablement pas ! Chacun veut, espère dominer mais en même temps est effrayé par cette perspective. Le pouvoir fascine et s’en emparer est extrêmement facile. Mais pour en faire quoi ? Boudiaf avait en partie raison. A nous de nous exprimer en toute liberté sans craindre d’affirmer haut et fort notre identité. Cela nous permettra de ne plus être d’obscur anonymes qui se plaignent de ne pas être entendus. Encore faut il parler !
Cordialement
elMenfi
bravo!