"L’Algérie d’hier à aujourd’hui : quel bilan ?"

Les Editions Bouchène ont eu l’initiative heureuse de publier la synthèse de la journée d’études qui a eu lieu à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie dans l’Ecole normale supérieure de Lyon.

Ce livre réunit un ensemble de brillantes contributions qui nous disent l’Algérie depuis six décennies. Lahouari Addi a passé, l’Etat et la société algérienne. « L’indépendance économique ne signifie ni autarcie, ni retrait de l’économie internationale. Elle signifie plutôt un flux d’échanges avec une balance commerciale extérieure équilibrée ou positive sur la base d’exportations de produits manufacturés… » Or, estime le sociologue, les concepts de sciences économiques sont «inopérants». En Algérie, c’est l’Etat qui organise la perturbation du tissu économique. «Les hydrocarbures et la manipulation de la parité du dinar ont permis l’Etat-entrepreneur de se dispenser de la rationalité économique et de se soustraire aux pressions du marché». Lahouari Addi rappelle que cette évidence qui a valeur de sentence sur notre rapport à l’investissement : «Dix millions de dollars est une somme d’argent en Algérie alors qu’en Grande Bretagne ou en Suède, c’est un capital susceptible de créer de la valeur marchande». On en est malheureusement à cumuler des milliards sans pouvoir les transformer en investissements ou capitaux.

Sonatrach : la pompe à fric

Hocine Malti éclaire le lecteur sur la Sonatrach, «cet Etat dans l’Etat». L’essayiste, ancien directeur de cette société nationale sait de quoi il parle. L’auteur nous rappelle outre l’importance qu’a prise cette entreprise, que l’Algérie a financé et soutenu des mouvements d’opposition tels que les Blacks Panters américains ou l’ANC sud-africaine grâce à des «fonds secrets constitués par des ponctions opérées sur les opérations de Sonatrach. Ces manipulations exigeaient d’être faites à l’abri des yeux et des oreilles indiscrètes». Ceci du temps de Houari Boumediene qui avait, selon Hocine Malti, l’entière confiance de Belaïd Abdesslam et des équipes dirigeantes. La période Chadli a été synonyme de règlement de comptes et d’éclatement de la Sonatrach. Elle demeure encore au centre des convoitises et au coeur du pouvoir. «L’Etat fera encore appel à deux reprises aux moyens de la Sonatrach pour venir réparer les dégâts causés par la politique économique des années 1979-1980». Depuis, l’Etat exclusivement vivra au crochet des rentrées de la Sonatrach. Hocine Malti est revenu sur l’annulation du contrat de vente de gaz à El Paso en 1980 sur fond de grosses pressions et manipulations américaines et françaises, puisque tout de suite après fut signé un contrat avec Gaz de France. «En fait, le ministre (de l’Energie, Ndlr) obéissait à des directives émanant d’un groupe d’officiers de haut rang qui constituait l’ossature du nouveau régime et qui, sous couvert de mise en application de la déboumediénisation voulue par Chadli Bendjedid, cherchait à remettre en cause la politique de diversification des partenaires instaurée du temps de Boumediene et à réorienter l’industrie pétrolière algérienne en direction de la France».

Tahar Khalfoune, juriste et universitaire s’est penché sur «la construction complexe du droit algérien». Pour l’universitaire, «aborder la question de la nature juridique du droit algérien renvoie au fond au vaste problème de ses sources. Le terme source ici est entendu non pas dans son acception juridique habituelle, c’est-à-dire dans le sens de sources formelles ou matérielles du droit, mais dans le sens plutôt de formation du droit et des différents systèmes juridiques qui l’ont influencé». Une fois le décor planté, le juriste scrute et analyse le maquis judiciaire algérien. Mourad Ouchichi a analysé «les fondements politiques de l’économie rentière en Algérie». Cette analyse tirée de sa thèse de doctorat dissèque les très complexes mécanismes de la rente, ses racines, ses extensions et les risques qu’elle fait courir au pays. «Le régime politique né de l’indépendance en 1962 a formulé un projet utopique de construire une économie soustraite aux lois du marché», écrit Mourad Ouchichi. Pour autant, le modèle n’a pas empêché les inégalités les plus criardes. L’auteur analyse avec justesse les ressorts de ce système, les tentations du pouvoir mais aussi les résistances de la société à passer à une vraie économie de marché.

D’autres contributions tout aussi éclairantes sur l’histoire du mouvement national algérien, comme celles de Gilbert Meynier, Amar Mohand Amer ou Daniel Rivet sont à trouver dans cet ouvrage riche. A lire et à garder.

Kassia G.-A.

« L’Algérie d’hier à aujourd’hui : quel bilan ? » Les Editions Bouchène. Prix : 20 euros.

L’ouvrage réunit une brochette de spécialistes de l’Algérie chacun dans son domaine : Lahouari Addi, Lydia Aït Saïd, Hocine Malti, Tahar Khalfoune, Gilbert Meynier, Amar Mohand Amer, Mourad Ouchichi, André Nouschi, Daniel Rivet, Karima Dirèche, Pierre Guichard et Yann Scioldo-Zürcher.

3 commentaires

  1. Le drame de l'algérie est connu et bien diagnostiqué depuis longtemps, et en toute modestie, il aurait été utile de rappeller trois réalités incontournables, et que, certains croient condensés dans deux approches actuelles(L'économicisme comme Houari Addi , ou, le juridisme confondu à tort avec le droit positif d'ou découlent toute autre forme de juridique au sens propre du terme), autrement:
    1) Une révolution paysanniste et récupérée par une petite bourgeoisie opportuniste et tapie principalemenr au maroc et en tunisie durant la colonisation Sans omettre de précisre que la Paysannerie en tant que classe sociale est et a été toujours aliénée à la terre, sans oublier sa colonisation économique et son acculturation totale (deux faits d'analyses essentiels qui traduisent le visage actuel de la société algérienne et de sa pseudo élite du pouvoir).
    2) Une structuration sociale des populations d'algérie sur une base tribale avec l'atténuation éthnique et communautaires, d'ou le concept nouveau et mal digéré de l'Etat-Nation, que Boumedienne croyez établir à coups de décrets et chartes types staliniens.Autrement le lien de parenté détermine la structuration et la répartition des pouvoirs en Algérie et au maghreb dit arabe.
    3) C'est l'économique qui détermine le politique d'une formation sociale ou d'une société donnée pour tel état donné.
    De tout cela, basal dans l"analyse au départ, a été occulté par ceux qui se sont arrogés les pouvoirs par les armes et les soutiens tribaux ou communautaires d'affinités, et plus grave, des intellectuels ou du moins des universitaires semble en faire une impasse par "Coqueteries intellectuelles" , tel ce condensé du livre dont parle votre article.
    Double imposture politique et intellectuelle semble gérer l'Algérie depuis 1962 à nos jours, et nos intellectuels expatriés ailleurs, continuent dans leur bulle ou "espace-temps" confiné à produire ce qui est déjà établi par le simple bon sens;
    L'indigence intellectuelles des pouvoirs et des dites élites (en réalité reproductrices de modes de pensées d'autres) intellectuelles, semble perdurer, à un tel niveau, que la rupture serait bénéfique pour l'algérie.
    Je veux dire rupture avec ces impostures politiques et intellectuelles pour rechercher ailleurs à travers le monde d'autres vérités, que ce condensé perpétuel d'anciens cadres blasés ou décus (Mr Malti est l'exemple meme) et d'intellectuels qui ont digérés trop rapidement des idéologies par coquetterie de vouloir placardés rapidement ces memes théories à l'algérie.
    La "cosméto-intellectualité" avec sa variante criarde de patriotardisme mal situé est le premier ennemi qu'il convient de circonscrire en soi meme et chez nous , autres algériens;
    Tout un débat difficile dans la conjoncture actuelle en algérie, car les hommes dits d'élite ou d'intellectualité, sont eux memes en imposture avec le droit et l'économie, croyant que l'économie d'un pays s'administre à partir d'amphithéatres universitaires.
    Là réside l'autre malheur de l'algérie, plus pernicieux, celui des imposteurs intellectuels, juristes et autres économistes des années 1980, quand au malheur du pouvoir destructeur de l'algérie, il se nourrit trés bien par celui précedemment décrit.

  2. La question moraliste dans tout ecrite est une necessite' parait-il. Alors la voici: Qui le(livre) lira ?

    il faudrait que tout le monde puisse le faire(lire), de sorte que les memes faits puissent peut-etre, generer les memes indignations, et miraculeusement creer un momentum et une action. La 1ere moitie' de la population etant illettre'e, la seconde arabise'e, et la 3eme(oui je sais c'en fait une trop) desinteresse'e d'aller se faire tabasser… il va falloir attendre l'arrive'e de la 4eme moitie'.

    D'ici-la, le sujet d'interet sera "est-ce vrai que le SpineOsaure est la raison d'extinction des Dynausores ? Parait-il que oui, et c'est pour ca que les Americains prennent revange. Les Dynosaures sont Americains et le spinosaures nord-Africains. Le plus grnad lot de squelettes a ete retrouve' au Sud-Maroc. En Algerie, les fertasAuros les ont bouffe'.

    A quoi bon les recits, si ce n'est pour rendre justice. Alors, disons que les histoire d'Hirodotus que les Iles de l'Atlantide, ne sont pas un mythe, mais une realite', ainsi que la civilisation qui y etait decrite.

  3. A chaque fois que Mr Malti intervient, c'est pour nous expliqué de façon académique, que Boukhourouba est le champion incontesté toutes catégories confondues des patriotes en Algérie, il nous explique que le paradis que Boukhourouba a construit est livré aux chiens après 1979, que la Californie qu'était l'Algérie en 1979 est devenue la Somalie juste après, il oublie que le groupe de militaires qui ont pris le pays en otage depuis 1979, ne sont en réalité rien d'autres que les anciens de l'armée Française en Algérie, recrutés par Boukhourouba à la veille de l'indépendance, pour faire front contre les vrais patriotes, pour liquidé ceux qui ont libéré le pays par le courage et la détermination qui n'a pas lui et ses complices, parce que Boukhourouba n'avait aucune légitimité ni historique, ni révolutionnaire, ni avoir fait preuve d'un quelconque génie en dehors des magouilles et de la ruse, en 1962 il sortait des ténèbres de l'histoire, n'ayant pas tiré une cartouche pendant la guerre, car occupé au Maroc par les délices des Hammams d'Oujda et préparait en douceur son pouvoir, que c'est la clique de Boukhourouba qui a purgée la révolution en commençant par l'assassinat de Abane, livré M'Hedi, Amirouche El Hawas au colon, assassiné Khider et Krim, forcé à l'exil Ait Ahmed, Boudiaf et Mohamed Harbi, c'est la clique de Boukhourouba dont fait partie Boussouf qui ont assassiné la république algérienne avant même sa naissance, que c'est cette clique qui a instaurée le pouvoir militaire illégitime, qui a instaurée la culture des coups d'état, la culture des lâches assassinats de tout ceux qui ne partageaient pas les idées du dictateur, que les choix offerts sont restreint, vous avez entre faire allégeance au monarque Boukhourouba, se taire, partir en exil ou mourir et tombait dans l'oubli, voila en gros le pouvoir de Boukhourouba qui n'est pas différents des autres président à part Boudiaf, après la mort de Boukhourouba, le mal qu'il a semé 15 ans durant à éclos de façon magique, il a donné des fleurs, propageaient ses racines partout, il a construit un model mensonger et illégitime qui a assassiné l'Algérie avant sa naissance, après on nous explique que c'est la faute des autres, comme si Bouteflika ne fait pas partie de cette clique, comme si Boukhourouba n'a pas caché la vraie histoire aux algériens, la vraie identité des algériens, il nous explique que Boukhourouba avait des fonds secrets avec lesquels il faisait du terrorisme internationale, ce que nous payons trop cher depuis, que le pays n'arrive pas a s'en sortir du pétrin dont lequel Boukhourouba l'a plongé, que le pays paye trop cher l'inexistence d'un projet de société, l’inexistence d'un état de droit basé sur la loi de la république et uniquement la loi de la république, le sabotage de l'école par une arabisation confiée à des ignares notoires tel que Belkhadem, dont les résultats sont à présent visibles, car les algériens formés dans l'école arabisée se sont accaparés tout les postes étatique, le chef d'œuvre du massacre de l'école et l'instauration de l'ignorance est à présent visible au grand jour, une économie rentière basée sur le pétrole comme aujourd'hui, que les exportations de l'Algérie commençaient à déclinées dès l’indépendance et ont suivie leurs bonne homme de chemin durant le règne de Boukhourouba et après, qu'il a mis en place la fameuse révolution agraire qui a tuée définitivement l'agriculture en Algérie, au départ de la France Boukhourouba a lancé ses militaires dans le démantèlement de vastes champs de vigne, pendant trois années successives que ses sbires arrachaient les vignes sans planté quoique ce soit derrière, une véritable saignée de l'économie et de l'environnement, la liste est encore très longue de tout le mal que Boukhourouba a causé a ce pays, comme dit l'autre il est faux celui qui n'est pas faux dans cette vie.

Les commentaires sont fermés.