Lounis Aït Menguellet est un fou. Il parle au jour, il parle à la nuit. Il a dépassé la soixantaine, il est presque vieux, il continue tout de même à s’intéresser à toutes les générations. La sienne et celles de ses enfants. Il s’intéresse, bien entendu, au devenir de ses concitoyens. Ça, c’est Lounis, le politique. Ce qu’il haït.
Lounis Aït Menguellet a commencé à nous enquiquiner à la fin des années 1960. Depuis, il n’a jamais dévié de son sentier qui mène de Ighil Bwamas à son cerveau. Cette tête inégalable, cet esprit si affûté, qui nous fait partir, qui nous emmène vers les herbes, les ruisseaux, la vie.
Dans l’album « Isefra », sorti en 2014, Lounis cultive l’ambigüité. Dans la chanson « Eddine amchum ». Parle-t-il de Dieu, de la religion ou des dettes ? Il est ainsi Lounis, il nous livre à chaque nouvel album des questions insurmontables. Il nous met au bord d’une falaise ou d’un mont à escalader. Ses dernières chansons, enregistrées en Algérie ont déferlé sur le web. Pour démêler l’écheveau d’Aït Menguellet, le Matindz tente de le faire parler.
Le Matindz: Tu as annoncé plusieurs fois ton retrait, ta retraite. Tu arrêtes de chanter ?
Lounis Aït Menguellet : Je n’y pense pas. Tu veux que je te dise, lorsque j’écris une chanson, je n’imagine jamais la suivante. Lorsque je me produit en gala, je ne suis jamais certain d’en organiser un prochain. Les rumeurs et les polémiques peuvent toujours courir les rues du pays.
« Nedjayawen amkan », « on vous a laissé la place »…
Eh bien oui…
Lounis, C’est peut-être ton lot, les coups durs, ça te connaît. Quelques-uns t’ont valu beaucoup de déboires…
Beaucoup de monde est dans une logique d’affrontement. Je ne le suis pas. Je peux me bagarrer quand cela s’avère nécessaire, pour une cause, pas pour me faire voir.
Tu es quand même tiède. Tu n’es pas réputé pour être un grand militant….
Quand un combat s’impose, j’y vais. Je n’ai jamais dévié ni fait machine arrière. S’il faut prendre un fusil pour défendre les libertés ou la dignité, je le ferai, pourquoi pas ? En réalité, c’est presqu’un axiome : Tous les militants qui ont permis aux peuples de glaner quelques droits sont restés et sont morts dans l’ombre.
Lounis, pourquoi chantes-tu souvent les fous ?
Parce qu’il n’y a pas plus lucides que les fous. Un fou dans un village de gens lucides restera un fou. Un homme lucide dans un village de fous sera considéré comme fou. Où se situe la frontière entre la lucidité et la folie ?
On a dit de Slimane Azem que son don pour la chanson était immanent. Dieu t’a-t-il donné quelque chose ?
C’est possible mais ce qui me semble plus vrai c’est la transcendance, le vivant, la curiosité, ce qui alimente le quotidien…
Qu’arrive-t-il à la chanson kabyle, pourquoi elle ne dit plus rien ?
Elle est victime du syndrome de la croissance. Je ne me prétends pas universel, poète, mais on ne peut pas m’empêcher de m’alimenter. L’intertextualité est une nécessité créative vitale. Toute chanson renouvelant une précédente apporte quelque chose de nouveau.
Le web et les pirates vont finir par avoir ta peau…
Le piratage massif, ces choses que le fan ne voit pas, c’est notre lot.
Tu te fais souvent produire par les organismes d’Etat. Ça te convient ?
J’ai le sens de l’Etat, je respecte cela. Beaucoup de producteurs de spectacle de bonne volonté se lance dans l’organisation de galas qui ramènent trois chats. Ils n’ont pas les mêmes reins que l’Etat. L’Etat peut organiser un spectacle à perte.
Lounis, tu seras retraité un jour ?
Si après chaque album, il y en a autre. Si après chaque gala il y en a un autre, où vois-tu la retraite ?
Quand on s’appelle Aït Menguellet, on est souvent sollicité voire obligé de faire dans l’humanitaire. Te sens-tu impliqué par les grandes causes ?
Bien sûr. J’ai même consacré des années aux actions de bienfaisance. Je le fais encore, quand je peux, mais je le fais moins qu’avant, mes possibilités n’étant plus les mêmes.
Il me semble que ton choix, ton nom fait obligatoirement de toi un militant, un leader.
Je ne suis pas un leader, prendre un fusil, pourquoi pas si c’est pour une cause juste ? Les vrais militants, les gens qui se sont battus pour de bonnes causes se sont toujours tus, sont restés dans l’ombre.
Qui sera avec toi, le 11 janvier 2015 au Zénith de Paris ?
Mon fils Djaffar. On se comprend et on se complète. Je crois qu’il serait déraisonnable de chercher ailleurs ou autre chose.
Entretien réalisé par Meziane Ourad





Ait Mengulat est a la fois, chanteur, philosophe, poéte, il a fait beaucoup plus, que les partis politiques de la région, en matiére de prise de conscience de la jeunesse de Kabylie, a la différence d Matoub, chanteur engagé, violent parfois, ce qui lui a valu d' étre assassiné, paix a son ame, Menguelat, lui, est un militant pacifiste, sait ce qu' il fait, ou il va, n' en déplaise a ses détracteurs, lesquels,ne savent que dénigrer les grands hommes.
Ils ont neutralise' le 1er, assassine' le second, et heureusement que le 3eme, celui qui compte leur a echappe' – pour l'exile helas.
Tourner, tourner et tourner en rond, donne le vertige. A un certain moment, il faut plonger ou s'eloigner, c.a.d. laisser la place a ceux qui bougent, a ceux qui sont lucides, a ceux qui chantent leur tripes et non pour celles-ci. Certains gagnent en dinards et d'autres en dignite'.
Il n'y a pas de honte a avoir peur, mais il faut le dire – que la jeuness justement, sachent que ce n'est pas un choix mais une constrainte, que d'amuser ses bourreaux.
A force de reussir a pprivoiser des monstres, on en devient un.
Ceux qui critiquent ait Menguellet voient tout en termes politiques.Ait menguellet ne s engage pas sur un terrain politique ,mais sur un terrain socio-culturel il est plus un educateur qu 'un soldat politique bien qu il soit militant dans les causes justes ,il a donné a nos jeunes ,autant que matoub et slimane azem et un peu plus qu' idir
C'est un grand chanteur à l'image d'un Idir, d'un cherif Khedam, d'un azem …. qui ont fait le bonheur de leurs admirateurs et l'honneur de leur région …
Désolé Mr Ait Manguellet, avec tout le respect que je vous dois, mais ce que vous dites là: "Tous les militants qui ont permis aux peuples de glaner quelques droits sont restés et sont morts dans l’ombre…" c'est trop grave pour un militant de grande envergure en son temps, qui a consacré son combat à une cause encore plus noble: celle de votre identité qui justement reste au point mort car des grands militants comme vous lui ont tourné le dos, baissé les bras ou chanté juste pour plaire au pouvoir qui lui n'a juré que par notre extermination et qui lui ne baisse pas les bras et il y va par tous les moyens afin d'arriver à ses fins. Je vous donne l'exemple d'un des grands Militant qui est encore vivant: Che Guevara!!! Ça vous parle ?
Et vous réaffirmez encore: " Les vrais militants, les gens qui se sont battus pour de bonnes causes se sont toujours tus, sont restés dans l’ombre…" je crois que vous parlez de vous même, vous qui au lieu de boycotter le moyen, l’ENTV, par lequel notre pouvoir nous matraque, nous ignore et nous jette aux oubliettes et affirmer votre attachement à la cause et ainsi rendre hommage à nos grands militants, car s’ils vous entendent parler de la sorte vont se retourner dans leurs tombes, vous tombez dans le jeu du pouvoir qui cherche à récupérer toute l’élites kabyles pour nous laisser sans yeux.
Sachez Mr Ait Manguellet que les grands militants ne meurt jamais et ils ne tombent jamais dans l'oublie comme vous le dite, notre Abane Ramdane, notre Mouloud Mammeri, notre Tahar Djaout ou encore notre Grand Lounès Matoub qui ne se cachait jamais derrière son verbe même si le pouvoir tente par tous les moyens y compris par la TV4 en Tamazight d'effacer leurs traces.
Nous en parlons et nous rendons hommage à ceux et celles par qui notre identité et culture sont sorties de l’oubli, par qui le mensonge d’Etat de Ibn Badis « … que le peuple algérien est arabe et à l’arabité s’affilie… » N’aura aucune influence sur nos esprits et cela par tous les moyens dont nous disposons aussi modestes qu'ils soient.
L’histoire en a deux portes : une grande et une petite porte et là je vois que vous aviez choisi d’en sortir de la petite porte, après tout ce que vous aviez fait pour la cause ? Je vous dis bravo !!!
Parce qu'il avait refusé de leur faire allégeance ,les eradicomachins avaient tout fait pour le souiller …Mais il est resté pure .
Une de mes préférées chansons d"Ait Menguelet " Le plus grand désir de mon cœur , le plus douloureux désir de mon cœur" A guevgha uliw ,agugui uliw .
Dans notre société ( kabyle ), quoi que l'on fasse on cherchera tjrs à trouver des poux sur les têtes les plus propres.Des exemples par milliers. C'est notre véritable handicap.
Il n'y en a pas beaucoup (même très peu ) comme Lounis qui ont porté aussi haut Tamazight et sans tapage svp. Et on trouve à redire dans un coin au chaud !!!
Win ittruzun asalu i teddu aken yufa maççi aken yerbgha.
Aussi user de mots insensés lorsqu'on parle de Lounis est une preuve irréfutable de notre décadence morale.
MAIS :
IL ARRIVERAIT A L'AIGLE DE DESCENDRE AUSSI BAS QUE LA POULE MAIS JAMAIS A LA POULE DE MONTER AUSSI HAUT QUE L'AIGLE…
Lounis a inscrit son nom pour l'éternité parmi les justes. Sa place sera toujours dans le ciel….