Un audit d’Air Algérie vient d’être engagé par les pouvoirs publics. Objectif ? établir un diagnostic exact sur la situation de l’entreprise et arrêter par la suite une batterie de mesure pour la mettre à niveau. Ce sont les déclarations en substance d’Amar Ghoul, ministre des Transports
L’été a été particulièrement pourri pour les voyageurs qui ont choisi Air Algérie. Retards en cascade, annulations de vols, mauvaise gestion et surtout le crash d’un des appareils qu’elle a affrété a fini par entamer la réputation de la compagnie.
Pourtant au tout début de l’été, Amar Ghoul a promis des prix de billets compétitifs. Rien n’y fit, dès juin, les tarifs des billets ont atteint des seuils stratosphériques sur Air Algérie comme d’ailleurs les deux autres compagnies Air France et Aigle Azur.
Alors cette mémorable bérézina méritait bien quelques mesurettes.
« Nous avons engagé un audit via l’inspection générale du ministère concernant la gestion, l’organisation et les services d’Air Algérie », a-t-il confié courageusement à la presse en marge de l’ouverture de la session d’automne du Parlement.
Cet audit « approfondi et détaillé » décidé à la suite des incidents enregistrés récemment par la compagnie devra aboutir à l’établissement d' »un programme de mise à niveau de l’entreprise pour améliorer la qualité de ses services ».
M. Amar Ghoul a promis à qui veut le croire que des mesures « très importantes devront être prises par l’Etat pour que la compagnie retrouve le niveau de prestation dont elle est censée assurer à ses clients ».
Puis un brin rebelle, le ministre ajoute en direction de ceux qui pourfendent la compagnie nationale et voient partout du mal à Air Algérie.
« Nous refusons tout dénigrement, pression et dénaturalisation de l’image d’Air Algérie. Mais au même temps, nous refusons aussi qu’elle reste dans son état actuel ». Voilà qui est donc clair. Les voyageurs devront se contenter d’attendre avec le secret espoir de voir les promesses fermement tenues.
Hamid Arab





Si les avions d’Air Algérie se touchent aujourd’hui par les saumons, ce qui ne signifie pas « rien » au regard du code de l’aviation civile au point où le personnel technique décide, de lui-même, de remettre en ligne au bout de 30 mn, l’avion, après avoir subi une réparation provisoire et surtout oser demander à la tour de contrôle, l’autorisation de décollage sans dresser le P.V d’incident censé parvenir à l’Autorité de l’Aviation Civile pour en connaitre, laquelle décide de la remise en vol ou non de l’avion endommagé, sachant qu’aux yeux du règlement aérien « Air law », un incident de ce type conduit automatiquement à la suspension de son certificat de navigabilité qui ne peut être levée que par l’institution représentant l’Aviation Civile Algérienne, soit le bureau Vérital, donc quelle sera la situation demain avec l’arrivée de 16 nouveaux avions sachant que le tarmac d’Alger est déjà saturé ? A moins de les cacher dans les ailes ou dans le sud, les dégâts vont être plus importants et ça sera probablement voilure contre voilure voire carlingue contre carlingue. Voilà là un cas qui résume la notion de la gestion qui émane des commis de l’état de chez nous et qui ressemble à s’y méprendre au gars qui se rend au Down Town pour demander sa route au lieu de lire tout simplement la carte.
Quant les professionnels de l’aviation commerciale ont évoqué la mauvaise gestion à Air Algérie et dans le Transport Aérien en Algérie, certains journalistes, sous l’impulsion courtisane voire peut être régionaliste ont répondu « La mauvaise gestion ça nous regarde », pourvu que les étrangers ne s’en mêlent pas oubliant au passage que toutes les compagnies aériennes de transport régulier sont assujetties aux mêmes normes et standards techniques faisant fi du sentiment nationaliste dés lors où les avions sont appelés à utiliser les espaces aériens étrangers.
La mauvaise gestion de la compagnie Air Algérie n’est pas forcement synonyme de dépenses superflues ou de corruption au sens où le citoyen Lambda comprendrait et ne peut être circonscrite dans des propos qui n’ont absolument aucun sens dans le milieu aéronautique si bien que l’inquiétude des experts du transport aérien vient du fait que l’on assiste à un travestissement des règles qui régissent l’exercice de ce métier par Air Algérie au point où la corruption des procédés de traitement de taches n’est plus un phénomène d’exception, elle s’installe à tous les niveaux de l’organisation de l’entreprise à tel point que l’on recense chaque année des centaines d’écarts ou infractions aux procédures de travail qui disparaissent comme par enchantement à la faveur des inspections d’audits annuels
Ceci dit, les discours aseptisés et dithyrambiques autour desquels se relayent le Ministre des transports et le P-dg de l’entreprise y compris certains membres du syndicat UGTA ne changent rien à la situation d’Air Algérie, laquelle continue de s’enfoncer dans les abîmes de la mauvaise gestion créant de ce fait, des sentiments d’inquiétude au sein de la corporation des pilotes d’Air Algérie et dans le milieu aéronautique en général et ce, par opposition à la marque de fabrique de son management , au demeurant empirique et désuète.
En témoignent, les résultats des bilans accomplis par cette nouvelle caste de cadres, déniant à la plupart d’entre eux, notamment les plus récents, toute marque de progrès ou de valeur ajoutée dans l’effort de modernisation de la compagnie et ce, non pas par manque de volonté mais plutôt par l’incapacité de ces derniers à présenter des solutions aux défis qui empêchent Air Algérie de faire sa mue pour gagner les mérites de la modernité du Transport Aérien.
Ainsi, si le prince du moment est satisfait de l’heureux élu, ce n’est certainement pas le cas des cadres silencieux qui cultivent de riches connaissances du milieu aéronautique et de son environnement, lesquels restent persuadés que l’actuel commis de l’état comme il aime bien se faire appeler , n’a pas le talent qu’il prétend avoir au sens de l’acteur qui scotch le spectateur à l’écran, en tous cas pas autant qu’il sache emprunter les chemins hors des sentiers battus pour obtenir son moment de gloire en passant dans le film Air Algérie.
Fort de ses soutiens à la chefferie, il a engagé, après la joie du succès au casting, le cérémonial de l’investiture et des faire parts des courtisans, toute une valse de parachutages où de nouveaux responsables sans compétences avérées ont été largués dans des fonctions nécessitant des aptitudes de management es qualité poussant, ainsi et toujours vers plus de précarité les règles et les méthodes de gestion ayant fait ,par le passé, le bonheur de la compagnie et surtout prouvé leur efficacité à Air Algérie comme dans d’autres compagnies aériennes dans le monde.
Parmi les responsables parachutés, certains sont connus pour avoir déjà sévi par leurs maladresses dans le domaine de la gestion et, dont on ne peut pas dire qu’elles sont le produit de responsables conscients et soucieux des intérêts de leur entreprise mais émanant d’individus qui semblent à l’aise face à l’incohérence dans le raisonnement et à l’absurdité mais aussi néophytes et obtus aux préceptes du management moderne d’où, la nécessité de rappeler ici la colère du collectif technique qui a engagé un mouvement crescendo de protestation pour dénoncer le scandale du plan que l’actuel Chef du pôle opérations, alors Directeur Technique, a échafaudé avec le P-dg de l’époque visant à soustraire à Air Algérie l’activité d’entretien préventif lourd des aéronefs et de leurs moteurs pour la confier à un sous traitant du Moyen Orient, jusque là inconnu du milieu de la maintenance aéronautique.
Heureusement, le mouvement en question a fini par payer et a conclu à l’annulation de ce programme puis à sa destitution suivie, quelque temps après de celle du P-dg de l’époque. D’autres personnes plus censées ont pris le relais et ont tout de suite rétabli les conditions d’exercice de la dite activité dans les installations d’Air Algérie comme se fut toujours le cas depuis plusieurs générations.
Nombreux sont ceux qui croient et font croire aux pouvoirs publics que la modernisation de la compagnie passe automatiquement par les plans de sortie de flotte et/ou de son redimensionnement par l’introduction de nouveaux avions de la nouvelle génération, ce qui est vrai technologiquement parlant mais, la machine et/ou l’infrastructure moderne, à elle seule, ne peut produire du rendement sauf, si l’outil de production moderne retrouve un management adapté à la mesure de ses performances et de son efficacité, or, à Air Algérie, on n’a pas fini d’enregistrer les moyennes les plus basses au monde en terme d’exploitation des avions, quant à la mauvaise ponctualité, elle est devenue sa seconde nature, combien même les avions sont modernes, ce qui dénote l’immobilisme de son management voire sa médiocrité frôlant parfois l’insulte à l’intelligence distillée, toute honte bue, dans certains actes de gestion ou phénomène ayant fait son apparition ces dernières années et connu sous le label de la paix sociale.
Dans d’autres pays où le Transport Aérien obéit à la loi de l’offre et la demande et aux conditions réelles de concurrence, l’exemple d’Air Algérie pourrait bien constituer un cas d’étude au vu de ses résultats qui affichent des bénéfices avec presque tous les indicateurs de gestion en berne, notamment le taux de ponctualité qui dévisse de 10 points à chaque fois pour atteindre 50% voire 40%, alors que chez Lufthansa ou Air France 1 à 2 points suffisent pour déclencher le grand branle-bas de combat voire des cellules de crise que dirigent les présidents eux-mêmes pour tenter de rattraper ces baisses, d’où l’importance de ce paramètre que l’on doit porter à son niveau le plus élevé possible pour espérer fidéliser une clientèle et en capter de nouvelles.
La chronicité du retard sur les vols réguliers et la politique tarifaire inflationniste sans égal dans la région précisent à elles seules la nature du marché d’Air Algérie. Il est du type captif sans être le résultat d’une fidélisation de la clientèle basée sur la satisfaction et le souhait naturel du client. Du coup l’aubaine du marché captif dissimule bien l’absence d’efforts et aussi l’incompétence de ses dirigeants, elle est à Air Algérie ce que le carcan des hydrocarbures est à l’économie nationale et explique bien les montées relatives de son chiffre d’affaires à mesure que le nombre des Algériens en âge de voyager augmente. Rien avoir avec un déterminisme particulier de ses gestionnaires ou d’un management actif.
A défaut d’une économie saine et productive permettant de recycler le cumul des réserves de change, il en résulte, ce que les profanes de l’économie appellent, l’embellie financière, laquelle est à l’origine de l’apparition, dans le contexte politico-économique qui s’offre à nous, de l’idée simple et fausse qui l’emporte sur l’idée juste et complexe et, c’est justement ce raccourci qu’ont choisi les dirigeants actuels de l’entreprise pour sonner le glas des ambitieux programmes d’intégration économique et de transfert de technologie, conçus et lancés par leurs prédécesseurs avec l’objectif de créer à terme un véritable centre de profits dédié à la maintenance aéronautique, pour finalement céder aux chants des sirènes de la facilité en externalisant les services vers l’étranger notamment, les services de réparation et/ou de révision générale des ensembles et modules des avions et de leurs moteurs y compris ceux qui figuraient, il n’y a pas si longtemps , dans l’éventail des capacités ou ratings d’Air Algérie.
Le présent constat ne résume pas tout, mais il a l’avantage de montrer à quel point le relationnel s’est transformé en valeur de compétence et agit en dénominateur commun pour consolider les liens qui unissent les éléments de la caste des nouveaux chefs à Air Algérie. Il suffit d’exposer, ces derniers, à une conjoncture qui sort du cadre des salamalecs pour se rendre compte qu’ils ne sont que des produits du clientélisme si bien qu’ils ne savent plus où donner de la tête face aux impératifs de la profession.
Dans la chute de votre écrit, vous vous fendez d' un : "Nous refusons tout dénigrement, pression et dénaturalisation (sic!!) de l'image d'Air Algérie" Et puis quoi encore ?
Nom d'une rotative, Qu'est-ce donc que ce journalisme qui se croit obligé de donner des gages ?..
La belle parole d'amar aghioul membre actif de la voyoucratie Bouteflika, n'engage que ceux qui les écoutes, le reste on ne fait pas d'un vieux âne un bon cheval de course.