Me voici orphelin
de cet être, de ces rivages
qui m’ont conduit à la paternité.
Peut-on être père
quand on perd le père ?
L’être écouté, l’âtre désiré.
Ce long chemin zébré de cahots
partagés.
Ces appels entendus
Ces échos qui se brisent en contrebas
des montagnes.
Ma tête est tombée sur le ciel
La terre est tombée sur mes pieds.
Il était là tout à l’heure.
Je ne suis plus ici maintenant.
Il est bien vivant, je suis bien mort
puisque j’ai aspiré son dernier souffle.
J’ai tété à son savoir
Je ne sais plus rien depuis son départ.
J’ai égaré des frères, perdu quelques sœurs
et brûlé des vaisseaux.
Là, je lâche la corde.
Mes ultimes espérances.
Comment peut-on mourir si vieux ?
Claude m’a réservé ses derniers râles
Ses derniers mots d’amour.
Quel héritage!
Comment regarder la mer demain ?
« Nous étions deux amis… »
Que peut la chanson quand la douleur
se fait essentielle ?
L’essentiel… Le sens…
Dans quel sens est-il parti ?
Toutes les lumières se sont éteintes.
Qui peut dire ce qu’est l’obscurité ?
Lui est dans la lumière
Moi, je suis dans le doute.
Meziane Ourad




Je ne l’ai pas revu depuis juin 1972, au lycée technique du ruisseau. Il fut notre professeur de français. Depuis j’ai toujours eu une pensée respectueuse et amicale pour lui. Je n’oublierai jamais l’excursion en kabylie avec les profs de math et … Il nous avait appris une chanson que j’ai encore gardé en mémoire à ce jour. De même, lorsqu’il nous emmenait dans une école de belcourt (dont son directeur est décédé il n’y a pas très longtemps) pour y donner des cours à de jeunes écoliers et même des adultes. Ensuite il nous raccompagnait le soir à notre domicile (j’habitais EL-BIAR, et mes camarades à fougeroux et bouzaréah. Si vous avez des témognages merci de les communiquer ou me les envoyer à [email protected] Merci
La disparition de Claude Lasnel est une meurtrissure pour tous ceux qui ont croisé sa route, tant cet homme nous paraissait indestructible.
J'ai un peu connu Claude, trop peu à vrai dire, mais bien assez toutrefois pour me rendre compte combien il était sans cesse préoccupé par les problèmes des autres et ne parlait jamais de ses propres petits soucis.
Je ne lui ai rendu visite qu'à 2 reprises, chez lui à Aix-en-Provence. Sa maison me faisait penser à celle de Jeanne, que Brassens a si magnifiquement chantée. Des livres partout, bien sûr.
J'aurais voulu pouvoir assister aux funérailles de ce sacré bonhomme, lui tirer mon chapeau une dernière fois et lui dire mon admiration pour son acharnement obstiné à jeter une passerelle entre les 2 rives de la Méditerranée.
Merci, Claude, pour tout ce que tu as fait et surtout pour tout ce que tu nous as appris.
Larbi