L’Algérie : un modèle japonais ? Oui mais …

Par Lila Haddad, de Bruxelles

Le 17 avril 2014 ressemble étrangement à 2009 avec plus de moyens financiers, plus de médias audiovisuels sauf que la candidat-président, très entamé par la maladie, aphone, immobile,assis sur un fauteuil roulant semblait beaucoup plus proche de la réalisation de sa dernière volonté confiée à JP El Kabbache. Mourra-t-il enfin sur le terrain ou sera-t-il destitué grâce à une avalanche de mécontentements populaires et une colère sans bornes de la vraie opposition ? Plus de deux semaines après son intronisation, la pilule est toujours coincée à la gorge du citoyen lambda mais tout n’est pas encore joué diront des experts internationaux.

Mais alors que viendrait donc faire un titre loufoque « l’Algérie, un modèle japonais » ? Et si les Algériens venaient à s’inspirer d’un pays géant comme le Japon ? Au lieu d’aller à la dérive, ils iront au sommet. Est-ce prétentieux de se poser la question de savoir d’où le Japon tient-il les secrets de sa réussite économique ? On a convenu en Occident de définir un «modèle japonais», certes très réducteur mais très rassurant. Ainsi, le Japon, petit archipel pauvre et surpeuplé, se serait hissé aux tout premiers rangs grâce à ses seules forces économique et culturelle.

Qu’en est-il des raisons profondes de ce changement ? Sans doute, la caractéristique principale de la société japonaise actuelle est son dynamisme, c’est sa capacité à se plier aux contraintes économiques, à s’adapter sans fléchir. C’est un atout considérable, le Japon le doit à des décennies d’efforts menés par la population tout entière. Tous se sont mobilisés, au service des «keiretsus», (pour aller vite disant que les «keiretsus», sont l’équivalent de nos généraux, les détenteurs de l’argent frais) lesquels allaient favoriser la croissance économique du pays. Quant aux élites japonaises, elles ont compris très vite l’importance de la dimension humaine dans la réussite d’un pays et ont donc su très tôt rassembler les hommes au service d’un même objectif. Il en ressort une certaine façon de travailler ensemble, un esprit typiquement japonais, mais qu’il est possible d’adapter à la société algérienne en mal de modèle positif.

En effet, même si comparaison n’est pas raison, quand on plonge dans l’histoire du Japon, on relève que les chefs militaires japonais détenaient la réalité du pouvoir, et leur autorité était déléguée en province à des gouverneurs, les daimyô. Jusqu’au 16ème siècle, plusieurs familles se partagèrent ainsi le pouvoir : les Fujiwara, les Taira et les Minamoto. Un autre point fort pourrait –être aussi à la portée des Algériens : La soif des Japonais à la connaissance et au goût de la spéculation intellectuelle n’ont jamais cessé de s’affirmer. Cette curiosité se traduit d’abord par un regain d’intérêt pour l’Europe et pour une ouverture au monde, loin de la suffisance dont se targue une grande partie d’Algériens par inconscience parfois et par ignorance souvent !

Pour revenir à ce que j’appelle la démocratie économique, osons comparer l’Algérie rurale d’aujourd’hui, le grenier de la France autrefois, au Japon rural du 16e siècle qui a su enregistrer pendant toute cette période des progrès réguliers qui se sont traduits par un accroissement des revenus, une spécialisation des cultures, une amélioration des techniques agricoles, et une intégration des activités rurales dans les circuits économiques de la nation. En revanche, le secteur industriel japonais fera l’objet d’autres réformes. Quelques entreprises parmi les plus grandes et les plus puissantes seront démantelées grâce à de puissants syndicats indépendants qui permirent aux employés à y investir. Les pratiques commerciales déloyales et les monopoles seront condamnés par la loi. De nouveaux impôts vont permettre de lutter contre les injustices sociales. Les personnes, qui avaient fait fortune pendant la guerre, seront lourdement imposées. Toutes ces mesures allaient permettre de lutter contre la concentration des richesses entre les mains d’une minorité. La richesse va commencer donc à être plus équitablement et démocratiquement répartie dans la population.

Ces réformes sont à la base du miracle économique japonais. Toutefois, ce miracle n’a eu lieu que grâce à la conjonction de plusieurs facteurs importants. Une vraie démocratie participative, des partenaires sociaux indépendants entre autres… mais avant tout, les Japonais, qui voulaient reconstruire leur pays, étaient disposés à se sacrifier pour y parvenir.

Dire que l’Algérie est foutue, que plus rien n’est rattrapable, et qu’il faut jeter l’éponge ? Pas vraiment, tout est encore possible mais il faut retrousser les manches maintenant en commençant par le commencement : Démarcher la famille Bouteflika pour aboutir à un deal qui lui permette de quitter l’Algérie « à la Ben Ali et sa famille » en promettant à Bouteflika que peu importe l’endroit où il décèdera, on le fera revenir en Algérie pour lui organiser des funérailles nationales ainsi sera satisfait son ego hypertrophié, et ce jour-là personne ne lui disputera le centre du projecteur.

En définitive, une Algérie démocratique et prospère à l’image du modèle japonais, c’est possible, mais il faut aussi japoniser le système en remplaçant le modèle népotiste par le modèle nippon. Rafraîchir, rajeunir, alterner, devront être les maîtres-mots d’une véritable remise en cause pour venir à bout de la dictature, de l’incompétence, de la médiocrité et de la suffisance.

L. H.

Rédaction
Rédaction
Articles: 24716

4 commentaires

  1. @Lila Hadad:

    J'espère que vous n'avez aucun lin avec l'autoroutier kabyle, l'ami du Fakir PM, (Hacha Larzaq), mais bon, comparer la société Algérienne avec le Japon n'est pas chose aisée, sauf que le Japon et l'Allemagne sont toujours sous une économie de guerre, avez entendu parler des "FREETERS" Japonais.

    L'Algérien était mieux armé pour développer son pays en 62 que les Japonais et les Allemands réunis, nous sommes victimes des Khawanas, des faux frères à qui nos parents et grand parents avaient fait confiance, exemple de Abane au Maroc, invité par ses propres frères de combat pour y être exécuté.

    Le numidien était plus intelligent que le Japonais du 21 éme siècle, comment se fait-il nos ancêtres exportaient du blé, des figues, de l'huile, des peaux, ….. ça fait 20 siècles de cela, alors que maintenant, on ne peut pas produire du lait de vache pour nos enfants. On se contente de SHKARA HLIB Frelaté, et ZOUDJ Baguettates "ergotées". Blé ergoté nourri à l'insecticide importé par nos Fakakirs. A voir le nombre de cancéreux qui a explosé en deux décennies.

    On a pas besoin de sortir de Saint Cyr pour comprendre que le pétrole est notre malédiction, sinon si demain l'Algérie choisira son président en toute transparence, je pari que l'Algérie dans 10 ans passera d'un pays importateur à un pays exportateur.

    Un peu de lecture concernant les FREETERS Japonais, c'est un peu comme CHARDIMAS de $ellal,

    http://www.nautiljon.com/actualite/divers/-tokyo+freeters-+ou+les+jeunes+pr%C3%A9caires+du+japon.-2635.html

    Ah, j'ai oublié un détail, les Japonais sont des fervents défenseurs de leurs traditions, même s'ils ont une école parmi les plus concurrentes au monde, ils ne dispensent pas le savoir avec une "Langue religieuse" mais en Anglais, surtout pas avec celle du corbeau et le renard, c'est un peu le même sous développement linguistique.

    RMII

  2. madame Lila on voit que vous vivez loin du bled et du clan Tabdjanou,, le poisson d'avril fat avant le vote, faut pas rigoler bazaf fi dar el maytine madame, l'Algerie le Japon c'est la meilleure regardez notre classement, j'espere pour vous qu'il n'y a pas de Japonais qui lisent votre truc, hchouma grave

  3. L’Algérie dispose de ressources monétaires issues des hydrocarbures, et du secteur minier entre autre l’or, l'uranium. il suffit de réserver ses ressources a des secteurs stratégique comme l'enseignement, la santé, la défense, la retraite, les infrastructures de base, l'environnement, la recherche. Et pour manger, s’habiller, et vivre dans le confort il faut travailler, dans l'agriculture, l'industrie, le (tourisme), et les services. Mais pour cela il faut des têtes (cerveaux) de japonais, suédois, norvégien, allemand ou suisse. Et c'est le problème. c'est pas avec des boutef, des belkhad, des snaodani, des hanou, des mok, des djaball, des aitah-saad, des benb , des boumed, des benfli , des benbti , des yal ,des hamrou, des abbas-benha, des gai-touf, des rebai, des boukr, des ouyah-sella, des benyou-ghou, etc.. ce ne sont que les plus en vue la liste étant très longue et il y a d’illustres inconnus ceux qui soutiennent tout ce beau monde de foux ; que l’Algérie deviendra un pays normal, même pauvre. Riche ou pauvre Un pays de foux reste un pays de foux. Ce qu’il faut d’abord c’est une équipe de psychiatres pour mettre hors d’état de nuire tout ce beau monde.

  4. L'algérie peut dépasser le japon à une seule condition , c'est de changer la langue d'enseignement
    à l'école. Il faut mettre de coté l'arabe et dispenser toutes les matiéres scientifique en anglais ou en francais et vous allez voir le résultat. L'algérie recule à cause de la prise du pouvoir par la force en 1962 et l'instauration de l'arabisation par boumedienne en 1970.

    Je ne suis pas contre la langue arabe ni contre l'amazighité , mais dans notre interet et par soucis de rentabilté et de developpement il faut casser le tabou de langue nationale et souverainté nationale.
    Si vraiment vous aimer l'algérie, il suffit juste de réfléchir comme les japonais et copier leur modéle, et encore quand on apprend plusieurs langues ça ne veut pas dire qu'on laisse de coté sa culture, cette façon de réfléchir n'existe que chez les arabo-musulmans qui confondent culture , identité et religion ?

    Une chose est sûr les portes du savoir et de développement sont l'anglais – le francais – l'allemand —
    maintenant si on s'entete à donner la priorté à koulhououalhou , bientot l'algérie rejoindra Kaboule ?.

    La maladie de l'algérie se trouve dans l'école où on forme les génération futures. Le mal est identifié c'est à nous de trouver les solutions adéquates loin de toute démagogie. Quand bouteflika était malade,
    pourquoi il a choisi VAL DE GRACE et pas un pays arabe frére comme il aime le dire, c'est tout simplement parce que tous ses pays sont à la traine du sous développement. Et comme me disait
    mon pére , HABITE TARBAH AKHTIKE MEN LARABES (Si tu veux réussir éloigne toi des arabes) !

    BYE.

Les commentaires sont fermés.