Le président Bouteflika a regagné l'Algérie

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a regagné Alger jeudi, en milieu d’après-midi, après avoir subi des contrôles médicaux à l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris.

Les examens et contrôles effectués ayant montré « une nette amélioration » de l’état de santé du président Bouteflika, l’équipe médicale a autorisé le chef de l’Etat à rentrer en Algérie 24 heures avant le délai prévu.

Le président de la République s’était rendu lundi à l’hôpital du Val-de-Grâce (France) dans le cadre d’une visite médicale routinière de contrôle pour y parachever son bilan de santé initié à Alger. Son retour était initialement prévu vendredi 17 janvier 2014.

APS

14 commentaires

  1. Indécente supercherie et machiavélique complicité francaise, pour ce show médiatique de tres mauvais gout: Que ce Quitus médical du val de grace, pour accélerez la supercherie ignoble de permettre à un "hémiplégique" de rempiler un "fantasque 4eme Mandat".
    Dont acte pour cette grave dérive et ingérence francaise dans les affaires de souveraineté nationale algérienne,
    plus grave, Bouteflika se "Rend ame et corps" à la france, comme son prédécesseur historique et qu'adule Bouteflika (croyant à une ressemblance meme physique) qu'était l'Emir abdelkader de Mascara, par sa honteuse et historique rédition au niveau de l'actuel port de Ghazaouet à Napoleon III, l'histoire s'écrira un jour et l'on apprendra beaucoup sur ce mythe que les historiens taisent pour raison diplomatique.
    Autrement la France Hollandienne dérive sérieusement, ou, alors est devenue Idiote cette france de Hollande, et puis de quoi se mele le val de grace dans un show "politico-médiatique" et qui ne servira à rien.Au fait et si Bouteflika se rend dans un grand hopital militaire Britanique ou américain, on pourra peut etre faire avaler la couleuvre aux algériens.
    Bon dieu quelle honte historique pour l'homme et ses soutiens extérieurs, que ces grands messieurs de la médecine militaire francaise du val de grace, expliquent comment un hémiplégique "inguerissable" à leurs pairs et confreres du monde: Que l'état de santé médicalement ou physiologiquement parlant s'est amélioré de maniere satisfaisante, le conseil national de l'ordre des médecins francais, et, l'académie francaise de médecine, est un minimun de moralité à dénonver pareille charlatanisme médico-politique du Val de grace.
    Tout est faux, scandaleux et indécent pour la france et sa Médecine, point barre

  2. N y a t il plus d 'hommes dans ce chien de pays?Comment oser parler de la présidence pour un autre mandat de quelqu'un qu'on a ramené sur un char en 1999,et qui a hypothéqué l'avenir de tous les algériens,en dilapidant les richesses du pays,en amnistiant des terroristes qui ont mis le pays à feu et à sang,en faisant de la corruption le sport favori des algériens,en laissant tout le monde voler des milliers de milliards,en rendant le pays désertique sur tous les plans,en anesthésiant les tètes de nos enfants,qui ne parlent que de religion ,sans aucun esprit critique, ne pouvant plus réfléchir;ayant sinistré l'école,nos universités sont classées les dernières de la planète;le peuple algérien est spectateur de sa déchéance;il ne réagit plus;pour lui tout est voulu par Dieu,c'est le fatalisme.Un pouvoir qui a refaçonne le pays dans le négatif,ayant rendu sa terre stérile et son peuple réfractaire au progrès!Quelle honte!honte à vous hommes politiques,intellectuels,qui acceptez la destruction de votre pays!Vous osez parlez de Bouteftef,une momie,un mort vivant qui ne peut même pas contrôler ses gestes,avec un visage sans aucune expression et un regard perdu ,et qui par dessus tout se soigne chez les siens,ceux qui l'ont fabriqué lui et ses semblables; Boukharouba et les adjudants de l'armée française à qui Degaulle a offert le pays sur le plateau! Le pays d'Abane est un grand pays ,il a besoin de grands hommes pas de ramassis, d’énergumènes, de comploteurs dont la vie est jalonnée de coups bas ,d'intrigues,de complots ,n'ayant aucun lien avec le pays,et dont l'origine est douteuse!Réveillez vous ,afin d’empêcher ces mercenaires par tous les moyens de continuer encore à massacrer notre terre et notre pays!Notre pays doit être dirigé par des algériens authentiques et non par ceux imprégné de culture kharabo islamique primitive qui nous a classé parmi les dernières nations!Ayant de l'audace et de l'honneur de libérer encore notre pays ,qui est toujours sous occupation!

  3. Bof, cela changera quoi, pour le pays, il n'a rien fait lorsqu'il était capable de bouger, c'est pas maintenant qu'il fera des miracles, pour le pays; bien au contraire.

  4. Cela s'appelle "Les Rapports de Force" chère madame! La France (qui a l'air de vous obséder tant), eh bien cette même France a couvert l'exfiltration de l'un des vôtres; Nezzar pour ne pas le nommer. Cette France, chère madame, a couvert et couvre toujours les liquidations de Khider, Messili etc ordonnées par "VOTRE" cher Boumédienne da la trempe de "VOTRE" Ali Benflis qui a l'air de gagner vos faveurs.

    Cette même France qui forme pas mal des "cadres" formant votre semblant d'Etat-Nation à la c…
    Souvenez-vous de Sadam et de sa prétendue 3e armée au monde. Il a été "cueilli" dans un "trou à rats".

    Donc, de grâce, essayons de balayer d'abord devant nos propres portes avant d'aller chercher "la main de l'étranger". Vous le dîtes vous-mêmes d'ailleurs; combien, parmi celles et ceux qui gouvernent l'Algérie, sont Algériens de souche?

    Il est peut-être temps que le colonisé essaie de se défaire un peu de ses complexes.

  5. Cet article me fait penser – et, allez savoir pourquoi d'ailleurs – à une célèbre chanson de feu Matoub Lounes : " L'Hédjadj"

    Tellement imagées les paroles de cette chansons! Je visualise l'avion présidentiel atterrissant à Alger, une foule de "moutons" attendant sur le tarmac et enfin la silhouette de fakhamatouhou aparaissant sous les applaudissements et youyous des moutons.

    Atsane thébdhéd arréplane, wisséne anwa wa i debbwi
    Ats'ghilédh édh barzidane, si l'kothra l'ghachi

  6. L’hypocondriaque égocentrique nain dictateur pseudo président algérienne d'origine marocaine qui est en train de couler l'Algérie dans l'indifférence générale , est de retour.

  7. Le malheur de ce pays a toujours été la France qui a fabriqué ce chien de pouvoir depuis 1959!A chaque fois que ce pouvoir trébuche, Fafa lui jette une bouée de sauvetage!C'est une ingérence qui ne dit pas son nom,et complicité avec un pouvoir mafieux, vomis par les algériens;Fafa répondra un jour ou l'autres de ces allégeances devant les tribunaux internationaux!Quand à la momie qui couche avec les français,au Val de Grace!elle,sachez bien qu'elle a toujours été pro française,pour reprendre la phrase de son mentor Boukharouba,quand il en avait fait le chef de la diplomatie les années 1970,,tellement il passait le plus grand temps à Paris,dans ses boites de nuit bien arrosées,entourées de jolies blondes ,je cite:<<On dirait que tu es le chef de la diplomatie de Giscard>>,président de la France durant cette période.No comment!Bien sur la France a de gros intérêts assurés par ce pouvoir illégitime,on est un grand marché pour Fafa,il ne faut pas qu'on se développe,on restera toujours des tubes digestifs pour acheter les produits français, en plus de notre intelligentsia que la France s'accapare depuis l'arrivée de celui qui ne veut pas être un 3/4 de président pour ne pas le nommer ,on vide le pays de son intelligentsia,majoritairement kabyle,ces gens là sont rebelles,contre ce pouvoir ,il faut les faire déguerpir et pour la France vieillissante c'est un réservoir pour encourager les mariages mixtes,les kabyles sont travailleurs,francophones, laïques, s’intègrent vite ,démocrates,ils vont se marier aux françaises pour rajeunir la France!voilà ou on en est avec la gouvernance du gars d'Oujda!quel malheur!

  8. Je laisse aux historiens de trouver des monarques, présidents et autres le soin de chercher dans les livres un tel absolutisme dans les affaires de gouvernance d'état. Je crois que nous n'avons plus besoin ni constitution, ni de parlement ni d'autres institutions un homme et lui seul représente tout et tous !

  9. Il y a un dicton qui dit : la mauvaise graine ne meurt jamais. J'arrive pas à trouver une réponse scientifique à ça!

    Que dieu protège l'Algérie de la mauvaise graine, qui hélas, gangrène.

    Le soutien politique sournois de la France au nain, devient problématique et dangereux. C'est une ingérence inacceptable qui doit cesser immédiatement et disparaitre définitivement. La France ne doit en aucun cas mettre son nez dans nos affaire.

    Il est très important de rappeler, ce qu'a écrit le fils du général de Gaulle dans son dernier livre Mon père de Gaulle. Ce dernier a rapporté une vérité d'une extrême gravité pour le passé, le present et l'avenir de l'Algérie, faite par son père : « Nous avons laissé 140 000 Harkis infiltrés dans les rangs de l’ALN ».

    Boussouf, les marocains du malg, le clan d'oujda et à leur tête Boumédienne, le nain et les autres traîtres, qui sont au pouvoir, savaient et ils n'ont rien fait. C'est trop gros pour ne pas voir tout cela, c'est impossible. En revanche ils ont liquidé les vrais révolutionnaires, qui ont réellement participé à la libération de notre pays. On peut raisonablement dire que c'était un deal, pour lequel le peuple Algérien a payé et continue de payer un prix très élevé.

    Le premier remède immédiat à tous ces dangéreux problèmes que la France a créé à l'Algérie, est l'écriture de notre véritable histoire. Sans passé, il n'y aura pas d'avenir.

  10. Ce n'est pas lui qui est descendu de l'avion mais un clone parfait. Un autre clone , plus vigoureux mijote dans la cuisine de Fafa,il sera prêt dans cinq ans !

  11. Ala Aya mazigh, la France n'est pour rien dans notre descente aux enfers, La France essaye de préserver ses intérêts économiques sans plus, les Français sont malins et puis c'est tout, Monsieur Amazigh, un exemple, si vous marchez à pied une grande distance et sur votre route vous voyez un ane, un vélo, un train qui passe, votre instinct vous dictes que là une chance se présente pour vous pour soulager vos jambes.

    ébah la France fait la même chose, elle a trouvé un âne sur la route et elle l'utilise pour faire un chemin avec! Ali Foughali a bien raison, "la main de l'étranger" est une "invention arabe" comme le zéro d'ailleurs!

    RMII

  12. Regardez moi ce légume. Que va t elle retenir l'histoire de ce don carléone version oujda. Les futures génération, que vont elles retenir de ses 50 ans de pouvoir qui se résume à:
    – La rapine
    -L'imposture
    – La haine des peuples d'Algérie
    – Des coups d'états à répétition
    Rien que pour les 126 jeunes kabyles assassinés, il devrait comparaitre devant le tribunal pénal international!

    Cela fait 50 ans qu'ils s'accrochent au pouvoir comme des chiens enragés et affamés devant un gigot, ils veulent un pouvoir éternel parce qu'ils ont peur d'une seule chose c'est d'avoir à faire à une justice non corrompue et rendre des comptes aux peuple algériens de tout ce qu'ils ont volé mais ce n'est pas demain la veille car ils ont réussi à corrompre le peuple, c'est pour cette raison qu'ils ferment les yeux.
    FAFA nous a bien laissé un surnom les béni oui oui.
    Oui oui misiou, mercé, misiou disaient ils à l'époque du chapeau colonial

    Quant à celui qui ressemble à un rhinocéros, amar saadani l'ex drabki qui ose comparer boutesrika à Franklin Delano Roosevelt le président de la première puissance mondiale…..

    C' EST COMME COMPARER UNE MOUCHE A MERDE A UN AIGLE!!!!!!!!!!!!!

  13. @Ramessis je suis d'accord avec vous, d'ailleurs cette manie qu'ont les algériens à mettre leurs échecs répétés sur le compte de la France me met hors de moi ! La France est un grand pays et comme tous les grands pays, elle tire profit de toutes les faiblesses politiques , économiques et autres qui sont nombreuses dans les contrées archaiques ! Quand est ce qu'on cessera enfin de crier partout que c'est la France qui nous empêche d'aller de l'avant ??? Des pays, jadis sous développés, commencent à émerger, pourquoi pas le nôtre ? Est ce que l'Occident "bourourou"a empêché la Chine, l'Inde ou le Vietnam de devenir des pays qui comptent politiquement et économiquement.? Dans ces pays, la notion de travail qui n'est pas un vain nom, explique TOUT SIMPLEMENTcette réussite

  14. « Nous sommes les derniers pieds-noirs »

    par François Gèze, Algeria-Watch, 24 janvier 2014

    En octobre 2013, le journaliste Nicolas Beau, rédacteur en chef du site d’information Mondafrique, a publié un petit livre très informé sur l’intervention militaire française au Mali, la fameuse « opération Serval » lancée en janvier de la même année : Papa Hollande au Mali. Chronique d’un fiasco annoncé (Balland). Démontrant la planification de longue date de cette intervention par les chefs de l’armée française, ce livre fourmille d’informations pour la plupart largement ignorées par les médias de l’Hexagone : une lecture hautement recommandable à tous ceux qui s’intéressent à cette pénible affaire, pétrie d’intérêts économiques inavoués et de manipulations en tous genres.

    Des « décideurs » algériens criminels et corrompus

    Parmi celles-ci, Nicolas Beau s’intéresse au « double jeu algérien » dans la région saharo-sahélienne : depuis des années, explique-t-il en substance, les généraux du DRS (Département de renseignement et de sécurité, le service de renseignement de l’armée) qui dirigent le pays ont « instrumentalisé » (p. 56) les groupes armés islamistes présents au Sahara afin de « marquer leur territoire » (p. 54) face aux puissances occidentales, France et États-Unis en tête. En bref, les chefs du DRS ont encouragé les actions violentes de ces groupes qu’ils manipulaient, dans le but d’apparaître aux yeux de leurs soutiens occidentaux comme des partenaires incontournables pour les combattre1.

    Qu’ils prétendent être les seuls à pouvoir lutter efficacement contre le terrorisme au Sahara et au Sahel, c’est ce qu’a clairement confirmé en octobre 2012 dans une interview à Nicolas Beau l’un des anciens cadres supérieurs du DRS, le colonel Ali Benguedda, dit « Petit Smaïn » (car il a été durant des années un exécutant dévoué du général Smaïl Lamari, dit « Smaïn », chef de la Direction du contre-espionnage du DRS de 1990 jusqu’à sa mort en 2007, l’un des principaux organisateurs de la « sale guerre » des années 1990 contre le peuple algérien)2. Le propos de cet « homme influent », officiellement retraité, recueilli par le journaliste français à Alger (à l’occasion d’un colloque de la Sonatrach auquel l’un et l’autre assistaient), est d’une sincérité explosive : « Il faut comprendre que dans une grande partie du Sahel comme en Algérie, les sociétés sont profondément islamisées. Nous, républicains et progressistes, sommes un peu les derniers pieds-noirs, dans la mesure où nous défendons des valeurs de société qui sont désormais minoritaires. Nos amis français doivent nous laisser agir, car nous connaissons le mode de fonctionnement des groupes islamistes. […] Les Français sont fous de vouloir intervenir au Mali. On se croirait revenu à l’affaire du canal de Suez en 1956 lors de l’intervention franco-anglaise. Nous assistons au retour du refoulé colonial. Il faut aller vers une solution politique au Mali et nous pouvons jouer un rôle majeur pour permettre aux différentes parties, le gouvernement de Bamako et les Touaregs, de s’entendre3. »

    « Nous, républicains et progressistes… » : cette affirmation grotesque ferait sourire si l’on oubliait que ce « nous » désigne en réalité un cartel d’officiers supérieurs tous auteurs ou complices de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans les années 1990, perpétrés contre la population pour préserver leur accaparement des richesses pétrolières et gazières. Des criminels et des corrompus qui n’ont évidemment rien de « républicains » ni de « progressistes », comme l’ont prétendu également leurs nombreux relais français, acteurs plus ou moins actifs de la nébuleuse de la « Françalgérie » – vocable désignant les réseaux de corruption croisée entre les deux pays, mais aussi de connivences politiques et médiatiques. En revanche, l’aveu est de taille quand « Petit Smaïn » voit ces hommes – dont lui-même – comme les « derniers pieds-noirs », surnom péjoratif tardivement accolé aux colons français et stigmatisant surtout les plus riches d’entre eux4 : là, il est dans le vrai, car c’est bien ainsi que l’immense majorité de la population algérienne les perçoit, eux et leurs alliés civils nombreux à s’enrichir sur le dos d’une population qu’ils méprisent absolument.

    En témoignait par exemple en 2001 Yasmina, une Algérienne vivant en France, qui écrivait après un séjour au pays : « À Alger, il n’existe plus de classe moyenne, il y a seulement deux clans : les pauvres et les riches. Le deuxième groupe est riche : voitures décapotables, villas sur les bords de mer, restaurants et hôtels dont ils sont les maîtres incontestés. Ils vivent dans un autre monde. Il y a deux mondes, mais deux mondes qui ne se côtoient pas, qui ne se voient pas… C’est fou. Les riches vivent sur une autre planète. Ils ne parlent que français, ils vivent et ils parlent exactement comme le faisaient les colons français riches avant l’indépendance : les gens du peuple, ils les appellent… les “bougnoules”5 ! »

    Même écho sous la plume du journaliste Sid Ahmed Semiane, quand il évoquait en 2005 le Club des pins6, cette vaste résidence ultrasécurisée située à vingt kilomètres à l’ouest d’Alger et où vit depuis les années 1990 une bonne partie des « élites » du pays : « C’est une forteresse, une citadelle imprenable dans laquelle s’est isolée la nomenklatura de l’Algérie, se coupant ainsi définitivement de la réalité d’une société qu’elle ignore outrageusement. C’est aussi l’antichambre du pouvoir. Une caserne de luxe où sont esquissés des plans de bataille. L’arrière-boutique des complots politiques. Un État parallèle. Une zone franche. Un symbole de la décadence de l’Algérie postcoloniale. Une principauté autonome. Une colonie expansionniste. […]

    « Club des pins est, à l’origine, une belle plage sans histoire, cernée par une magnifique forêt de pins maritimes. […] La France en a fait un lieu de détente, conçu pour la bourgeoisie coloniale. […] Club des pins a permis aux colons de jouir d’un climat méridional pour faire bronzette, sans se rendre compte que, de l’autre côté du soleil, un peuple brûlait de colère ; et que cette brûlure n’était pas due au soleil, mais à leur profond mépris. Un demi-siècle plus tard, la France a quitté les lieux, mais d’autres “colons” les ont investis, dès l’indépendance. Un autre mépris a pris ses aises qui, dans un parfait mimétisme, reproduit l’arrogance des prédécesseurs. Et la colère des “indigènes”, des “bougnoules” – c’est ainsi que les ressortissants de la principauté Club des pins perçoivent aujourd’hui ceux de l’Algérie réelle –, est toujours là. Intacte. Plus grosse que jamais. »

    Un système postcolonial au bout du rouleau

    Une colère qui, hélas, ne trouve pas aujourd’hui d’autre exutoire que des émeutes sans aucun débouché politique, pour le logement, pour l’emploi, contre la hogra (mépris)… Depuis 2002, ces émeutes se multiplient dans tout le pays et, depuis 2010, elles sont devenues de plus en plus fréquentes et violentes, avec saccages des établissements publics (écoles, hôpitaux, commissariats, etc.) ou affrontements armés entre bandes rivales, parfois meurtriers comme à Ghardaïa en décembre 2013 et janvier 2014, ou à Constantine et Tipasa en ce mois de janvier…

    Seules la répression et la redistribution clientéliste d’une partie de la (considérable) rente pétrolière par les « derniers pieds-noirs » qui dirigent l’Algérie d’aujourd’hui empêchent cet impressionnant chaos social – très largement ignoré par les médias occidentaux – de dégénérer plus encore vers une sorte de « somalisation » du pays. Car le « système » est bel et bien au bout du rouleau : les chefs militaires et civils « janviéristes » (ceux qui avaient organisé le coup d’État de janvier 1992) meurent les uns après les autres dans leur lit, impunis de leurs crimes, sans être parvenus à stabiliser durablement le système mafieux de corruption et d’enrichissement qu’ils ont construit depuis les années 1980, afin d’en transférer, comme ils le souhaitaient, les rênes à leurs enfants. (Nombre de ces derniers ont d’ailleurs préféré s’exiler, afin de jouir paisiblement dans des pays riches des fortunes indécentes accumulées par leurs pères.)

    Non seulement l’État algérien n’existe plus que sous la forme d’une administration délabrée et inefficace (sauf pour les forces de répression), mais ceux qui le dirigent ne sont même plus capables d’organiser le ravalement de sa façade pseudo-démocratique pour remplacer un président fantoche en poste depuis quatorze ans, réduit depuis plusieurs années à un état semi-végétatif (trois mois avant l’élection présidentielle prévue le 17 avril 2014, les « indigènes » algériens ignoraient toujours les candidats à ce scrutin qui sera inévitablement truqué, à l’image des « élections Naegelen » de 1948 et de l’immense majorité de celles de l’Algérie indépendante, qui s’en sont inspirées).

    Mais, dans la très extraordinaire déclaration de « Petit Smaïn » rapportée par Nicolas Beau, le plus révélateur est certainement son affirmation, très représentative de la mentalité des actuels « décideurs » algériens et de leurs affidés successifs depuis les années 1980, qu’ils sont les « derniers pieds-noirs », avec cette explication : « Nous défendons des valeurs de société qui sont désormais minoritaires. Nos amis français doivent nous laisser agir [souligné par moi], car nous connaissons le mode de fonctionnement des groupes islamistes. » C’est en effet la première fois qu’une « huile » du DRS – qui a joué de surcroît depuis des années un rôle actif au cœur des réseaux de la Françalgérie – exprime ainsi ouvertement, et non en « off » comme de coutume, à un journaliste français le sentiment de ses pairs vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale.

    Un double message (évidemment codé) à « nos amis français »

    Le message ainsi discrètement adressé à Paris est double. Conjoncturellement, il manifeste le dépit de ces « décideurs » de n’avoir pas été assez associés à la gestion internationale de la crise malienne, ainsi qu’un certain désarroi face au fait de ne plus avoir, du côté français, autant de relais dévoués que dans les années 1980 et 1990, les « belles années » de complicités (idéologiques, politiques ou financières, corruption aidant) au plus haut niveau de la Françalgérie. En témoigne également la tonalité agressivement antifrançaise de certains « sites d’information » algériens récemment créés et notoirement liés au DRS,

    Et, plus structurellement, le message adressé à « nos amis français » par les chefs du DRS est en substance le suivant : « Nous sommes dans votre camp, celui de la “mission civilisatrice” et “progressiste” des colons que vous avez été et que vous êtes toujours aujourd’hui pour notre pays, sous d’autres formes ; mais pour la gestion des “affaires indigènes”, laissez-nous faire, nous sommes bien mieux placés et plus compétents que vous. » Un discours très directement hérité de ceux des khalifa, bachaga et autres agha, auxiliaires algériens recrutés pour assister les officiers français au sein des « bureaux arabes » (créés très tôt après la conquête de 1830 et officialisés en 1844) chargés du maintien de l’ordre et de l’administration dans l’Algérie coloniale du xixe siècle – et dont le fonctionnement sera poursuivi sous d’autres formes jusqu’à la guerre d’indépendance7.

    Cette imprégnation de l’héritage de la « collaboration coloniale » est profonde dans le fonctionnement de nombre de dirigeants de l’Algérie indépendante, surtout depuis la mort du président Houari Boumediene en 19788. En témoigne notamment – parmi bien d’autres du même genre – une déclaration alambiquée mais assez sincère, en octobre 2010, de Sid Ahmed Ghozali, ancien ingénieur formé à l’École nationale des Ponts et chaussées de Paris, président de la Sonatrach de 1966 à 1977, puis ministre à divers postes et, enfin, Premier ministre (de juin 1991 à juillet 1992) : « Je n’ai jamais fait partie du système. […] Moi et d’autres, nous n’avons jamais pris la décision. Quelque part, je le dis aujourd’hui, nous avons été les “harkis du système”. Nous l’avons servi. De bonne foi, car nous nous croyions commis de l’État, d’un État. On n’a pas compris que nous n’étions que ses instruments. Le système, ce n’est donc pas ce que l’on voit ou croit savoir. Il emploie tout le monde et il nous a employés9. »

    Cette diatribe révèle évidemment la fausseté de la prétendue morale que son auteur entend faire valoir – inutile de s’appesantir sur ses compromissions avec les chefs du DRS, comme tant d’autres de ses pairs technocrates –, mais elle vaut surtout par la vérité qu’elle révèle : en se qualifiant lui-même de « harki du système », Ghozali a confirmé la similitude du régime des généraux avec celui des « gouverneurs » français de la période coloniale.

    Dans ce contexte, la révélation des aveux décomplexés de « Petit Smaïn », même si celui-ci entend dénoncer hypocritement le « retour du refoulé colonial » – une rhétorique largement promue par les médias algériens « Made in DRS » –, sonne comme un sombre avertissement : la France du président « social-démocrate » François Hollande, triste héritier de son prédécesseur colonialiste Guy Mollet (1905-1975), ardent promoteur de l’« Algérie française », n’a toujours pas clairement rompu avec une histoire qui « gangrène » aussi bien la société française que la société algérienne, comme l’avait bien montré dès 1991 l’historien français Benjamin Stora10, devenu depuis sur les « affaires algériennes » un conseiller – trop tiède ou mal entendu ? – de ce président pusillanime et opportuniste.

    Notes

    1 Sur cette stratégie machiavélique, mais bien réelle, voir mon article : François Gèze, « Le jeu trouble du régime algérien au Sahel », in Michel Galy (dir.), La Guerre au Mali. Comprendre la crise au Sahel et au Sahara. Enjeux et zones d’ombre, La Découverte, Paris, 2013.

    2 Voici ce qu’en disait en 2003 l’ancien colonel du DRS Mohammed Samraoui, devenu dissident en 1996, dans son livre Chronique des années de sang. Algérie : comment les services secrets ont manipulé les groupes islamistes (Denoël) : « Le colonel Benguedda est un officier de moralité douteuse, valet des généraux Toufik et Smaïl Lamari, plusieurs fois mis sur la touche et toujours récupéré par les responsables mafieux qui le protègent. Ancien responsable du bureau de sécurité de la SM à l’ambassade d’Algérie à Bonn en 1988, il fut également en poste en Namibie et en Afrique du Sud de 1992 à 1994. Sous-directeur à la DDSE de 1994 à 1997, il a assuré de 1997 à 1999 les commandes de l’antenne du DRS à Paris, où il sous-traitait avec les services français pour le compte de son ami, le général Smaïl Lamari. »

    3 Nicolas Beau, Papa Hollande au Mali, Balland, Paris, 2013, p. 57.

    4 D’origine incertaine, le qualificatif de « pieds-noirs » n’est apparu qu’après le déclenchement de la guerre d’indépendance en 1954, pour désigner, par opposition aux « indigènes », les Français d’origine européenne qui habitaient l’Algérie. Cette appellation, initialement assez neutre, a été rapidement appropriée par ces derniers, toutes classes sociales confondues. L’aspect péjoratif de l’appellation ne s’est imposé en Algérie (et en partie en France) qu’à la fin de la guerre d’indépendance.

    5 Yasmina, « Alger, août 2001 : silence, mon peuple se meurt », <algeria-watch.org>, septembre 2001.

    6 Dans son livre Au refuge des balles perdues et autres chroniques des deux Algérie (La Découverte, 2005).

    7 Voir Abderrahmane Bouchène, Jean-Pierre Peyroulou, Ouanassa Siari Tengour et Sylvie Thénault (dir.), Histoire de l’Algérie à la période coloniale (1830-1962), La Découverte/Barzakh, Paris/Alger, 2012 (<http://ur1.ca/ghesf&gt;).

    8 De 1965 à 1978, son régime avait certes été lourdement marqué lui aussi par cet héritage, mais son indépendance nationaliste vis-à-vis de l’ancienne métropole était indiscutable, politique qui sera radicalement inversée par ses successeurs (sauf lors des brèves années d’ouverture de 1989 à 1991). Sur cette histoire complexe, voir le livre éclairant et très documenté de Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, Françalgérie, crimes et mensonges d’États. Histoire secrète, de la guerre d’indépendance à la « troisième guerre » d’Algérie, La Découverte, Paris, 2004.

    9 Kamel Daoud, « Sid Ahmed Ghozali au Quotidien d'Oran : les “harkis du système”, l’armée politique et la question iranienne »,
    Le Quotidien d’Oran, 18 octobre 2010.

    10 Benjamin Stora, La Gangrène et l’Oubli. La mémoire de la guerre d’Algérie, La Découverte, Paris, 1991.

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