En Algérie, le changement annoncé par l’opposition propose de réformer le système politique en vigueur, par un replâtrage ponctuel de celui-ci, tout en maintenant le dogme du « respect des constantes nationales et des composantes de notre identité, le respect des principes et des valeurs fondamentales et nationale » en vigueur.
Contrairement à une situation révolutionnaire, où c’est la volonté populaire qui est censé initier le changement, pour définir les nouvelles règles du système politique, de la gouvernance et du vivre ensemble. Force est de constater, que cette initiative à réformer le système politique dans ces conditions, ne peut mener que vers la reconduction du statu quo.
Cette situation appel inévitablement un consensus autour de l’importance de la Charia et l’article 2 de la constitution. Celui-ci stipule que les lois du pays seront inspirées de la Charia, et que cet impératif est intouchable. En se retranchant derrière le conservatisme des «constantes nationales et des composantes de notre identité, des principes et des valeurs fondamentales nationales», l’opposition en course aux présidentielles révèle son intention de fuite en avant dans l’illusion de pureté des origines, qui serait selon Edward Saïd ce «système fermé qui se contient et se renforce lui-même, et dans lequel les objets sont ce qu’ils sont, parce qu’ils sont ce qu’ils sont une fois pour toutes, pour des raisons ontologiques qu’aucune donnée empirique ne peut ni déroger ni modifier».
Tout en ayant servi avec efficacité d’argument aux nationalismes surgis après la décolonisation, à la critique, à la résistance et à l’opposition à la domination impérialiste, continuent à servir jusqu’à ce jour un autre argument aussi efficace pour justifier le patriarcat, par son expression politique autoritaire des plus violentes et des formes d’oppression des femmes des plus humiliantes. Il faut admettre que le débat autour de l’identité culturelle ne peut être examiné sans le situer dans le contexte actuel de notre monde postcolonial et globalisé à l’horizon de la mondialisation, caractérisé par cette crise multiculturelle profonde et durable. Dans le cas contraire, nous serons condamnés à nous enfermer dans une société d’autorité masculine exclusive, fondée sur des rapports de pouvoir autoritaires et violents et dont la pérennité sera assurée par un système éducatif ultraconservateur et régressif comme c’est d’ailleurs le cas aujourd’hui.
L’acculturation et le transculturel
La culture est à tout instant le produit d’un processus d’acculturation. Parce que les cultures évoluent constamment, procédant par emprunts ou rejets, mais aussi par réinterprétations et inventions. Acculturé, ne veut pas dire sans culture, le « a » dans ce cas n’est pas un signe privatif. L’acculturation englobe sans discriminer le jeu des diverses influences qui se manifestent au sein d’une culture. Lévi-Strauss, dans Race et histoire, considère qu’une culture qui n’emprunte pas est une culture qui se fige et qui est appelée à disparaître. Parce que loin d’être un phénomène d’appauvrissement, les mécanismes d’emprunts participent à l’enrichissement de la culture, c’est incontestablement une condition essentielle au dynamisme des cultures. La force d’une culture est donc dans sa capacité de collaboration et d’emprunt. Lévi-Strauss emploie d’ailleurs les termes de « coalition, jeu en commun» et il affirme que «le progrès culturel est fonction des coalitions entre cultures». Roger Bastide, dans Le Prochain et le lointain, distingue deux formes d’acculturation, l’une formelle et l’autre matérielle. L’acculturation formelle, c’est la transformation des formes, des manières de penser et de sentir, elle est inconsciente. L’acculturation matérielle concerne les contenus de la conscience, l’adoption ou la réinterprétation de traits culturels. La différence entre l’acculturation formelle et l’acculturation matérielle, consiste dans le fait que, pour la première on n’adopte pas consciemment les traits culturels d’emprunt, on le fait inconsciemment, sans pouvoir l’expliquer, dans l’acculturation matérielle, on choisit consciemment d’adopter tel aspect spécifique ou tel autre, en fonction des avantages et des inconvénients des manières de faire de la culture d’emprunt.
Dans notre civilisation mondialisée et très urbanisée, les technologies de communication permettent la circulation rapide et multiple des diverses cultures. Dans les grandes villes, les phénomènes de brassage culturel sont amplifiés, les rencontres facilitées, et la diffusion satellitaire des médias mettent en présence permanente des traits culturels avec d’autres qui leur sont étrangers. Une culture tout à fait originale est en train de se développer dans les banlieues des grandes villes cosmopolites mondiales, qui est souvent ghettoïsée autour des H.L.M. La particularité de la culture de banlieue, c’est la favorisation du brassage, du mélange et du métissage.
Le dialogue interculturel ne se déroule pas entre des cultures conçues du point de vue essentialiste comme s’il s’agissait de blocs monolithiques et opposés, et comme si elles étaient des entités naturelles incommensurables et par conséquent imperméables à tout échange, et comme s’il n’y avait pas eu au cours des siècles et dans l’histoire des contaminations, des emprunts et des échanges réciproques, qui serai selon la terminologie de J. F. Lyotard un différend entre les cultures comme s’il s’agissait de genres de discours dépourvus de tout critère d’évaluation commun condamnant les cultures à ne jamais pouvoir se comprendre. La conception multi culturaliste de la reconnaissance des différences conduirait à coup sûr à une sorte de «balkanisation» des cultures. C’est en cela qu’une réflexion critique sur l’identité des communautés culturelles au sein de l’espace public seule peut favoriser un entrelacement transculturel. Si la multi culturalité se réfère tout simplement à la coexistence de plusieurs cultures au sein d’un même espace géopolitique, et que l’inter culturalité désigne la dynamique qui en activant l’échange et les relations réciproques entre les groupes de la mosaïque multiculturelle brise l’ethnocentrisme et ses préjugés, le concept de transculturalité comme le montre H. J. Sandkuhler ne repose pas contrairement à celui d’inter culturalité sur l’affirmation selon laquelle les cultures seraient des unités homogènes et circonscrites dans des frontières stables, elles ne sont plus en effet établies par les nations, les religions, les ethnies ou les traditions, mais trouvent leur origine et se transforment dans la dynamique et la complexité de réseaux humains flexibles et simultanés incarnés par les réfugiés, les migrants, les exilés, les expatriés dans des espaces devenus désormais postcoloniaux.
On observe depuis la fin de la période de colonisation une reconfiguration du champ des relations entre anciens colonisateurs et anciens colonisés, en inscrivant les anciens empires coloniaux dans un monde désormais postcolonial, traversé par des mouvements transnationaux de populations immigrées, qui voient apparaitre la présence structurelle de l’autre anciennement colonisé dans leur espace, engendrant une situation multiculturelle sans précédent dans l’histoire. En fait, depuis le milieu des années 80 avec l’émergence d’un mouvement «beur» porteur de revendications citoyennes au sein de la société française, il s’est produit un basculement d’une immigration de travail à une immigration de peuplement. Nombre de ces immigrés ont opté pour la double nationalité et leurs enfants, par le jeu du droit du sol, étaient eux-mêmes français de naissance. Les modèles d’intégration républicaine dans les principes de la tradition politique française mis en place pour contenir cette intrusion de l’autre dans leur espace ont tous été voués à l’échec. Cette situation a engendré un débat qui est devenu un enjeu principal dans toutes les campagnes électorales, allant jusqu’à l’absurde, en créant un ministère de l’Identité Nationale.
Durant les trente dernières années du XXème siècle les courants de pensée, tels, les subaltern studies, les postcolonial studies et les cultural studies ont permis de penser la chute des frontières culturelles et idéologiques au moment où les flux migratoires et les interactions entre les cultures ne cessent de s’intensifier. Etienne Balibar affirme que la crise du multiculturalisme est le symptôme que toutes les catégories analytiques centrées sur l’Etat-nation moderne que Carl Schmitt a appelé le «nomos de la terre» et le paradigme du constitutionnalisme moderne sont toutes «sous rature» au sens de Jacques Derrida. «Sous rature» est un dispositif stratégique philosophique à l’origine développé par le philosophe Martin Heidegger. Il implique la rature d’un mot dans un texte, tout en lui permettant de rester en place et lisible. Il sera utilisé intensivement par Jacques Derrida, comme pour signifier qu’un mot est insuffisant mais nécessaire, qu’un signifiant particulier n’est pas tout à fait adapté pour le concept qu’il représente, mais doit être utilisé, que les contraintes de la langue n’ont rien à offrir de mieux. On parle aujourd’hui, d’Etat postcolonial, transculturel, postmoderne et même post démocratique. Jacques Derrida a fait valoir, que ce n’était pas seulement les signes particuliers qui ont été placés « sous rature », mais l’ensemble du système de signification.
Michel Wieviorka affirme que nous ne pouvons plus nous satisfaire d’un débat tranché une fois pour toutes en faveur d’une conception républicaine aux vertus intemporelles. Les catégories de la modernité, la nation, l’état, le droit, etc., n’auraient plus aucune raison d’être mais plutôt qu’elles doivent être continuellement réélaborées, mis à l’épreuve, dans des situations absolument inédites et par conséquent renouvelées en profondeur. Stuart Hall, plaide pour le «retour du subjectif en politique», affirmant que le multiculturalisme n’est que le symptôme d’une crise et d’une transformation en actes de toutes les catégories philosophiques et politiques de l’époque moderne liées au concept d’Etat nation. Le multiculturalisme va de pair avec la clôture apologétique et ethnocentrique de cette raison occidentale. Il faut donc admettre qu’il n’existe pas seulement un cosmopolitisme attaché suivant l’inspiration rationaliste kantienne à l’idéal moderne du citoyen du monde mais également un cosmopolitisme «transculturel» en mesure d’articuler des cultures et des identités différentes. Notre société planétaire qui ne cesse de perpétuer et d’alimenter les appartenances tribales et les frontières géographiques et mentales protégées par tant de murs et d’appareils militaires, et en associant le multiculturalisme à la question de la reconnaissance, qui fait de lui un multiculturalisme de marché, transposant la diversité culturelle sur l’échelle des biens utiles au capitalisme mondial et global, nous incite tout particulièrement à redoubler de vigilance devant les risques et dérives auxquels peut nous mener cette situation.
Parce qu’on est en droit de rêver, qu’on est tout naturellement au seuil d’une mutation civilisationnelle heureuse, en interprétant positivement cette tendance au métissage sur le registre d’une utopie transculturelle harmonieuse. Vers une civilisation qui intégrerait toutes les dispositions particulières, permettant de penser la chute des frontières culturelles et idéologiques au moment où les flux migratoires et les interactions entre les cultures ne cessent de s’intensifier.
Pendant ce temps-là, nous, nous serons encore aux prises dans des diatribes entre Charia et ghettoïsation ethnique.
Youcef Benzatat





Moi, j'appelle cela la pisci"culture" par la noyade ou, en d'autres termes, noyer le poisson.
" D’habitude je n’interviens pas sur ce sujet délicat des arabophones face à la question kabyle et amazigh en général . Je suis parfaitement bien placé pour en parler en raison de mon expérience personnelle ( 11 premières années de ma vie en Kabylie jusqu’en 1968, puis 11 ans à Alger et le reste en France, avec un épisode de 6 ans encore à Alger 1984/90).
Le problème des rapports entre arabes et kabyles est ancien . Tant que nous ne parlons pas franchement de la question Kabyle les arabophones ne disent rien mais dès qu’on évoque la question alors c’est un virage à 180 degré !
Il est clair que malgré l’apparence démocratique de quelques francophones ou ceux dits occidentalisés qui seraient prêts à se joindre à nous pour retrouver une réelle indépendance nationale hors de la tutelle arabe ou orientale , TOUS se refusent à admettre la promotion de l’amazighité de l’Algérie. Tous les prétextes sont bons pour éviter , contourner, bloquer … le débat sur cette question.
Nous devrions méditer le cas Turc qui sans Mustafa Kemal les arabes allaient prendre le pouvoir en Turquie aussi ! Espérons que nous n’arrivons pas à la guerre civile car fort de notre légitimité amazigh nous ne céderons jamais et les arabes semblent faire de même …" dixit Brahim, un forumiste d'un journal electronique.
Vos article traite du débat sur la question identitaire en ALGERIE.
Pourquoi donc tout ce bla bla ?
Il faut situer les antagonismes et la situation est simple : Il y a d'un côté les tenants de l'arabo-islamisme qui cherchent à figer et vassaliser l'Algérie (et l'Afrique du Nord) en s'appuyant sur les royaumes Arabes Golf et de l'autre la vision d'une Algérie (et d'une Afrique du Nord) réelle, africaine, produit de 3000 ans d'histoire, qui se construit dans l'adversité. Au final, il y aura une Algérie africaine et méditerranéenne ou une colonie du Qatar ? A nous de choisir.
Dites moi, cher monsieur, qui voulez vous épater avec votre
galimatias ? J’entends bien que vous possédiez sur le "bout des doigts" les oeuvres de tant
d'auteurs ; mais ceci ne vous dispense pas de bien écrire (1)
(1) De ce point de vue votre article -dissertation laborieuse d'un hypokhâgneux- est illisible
PS : Curieux, encore une fois, que la fréquentation "assidue" des Derrida, Kant et autres Lacan
ne déteigne pas sur votre manière d'écrire. Vraiment curieux…
Je me contente de vous épingler par rapport à votre style, la teneur de vos articles ne présentant
à mes yeux aucun intérêt.
PS (qui n'a rien à voir) : Changer d'opinion comme de chemise participe davantage de la fumisterie
que de l'honnêteté intellectuelle
: "D’habitude je n’interviens pas sur ce sujet délicat des arabophones face à la question kabyle et amazigh en général . Je suis parfaitement bien placé pour en parler en raison de mon expérience personnelle ( 11 premières années de ma vie en Kabylie jusqu’en 1968, puis 11 ans à Alger et le reste en France, avec un épisode de 6 ans encore à Alger 1984/90).
Le problème des rapports rapports entre arabes et kabyles est ancien . Tant que nous ne parlons pas franchement de la question Kabyle les arabophones ne disent rien mais dès qu’on évoque la question alors c’est un virage à 180 degré !
Il est clair que malgré l’apparence démocratique de quelques francophones ou ceux dits occidentalisés qui seraient prêts à se joindre à nous pour retrouver une réelle indépendance nationale hors de la tutelle arabe ou orientale , TOUS se refusent à admettre la promotion de l’amazighité de l’Algérie. Tous les prétextes sont bons pour éviter , contourner, bloquer … le débat sur cette question.
Nous devrions méditer le cas Turc qui sans Mustafa Kemal les arabes allaient prendre le pouvoir en Turquie aussi ! Espérons que nous n’arrivons pas à la guerre civile car fort de notre légitimité amazigh nous ne céderons jamais et les arabes semblent faire de même …"
"… Il faut admettre que le débat autour de l’identité culturelle ne peut être examiné sans le situer dans le contexte actuel de notre monde postcolonial et globalisé à l’horizon de la mondialisation, caractérisé par cette crise multiculturelle profonde et durable…"
Dans le cas algérien, cela s'appelle une fuite en avant. Cela n'est pas possible tant que tous les Algériens ne se seraient pas réconciliés d'abord et avant tout avec leur identité véritable de base et d'une façon juste, condition sine qua non à toute aspiration à l'universel. D'où l'urgence d'une volonté politique franche à régler définitivement la question identitaire et linguistique posée déjà avant l'indépendance. Il est impossible de voir grand si une grande partie des Algériens continue à ne pas croire, et à raison, en ce pays. Le passage à l'examen de l'identité culturelle dans un monde globalisé pose d'abord le problème de la reconnaissance officielle de la langue à travers laquelle cette identité,cette culture et toute l'Histoire d'un peuple s'affirment. La question, dans un premier temps, n'est pas de savoir si cette langue soit apte ou pas à véhiculer la diversité scientifique et technologique du monde, mais posée d'abord comme personnalité spécifique d'un peuple existant, c'est à dire, sorti définitivement du risque d'une disparition programmé. On ne peut aspirer à une globalité en étant coupé de ses racines! On ne peut prétendre à l'universel, à une globalisation impitoyable, et s'assurer d'une place spécifique et durable si l'on ne dispose pas d'une mémoire historiquement ancrée et institutionnellement représentée. Toutes les politiques de réconciliation identitaire et linguistiques menées jusque-là consistaient sont minées par une idéologie insidieusement linguicide et ethnocidaire n'encourageant guère la fierté d'appartenance à l'Algérie. En peu de mots et pour faire court, il est impossible d'édifier un Etat fort auquel croiront tous les Algériens sans l'officialisation "véritablement académique" de Tamazight dans ses divers" topolectes" algériens et, surtout, sans que l'idéologie arabo islamiste ne s'y immisce, encore une fois, pour décider à la place des professionnels de la langue. Si non, le sage Idir aura raison d'affirmer que c'est le pouvoir qui pousse les Kabyles vers l'option de l'autodétermination et à laquelle j'adhérerai volontiers si le pouvoir persiste encore dans sa négation criminelle de la question amazigh soulevée principalement par les Kabyles.
colonialisme turc en Algérie
Publié le 26 décembre 2011 par Hamdane Ammar – Article du nº 231
Au lieu de s’en prendre à la France, Mr Erdogan devrait ouvrir les pages sombres de l’histoire de l’empire ottoman dont il est l’héritier et il s’apercevrait qu’il y a énormément de choses à ne pas dire et encore moins à entendre. Et quand il convoque la colonisation de la France en Algérie pour se défendre contre la loi votée par l’assemblée française concernant le génocide arménien, il est mal inspiré et il a un trou de mémoire, il est dans un trou d’air. Avant tout, il doit balayer devant sa porte avant d’évoquer ce sujet à moins qu’il veuille dire: l’ennemi de mon ennemi est à mon ami et attirer ainsi la sympathie des algériens.
Alors parlons un peu de la présence turque en Algérie afin de rafraîchir la mémoire du premier ministre de la Turquie Moderne.
En s’emparant d’Alger en 1530 après avoir chassé les Espagnols du Pénon, le corsaire turque Aroudj surnommé Barberousse, fit étrangler Salim Toumi des Beni Mézghana (prince d’Alger) avant d’épouser sa femme Salima. Par ce geste de terreur, il voulut marquer les esprits des habitants d’Alger qui avaient refusé dans un premier temps sa présence en s’alliant à la dynastie Berbère des Hafsides qui l’avait combattu durement.
Il y instaura alors un régime de répression inouïe pour les punir.
Dès la prise d’Alger par les pirates Ottomans jusqu’à leur départ forcé en 1830, tous les deys qui s’étaient succédés à la régence étaient tous sans exception des janissaires (pirates) d’importation venus d’Albanie, de Venise, de Bosnie, de Crête, du Caucase mais aucun d’eux ne fut un autochtone. Et pourtant, jusqu’à preuve du contraire les Berbères étaient et restent en majorité musulmans.
Les Turcs avaient institué un apartheid en Algérie. Au sommet de la hiérarchie sociale se trouvaient les janissaires ottomans, puis les Koulouglis ( issus des mariages entre les turcs et les algériennes) les Chrétiens, les Juifs puis au bas de l’échelle pataugeaient les algériens de souche.
A la tombée de la nuit, les autochtones étaient chassés de la Casbah d’Alger et seules les femmes y étaient tolérées pour assouvir l’ardeur sexuelle des janissaires.
Chaque année partaient d’Alger vers la Porte Sublime( Istambul) des bateaux, les cales pleines d’or et de marchandises ainsi que des esclaves berbères sexuelles, la plus âgée ne dépassait guère les dix huit ans. C’étaient des cadeaux d’allégeance au Calife Ottoman.
Pour montrer la cruauté et la haine que nourrissaient les ottomans à l’égard des Algériens, un Bey (gouverneur) de Constantine du nom de Chaker au XVIII siècle exigea de ses subordonnés que chaque matin quand il sortait de son palais, il devait voir sur son passage au moins une vingtaine de têtes d’hommes plantés sur des piquets. On racontait qu’il entrait en transe en apercevant un tel spectacle. Il murmurait alors : » c’est tout ce qu’ils méritent ».
Une autre histoire qui reste encore vivace dans l’esprit de nombreux Kabyles pour édulcorer la barbarie que pratiquait les Turcs dans la régence d’Alger. Un jour un commandant de janissaire qui devait récolter les impôts, s’arrêta auprès d’un chef de mechta de Kabylie. Ce dernier végétait dans l’indigence; il égorgea alors l’unique poulet de ferme qu’il possédait pour faire honneur à son invité de marque.
Ce chef de tribu avait un garçon qui était âgé à peine de cinq, se mit pleurer en voyant le poulet. Sa mère lui donna une cuisse pour le calmer. Et lorsque il présenta le plat de couscous avec le poulet, le commandant des janissaires constata qu’il manquait une cuisse. Il entra dans une terrible colère et demanda où était passée sa « cuisse ».
Le pauvre chef de tribu bafouilla quelques instants en tremblant de peur puis finit par avouer la vérité.
Le commandant turc exigea qu’on lui ramène sur le champ le garçon et avec rage, il l’écartela en criant : » C’est ainsi que je tue celui qui me désobéit. »…
Hussein Dey, le dernier gouverneur d’Alger, en signant la reddition déclara: » Je n’ai que faire de ces vauriens d’Algériens, qu’ils aillent au diable » avant de s’embarquer pour Gênes. Mais il n’omit pas de garantir la sécurité des biens des Ottomans auprès des nouveaux maîtres d’Alger. Drôle d’esprit pour un chef musulman… Et au lieu de combattre, il préféra s’occuper du mariage de sa fille et laisser les soldats du maréchal de Bourmont prendre Alger sans tirer un coup de feu.
Mr Erdogan oublie peut-être qu’en 1827, les chefs de tribus berbères s’étaient réunis dans un village à l’est d’Alger pour demander par écrit au roi de France Louis Philippe de venir les délivrer de la tyrannie des janissaires turcs et que c’étaient ses ancêtres qui avaient permis la colonisation de l’Algérie par la France à cause de leur lâcheté et surtout de leur cruauté…
Mr Erdogan est amnésique, car jusqu’en 1972, la Turquie refusa de reconnaître l’indépendance de l’Algérie qu’elle considérait encore comme sa province lointaine qu’elle avait vendue à la France en 1830 et pensait encore la récupérer.
Je ne doute pas que Mr Erdogan nourrit l’ambition de restaurer le Califat Ottoman et c’est pour cette unique raison qu’il s’est emparé de la colonisation de la France en Algérie et se placer ainsi en sauveur du monde arabo-islamique qui est en proie à son fameux printemps arabe. A vrai dire, il fait de la gesticulation pour noyer le poisson dans l’eau…
J’espère que les historiens algériens s’emparent de la colonisation ottomane en Algérie qui avait duré trois siècles sans aucune réalisation digne d’être citée et surtout qu’ils ne soient pas atteint par la fraternité et l’amnésie islamiques pour mettre à nu la présence janissaire dans leur pays qui fut terrible…
Quant aux députés français, ils seraient mieux inspirés de trouver les solutions pour endiguer l’islamisation de la France…
Le génocide arménien doit être traité au niveau mondial pour contraindre la Turquie à le reconnaître officiellement et engager ainsi sa responsabilité et sans oublier au passage les autres peuples qui avaient subi le même sort, ceux qui n’ont pas de porte-parole tels les Tizganes…
Les voix des franco-turques qui criaient le rejet de la France sous les fenêtres du palais de l’Assemblée, devraient faire réfléchir les représentants de la nation à revoir le code de la nationalité qui doit se mériter.
Car aller à la pêche des voix des électeurs en faisant de la politique politicienne, ce n’est pas servir la France…
A si youcef.
Comme tu dis, la culture n'est pas une image ou object fige's – A n'importe quel moment, c'est ce qui sort de la dynamique d'un groupe Humain qui a decide' de vivre ensemble. Quelque chose comme l'energie qui se degage d'un feu, nourrit de tout. Il fut un temps, quand les conqueris captaient les ide's d'allah qu'ils se mystifiaient dans leur propre langue, et culture, ca produisait des choses du genre mosque'es en competitions avec les chateaux ou cathedrales Europeennes, comme en Syrie, en Espagne, en Turquie et au Mali. Puis, les locaux ont appris l'arabe et l'absolutisme de cette langue construite autour de Mohamed, a tout gele'. L'espagne s'en est sortie et a recommencer a evoluer, et derriere la turquie. Mais pas la Persie, ni l'Egypte ou les autres soumis-a-jamais.
C'est ce qui se passe en Algerie depuis le depart de la france. La condensation est a la vitesse de l'arabisation. Eventuellement, la nature et les populations seront vide'es de toute substance combustible, Meme la langue sera gele'e ou reduite au qoran, c.a.d ca sera l'algeristan. La il ne restera plus rien a faire qu'a exploser. C'est une autre maniere d'en sortir. Si on ne trouve pas la clef, au bout d'un certain moment, il ne reste plus qu'a defonser la porte. Et encore, cela ne serait possible que si l'on n'est pas completement givre' et qu'il reste de quoi nous rendre compte de notre situation. On y est presque – one two three, viva l'algerie, inchallah !
Bonjour monsieur Nachabe Madih et très heureux de vous revoir parmi nous,
Concernant la lucidité, je considère que celle-ci ne doit pas être confondue avec une certaine arrogance, celle nourrie par la fatalité et la résignation. J’avais soutenu Benbitour pour son programme, dans lequel il promettait de séparer les instances politiques, sécuritaires et religieuses et permettre à la génération née après 1962 de faire librement le choix de société une fois l’objectif de la consolidation de la transition démocratique atteint. Un programme qui permettait une transition pacifique et qui nous permettait également de faire l’économie d’une guerre civile meurtrière et dévastatrice. Et j’avais mis en garde contre le non-respect de son engagement, dès le premier article dans lequel j’ai présenté son programme. Huit mois durant, je n’ai cessé d’entretenir des contacts avec lui et avec ses cercles de soutiens. J’avais prévenu qu’il fallait suivre le menteur jusqu’au seuil de sa porte et je l’ai suivi ! Mettant la fatalité, la résignation, la suspicion sur le compte de l’espoir, qui nous animent tous, nous qui sommes fatigués par tant de mensonges et de mépris de la part du pouvoir et de ses clients. Je l’ai suivi jusqu’au fondement de son mensonge et j’ai été déçu. J’ai malheureusement découvert ce que j’ai annoncé dans le dernier article et ce n’est qu’un infime aperçu par rapport à la masse d’indices que j’ai accumulé. Cela m’a été possible parce que j’ai gagné sa confiance et celle de ses soutiens, qui m’a permis d’enquêter librement et de percer les non-dits de son initiative. Oui, il fallait une grande lucidité pour mettre en œuvre un tel esprit pragmatique pour parvenir à démasquer l’imposture, contrairement au recours à l’arrogance, celle nourrie par la fatalité et la résignation et pire encore, celle nourrie par la haine ethnique. Benbitour est un Chaambi et cela ne me dérange nullement, car tous les Algériens appartiennent à un peuple cosmopolite et métissé, à ce propos son épouse est Kabyle et ses enfants sont des métisses, des Algériens tout simplement, comme tous les autres, que la haine ethnique empêche de voir chez une partie de la population, des bâtards comme ils disent, en leur opposant la pureté ethnique, synonyme d’égarement et de manque de lucidité.
Concernant la transculturalité, NON ! Monsieur Nachabe Madih ! Ce n’est pas une fuite en avant !!
La construction de l’identité algérienne aura beaucoup à gagner et permettra de nous éviter autant de peines, si elle venait à se faire sur la base des métissages qui façonnent la structure de notre peuple. NOTRE AMAZIGHITE EN SORTIRA RENFORCEE !
Voilà ce que j’écrivais sur les récentes déclarations d’Idir, que Le Matindz avait refusé de publier !
Avec la lucidité de mettre en garde contre la partition de l’Algérie et sa livraison en pâture à nos ennemis, qui travaillent sans cesse à nous détruire par l’instrumentalisation des séparatistes Kabyles et les intégristes religieux.
L’érosion d’Idir, du folklore au ghetto
Algérie Network, 3 décembre, 2013
En signant le contenu de son nouvel album, Idir franchit un pas de plus vers la folklorisation de son art, et l’amputation de la culture algérienne des potentialités créatives de l’une de ses expressions les plus révolutionnaires. Une expression qui avait donné autrefois un coup d’accélérateur à l’inscription de la culture algérienne dans le champ de l’universel.
Dans les années 1970, « A vava Inouva » avait bercé notre adolescence dans l’enchantement du sentiment d’appartenance à l’Humanité dans ce qu’elle a de plus universel, par l’exécution d’un répertoire musical arrimé à la contemporanéité du monde et de ses exigences en termes de liberté et d’universalité. Avili par la répression et la frustration de ne pouvoir s’épanouir souverainement sur les terres de ses ancêtres et en communion avec son peuple, l’érosion a eu raison de son génie, réduit à la quête des ghettoïsations ethniques, des spécificités folkloriques et de tout ce qui a de plus primaire dans l’expression artistique : la recherche de la pureté identitaire dans ses frontières ethniques. Car l’intention ne vise pas à l’inventaire du patrimoine folklorique universel, qui est en soi une noble quête, ni à la part d’universel dans chaque particularité que recèle chaque patrimoine spécifique.
Malheureusement pour Idir, dans son érosion intellectuelle, sa quête s’est pervertie dans un égarement collectif, celui d’une certaine Kabylie aveuglée dans sa résignation par un orgueil démesuré. Sa quête ne vise pas moins que la perversion de l’art par l’idéologie. Celle initiée par un certain Ferhat, qui lui aussi était autrefois un rayonnement et un modèle de Rébellion, porte-parole de la révolte contre l’idéologie réactionnaire des usurpateurs de la culture algérienne, qui à noyait l’école dans un arabo-islamisme décadent. Ferhat parvenait lui aussi à dresser nos poils par le chatouillement de sa poésie, dont les mélodies nous plongeaient dans les nostalgies de la pureté de Novembre et des luttes des peuples, pour leurs souverainetés et leurs autodéterminations.
Le comble de leur perversion commune par leur égarement dans la quête de l’indépendance de la Kabylie est ce qu’il y a de plus dangereux dans le combat politique pour la quête de la souveraineté, car elle procède par le plus fascisant des comportements de l’humanité : l’épuration ethnique !
Parce que la quête de la pureté folklorique et la ghettoïsation ethnique, épurées de toute expression ou corps étranger à leur spécificité à des fins politiques, est une régression qui ne mène nulle part, que vers le repli sur soi, la négation de l’autre et l’auto-exclusion de l’universalité de l’Humanité.
Jusqu’où peut aller l’épluchure d’une identité pour parvenir à sa pureté, quand faut-il commencer exactement et ou faut-il arrêter pour déterminer ses contours. Vain exercice ! Mu par l’impuissance d’entrer en empathie avec autrui, alors qu’à l’époque du Royaume de Cirta, qui était l’une des cités les plus cosmopolites de la Méditerranée, on parlait toutes les langues savantes de la région. L’errance intellectuelle est la plus dangereuse imposture dans les moments de crise d’une Nation.
Vain combat. L’identité Amazigh de l’Afrique du nord n’est pas monnayable sous aucun prétexte, seulement, il faut regarder l’avancée de l’humanité en matière de transculturalité et questionner notre identité à la lumière de cette avancée. L’amazighité de l’Algérie se défend d’elle-même, parce qu’elle est ancré dans notre vécu indépendamment de notre volonté et personne ne peut s’autorisé l’exclusivité de sa défense. Elle est le patrimoine commun de tous les Algériens et chacun peut concevoir sa destinée librement dans un débat responsable.
Rien ne peux détourner le torrent du métissage culturel dans la trajectoire inéluctable de l’histoire, qui creuse ses sillions contre vents et marées, en inscrivant la culture et la langue dans un vécu en perpétuel réinvention. De la langue maternelle à la langue populaire, le langage et les mots en perpétuel recréation façonnent la darija et expriment une culture et une société vivante arrimée à sa propre contemporanéité et lorgnant jalousement sa quête de l’universel. La Darija, cette synthèse qui véhicule dans sa structure profonde la langue des ancêtres des Algériens, le Tamazight, augmenté des apports de toutes les langues à qui elle a du se confronter, comme l’a si bien chanté le maître du populaire, le Kabyle El hadj Mohamed El Anka, le dramaturge Amazigh Kateb Yacine ou son disciple le Chaoui Slimane Benaissa
Youcef Benzatat
ya si benzetat:
l'imposition malgre nous de l'arabo-islamisme et la negation de la veritable identite et langues REELLEMENT NATIONALES ne vous a jamais emu et non seulement vous ne l'avez jamais condamnee mais beacoup plus SOUTENUE (AU MEME TITRE QUE TOUS LESCHAWIS ET AUTRES ALGERIENS DU NORD AU SUD !!) alors que cette ideologie faschiste participe del'alienation du peuple algerien et de la mystification de ses reperes socio historiques!
sans l'engagement et la lutte d'une region bien determinee de l'algerie (avec son lot de repression et de massacres!!) qui, comme lesgaulois du celebre "asterix" ,etait une "tribu "d'irreductibles amazigh sanhadja-ketama,cette identitenord-africaine-mediterranneenne serait a jamais enfouie dans les oubliettes du clan d'oujda,mais que maintenant ,des leaders de cette cause avance l'officialite de cette langue dans son propre pays ,ne voila t il pas que le sieur BENZETAT,nous avance qu'il ne faut pas trop la revendiquer ,que cette berberite est l'apanage de tous les algeriens (ahh et depuis quand l'aviez vous revendiquee ou lutté pour sa reconnaissance?? )ezt que ceci est un repli sur soi pouvant provoquer notre "auto destruction ,maisqu'il faut plutot nous inscrire dans une vision universaliste!!!
pourquoi n'aviezvouspas hurlé votre onseil mal placé ,dans les annees dures de boumedienne-le tyran?? pkoi ne l'voir pas conseilléde rejetter cette "arabetisation massuve"d'un peuple amazigh et de s'incrire dans l'universalite?N?N?N
sachezmr benzetat, que vos reflexes de chawi-pro-arabistevous ont trahi!! tapez encore surle vrai proprietaire de l'a
@Zi Youcef: pathétique personnage!
Votre mea culpa est un fiasco pour un journaliste qui se respecte, quand on fait son mea culpa, on doit d'abord des excuses aux gens qu'on a offusqués mais ce n'est pas le cas!
Combien de fois, des commentaires à charge et à décharge contre Benbitor, juste au début de la mise en scéne, le drs cherche son étalon pour la course du mois d'avril mais la mayonnaise n'a pas pris!
Maintenant, ça sera qui votre prochain préféré, Ali Mis Fliss, ou Khelil Balak, sinon Monsieur Benzatat, vous êtes comme le gouvernail d'un coq, en chantant et en ayant les pattes dans la merde, vous ne savez pas quelle direction prendre, on n'adhère pas avant de connaitre pas le programme mais les gens!
En Algérie ce n'est pas un problème de textes mais d'hommes et de femmes Monsieur! Maintenant, pour parler de Ferhat Imazighen Imula et Idir, vous êtes encore jeune dans vos neurones pour porter un jugement sur un homme comme Da Ferhat.
La conclusion du passage de Idir au forum de Liberté bradé et des journalistes pauvres, "Si vous continuez dans la négation ou dans le déni identitaire, sachez que la Kabylie d'ici demain prendra ses responsabilités et le peuple Kabyle sera dans l'obligation de se séparer du régime tartare d'Alger, peut être on a le même ennemi mais pas tout a fait les mêmes objectifs, nous c'est le progrès et la démocratie, les autres régions peut être la Charia et le glaive"
Ferhat est au courant Monsieur Benzatat, que les autres régions veulent se greffer à la Kabylie pour une Algérie forte et Unie mais 50 ans après, le problème La Kabylie risque elle même de se perdre, alors autant sauver notre Kabylie, dixit Djeha, pour l'instant, que dieu protège ma maison"
On dit en bon Kabyle "Win ikyuguin Chetouh, Aguith Atass" Que celui qui te rejette un peu, rejette le beaucoup"
Personnellement, Si l'Algérie ne veut plus de moi, moi, je ne veut plus de cette Algérie, qu'on se sépare comme le Sudan Sud" la Kabylie ne se comportera que mieux, et juste une phrase, pour les adeptes Kabyles de la rente, que le pétrole n'est pas éternel, et le pic de la production est proche, 2020 au plus tard!
Bon débarras!
RMII (The Ugly)
Réponse à Monsieur Benzatat.
De la transculturalité dialectique à la transculturalié idéologique.
Si la transculturalité vise la transformation, la prudence s'impose quant à l'objectif assigné à cette transformation. Il y a la transculturalité dialectique, hitorique, qui s'est imposée par le fait de contacts inévitables et, d'un autre, la transculturalité que je qualifierai d'artificielle car idéologique qui, elle, est le fait d'une entité politique récente motivée par la seule domination idéologique sur une autre culture, qu'elle juge différente, menaçante, et ce, à des fins de reniement identitaire par le truchement de l'anéantissement linguistique, l'arabisation forcée ainsi que l'islamisation.
Je rappelle que pour le cas qui nous concerne, l'Algérie, la transculturalité idéologique au dessein d'uniformisation identitaire et culturelle est déjà mise à l'epreuve depuis bien longtemps. Et c'est cela, justement, que le Kabyle redoute le plus car annonciateur de sa disparition certaine. Vous avez parlé des metissages qui "façonnent la structure de notre peuple". Certes, mais par une transculturalié comme résultat d'une dialectique historique faite independamment de la volonté de l'homme. Un metissage culturel que l'arabe dialectal reflète d'ailleur la sémiologie de toute l'influence historique de divers civilisations de passage en Afrique du Nord. Mais un metissage culturel qui, aujourd'hui, ne se préoccupe plus de la spécificité identitaire originelle car engloutie dans un procesus d'amnésie dû aux divers traumatismes subis des colonisateurs, notamment français, qui l'ont fondamentalement perverti. Cela donne, aujourd'hui, des Algériens se reclamant de divers origines identitaires: arabes, turcs, arabo amazigh, etc. C'est un fait historique qu'il est totalement absurde de renier.
Toutefois, il faut admettre et reconnaître que, pour des raisons tout aussi historiques et géographiques différentes, des spécificités ethniquo-linguistiques proprement amazigh et ce, malgrés un metissage culturel historique évident, se sont miraculeusement sauvegardées dans leur identité et leur langue propres et que cela devrait être considéré comme un miracle historique qu'il faut non seulement reconnaître mais également protéger car seuls temognages vivants de l'Histoire plusieurs fois millénaires de l'Algérie. Si donc, génétiquement, le peuple algérien est globalement d'une même origine amazigh, culturellement les différences sont telles qu'il est historiquement légitime de parler de plusieurs peuples d'agérie. D'où la nécessité d'abord, avant toute transculturalité programmée, de l'interculturalité dans un cadre national libre, représentée par des institutions légitimes qui garantissent la neutralité.
Si justice avait été garantie en Algérie, jamais un homme comme le sage et tolérant Idir ne serait venu à Liberté pour parler, en toute sincérité, de l'autodétermination de la Kabylie! Une autodétermination brandie, face à la menace d'une disparition programmée, comme ultime voie de salut pour la sauvegarde d'une identité authentiquement amazigh avec une propension innée à l'universel dont elle a de tout temps ressenti la nécessité et non, comme vous l'interprétez, comme une ghettoïsation ethnique. Sachez, Monsieur Benzatat, que la Kabylie, fondamentalement tolérante, ne rejette jamais l'apport des contacts culturels qui la respectent et la nourrissent. Sachez qu'Il n'y a pas plus ouvert et respectueux de la différence des autres comme un Kabyle! Mais, une autodétermination de plus en plus évidente car très fortement ressentie comme un repli légitime, comme un dernier rempart face à l'idéologie conquérante et négativiste d'un pouvoir sourd.
Monsieur Nachabe Madih
Parler de transculturalité dialectique et de transculturalité idéologique, cela n’a pas de sens épistémologiquement. Ce que vous appelez transculturalité dialectique pourrait s’apparenter à ce que Bastide appelle l’acculturation formelle, c’est-à-dire, une synthèse culturelle qui découlerait d’un processus d’acculturation inconscient dans un rapport d’interculturalité. Quant à la transculturalité idéologique je pourrais la comprendre comme étant le cosmopolitisme universel propre à la rationalité occidentale, tel que Kant l’a définie. Effectivement, il y a là, dans ce deuxième cas, une volonté de domination idéologique par la modernité occidentale sur les cultures orientales (entendues au sens d’Edward Saïd, c’est-à-dire, que l’Orient était pour les intelligentsias de l’époque tout ce qui n’était pas l’Occident, à savoir, ce que les ethnologues appelaient les « bons sauvages », qu’ils soient d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique Latine).
Je considère que dans une période de transition comme celle que nous vivons depuis cinquante ans et même bien avant, il y a deux choix possibles de société : soit on construira une unité nationale sur la base de la transculturalité, où tout citoyen se sentirait Algérien à part entière, en tenant compte, bien entendu, de la situation multiculturelle de l’Algérie, qui est déjà unifié par un vivre ensemble millénaire et jouissant d’un parler commun qui est la darija et qui pourrait à terme devenir une langue nationale. A remarquer qu’en Afrique du Sud il y a 11 langues nationales et dernièrement Malte vient d’officialiser sa darija comme une langue nationale à part entière. L’intérêt de ce choix est de bâtir un Etat et une Nation forte, riche de son histoire et de son potentiel de puissance régionale et également de ses potentialités de développement culturel en s’appuyant sur son multiculturalisme. Cela n’implique pas évidemment que cette homogénéité nationale se fera au détriment des particularités régionales ou des différentes variantes de la culture Amazighe. La culture est par nature dynamique et les processus d’acculturations vont se poursuivre indéfiniment. Personnellement et vous l'avez certainement bien deviné, ce choix est le mien et je militerai pour le faire aboutir jusqu’à épuisement de mes forces. Le deuxième choix et il n’est pas difficile non plus à deviner, c’est le vôtre et celui de beaucoup de lecteurs ou contributeurs qui fréquentent ce forum. A ce propos, beaucoup de lecteurs me font part de ma solitude dans la défense de ce premier choix. Tout à fait compréhensible, du fait que le Matin ouvre une très large tribune en faveur de ce deuxième choix. Le vôtre serait, comme il est souvent revendiqué sur ce forum, en faveur de l’indépendance de la Kabylie. Oui, j’appelle cela de la ghettoïsation ethnique, parce que si cela venait à arriver, ce sera une ghettoïsation ethnique généralisée à toute la société algérienne par effet domino. Ce sera la partition de l’Algérie, qui ouvrira les portes à une très longue période de guerre civile et ses conséquences sur la recolonisation de l’Algérie. Ce sera fini à ce moment-là du rêve algérien et personne ne sera capable de prévoir l’issue. Voilà ma conviction et voilà pourquoi je tiens fermement à ma position. Je ne sais pas où elle est concrètement la lucidité, dans le pari de faire le premier choix ou le deuxième ?
Ceci dit, je crois qu’il est inutile d’évoquer un troisième choix possible, qui est celui de l’idéologie arabo-islamique qui relève de mon point de vue de la chimère. Je considère d’ailleurs ceux qui l’a brandissent consciemment d’opportunistes et de mauvaise foi. C’est cela qui m’a poussé à lâcher Ahmed Benbitour, parce qu’il n’a pas tenu parole et il a tenu un double langage jusqu’à ce jour, ou il a déclaré récemment que nous sommes pour ce projet de société arabo-islamique et celui qui n’est pas d’accord avec nous, il n’a qu’à nous quitter. Contrairement à ses déclarations antérieurs ou il se disait prêt à négocier la question de la laïcité, aujourd’hui il affiche ouvertement et de plus en plus son opposition à la sécularisation de la société et à l’introduction de la morale laïque à l’école tout en sachant qu’une partie importante de la société algérienne se revendique de ces valeurs républicaines ! Alors qu’auparavant, il répondait toujours aux questions des journalistes par la langue de bois, sans confirmer des positions claires !
Il affirmait par exemple que son projet vise à la construction d’une université au service de la science et du progrès, ce qui suppose qu’il allait donc abroger la référence au créationnisme dans la recherche scientifique, notamment dans les sciences sociales et par extension, dans la philosophie, l’art et l’esthétique, etc. ?
Avec la levée du voile sur ses ambivalences ou plutôt sur ses ambiguïtés, on ne voit pas comment il peut changer le système, si celui-ci continue toujours à reposer sur l’idéologie religieuse, tel qu’il est aujourd’hui ?
Par ailleurs, son programme de transition démocratique, qui devrait s’étaler sur quinze ans, dont les cinq premières années sont prévues à la transition et à sa consolidation, ne prévoit pas et ne permet pas d’élire une assemblée représentative des différentes sensibilités politiques nationales, par l’organisation d’élections législatives intermédiaires, comme le prévoit la constitution. Ce qui suppose la suspension de celle-ci et l’exercice du pouvoir sous la forme d’un régime transitoire autoritaire, qui ne peut être possible que par le soutien de l’armée. Cette situation laisse supposer que son programme est soutenu par les autorités militaires ou du moins par une partie d’entre eux. D’où l’hypothèse qu’Ahmed Benbitour serait dans ce cas le candidat de l’armée ou d’un clan de celle-ci contre un autre clan ! L’armée pourrait effectivement accompagner la transition démocratique par un sursaut patriotique, mais le discours de Benbitour s’avère antidémocratique par la reconduction du nationalisme conservateur !
Une langue et une culture sont menacées de disparition
et le Sieur Benzetate – Waterloo morne plaine-, cocarde en berne, contri et jurant que l'on ne l'y
reprendrait plus (1), revient brouiller les pistes et nous bassiner avec ses concepts fumeux de
transculturalité" et autres billevesées ; après avoir tenté, vainement, de nous fourguer du Benbitour.
Enivré par sa logomachie, cet analyste au rabais -qui s'essaie, (il ne doute de rien), à jouer
dans la cour des Grands- bat le rappel de lectures mal digérées et convoque à son tribunal des
flagrants délires (2) le gotha des sociologues/linguistes et autres philosophes pour
étayer ses affabulations "identitaires". Tout ceci, dans un laîus abscon, "servi" par une langue tellement maladroite qu'elle en devient hermétique.
(1) Il nous rappelle, en cela, un "prodige" de la politologie qui revient périodiquement
scatter les journaux et fausser les débats -j'ai cité MCM- par ses analyses à l'emporte
pièce.
(2) émission de France Inter des eighties.
Ps / Ni Benzetate et ses foireux concepts, ni Derrida, ni encore moins Lacan
Ne nous aideront à dissiper le sortilège levantin. Transculturalité ? Mon œil !
Il fallait écrire "squatter" au lieu de "scatter" ! Pan sur le bec !
Comme quoi, mon cher Benzetat…
"…Avec la lucidité de mettre en garde contre la partition de l’Algérie et sa livraison en pâture à nos ennemis, qui travaillent sans cesse à nous détruire par l’instrumentalisation des séparatistes Kabyles et les intégristes religieux."
C'est clair ! Dans ta cervelle d'oiseau, les Kabyles qui aspirent a s'affirmer, a prendre leur destin entre leurs mains, c'est de l'utopie ! Ils sont incapables, par decret d'allah !
Espece de bourique, je neutralise les efforts de de millions de barils avec la logique de mes arguments. Tu vois tout le monde a ta propre image. Tu es le seul a negotier ton existence-meme avec ce benbitour dont le visa falsifie' a expire' il y a 14 siecles. Biensur que tu fais reference a la Visite de Ferhat en Israel. Sa reception est et invitation sont logiques et des plus naturelles au monde – nous avons des relations millenaires avec le Peuple juif, et aujourd'hui, NOUS SOUFFRONS DU MEME MAL. Le probleme Palestinien-meme n'est autre que la prise de parole des benbitours egyptiens affame's en Palestine, car les Palestiniens-meme, sont tous refugie's et pris en charge en Israel et ailleurs dans le monde occidental. L'etat pour les Palestiniens s'appele: Jordanie.
Monsieur Benzatat,
Face à ce nouveau rebond radical légitime de la Kabylie, le seul et unique responsable qu'il faut condamné est ce pouvoir qui a perverti l'esprit des autres Algériens à ne jamais répondre aux appels désespérés de la Kabylie qu'ils considèrent comme trop différente, hérétique, comme l'ennemie d'une certaine unité nationale fabriquée à Tripoli, qu'elle a niée. Plus de 50 années d'appels sans aucun échos!
"ghettoïsations ethniques, érosion intellectuelle, la pureté folklorique, l’épluchure d’une identité,…" Pourquoi toute cette vieille marre stagnée d'idée préconçues digne d'un ennemis irréductible? Comment un intellectuel comme vous, M. Benzatat, est-il amené à dépeindre ainsi d'archaïque et de décadente toute une région connue pour sa résistance historique à se défaire de tous les jougs, idéologique et religieux, qui aliènent le restant de l'Algérie? N'est-il pas plus juste de conseiller à la prendre plutôt en exemple?
Tout un torrent de lexiques bien ciblés, très révélateur, longtemps ruminé, chargé de préjugés qui, telle une redoutable lave couvent en secret, n'a attendu, finalement, que le prétexte de la position politique d'Idir pour le déverser brutalement, crûment, sur toute une région innocente! Votre appel me rappele le discours de campagne de Bouteflika de 99, exhortant les Kabyles à Tizi Ouzou, à descendre de leur montagne pour se dissoudre en masse dans les plaines arabisées et islamisées de l'Agérie! Noble sollicitud si elle venait d'un homme de paix tel que notre Mandela: Boudiaf. Mais pas d'un conspirateur réputé dont le dessein est d'anéantir ce que son ancêtre le MALG a lamentablement raté.
Ce que vous avez écrit sur Idir, M. Benzatat, me donne de la tristesse! Du vague à l'âme car, il est loin d'être comme vous l'avez délibérement dépeint, un raciste et à travers lui, tous les kabyles epris de leur destin! Vous avez fait d'une pierre deux coup: attenter à l'homme et à l'artiste à la fois. A l'homme pour sa position politique courageuse et franche sur la Kabylie et à l'artiste pour la même raison! Son art, bon ou mauvais, n'explique donc pas sa position que seule votre conviction idéologique a jugé déviante. Pourquoi donc chercher à salir l'art d'Idir par une idéologie supposée, en le liant à ses declarations sur la Kabylie? N'a-t-il pas le droit de s'exprimer comme un simple mortel avisé et même en tant qu'artiste d'ailleurs? Je suis sûr que si Idir avait tenu un discours contraire sur le devenir de la Kabylie, comme vous l'auriez souhaité, comme celui d'Ait Menguellet sur l'autonomie, son art aurait trouvé subitement, à ce moment-là, toute la grâce de sa noblesse à vos yeux! Mais la politique est tactique comme dirait Abassi. Tout un art du mensonge. Et votre fin justifie bien tous les moyens.
transculturalité dialectique … l’acculturation formelle … processus d’acculturation inconscient … d’interculturalité…..
Ya salam! Eww, un peu de répit pour mes deux pauvres neuronnes dhi lâ3naya nwéne! " Quisquissik ???" Nous sommes plus dans de la haute voltige, c'est carrément de la "transE" (avec un "e") comme seuls nous (imravdhéne) savons faire! Il ne manque que lévkhor !
Les interventions d'Aghedu n'arrangent rien avec ce français tout droit sorti de …La Renaissance (clin d'oeil !!)
Et avec quelle componction ce derviche tourneur de Benzetâte
nous assène ses élécubrations… yeghra alami ye3WAQ !
PS : merci pour le clin d'oeil. Salutations
Tout ce que je peux vous dire monsieur Madih, c'est que vous confondez la culture avec l'identité ethnique, pour le reste, je trouve que vous n'avez rien compris ni à mon texte sur Idir, ni sur celui du débat sur l'identité, je n'ai aucune raison de m'en prendre à moi-même, autant le savoir, parce que je m'identifie complètement dans le peuple Kabyle et tous les autres peuples qui composent l'étendue du territoire qui a façonné depuis des millénaires les traits culturels qui me caractérisent. Je m'autorise par moi-même, comme le dit si bien Jacques Lacan, à répondre à tous ceux qui veulent nuire à ce peuple dans ses différentes variantes, y compris les Kabyles eux-mêmes, car je considère qu'Idir a attenté en premier aux Kabyles eux mêmes, à leur dignité, à leur intelligence et à leur histoire en soutenant des égarés, qui le font égarer lui-même, contre la volonté de ce peuple si malmené, comme je répond au quotidien aux charognards qui se disputent ce que le colon a épargné à notre peuple et aux bigots qui veulent le vendre à vil prix à une idéologie réactionnaire, raciste et fascisante. Avec tous mes respects, en espérant qu'un brin de lucidité puisse vous ramener à la raison.
Charles surgit uniquement quand il sent le cadavre, la bonne charogne nourrissante pour son instinct prédateur. Il aime prendre le plaisir à voir des bêtes s'entre déchirer d'abord, se dépecer avant d'annoncer, en faux De us Ex Machina et avec un soupçon de sadisme attesté, un arbitrage trompeur inutile. Nature profonde de Meursault avec seule l'indifférence comme plaisir d'existence. Mais une indifférence ne supportant point celle des autres. Rien d'intérêt dans le beau des autres pour corbeau jaloux déguisé en l'albatros!
@ Nachabe Madih
Ravi que vous soyez de retour, wahaq Jeddi que c'est sincère!
J'avais même essayé d'évoquer votre disparition ainsi que celle de Farid Hamid dans l'un de mes commentaires, mais celui-ci (mon commentaire, hein!) est passé à la trappe comme on dit.
Quoi qu'il en soit, que ça sente la testostéronne, que ça saigne, que ça se chiffonne …mais, au moins, avec un smic de niveau linguistique! Car, depuis votre disparition, il est apparu une nouvelle "race" de commentateurs …dhachou akinigh …aghiqil Rabbi !