Il y a dix neuf ans, Said, ce voleur qui… nous quittait en laissant plus de mille billets. Des chroniques : El Ghoul, A belles dents, Mesmar J’ha, en passant par des interviews imaginaires, des écrits dans El Manchar, Baroud, ou encore Rupture.
De ses écrits, il dira : « je ne comprends pas grand chose à ce qui se passe… j’essaie de faire en sorte de ne pas être avec et pour ceux dont la vocation est de former puis dresser des troupeaux…dans le respect bien compris de cette liberté individuelle. »
Ses billets abordaient tout ce qui touchait le pays, avec, quelques rares allusions à son propre vécu, quand il écrit par exemple «On a connu un DG qui, le jour où il devait quitter son fauteuil régla ses comptes … en signant des décisions dont l’exécution était laissée à son successeur. Pour l’anecdote, cela se passa juste avant octobre 88…».
Mais c’est Double Casquette paru à la Une du premier numéro d’Alger-Rép en 1989, qui signe son retour à la presse, il demande alors, à Chadli de choisir entre la présidence du FLN et celle de la république « d’aucuns souhaitent que le président de la république abandonne la présidence du FLN. » Il reprend en 1991 : « De la stature de notre président, ne retiendrons-nous donc que le côté Chadli mini ? »
Pour le Premier ministre Hamrouche, il aura cette petite remarque «Il apparaît avec un chapelet de prières à la main …qui pourrait bien annoncer… le ralliement …la complicité.» Puis il se demandera quelle différence il y a entre «Hachani disant : quand nous serons au pouvoir, les journalistes nous rendront des comptes…et cette personnalité du pouvoir: dorénavant les journalistes devront arracher la liberté de la presse» ?
Au Cheikh du FIS, conseillant de se préparer à changer les habitudes vestimentaires et alimentaires. Il répondra « … je vous incite en toute fraternité à aller… vous rhabiller. »
A l’arrivée de Boudiaf, « le brasseur d’argile » pour certains, il note L’absence de ses compagnons de guerre, Aït Ahmed, Ben Bella, Bitat, en précisant « ce morceau de datte qui est recraché … signe qu’une certaine Algérie lui est restée en travers de la gorge ».
Concernant le passé de la presse, il écrira «nous avions montré beaucoup de générosité dans l’attaque contre certains hommes qui sont aujourd’hui devenus notre honneur… Pour que nous ne recommencions pas les mêmes erreurs»
De Boutefika notre président, il aura cette prémonition, «après quatorze années d’abstinence verbale, s’il est désigné comme président, il aura tellement de choses à raconter qu’il en oublierait peut-être notre envie de parler»
Puis à certains qui proposent la création d’un Comité d’éthique, il répondra : »Chacun de nous est libre de se baigner dans ce qu’il veut… mais je crains les moutons de notre profession…Ceux qui retournent la veste, Ceux qui s’agenouillent et se prosternent offrant aux nouveaux maîtres ce petit trou de balle qui leur sert de nombril et qui a déjà évacué ce qui leur restait de dignité. »
Parlant de la torture, il propose de donner des cendriers aux agents de police, en leur expliquant «qu’ils sont à offrir à quelques-uns de leurs collègues, fumistes de profession, qui dans certains commissariats, demandent aux détenus d’ouvrir la bouche pour l’offrir en guise de cendrier.»
A qui profite le crime ? « …Tant ils sont faits pour arranger toutes les extrémités politiques qui veulent conquérir ou se maintenir au Pouvoir. N’y a-t-il vraiment rien d’autre à dérouler sur le chemin qui mène au fauteuil que ce macabre tapis fait de ces corps d’intellectuels… »
De la destruction du pays, il prendra l’exemple de la cimenterie de Meftah « qui a été l’objet d’un sabotage terroriste… minimum trois mois d’arrêt, s’il appauvrit un pays de plus en plus touché, s’il touche un citoyen de plus en plus appauvri, il doit bien se trouver quelque part des salopards que cela doit enrichir ».
Puis, il décrira l’enterrement de Hirèche : « …Son frère répétant sans cesse : « Khad’ouna » – ils nous ont trahis – » Sur le chemin du retour, on voit un bourgeois, qui les mains dans les poches, constate d’un air satisfait l’état d’avancement des travaux de sa villa » et ajoutera en montrant du doigt ceux d’en haut «vous trouvez normal …qu’un simple citoyen n’ose même pas faire la chaîne pour acheter son pain, alors qu’un Nahnah, Mehri ou qu’un Ben Bella ou autre énergumène politique peut se permettre une flânerie tranquille en ville ? »
Il se posera d’ailleurs la question de savoir qui va le tuer, «j’ai parfois grande envie de rencontrer les assassins et surtout les commanditaires ». Car plus encore : « Je voudrais bien savoir qui va ordonner ma mort ».
A un avertissement du HCE, il répondra : « Mais il y en a d’autres aussi, des moins haut placés qui risquent leurs vies … gendarme, soldat, policier et aujourd’hui, simple citoyen… il faut aussi qu’on se souvienne que dans notre métier, on court aussi des risques pour sa vie. »
De la jeunesse, il se demande «quelle espèce de mutants sont-ils en train de faire naître les trafiquants d’armes et de drogues, les escrocs de la finance, les escrocs de la religion… »
Des femmes, il dira : « combien d’hommes incompétents ont occupé un poste que des femmes compétentes n’ont pas occupé ? » Il raconte l’histoire de cet homme, qui vient de recevoir, une lettre anonyme lui ordonnant de fermer sa clinique «je ne dors plus car je ne sais quoi faire… ». Il conseille : « Confiez donc la direction de votre clinique à une femme et partez tranquille. »
Pour lui, l’intolérance, c’est cette lettre de ce « combattant anonyme » qui promet une Algérie islamique en condamnant à mort cet autre lecteur, « qui avait eu la lâcheté d’indiquer son nom, d’affirmer qu’il était algérien chrétien, assumant son identité, vivant sa foi, ses convictions et ses idées. .. » Il en parlera encore, lors de l’assassinat des deux religieuses espagnoles. «Comment peut-on tirer sur deux femmes ? Sur deux religieuses, deux créatures de Dieu …qui voulaient faire pencher la balance du côté de la paix et de miséricorde. Vers quel monde de ténèbres allons-nous, nous qui ne rêvons que de lumière? ».
L’avenir du pays ? Il constate : « chaque jour qui passe vaut une année de perdue…au moins dix ans de retard sur les terrains…on a reculé, tellement reculé, que dans cet élan, on va sauter la transition et aller à la révolution… »
Pour conclure, il laissera cette note : « C’est aux lecteurs, à eux, en particulier, que je livre ces écrits du jour le jour, modestes traces laissées par un citoyen…car, la vérité est comme la justice: elle a besoin de témoins…Même les tout petits témoins qui peuvent écrire des choses qui restent et qui durent. »
Nazim Mekbel




Allah yarrahmou.
L'érection de la stèle traine en longueur. Faudra t-il attendre le 03 décembre 2014
pour son inauguration ?..Gare à la récupération…
Il était ingénieur de l'ENITA avant d'être journaliste et Directeur du journal Le Matin. L'hydre intégriste n'avait pas seulement assassiné un journaliste mais aussi un ingénieur de Grande Ecole de l'époque.Je me rappelle dans les années 70 , j'étais en 3ième Année et lui était en 5iéme année. Il était un des rares élèves-ingénieurs , marié et contractuel de Société Nationale ( SONELGAZ, SNS , SONATRACH , SONELEC etc.. comme nous l'étions pour certains d'entre nous à cette époque. Cette fois la diffusion de l'intox, de la zizanie et des coups fourrés de la "bleuite" ne sont pas venus des capitaines de l'armée de l'occupation, elle émane de ceux que l'on croyait être nos propres frères et compatriotes du même pays.
Ce monsieur n'as pas ete tue par l'hydre integriste. Tout Comme Tahar Djaout, le coup vient d'ailleurs. Tu parle de bleuite et d'intox , eh bien tu en ai aussi victime.
il avait un beau sourire coment ils ont fait pour le tuer? Soyez fier de votre père monsieur, le bon part et la racaille reste
Nazim Mekbel,vous êtes certainement le fils de cet homme humble mais combien grand qu'était Saïd Mekbel.Je tiens à vous dire que j'avais et j'ai toujours une grande estime pour votre regretté pére ravi à sa famille à l'âge de 54 ans.Nous avions le même âge et issus du même douar mais je n'ai pas eu l'honneur de le connaitre.Je suis fière d'être de la même origine et de partager les idées de justice,de tolèrance,d'honnêteté,de modestie,de sacrifice de soi entr'autres prônées par Saïd Mekbel et pour lesquels il a été lâchement assassiné.Il repose en paix dans cette bonne ville de Vgaïth et ceux qui l'on tué ou commendité son meurtre,mourront d'une de ces maladies atrôces réservées aux lâches et aux assassins.
Said Mekbel, fait partie de cette élite qui a été décimée par une mafia politico intégriste, pour laisser
place a cette racaille, qui a fait main basse sur l'économie algérienne. Encore une fois, nous nous inclinons sur sa mémoire.
Said est notre repère,il fait partie de la famille qui avance,il a été assassiné par la pègre;mafio islamo terroriste ;les partisans du statut quo,des thaouabites kharabo islamistes bédouines, archaïques,venues de si loin dans le pays des hommes libres pour nous berner avec leur drogue ,qui nous a fait un mal terrible!
Reposes en paix Said ton combat et le notre,on le perpétuera !advient que pourra!
Amen!