Saïd Bouteflika, "il Camerlingo" d’El Mouradia

« Dans cette mise en scène réglée comme du papier à musique, une pièce a tout de même du mal à trouver sa place et rend le schéma, tel qu’il est présenté, incomplet, voire improbable. Il s’agit de l’état de santé d’Abdelaziz Bouteflika. La superpuissance dont on l’affuble aujourd’hui ne cadre pas avec l’image de cet homme affaibli et convalescent, recevant ses quelques hôtes en tenue de chambre ». (El Watan du 17-9-13)

Au hasard d’une retransmission télévisée des réceptions de ce président gravement malade, le reflet d’un miroir a révélé l’ombre du véritable metteur en scène de cette tragi-comédie ubuesque, où le premier ministre et le chef d’état-major y apparaissent gênés, comme de mauvais acteurs jouant les mauvais rôles d’un mauvais scénario.

Cet homme de l’ombre est Saïd Bouteflika, frère du président (son propre fils, selon une source crédible). Il joue le rôle de Conseiller, ou comme disent les italiens «Il Conciliere», qui tient une place importante auprès du parrain des parrains de la Maffia, «le Capo de tutti Capi».

Depuis le coma puis la résurrection du président, Said s’est mis subitement à jouer un nouveau rôle semblable à celui du Camerlingue de l’Etat du Vatican, « il Camerlingo », chargé des biens temporels du Saint-Siège pendant la période du « sede vacanti » (siège vacant) du pouvoir pontifical. Nous avons redécouvert avec Benoit XVI, le rôle que pouvait jouer le Camerlingue dans la gestion du Vatican et la désignation du successeur même lorsque le pape ne décède pas, mais renonce à sa charge.

Quelques semaines avant sa décision de renoncement, Benoit XVI avait nommé un cardinal camerlingue, devenu une sorte de pape « par intérim », chargé de gérer l’Eglise jusqu’à l’élection du nouveau souverain pontife.

Selon la Constitution apostolique promulguée en 1996 par Jean Paul II, tous les plus hauts responsables du «gouvernement» de l’Eglise, doivent se démettre de leurs fonctions à la mort du pape. La règle vaut aussi en cas de démission. Seul le cardinal camerlingue reste en poste pour administrer les affaires courantes de l’Eglise. Jusqu’à l’élection de son successeur, le camerlingue devient le personnage central du Vatican. Il a quasiment les pleins pouvoirs, avec l’aide de trois cardinaux assistants. C’est lui qui convoque le conclave pour élire le nouveau pape.

Dans le nouveau contexte de transition algérienne, la mise en place devient claire. Il Camerlingo Said Bouteflika a pris les pleins pouvoirs à l’ombre du président malade. Il se fait assister de trois «cardinaux». Le premier ministre, Sellal ; le chef d’état-major devenu vice-ministre de la Défense, Gaid-Salah et le secrétaire général du FLN, Amar Saadani.

Il a révoqué le gouvernement pour éliminer les gêneurs et placer ses hommes les plus fidèles, avec deux missions fondamentales: effacer tous les dossiers de corruption touchant le clan d’Oujda et préparer la succession. La meute des loups affamés venus d’Oujda et de Ghardimaou est aux abois. Elle jette brutalement ses dernières forces dans cette bataille de succession. C’est une question de vie ou de mort du clan de prédateurs qui a saigné l’Algérie depuis l’indépendance.

Il n’y a aucune illusion à se faire sur l’ambition démesurée de Said Bouteflika. Il veut hériter du pouvoir comme un dû. Il lui reste seulement à bien graisser les rouages institutionnels pour faire passer la pilule à tous les fonctionnaires de l’Etat. Il n’à que faire de l’avis du peuple algérien réprimé et fatigué qui observe ce nouveau manège sans réaction.

Face à une scène politique vide, la seule inconnue reste la position de l’institution militaire qui, dans des situations de crise, n’obéit qu’à ses propres logiques objectives et stratégiques d’une organisation garante des institutions républicaines, de la sécurité du pays … et surtout de sa propre sécurité.

Les remous au gouvernement et au sein du DRS, avec ou sans la complicité de son premier responsable, ont poussé de nombreux officiers à mettre le doigt sur la gâchette. Une armée organisée qui s’est déjà débarrassée de puissants colonels, généraux et présidents, peut se débarrasser des Bouteflika, Toufik ou Gaid Salah.

Saâd Lounès

7 commentaires

  1. Quand on prend le temps de méditer on arrive avec un peu de ténacité à saisir que les cœurs de tous les humains sont "manipulés" par le fameux nerf vague . "Les coeurs des fils d'Adam sont entre des doigts du Clément , Il en dispose à sa guise" a révélé le Prophète (qssl) . Ceux qui pensent que Dieu est une création de l'homme doivent se demander comment ils sont là . Ceux qui pensent que l'homme doit agir et Dieu le fera parvenir doivent admettre que l'action en elle-même découle d'un décret divin , 11/88…"Et ma réussite ne dépend que d'Allah"…Nous sommes tous à la disposition de Dieu et tant qu'Il nous donne l'opportunité de l'invoquer est une preuve incontestable que la prière va être exaucée . Mr Saâd Lounès , ce doigt sur la gâchette est troublant , je vous le répète :
    8/17 : "17. Ce n'est pas vous qui les avez tués: mais c'est Allah qui les a tués. Et lorsque tu lançais (une poignée de terre), ce n'est pas toi qui lançais: mais c'est Allah qui lançait, et ce pour éprouver les croyants d'une belle épreuve de Sa part! Allah est Audient et Omniscient." Ainsi sera t-il . Celui qui fait un trou à son frère y tombera à coup sûr . Je n'aurais de cesse de prier que lorsque le vrai changement aura lieu . Il y en a eu des changements ces jours-ci mais qui ne nous intéressent pas . Ce qui serait intéressant c'est plutôt leur départ définitif . Qu'Allah nous libère des injustes et des corrompus .

  2. La seule sortie de cette situation (que je n'appelerais ne meme pas crise, car crise veut dire exception), est une greve generale, c.a.d une mobilisation populaire et sur une certaine dure'e. Plusieurs questions se posent:

    1. Combien de temps (d'une telle mobilisation) avant que le regime ne commence a se desserrer, pour eventuellement degringoler?

    2. Une telle mobilisation est-elle possible?

    Essayons d'y repondre:

    1. Je dirais 9 mois en 2 etapes, a, b et c:

    a. 1ere etape: Le temps d'epuiser les reserves alimentaires, essence, etc. necessite's dev 1er ordre.

    b. Le temps que le vol des mannes se generalisent, dans le processus de commande de ravitaillement, que j'estime a 3 mois, c.a.d. le temps que tout le monde y mette la patte.

    c. L'apparition de poles non-patriotiques "non-algerianistes", c.a.d: Les Allahistes et les Kabylistes.

    2. Oui une telle mobilisation est probable. Elle a besoin d'une condition, qui se realisera en 3 etapes d et e:

    d. 2 voies: (i) la 1ere qui sera annonce'e dans la confirmation du changement constitutionnel (d'ou les fuites pour sonder) et, (ii) la 2eme dans l'absence de candidats concurrents(voila donc le danger Benbitour) ou (iii) enfin, le boycott total ou presque.

    (iii)- Les Kabyles n'y seront pas (donne') et tout semble que les islamistes non-plus, d'apres la derniere sortie du president du MSP (Mokri) – qui semble mis au diapason par le dooctoor saadi, ou l'inverse pour autant dire.

    (ii) Labsence de candidat concurrents dependra de ce qui sera ennonce' de (i) amendements de la constitution. Vu que les autres etapes y sont toutes attache'es, le dit reglement de compte entre DRS et presidence sera confirme' ou pas a cemoment-la.

    Le silence de la DRS, a mon avis est a interpreter comme un desaccord total, c.a.d. qu'ils (generaux) lui(Said) donnent l'opportunite' d'y croire et faire son move – leurs donner la couverture.

  3. Il ne s'amuserait pas a ce jeu dangereux, sans la permission directe, ou implicite des decideurs. La question a mon avis est de saavoir POURQUOI? Les possibilite's a mon avis sont:

    a) Pour le prendre la main dans le sac et se procurer l'opportunite' de se reintroduire sauveurs-repentis ou

    b) Leur propre protection et biensur la continuation du 10/90, ou le responsable du 10% paie pour le reste (du vol biensur)

    c) En attendant qu'ils trouvent un autre vrai faux candidat.

    Au secours, y a-t-il des illumine's dans la foule?

  4. Comment ça, Said est le fils de Abdellaaziz, Saad, on ne rigole pas avec la descendance. Maintenant si il veut hérité du trone de son frere, je vois pas de probléme, autant faire mais sachant que moi je ne deviendrais jamais un sujet de sa majesté mais j'ai confiance en la personne de Si El Makhfi, il déroule le tapis!

  5. C ce qu'on appele en kabylie arrehva idhbalen
    Saadani a la derbouka
    Gaid pour assurer lvaroudh
    Sellal dhachttah
    Saidh saklmoun pour ramasser lwadha
    Mais dans tout ca le peuple ? Restera t il spectateur, ou rentrera t il en scene pour feter la misere qui guete ou chassera t il les tbabla comme lorseque de coutumes ancestrales le village est est endeuille par une djanaza . Et dans ce cas precis le defunt n'est autre que cette pauvre mere patrie.

  6. Said Président??? Pourquoi pas? c'est simple,il obtiendra le plus grand score dans des éléctions propres..Il suffit de choisir le theme de campagne ,Amnisties générale,l'effacement de la dette de tous les Algeriens,impots,crédits,prêts.,libérer les prisonniers de tous bord…..80% des Algériens voteront pour lui….
    Pensez vous que les 20% qui restent feront la différence??

  7. Mr ramsessII tu n'a jamais été autre chose qu'esclave tous les dz sont esclave du patron de la moradia

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