Les héraults de l’islamisme reviennent…

Les islamistes seraient victimes de coups de forces qui les spolieraient de « leurs victoires démocratiques ». Les François Burgat, Bernard Kouchner et autres Tarek Ramadan décochent déjà leurs plumes pour défendre « le droit démocratique des frères-musulmans ».

Essayons, par l’approche de la stratégie islamiste, de juger du sens et de la pertinence de ces affirmations et de l’engagement de ces hérault invétérés de l’islamisme. Faisons simple, restreignons-nous sur les fondamentaux :

L’islamisme et la démocratie

Les frères-musulmans font le choix tactique d’investir les processus démocratiques pour instrumentaliser l’Etat au service de leur objectif stratégique de création d’émirats qu’ils regrouperont au sein d’un Califat théocratique. Toute leur littérature, depuis leur création, en atteste.

Le djihad est un élément clef de la doctrine des frères-musulmans. Ce concept implique et explique la création de groupes militaires en leurs seins. Les différences entres « modérés » et « fanatiques » sont celles-là même qui différencient dans les théories de la révolution sociale entre partisans de l’action de conscientisation de masse et partisans du rôle prééminent de minorités agissantes.

Avant d’arriver à exercer leur hégémonie sur une société, les islamistes avancent masqués. Ils mettent en œuvre leur stratégie de duplicité baptisée Ettaqiya. Au fur et à mesure que grandit leur influence cette Taqiya se trahit par la pratique d’un double langage, leurs véritables objectifs remontant progressivement à la surface. Leur conception de la société exclut totalement la citoyenneté. Pour eux, la société se stratifie :

• En croyants (les musulmans) qui dans la soumission bénéficient de droits politiques et s’acquittent de devoirs ;

• En dhimmis (protégés), les chrétiens et les juifs, ceux-ci s’acquittent d’impôts spécifiques et ne jouissent que de droits restreins tout en étant soumis à de nombreux devoirs supplémentaires dont celui de s’effacer de l’espace public.

• En esclaves, en dehors des monothéistes, si le sort n’est pas la mise à mort, il est une réduction en esclavage.

La notion de citoyenneté est totalement absente de cette vision sociétale. La gouvernance y est l’affaire des gouvernants auxquels l’obéissance est religieusement fondée.

L’appareil de pouvoir y est un quasi clergé (dans le cas des shiites il est clairement identifié) dont la fonction est autant la gouvernance que l’interprétation du dogme religieux. Ses structures mêlent aspects gestionnaires et cléricaux.

Les islamistes ont une vision belliqueuse du monde. Ils définissent deux espaces globaux, celui « de paix » qui s’étendent sur « les terres d’islam » et le reste du monde définit comme un « espace de guerre ». La croyance religieuse est annonciatrice d’une promesse d’islamisation mondiale qui précèderait la fin des temps, ils ne sont pas prêts à renoncer à ce bellicisme. Quelle est la compatibilité de l’islamisme avec la démocratie ? L’islamisme récuse la démocratie comme une négation de la souveraineté divine.

L’islamisme dans les banlieues

L’islamisme ne reconnait pas l’appartenance à des Etats-Nations. La seule identité validée dans cette pensée est celle de l’appartenance à l’Oumma (communauté des croyants –musulmans). Voilà qui explique leurs comportements dans les banlieues européennes, ils acquièrent la nationalité du pays d’origine, l’investissent comme un cheval de Troie pour promouvoir un communautarisme musulmans (communauté – Oumma) en double substitution aux identités des pays « d’accueil » et « d’origine ». La nationalité acquise est une arme au service de leur identité de croyant –musulman-. Cette substitution identitaire a des manifestations vestimentaires, alimentaires et sémantiques. Les tenues Djihadistes banalisées dans l’espace public, le hidjab érigé en étendard, l’ostentation du manger hallal en cause et la rhétorique du « Salam alikoum » en signe de ralliement. D’autres courants avaient ce souci de se distinguer de la société, par exemple par des « chemises brunes », pour lui imposer à terme de se soumettre à eux. Plus la prise de conscience sera tardive, plus il sera difficile de faire face au danger.

Mohand Bakir

13 commentaires

  1. Défendre le droit démocratique des frères-musulmans à condition que les frères-musulmans eux-mêmes reconnaissent et défendent à leur tour le droit démocratique de tous ceux ou celles qui ne sont pas frères-musulmans, de ceux ou celles qui ont fait le choix de vivre différemment , de ne pas appartenir à la oumma , de ne pas se soumettre à leurs dogmes religieux ,à leur chari3a , à leurs interdits etc…La démocratie ce n'est pas une ruse électorale pour opérer ensuite une opa sur les consciences et imposer ses diktats à tout le monde .La démocratie est fondée avant tout sur la tolérance , la cohabitation pacifique , le respect mutuel des libertés de chacun et chacune dans la société. La démocratie ce n'est pas rallier le plus grand nombre en aliénant les consciences , en insrumentalisant la religion ou en pratiquant les méthodes de sectes. La démocratiec'est avant tout affranchir l'individu , le libérer des emprises sectaires , lui restituer toute son autonomie de jugement , son libre-arbitre, sa liberté d'expression et de conscience en dehors de toute contrainte de groupe , communauté ou de oumma . La dèmocratie c'est avant tout promouvoir et éveiller l'individu , en faire un citoyen libre , souverain et averti des dangers des propagandes idéologiques de systèmes politiques et des lavages de cerveaux des prêcheurs de la bonne parole .

  2. Moumouh Bakir me faisait, sur un autre texte de Mohand Bakir, le reproche de faire l'amalgame entre islam et islamisme.Mes "procedés" ,selon lui me situeraient dans une categorie tres peu recommandable bien même j'ignore de quelle categorie ,il s'agit.Voilà que ce nouveau texte de Mohand Bakir parle d'islam.De l'etat global de l'islam auquel je faisais allusion.En d'autres termes ,les islamistes ne se referent jamais qu'au patrimoine de l'islam.C'est ce qui aurait peut être amené le muphti de la mosquée de Marseille à s'interroger sur ce patrimoine.C'est peut être aussi ce qui amène les coranistes à vouloir se debarrasser des hadiths,c'est ce qui amène peut être le musulman identitaire à se contenter d'affirmer qu'il ne faut pas faire l'amalgame entre islam et religion…Quand bien même tout le monde (musulman) affirme la main sur le coeur que l'islam est Religion et Etat…

  3. 3/19. "Certes, la religion acceptée d'Allah, c'est l'Islam."
    5/3."Aujourd'hui, J'ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J'agrée l'Islam comme religion pour vous".De ces décrets , il n'y a pas lieu de se substituer à Dieu . Les choses sont bien clairs. Ce qui porte à confusion c'est la question du libre arbitre qui est dénaturée par ceux-la mêmes qui se délèguent "le droit" de guider vers le chemin de Dieu . Un chemin qui est pourtant bien marqué par la mention (verset) : point de contrainte en religion .
    La mission du Prophète s'est d'ailleurs parachevée par le 2ème verset . Il restait alors à se référer aux recommandations relevant du Coran ou des hadiths . La vie est faites d'épreuves et il n'y a pas meilleur de s'en sortir que par ce qui a été révélé comme instruction principale : nous sommes revenus du petit djihad vers le grand djihad avait annoncé le Prophète (qssl) . Est-ce que ces batailles au glaive et à l'épée étaient donc un petit djihad questionnèrent les présents ? Oui , nous sommes revenus de cette forme de djihad pour le djihad de l'âme , la combat moral contre les tentations et tout ce qui est proscrit même quand ça relève des libertés individuelles . Exemple des non jeûneurs qui sont tout à fait libres de ne pas faire carême mais c'est une forme d'ostentation (peut être sensation de défier l'Eternel) , parce que cette position est en elle même rejetée parce qu'elle sort du cadre de l'ordinaire , du conventionnel . Voilà près de 15 siècles , le Prophète avait prédit une multitude de confessions qui porteraient atteinte à l'esprit de l'Islam et à conseillé , ce qui est déjà adopté par beaucoup d'Algériens , qui ne veulent pas s'engager à combattre les maux sociaux , vivre caché pour vivre heureux . Ce n'est pas la question de qui va céder le 1er des 2 camps des ….égyptiens , le problème en ce qui s'est finalement passé : le dérapage .

  4. A cela ya Mohand,il y a lieu d'ajouter que les français comme nos mozabites sont vraiment masochistes.Les premiers leur construisent des repaires de funestes propagandes et les seconds délaissent leurs valeurs libératrices mazighes pour aduler leur crasse esclavagiste .

  5. Je ne suis ni islamiste ni socialiste ni communiste ni capitaliste ni autre… Mais quand quelqu'un se prétend démocrate et défendre la démocratie, il faut qu'il ait l'esprit sportif et qu'il accepte la défaite quand il se fait battre par son propre jeu, même si le vainqueur s'appelle Hitler.

    Sinon arrêtez de nous bourrer avec votre démocratie à la con.

  6. Khelaf Hellal, quand tu joues le jeu de la démocratie et que tu perds, attends démocratiquement les prochaines élections et vote pour quelqu'un d'autre. Nous les arabes qui savons si bien attendre des décennies les mains croisées. Alors pour quelques mois ou années de plus, franchement !

  7. Désolé de ne pas vous connaître, d'autant que vous faites usage d'un pseudonyme.

    Vous disiez sur l'autre texte que "…."aussi hideuse que puisse être cette guerre ,c'est un etat global de l'islam qui l'impose".C'est vrai qu'il est moins risqué de parler d'islamisme,je vous le concède.Je ne crois pas qu'il y ait de cinquième colonne mais plutôt une conscience plus ou moins endormie chez les musulmans …Une conscience qui designe aussi bien Belhadj ,Bel Laden ou ElKardhaoui comme representants legitimes de l'islam en ces temps de crise des sociétés islamiques.Plutôt on appellera les choses par leurs noms ,plus tôt on arrivera aux necessaires et perilleuses decantations dans les sociétés islamiques."

    En mettant la première phrase entre guillemets, alors qu'elle n'était pas tirée du texte en question, vous avez prêté flac à une lecture sévère de votre commentaire. Ma lecture de votre texte a été que vous entreteniez une confusion entre islam et islamisme pour absoudre le second (l'islamisme) en usant d'un procédé réprouvable dans tout débat régulier. Il me paraît après coup que ma compréhension était fausse, que je me suis trompé – précipité ? – et que votre démarche est d'entretenir la confusion, ou de refuser la distinction, pour incriminer le premier (l'islam). Or, de mon point de vue les deux postures se rejoignent. L'islam comme toute religion reçoit des lectures sociales dont la plus rétrograde est celle des segments les plus réactionnaires qui poussent aux pires intégrismes.
    Les religions étant questions de croyances et non de raison, l'humanité a fini par parvenir à établir la nécessité de cantonner tout ce qui est croyance dans la sphère privée. Le champ public devant être le lieu de la confrontation et de la concurrence entre des intérêts et des conceptions égaux dans leurs prétentions à apporter des réponses dans la gestion de la cité. La parole publique n’a à se prévaloir d’aucune sacralité, si elle le fait elle casse le mécanisme même qui entend régler les différents dans la réalisation des choix et la prise de décision.
    Comment admettre que la parole qui m’est opposée soit présentée comme l’émanation d’une entité divine ? Qu’elle soit auréolée d’une irréprochabilité et d’une infaillibilité supposée à tout crin face à ma parole humaine déconsidérée et déclassé de fait ? Autant renoncer à toute expression, à toute présence dans l’espace publique ; s’exclure de la cité.
    Le but n’est pas pour autant de chercher à atteindre l’autre dans ce qu’il croit. Il est libre de sa conscience, tout autant que je veux l’être moi-même. C’est l’intrusion de la croyance dans la gestion des affaires de la cité qui est problématique. L’islamisme est l’instrumentalisation d’une croyance, en l’occurrence l’islam, dans une démarche de conquête du pouvoir. C’est cette instrumentalisation qui est le problème ; sinon le musulman dans l’intimité de sa croyance ne me dérange pas.

  8. tu reves… "… à condition que les frères-musulmans eux-mêmes reconnaissent et défendent à leur tour le droit démocratique de tous ceux ou celles qui ne sont pas frères-musulmans…"

    Mais tu te contredis mon zami – etre frere-musulman est different d'etre musulman tout court. Ce qui definit un frere musulman est la negation de la democratie, qui n'est pas une pratique electorale mais une culture, marque'e par la separation du culte et du politique.

    La question que tu souleve sans te rendre compte peut-etre est: Est-il possible d'etre un bon Musulman sans devenir un frero, c.a.d islamiste? La reponse est tout simplement non. Il en est de meme pour les autres religions d'ailleurs, les egyptiens ne faisons qu'arriver a cette conclusion…

    Ce n'est pas le cas des algeriens ! Nos ancestres sont les auteurs et les 1ers guerriers/martyrs pour cette separation – au 5eme siecle !

    Mais pour profiter de ce savoir ancestral et l'intelligeance/sagesse qui y sont code's, il faudrait deja connaitre l'histoire de ceux-ci, l'accepter et la vivre… Le probleme fondamental des algeriens et de l'algerie comme pays.

  9. Tous les musulmans sont des frères-musulmans , ou des frères-monuments comme les appelait Kateb . Il ne faut pas se leurrer ,mon ami , l'innocence a eu son temps comme dans le bénéfice du doute.

  10. La démocratie , ce n'est une ruse électorale pour opérer ensuite une opa sur les consciences et imposer ses diktats à tout le monde.L'armée Egyptienne est garante de la Constitution , elle a destitué un Président qui a dévié et créé des troubles dans le pays , ce n'est pas un putsh militaire ou un coup d'Etat , c'est une destitution pure et simple dans le respect de la loi fondamentale . C'est comme chez nous en 1992.Il faut faire la différence entre une République et une Dawla islamia. La RADP n'est pas une Dawla Islamia. L'Egypte aussi à ma connaissance.

  11. Allez donc préserver votre intimité religieuse quand, cinq fois par jour, et avec une régularité de métronome, le muezzin vous appelle à la prière… Alors, l'islam confiné dans les limites de l'intimité ?
    Voire… Permettez moi, cependant, d'être dubitatif. Ce "confinement" ne tient pas la route, comme ne résiste pas à une analyse sérieuse le concept fumeux "d'islam de nos parents" Ah… cet islam "riant", "bucolique" et "champêtre" qui nous faisait jeter la pierre au téméraire poivrot qui avait le malheur de passer devant nos mains de justiciers boutonneux…

  12. Et qu'avez-vous contre le chewing gum? Vous avez nie' votre race(Amazigh) et appartenance geographique(Africain) et ce faisant vous devenez necessairemen un Galiglou ou un chewing-gum – Mais voila que fuiez meme cewi-la… Les Arabes ne veulent ni de chewing-gums, ni d'amazigh ni d'africains. pauvre misereux … Meme la misere vous fuit, vous n'etes pas miserable, vous etes misereux… une petite difference enorme !

  13. "… L’islamisme est l’instrumentalisation d’une croyance, en l’occurrence l’islam, dans une démarche de conquête du pouvoir. C’est cette instrumentalisation qui est le problème ; sinon le musulman dans l’intimité de sa croyance ne me dérange pas…."

    Du n'importe quoi ! Mais biensur qu'ils ont raison de poursuivre le pouvoir, qu'ils soient Musulmans de n'importe quel degre/bord – le probleme est cette notion de religion d'etat – des le moment ou l'etat a une religion, qui dit que votre lecture de cette religion est meilleure que la leur – Ils sont une majoritaire. Voila ou est le probleme – La charia est la loi de l'islam et doit s'appliquer a quiconque qui se dit musulman. Le probleme est ceux qui le sont pas ! Donc, il s'agit des frontieres entre individus et societe' – Comme il est impossible respecter les valeurs societales sans respecter celles qui sont a l'individu – Toute autoirte' sociale, est donc necessairement et systematique disqualifie' quand a meme emettre une opinion d'ordre religieuse ou spirituelle. Ainsi, il n'y a qu'un sujet abordable en terme religieux en politique ou inversement en termes politiques en religions(LISEZ BIEN BEAUCOUP PAS SEULEMENT l'ISLAM), c'est les limites entre individus – Mais meme les religionS ordonne l'egalite', le politique DOIT etre exclu du discours et l'activite' politiques.

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