W. Tamzali, K. Daoud, B. Sansal et A. Zaoui, l’exception littéraire !

Quel est le point commun entre Wassila Tamzali, Kamel Daoud, Boualem Sansal et Amine Zaoui ? C’est la résistance à la médiocrité intellectuelle ! Ce sont des auteurs qui ont réussi à exprimer les vrais maux, qui freinent l’épanouissement de la citoyenneté de la société algérienne, sans autocensure, ni complaisance à l’égard de pouvoir en place et ni à l’égard des fanatiques religieux.

Leurs écrits ne s’adressent pas à une opinion internationale pour séduire les lecteurs occidentaux, comme le laissent entendre certains commentateurs, non au contraire, mais à l’opinion nationale, qui de plus en plus des lecteurs les lisent. Cependant, leur crie « réflexif » en premier lieu est d’inscrire leur revendication et leur pensée sous-jacente dans une revendication humaniste et universaliste. Sont-ils des éveilleurs de conscience ? Prétentieux de dire oui ! Néanmoins, à leur manière et chacun dans son domaine, ils dissèquent, analysent avec un esprit critique constructif les peines que chacun citoyen se heurte au quotidien, de plus ils vont à l’essentiel, en évitant de tourner en rond ! 

De son côté Sansal, qui vient de recevoir le prix de la francophonie pour l’an 2013, dans ses romans la question de l’histoire est omniprésente, mais aussi au-delà d’une logique guerrière de la Révolution algérienne, il arrive à voyager entre l’avant et le maintenant, entre le désir d’être et les moyens d’être, entre l’amont et l’aval de notre logique ! Il épuise ses arguments dans notre histoire, il essaye de dire que les martyrs ne sont pas forcément des saints et que notre histoire reste un puits sans fond inexploitable, tant que les vieux dinosaures restent « des veilleurs de conscience » !

Amine Zaoui interroge les arabophone ou les arabisant, comme il aime écrire, sur l’incapacité de s’interroger par cette langue, ce n’est pas le défaut de la langue au contraire, c’est le fardeau qui lui impose ses protecteurs. A ce sujet il écrit qu’il a « une sorte de peur vis-à-vis du lecteur littéraire arabisant« . Et puis il s’interroge : « Pourquoi le lecteur littéraire arabisant réagit-il avec une telle violence, dès qu’il se trouve face à un texte créatif et libre d’imagination ? Tout écrivain révéré et sensé respecte la liberté de son lecteur. Le lecteur a le droit d’aimer ou de ne pas aimer untel ou un tel texte littéraire. Mais à condition que ce refus ne se métamorphose pas en un acte de diabolisation, de négation ou en autodafé. »

Dans sa rubrique Raina raïkoume, le chroniqueur K. Daoud pose des vraies questions quotidiennement sur la politique, la religion, les traditions, etc., sans s’imposer une limite. Il titille notre conscience, il nous provoque pour se réveiller de notre long sommeil afin de réagir à cette inertie qui atteint l’ensemble des institutions algériennes, mais aussi de nous libérer de cette peur, de ne pas tout dire, inculqué depuis des décennies, avec son humeur habituel, l’amère devient « dégistable ». Lisez ces lignes, qui simplifient le rapport de l’Algérien à la tolérance il écrit : « Insultes à L’islam est puni par la loi. Si un Occidental le fait, au mieux, il est emprisonné, au pire, il est décapité. Mais insultes à la chrétienté et à la judaïté ou au bouddhisme ou l’animisme, c’est courant, Hallal, cela se fait chaque vendredi, dans les mosquées, les livres les médias et les cafés ».

Wassila Tamzali de son côté, dans son ouvrage Une femme en colère, courageuse, aborde toutes les questions qui fâchent notamment la condition de la femme algérienne, mais aussi la femme arabe. Ainsi dans un entretien accordé au journal Le Monde elle déclare qu’ »Aujourd’hui nous sommes confrontés à un vaste chantier d’endoctrinement sur l’infériorité des femmes mené par des savants, par l’école, les télévisions par satellite, les cassettes audio, les prêches des mosquées, les milliers d’imams autodidactes, et des stars médiatiques. La question de l’égalité est une question éthique, poursuit-elle ; elle doit être abordée sur le plan des principes et pas par des réformes sociales. D’où la nécessité de la laïcité, elle seule peut renverser les rapports d’oppression dont souffrent les femmes et les hommes dans les sociétés musulmanes ; seule la laïcité peut conduire à l’émergence d’une conscience moderne musulmane. »

Nous avons tellement besoin des personnes comme eux ! N’arrêtez pas de nous éclaircir notre lanterne.

Yazid Haddar

9 commentaires

  1. Je cite : «Pourquoi le lecteur littéraire arabisant réagit-il avec une telle violence, dès qu’il se trouve face à un texte créatif et libre d’imagination ? » La raison est d'une évidence lapalissarde (si je puis dire). Ce n'est pas à cause de la langue arabe (qui est une belle langue au demeurant) mais de son acolyte, son autre face de la médaille, son ennemi intime, son ombre inversée (qui la maintient dans l'ombre), j'ai nommé le dogme islamique. Par ailleurs, Mr Y Heddar, relisez ou faites relire vos textes, c'est bourré de fautes !!

  2. Je n'ai pas lu Mme TAMAZALI ,ni M ZAOUI , et je me promets de le faire tantot, par contre j'ai lu M SANSAL que j'adore pour son immagination fertile et sa discrétion dans l'écrit, cependant permettez moi un chapeau bas pour M KAMAL DAOUD, je lis ses chroniques depuis peut etre 15 ans sinon plus , et je suis émerveillé par la vivacité d'esprit de cet homme, l'intelligence et le courage à l'état pur
    Cependant, je suis étonné qu'une valeur de ce gabarit continue d'écrire dans" le Quotidien d'Oran" qui est certes une belle réussite commerciale , mais un journal dont la ligne éditoriale ne me semble pas claire et je dirai meme que je la trouve toujours en résonnance aux théses officielles du systéme.
    J'avoue que parfois j'ai été agacé de trouver dans ce journal des plumes talentueuses…est ce encore un probléme du" pain des enfants"?

  3. Grands dieux, on croirait lire du Benzetat !
    Grand prince, je fais l'impasse sur les
    fautes d'orthographe; mais ce texte, censé
    nous parler de littérature, est truffé de fautes
    de tout et de fautes de goùt, comme dirait Brassens.
    Faites attention, tout de même !

  4. Cette exception est engagée, la règle est-elle désengagée? Ou bien n'y a t-il de littérature que celle politique ?

  5. C'est de la publicité parallèle, avant la vente concomitante. On va fourguer quelque chose de pas bon aux algériens. Une manigance qui commence par de la publicité artificielle, et finira par de l’intelligence artificielle.

  6. Oui vous avez raison ce n'est qu'un humbleavis… et…pathétique!

  7. J'ai parcouru votre lien. Ce qui me gêne, ce n'est pas que Mr Sansal reconnaisse la légitimité des juifs sur cette terre (ce sont des cousins tout de même!!) mais le fait qu'il se reconnaisse arabe lui-même? Son patronyme même cris sa berbérité (Sansal en berbère signifie l'argile blanc qui dissout l'ancre traditionnel des écoles cora-niques). C'est pathétique! Kateb Yacine, reviens vite!!!

  8. Mr SANSAl ne voit il pas qu'a travers ce prix "du roman arabe", c'est une tentative de récupération par le lobby de l'arabisme d'un écrivain algérien dont le nom est à consonnance bérbère, mais que lui même ne pretend pas l'être. Ce prix trop controversé n'ajoutera rien aux mérite de mr Sansal.Ce qui dérange c'est l'hypocrisie de tout ces pseudos arabes qui désignent à la vindicte toute personne qui se rend en israêl, alors que leur gouvernement sont souvent conseillés par des israêliens, achetent leurs armes et forment leurs services de sécurités.

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