Rue Jean-Pierre-Timbaud à la Courneuve (Ile-de-France). Une heure du matin. Je me retrouve dans une résidence sociale. Un foyer d’immigrés
Jean-Pierre Timbaud, né en 1904, a été fusillé en compagnie de Guy Moquet, qui avait alors dix-sept ans. Ils partageaient la même cellule. Les Allemands, occupants et à l’époque maîtres de la France, venaient de décider de venger le meurtre du commandant Hotz. Pour ce faire, ils ont décidé d’exécuter une vingtaine de prisonniers et autant de villageois. Parmi ceux-ci, figuraient Guy Moquet, adolescent à l’époque, qui a refusé la condescendance et Jean-Pierre Timbaud. Ce dernier, mort, assassiné en 1941, à l’âge de trente-sept ans, était membre du Parti communiste et fondateur de la Confédération générale des travailleurs ( la CGT). Avec lui, avec son esprits, une partie du syndicalisme français est morte.
Aujourd’hui, lorsque la France gagne en football, en hand, en tennis, en athlétisme, en natation ou à l’eurovision – rare…– la nation jubile. Cette France a oublié Jean-Pierre Timbaud. Elle a oublié Guy Moquet.
Le hasard, donc, me fait retrouver dans cette chambre de résidence sociale avec un enseignant, Madjid Benhannou, un designer Marc De Conninck et Magali Lodéon. Les deux derniers sont pianistes. Magali est la petite nièce de Rostrotovich. Enorme musicien.
La rencontre était surréaliste. Nous avons passé la nuit à parler de musique classique pendant que sur un terre-plain adjacent à cette chambre, une ribambelle de vieux immigrés discutaient de rond à béton et du taux de change du dinar.
Que dire du piano ? Que dire du pays ? De la France ? De l’Algérie ?
Que dire de ce monde qui mue ? Il y a une chose simple à faire. C’est se taire. Mais, allez donc demander au silence d’être moins violent !
Meziane Ourad





Se taire ? Il y a plusieurs raisons de le faire :
par économie de calories,
par respect aux autres pour leur donner la parole,
pour se concentrer sur un sujet ,
par conviction pour laisser le temps faire ,
par résignation à une situation cocasse,
parce que le silence est d'or ,
parce que c'est une vertu que l'on apprend jusqu'à la mort .
Mais se taire n'est pas "se la boucler" . Dans cet état, c'est comme la dernière trouvaille des enfants pour célébrer AL mawlid :introduire dans une bouteille de soda des bouts d'aluminium avec de l'acide : l'effet est explosant . A force de se la boucler sur instruction du pouvoir , il se passe de plus en plus d'explosion dans diverses régions du pays .
Le silence qui peut être lourd donc pesant est une réaction à une attitude générale de neutralisation de l'expression mais qui devient en elle même une forme d'expression qui peut sous forme de calme (ou silence) précéder une tempête.
Mais il y a un autre silence , celui de la mort . Mourir avant de mourir . Méditer . C'est un antistress très efficace . Apprendre à comprendre desquelles des deux à débuté le premier la cause ou l'effet . Je me plonge dans ce silence de canyon, de cimetière , ou en pleine mer , ce silence qui parait étouffant mais permet à la longue de faire la communion ou "la connexion" avec le Tout .
Faut pas trop déprimer en se laissant envahir par tant d’amertume khouya. Quant à la violence du silence, Il faut se mettre à l’évidence que le gène de l’excès fait partie de notre patrimoine, et n’existe nulle part ailleurs que chez nous. Car pour nous, Algériens :
Quand on quitte le pays, on se fait violence, quand on y reste, aussi !
Quant on se tait, on se fait violence, quand on s’exprime, aussi !
Quand on écrit, on se fait violence, quand on n’écrit pas, aussi !
Quand on se laisse déborder par l’amour, on se fait violence, quand on se laisse envahir par la haine, aussi !
Même notre façon de rire, ya 3adjaba, porte souvent le sceau de la violence !
En fait, on a l’impression que le mot « retenue » ne fait pas partie des règles et comportements populaires. Tout est excessif en nous et, à bien des égards, nous sommes uniques sur la planète!
L’acharnement de Benzaatat pour nous refourguer Benbitour Bessif constitue un bel exemple d’aplomb, excessif à saturation !
Allez, cheers va! Rahou eddene Bacchus !…lol
Faut pas trop déprimer en se laissant envahir par tant d’amertume khouya. Quant à la violence du silence, Il faut se mettre à l’évidence que le gène de l’excès fait partie de notre patrimoine, et n’existe nulle part ailleurs que chez nous. Car pour nous, Algériens :
Quand on quitte le pays, on se fait violence, quand on y reste, aussi !
Quant on se tait, on se fait violence, quand on s’exprime, aussi !
Quand on écrit, on se fait violence, quand on n’écrit pas, aussi !
Quand on se laisse déborder par l’amour, on se fait violence, quand on se laisse envahir par la haine, aussi !
Même notre façon de rire, ya 3adjaba, porte souvent le sceau de la violence !
En fait, on a l’impression que le mot « retenue » ne fait pas partie des règles et comportements populaires. Tout est excessif en nous et, à bien des égards, nous sommes uniques sur la planète!
L’acharnement de Benzaatat pour nous refourguer Benbitour Bessif constitue un bel exemple d’aplomb, excessif à saturation !
Allez, cheers va! Rahou eddene Bacchus !…lol