Egypte : la crise menace l'Etat "d'effondrement", selon le ministre de la Défense

La crise en Egypte « pourrait conduire à un effondrement de l’Etat », a déclaré mardi le ministre de la Défense, le général Abdel Fattah al-Sissi, après plusieurs jours de violences meurtrières dans le pays.

« La poursuite du conflit entre les forces politiques et leurs divergences sur la gestion du pays pourraient conduire à un effondrement de l’Etat et menacer les générations futures », a dit le ministre, qui s’exprimait pour la première fois depuis le début jeudi soir des derniers troubles en date.

« Les défis et les problèmes politiques, économiques, sociaux et de sécurité auxquels est confrontée actuellement l’Egypte constituent une menace réelle pour la sécurité et la stabilité de l’Etat », a averti le général Sissi, également commandant des forces armées. « Si les forces politiques n’agissent pas » pour régler la crise, celle-ci « pourrait conduire à de graves répercussions », a ajouté le ministre devant les étudiants de l’académie militaire, dont les propos étaient publiés sur la page Facebook du porte-parole de l’armée.

Il a souligné que les « tentatives de porter atteinte à la stabilité des institutions de l’Etat est une chose dangereuse qui nuit à la sécurité nationale et à l’avenir du pays », mais il a assuré que « l’armée restera forte et soudée et restera le pilier des fondements de l’Etat ». « C’est l’armée de tous les Egyptiens de toutes confessions et ethnies confondues », a-t-il dit.

Cinquante-deux personnes ont péri dans les violences qui ont débuté jeudi soir en Egypte, alors que le pays marquait le deuxième anniversaire du début de la révolte contre l’ex-président Hosni Moubarak, sur fond de mécontentement contre l’actuel chef de l’Etat islamiste Mohamed Morsi.

Un couvre-feu a été imposé dans les trois gouvernorats du Canal de Suez -Port-Saïd, Ismaïliya, Suez- mais les émeutes se sont poursuivies. Les heurts les plus sanglants ont eu lieu à Port-Saïd avec 42 personnes tuées depuis la condamnation à mort samedi de 21 supporteurs d’un club de football local.

AFP