Bouteflika, Ouyahia, Belkhadem… ou les guignols parrainés

J’envie cette primaire organisée par le Parti socialiste français pour choisir son candidat pour la présidentielle de l’année précédente, 2012. Car, dans mon pays, rien de cela ne s’annonce à l’horizon. C’est toujours par truchement que les parrains parachutent le guignol candidat qui est déjà président marionnette avant même que le scrutin risible ne se tienne.

Le bal est ouvert et la messe des basses manœuvres est bel et bien lancée juste à l’entame de la nouvelle année. L’an 2013 n’augure aucune évolution vers un choix souverain des candidats présidentiables. L’on manigance déjà pour nous vendre le candidat guignol du consensus ou le postulant marionnette irremplaçable. Le statu-quo est maintenu et le spectacle présidentiel de l’année prochaine est annoncé ridicule, lassant et dégoutant. C’est toujours le sérail qui choisit et le pantin vainqueur et les poupées pseudo-concurrentes.

Il est dit çà et là que des discussions seraient entamées au sein de l’armée et de la présidence dont l’objet serait le choix du successeur et aussi les orientations stratégiques de l’Algérie. Il est dit aussi que la chasse aux indésirables, pourtant fideles serviteurs du système  mais trop prétentieux, serait ouverte. Il est encore avancé que les Américains et les Français auraient leur mot à dire sur le choix qui sied le mieux  à la préservation des intérêts de leurs pays respectifs. Il est également observé qu’une certaine presse alimentaient des rumeurs et diffusaient des canulars pour duper et doper l’opinion.

Le procédé demeure inchangé et les tireurs de ficelles continueraient à projeter au devant de la scène leurs polichinelles de candidats dans un spectacle présidentiel ennuyeux, monotone et totalement écœurant. La monotonie présidentielle me serait alors imposée, moi l’Algérien usé à cause de la multitude des scènes mensongères et caricaturales, montées de toutes pièces par des luttes claniques qui s’intensifient. Quoique directement concerné, ils m’évincent, écrasent mon opinion et me confinent dans le rôle du comparse de l’ombre. Bien que je sois doté d’une intelligence mature, ils m’humilient avec le tutorat spectaculaire qu’ils m’imposent. Mais humain que je suis, j’envie mes semblables. Alors un peu spectacle démocratique dont je serai acteur vedette, me réconfortera !

Mais hélas! Au pays de l’imposture, du mensonge, de la manigance, de la contrevérité, des combines et des coups bas, rien à espérer. Niet. Quand on annonce l’acte de la démission d’Ahmed Ouyahia, guignol bon élève puis mauvais enfant, du poste comique de secrétaire général du RND, la diversion est flagrante. Quand on focalise l’attention sur les scènes cocasses du départ ou non de Belkhadem, pantin iranien et poupée soudanaise, du poste de secrétaire figurant du FLN, la duperie de l’opinion par un faux spectacle est effective. Les mises en scène vont bon train. Mais, ces deux guignols ce sont les mêmes, qu’on prend à chaque fois et avec lesquels on recommence le même cinéma. Ils sont enfants d’un cirque systématiquement autocratique et hermétique. Comme ils peuvent être aisément sacrifiés, mis fin à leurs missions, dénigrés, acerbement critiqués par les leurs et accusés d’autoritarisme, ils peuvent être rapidement remis au devant la scène, loués pour services rendus, récompensés et occupants les rôles clés de l’Etat. Ouyahia n’a-t-il pas été ministre pendant quinze ans ? Belkhadem n’a-t-il pas été président de l’APN, puis après un exil doré, Premier ministre et secrétaire général de l’appareil du régime ?

L’on annonce aussi le quatrième mandat pour le guignol principal, toutefois tributaire de son état de santé. Omettant qu’un vieux de 76 ans est vulnérable et peut être ravi à la vie à tout moment. Mais les parrains en voudraient toujours de lui parce que l’actuel locataire du palais théâtral a su préserver les intérêts de toutes les parties. Mais cette option se clarifiera après la tragicomédie de la révision constitutionnelle prévue au cours de cette année, surtout si le poste de vice-président est créé.

Les parrains tableraient aussi sur deux autres pantins prétendants, qui n’ont jamais quitté d’une manière franche les coulisses du système. Mouloud Hamrouche, 70 ans, figurant parmi les six comparses qui s’étaient retirés en 1999  de la présidentielle, était acteur en chef du protocole sous Boumediene et Chadli, puis jouait le rôle de premier ministre à la fin des années 1980. Ali Benflis, 69 ans, acteur laminé par les siens en 2004, était dans le personnage de ministre, puis dirigea la comédie électorale de Bouteflika en 1999 et enfin devint tragédien en chef du gouvernement. Les garants du statu-quo, meubleraient davantage le spectacle présidentiel, par la rentrée en scène des faux opposants. Il s’agirait notamment des nouveaux arrivés à la périphérie de l’enceinte du système, Amar Ghoul, la poupée pseudo-islamiste et Amara Benyounès, la marionnette pseudo-démocrate. Les deux incarnent la docile et la servile clientèle du régime pour laquelle il n’y a que l’argent qui compte.

Le décor d’une inutile élection serait ainsi planté. Le système autocratique qui ne conçoit l’alternance au pouvoir que suivant la logique de placer ses pantins honnis et impopulaires, diffère tout espoir de changement effectif qui pourrait réhabiliter le spectacle souverain et populaire, à une date ultérieurement lointaine. Car, Bouteflika, Ouyahia, Belkhadem, Hamrouche, Benflis, Ghoul, Benyounés, et bien d’autres, représentent la même face d’une seule médaille, celle de la docilité et de la servilité. Ils sont des guignols qui ne valent absolument rien devant leurs parrains, les hommes forts du régime, qui eux, en véritables présidents tirent les ficelles.

Zoubir Zerarga

10 commentaires

  1. chapeau bas monsieurzerarga!!!
    votre analyse si pertinente nous rehabilte ,en notre for interieur ,car elle permet de montrer a ces guignols sans scrupules et sans classe "que nous savons qu'ils jouent aux clowns " mais "ne pouvons helas " pour le moment,les chasser de la scene qu'ils occupent indument et outrageusement!! votre article est un vrai baume pournos coeurs et esprits andoloris par tant de cretinisme!!!
    merci monsieur!

  2. Le spectacle est affligeant ! Y'a rien à dire .Le mal de l'Algérie , ce sont les décideurs.Il y a rien qu'en Algérie où les postes de responsabilié sont octroyés aux lâches , aux corrompus ,et adeptes de l'aplaventrise.

    Bouteflika la marionnette , pris la main dans le sac pour avoir détourné l'argent des ambassades et Boumaâza qui avait reconnu avoir volé le budget de son ministére dans les années 60 et avait pris la poudre d'escampettes ,se sont retouvés l'un , président de la république et l'autre président de la nation , autrement dit respectvement le numéro 1 et le numéro 2 de l'échiquier politique algérien.Leur haut fait d'armes , c'est d'avoir volé et puis. dans le trésor algérien.En Algérie ,le seul critère pour pouvoir bénéficier d'un strapontin et par la suite gravir les échelons c'est de voler.Ce n'est pas de la science fiction ,mais c'est la réalité. De nos jours , Ghoul impliqué dans des malversations et de détournements dans la contruction de l'autoroute se voit propulsé chef d'un parti qui dispose de moyens financiers colossaux. Tebboune qui relève encore de la justice dans l'affaire Khalifa est de nouveau nommé ministre.Chakib Khalil l'homme qui n'avait jamais mis les pieds en Algérie avant l'indépendance , qui n'est même algérien et tel un prédateur a sucé l'Algérie sans jamais avoir été inquiété .Les exemples sont légion.Bouricha le wali de Blida avait détourné des sommes colossales .Il n'a jamais été inquiété.La marionnette Bouteflika , chef incontesté des voleurs est l'exemple le plus frappant .Il encourage les voleurs et les fait bénéficier de promotions importantes .Il avait intervnu en personne pour le fils de Sbih dans l'affaire de Achour, pour le sauver des friffes de la justice, une justice obéissant au dogit et à l'oeil aux décideurs.Une justice du fait du prince instrumentalisée pour servir les corrompus et les malfrats..Sbih , ambassadeur en France âgé de 87 ans et qui porte les couches pour se déplacer.Dites-moi que ces détournement ne sont pas vrais ?

  3. Même si l'on goûte au miel à tous les instants, sa saveur à la longue se transformera en indigestion .
    Même si l'on discute de Dieu qui est infiniment Bon, Miséricordieux , dispensateur de tous les biens femme, enfants, argent et autres aliments , en tant qu'humain cela pourrait provoquer une lassitude .
    Même si l'on devait réciter le Coran du matin au soir sans interruption , l'âme chercherait une autre occupation . Ainsi l'homme par nature , composé d'une diversité d’éléments (eau, sels minéraux,.)
    ne se suffit que de diversité dans les goûts et dans l'activité professionnelle ou récréative . Comment voulez-vous que l'Homme (Algérien) soit dispensé de ce caractère originel pour lui imposer un chef dont il ne veut plus . Il n'en voulait d'ailleurs pas avant la parution de l'imposture algérienne , mais en bon citoyen – bête et discipliné – il s'est contenté de la règle de faire contre mauvaise fortune bon coeur . Mr Zerarga conclut qu'il y a des hommes forts du régime , qui en véritables présidents …il y en aurait donc plusieurs ? C'est impossible , il ne devrait y en avoir qu'un seul – Peut être sous la forme d'un autre haut comité , mais le vrai président est celui qui fait l'équilibre des forces en présence . Et ce n'est pas Bouteflika . Bouteflika a été avec 90.24 % des voix . Est-il possible qu'un pays qui vote avec un aussi fort taux puisse subir ce que nous subissons ? Il y a peut être confusion et inversion des chiffres , mais avec 90.24 % , ce n'est des marutti qu'on verrait dans nos rues mais peut être des Cadillac . Tout le monde y va avec son avis , je pense que tout arrivera vraiment à point pour qui sait attendre.

  4. Bonjour Monsieur
    Magistral. Mais cela, je le sais depuis juillet 1962, quand j'avais vingt ans.

  5. J’aime bien vos commentaires Monsieur Guel Dring Mais le problème c’est vos références à DIEU » ! DIEU ce beau Mirage !

  6. Après avoir obtenu le consensus sur le choix du candidat-Président , généralement après une séance restreinte et houleuse de brainstorming entre parrains attitrés de la famille , décideurs en Haut lieu ,viennent ensuite toutes les manœuvres de propagande médiatique, de manipulation mentale des masses ou de lavage de cerveaux en direction de la populace. Toutes les techniques d'influence de groupe sont alors déployées pour assurer la majorité des votes au dictateur adoubé par un suffrage universel des plus démocratiques apparemment ( vu de loin et de dos ). Comme dans les régimes dictatoriaux les plus sombres de l'histoire , la Corée du Nord de Kim Il Sung , Zimbabwe de Mugabé , Gabon de Bongo ,l'Irak de Saddam, , l'Egypte de Moubarak , la Lybie de Kadafi , la Syrie de Assad etc… on commence d'abord par le love-bombing ( « bombardement d’amour » comme l’ont fait récemment Amar Ghoul et Benyounés)) ou le président-candidat est présenté comme l’homme providentiel irremplaçable , bienfaiteur et séduisant sur tous les plans, une personnalité au grand cœur , aimable , juste , accomplie que l’on désigne comme le père de la nation , un gourou séduisant et vénéré jusqu’à l’hystérie et qui mérite qu’on lui soit dévoué corps et âme comme dans les recrutements de sectes ou les reconversions assistées. Dans certains cas , on appelle à la rescousse les relais du système qui se chargent du boulot intimidation collective et de l’inhibition mentale en créant l’angoisse , la peur de la « main étrangère » ( Louisa Hanoune ) ou en privatisant et en desservant la violence pendant les périodes électorales ( lire Hachmaoui d’El-Watan). Tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins en s’appuyant sur les enseignements de l’ingénierie sociale , les escroqueries et l'aliénation électorales en politique qui ont fait leurs preuves par le passé et qui donnent la majorité des voix au président-candidat choisi par la machine infernale qui s’appelle le consensus. Les poupées pseudo-candidats concurrentes ne seront là que pour agrémenter l’artifice et légitimer le simulacre électoral , celui qui reconduit le statu-quo et qui fait perdurer le régne du despote.

  7. ce jeu dure depuis 62.est-ce que nos enfants vont subir la lmême de la de leur rejetons?

  8. "Il est dit çà et là que des discussions seraient entamées au sein de l’armée et de la présidence dont l’objet serait le choix du successeur et aussi les orientations stratégiques de l’Algérie. Il est dit aussi que la chasse aux indésirables, pourtant fidèles serviteurs du système mais trop prétentieux, serait ouverte. Il est encore avancé que les Américains et les Français auraient leur mot à dire sur le choix qui sied le mieux à la préservation des intérêts de leurs pays respectifs. Il est également observé qu’une certaine presse alimentaient des rumeurs et diffusaient des canulars pour duper et doper l’opinion."

  9. ce n'est pas un scoop c'est la politique pronee par ce regime arabo-baathiste depuis 1962!!!!!!!!!!

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