La Fédération d’Oran du MDS apprend avec stupéfaction la condamnation en conditionnelle du prêtre Pierre Wallez pour raison de « prière commune avec des migrants africains chrétiens » à Maghnia et d’un médecin algérien qui l’accompagnait pour porter secours à ces mêmes migrants pour raison de « détournement de médicaments d’un hôpital ».
Ces condamnations pour de soi-disant « délits » de prière et d’action humanitaire sont une nouvelle tache pour une Justice qui, parce que toujours instrumentée contre les faibles, est vécue par nos concitoyens comme un véritable instrument de hogra.
Les Algériennes et les Algériens qui ont vécu ou vivent toujours l’émigration massive ont toujours apprécié les soutiens dont ils (ou les leurs) ont continuellement bénéficié de la part des forces et réseaux religieux et laïcs qui ont fait et font montre, à leur égard, d’humanisme et de solidarités actives multiformes, matérielles, politiques et morales. Ils compatissent avec les nombreux migrants africains qui s’entassent dans des conditions lamentables à Maghnia – ville de tous les trafics frontaliers par où transite, entre autres, l’essentiel des drogues qui empoisonnent notre jeunesse –, otages des organisations mafieuses de passeurs et privés de l’aide humanitaire qui leur est due. Ils ne comprennent pas pourquoi on leur refuserait le soulagement de l’âme que peut leur apporter leur pratique religieuse sur une terre d’Islam, religion de tolérance et d’ouverture, comme ils en ont bénéficié et en bénéficient, eux, là où ils étaient ou sont émigrés.
Le MDS dénonce l’acte flagrant de discrimination religieuse que constituent ces condamnations parce que contraires aux libertés de conscience et de culte garanties par la Constitution.
Il considère que ces condamnations résultent tout à la fois de l’ostracisme, de l’intolérance fondamentaliste qui émane cette fois-ci – fait gravissime! – d’instances de l’Etat et de l’amalgame que font ces dernières entre les pratiques cultuelles autres que musulmanes et l’offensive à contrecarrer des évangélistes intégristes contre l’Islam et notre pays; à ce dernier propos, ces condamnations ne font que jouer le jeu desdits intégristes évangélistes dans la mesure où leur offensive se mène, en association avec les sionistes, tant contre les musulmans que contre les catholiques et autres chrétiens dans le monde arabe.
Il alerte sur la gravité de toutes les concessions politiques et symboliques faites à l’intégrisme islamiste en contradiction avec les dispositions de la Constitution en vigueur et en appui sur son seul article 2 qui offre à cet intégrisme un boulevard de légalité pour lui faciliter la transformation de l’Etat algérien républicain en théocratie.
Il espère que les forces républicaines et démocratiques, celles de l’humanisme, de la tolérance idéologique et religieuse, du respect de l’autre et de toutes les libertés ne se tairont pas devant cette nouvelle hogra qui n’est pas plus acceptable que les autres parce qu’elle concerne un prêtre et un médecin qui accomplissaient leur sacerdoce humaniste. Il y va de nos libertés à toutes et à tous!
Refusons ensemble le piétinement des libertés constitutionnelles par l’Islamisme lové dans l’Etat hybride!
Agissons pour préserver le religieux des manipulations humaines en séparant définitivement et sans aucune ambiguïté le temporel de l’intemporel, le politique du le religieux!
La Fédération d’Oran du MDS
Oran, février 2008



Cette action vous honore, et nous honore nous tous qui défendons les libertés individuelles et collectives y compris de pratiquer sa religion. Avec mon soutien et mes salutations amicales. Dr Abdelkader Saadallah 29/02/08
Paru le 25/02/2008 dans Le Figaro
Les chrétiens pourchassés en Algerie
Les évêques d’Algérie ont été reçus par le ministre des Affaires religieuses pour exprimer leur inquiétude face aux expulsions, radiations et condamnations qui ciblent l’Église depuis l’adoption, en février 2006, de la loi réglementant les cultes non musulmans.
Les difficultés ont débuté il y a deux ans, avec l’expulsion d’une vingtaine d’étudiants africains qui avaient participé à une rencontre biblique à Tizi-Ouzou, en Kabylie. Au même moment, les autorités invitaient les religieux chrétiens à quitter le pays «pour raison de sécurité». En novembre 2007, des volontaires brésiliens sollicités par M gr Teissier, l’archevêque d’Alger, pour s’occuper des étudiants lusophones ont été expulsés à leur tour. Un mois plus tard, un directeur d’école et un instituteur, Algériens de confession chrétienne, ont été radiés de l’Éducation nationale pour «prosélytisme». L’association des parents d’élèves qui soutient les deux enseignants rappelle que l’école a eu 100 % de réussite à l’examen d’entrée en sixième pour les deux dernières années.
Depuis quatre mois, les visas sollicités par l’archevêché sont délivrés au compte-gouttes, souvent en retard. «Ceci compromet gravement notre avenir, car sans la visite des responsables religieux des congrégations, nous n’obtiendrons aucun soutien pour les religieux travaillant en Algérie et aucun renouvellement», déplore Mgr Teissier.
Un nouveau pas est franchi le 30 janvier 2008 lorsque le père Pierre Wallez, du diocèse d’Oran, est condamné à un an de prison avec sursis par le tribunal de Maghnia (près la frontière marocaine). On lui reproche d’avoir prié, un mois plus tôt, avec des migrants clandestins camerounais «hors d’un lieu de culte», un «délit» puni par la loi fixant les «conditions et règles d’exercice des cultes autres que musulmans». Le médecin qui accompagnait le prêtre, accusé de les avoir soignés avec des médicaments d’un centre de santé publique, a été condamné à deux ans de prison ferme. «Les médicaments ont toujours été payés par l’Église catholique à titre d’aide humanitaire», atteste pourtant l’évêque d’Oran.
Officiellement, cette loi adoptée en février 2006 visait à garantir «la tolérance et le respect entre les différentes religions». Dans les faits, elle prévoit une peine de 5 ans de prison et une amende de 1 million de dinars (10 000 euros), contre toute personne qui «incite ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion». Révélateur d’une volonté répressive, les représentants des ministères de la Défense et de l’Intérieur, et ceux de la police et de la gendarmerie, sont majoritaires dans la commission chargée de «veiller au respect du libre exercice des cultes».
«Âmes vendues à Jésus»
Pour les autorités, ce «bouclier spirituel» vise à protéger la société contre «les menées subversives d’évangélistes américains, prélude à une intervention militaire». Des Rambo du goupillon dont la présence est montée en épingle par la presse national-islamiste, mais que personne n’a jamais rencontrés. En deux mois, une trentaine d’«enquêtes» et autres dossiers ont été consacrés aux «agressions contre l’islam dans sa propre maison». Ce «prosélytisme», dit-on, aurait déjà converti des dizaines de milliers de jeunes désœuvrés, qui auraient «vendu leur âme à Jésus» pour 5 000 euros ou un visa pour l’étranger ! Même si le nombre total de chrétiens reste symbolique et limité à quelques milliers de fidèles. Le père Gilles Nicolas, du diocèse d’Alger, ne cache pas son inquiétude : «Cette levée de boucliers n’a rien à voir avec le prosélytisme. C’est une lutte idéologique de ceux qui veulent épurer le pays de toute présence non musulmane.»
Sur fond de luttes d’influence dans le sérail, cette «croisade» tend à faire diversion, alors que les partisans du président Bouteflika s’agitent pour imposer une révision à la hussarde de la Constitution, et permettre au chef de l’État de briguer un troisième mandat. Dans la propagande officielle, on stigmatise la Kabylie, de tout temps hostile au régime, comme un «maillon faible en voie d’évangélisation». Depuis quelques mois, des imams salafistes sont injectés dans la région par le ministère des Affaires religieuses ; leur mission : lutter contre la «menace chrétienne», les «traditions païennes» du cru, et secouer l’islam ancestral des montagnards jugé trop tiède.
Hier, les évêques d’Algérie ont été reçus par le ministre des Affaires religieuses. Ils lui ont remis une lettre exprimant leur inquiétude face aux tracasseries qui ciblent l’Église. Ils ont aussi réaffirmé leur solidarité avec le pasteur protestant Hugh Johnson, menacé d’expulsion. «Après avoir reçu toutes les questions que nous avons exposées, le ministre nous a assuré que l’État n’avait pas la volonté de gêner l’Église catholique», affirme Mgr Teissier.
Arezki Aït-Larbi, Alger
Enfin un parti, quoi que très très tardivement, prend une position claire juste et attendue par les vrais démocrates. C’est autour d’autres partis de se prononcer, j’espère. Les personnalités politiques, CCDR etc.. ne soufflent pas un mot car pensent-ils ça ne les concerne pas ou c’est insignifiant ou c’est indigne qu’un musulman défende l’existence d’une autre religion en dehors de la sienne, enfin chacun a sa ou ses raisons. Je ne puis constater ce silence sur cette injustice et cette intolérance.
Tout au long de la période coloniale et jusqu’à la veille de la Guerre de Libération, l’Eglise Chrétienne – nous parlons ici de l’Eglise d’obédience Catholique et Romaine – a conduit en différentes régions de notre pays, des politiques successives d’évangélisation avec le peu de succès que nous connaissons. Pour illustrer cet échec, il suffira de rappeler par exemple, une opinion autorisée comme celle du Père Charles de Foucauld qui, – depuis Tamanrasset, le 4 Juin 1908 – dans une lettre à sa bienfaitrice Mme de Bondy écrivait avec une admirable honnêteté:
""Il y aura demain dix ans que je dis la Messe à Tamanrasset, et pas un seul converti ! Il faut prier, travailler et patienter…..""
C’est dire la force de résistance de l’Islam en Algérie. Non pas l’Islam politiquement instrumentalisé par des zélotes incultes, imbéciles ou manipulés, …. mais l’Islam tel que le pratiquaient nos ancêtres, dans sa belle pureté originelle de Religion monothéiste par excellence, rejetant toute intermédiation – ni Clergé, ni Eglise, ni Sacerdoce – entre l’Homme et Le Créateur.
Cela étant posé, on doit réaffirmer avec force que l’Eglise Catholique et Romaine a toute sa place et toute sa légitimité dans notre pays en tant qu’elle représente le référent spirituel dominant pour la majorité des Algériens de confession chrétienne. Sans oublier de mentionner la part plus que symbolique, prise dans la résistance anticoloniale, par des combattants algériens de confession chrétienne et les courageuses prises de position nationaliste de l’Eglise Algérienne au sommet de laquelle on se contentera de citer des figures marquantes comme celles du regretté Cardinal Duval ou de Mgr Teissier, l’actuel Archevêque d’Alger.
Quant aux activités douteuses des associations dites "Evangélistes", qui nous viennent essentiellement du monde anglo-saxon, elles doivent être fermement combattues et bannies de notre pays, en tant que ces organisations ne sont ni plus ni moins que des filiales de véritables "multinationales judéo-sionistes" travaillant – sous le couvert de la Religion – pour les Services de Renseignements des Etats-Unis, du Royaume-Uni et d’Israël.
Enfin, je ne peux pas clore ce commentaire sans déplorer la médiocrité intellectuelle et la corruption morale de la personne qui sert prétendument à notre pays aujourd’hui, de "Ministre des Affaires Religieuses et des Habous" et dont le nom est quotidiennement traîné dans la presse pour de graves affaires de détournement d’argent de la "Zakat" et autres coups tordus dans la gestion des sessions de pèlerinage à la Mecque. Un tel personnage a plus sa place à la barre des tribunaux correctionnels qu’en face de certains dignitaires de l’Eglise Algérienne ou d’autres dignitaires religieux étrangers, Chrétiens ou Musulmans, en visite dans notre pays.
Jusques à quelles abysses sommes-nous en train de tomber ? – Abdelkader DEHBI —
J’ai apprécié le début de la réaction du MDS, seulement voilà, à ma lecture de cette littérature (SIC) : " …le jeu desdits intégristes évangélistes dans la mesure où leur offensive se mène, en association avec les sionistes, tant contre les musulmans que contre les catholiques et autres chrétiens dans le monde arabe…"
Cela m’a vraiment blasé !!
Je me dis oh Grand Dieu aie pitié de nous les Algériens ! On ne peut plus sortir du piège du Malin : D’UN EXTREMISME A L’AUTRE. !!!
Car, pourquoi bonnes gens ne peut-on pas etre évangéliste sans etre stigmatisé d’etre à la solde "des sionistes" ??
Les Evangélistes chrétiens ALGERIENS ont le droit de pratiquer leur culte oui ou non ?
Pourqoui ce que vous permettez aux musulmans (modérés) qui, cela soit dit en passant, eux, ont le droit de louer leur prophète et de témoigner ouvertement de lui pour d’autres en public.
Pourquoi donc n’acceptez vous pas qu’un Algérien puisse témoigner ouvertement et louer le Seigneur Jésus là où il se trouve ???
Et si d’aventure il le fait, il serait nécéssairement de connivence avec les sionistes (SIC). Pourquoi, ne puis-je pas prier et témoigner de mon Seigneur chez moi en Algérie sans avoir craindre la police ??? Voyez un peu où cela nous mène ce déni de liberté, ce déni de Dignité : Au phénomène des HARRAGUAS !!!
Pourquoi ce que vous permettez aux musulmans (qu’ils soient intégristes ou non ) n’est pas permis aux autres algériens qui confessent CHRIST ??? Ou est votre justice messieurs du MDS, les champions de la "DEMOCRATIE en ALGERIE" ?!!!
Pourquoi accuser injustement tous les evangélistes d’etre des anti-catholiques, des anti-musulmans, des anti-arabes, et des anti-algériens ????
Je suis un Algérien catholique vivant en Italie. Je pratique le catholicisme et le culte des Evangélistes ne me gene pas, pas plus celui des intégristes musulmans chacun a son dogme il le suit et tant mieux pour lui.
Bien que je ne partage pas toutes les confessions de fois des Evangélistes, mais loin de moi de les diaboliser ni les Evangélistes ni les intégristes pour peu qu’ils n’usent pas d’harcélement et de violence envers autrui
En somme, C’est malheureux qu’une si louable prise de position (rare en Algérie) finisse par tomber elle meme dans l’injustice qu’elle prétend condamner…
D’un extrémisme à l’autre ….meme avec "Les démocrates" on n’est pas encore sortis du tunnel…
Dépitante Algérie !!!!
Damiano,
Pisa, Italia.
la justesse de la position c’est de distinguer les pratiques religieuses et d’en proteger la totale liberté, des pratiques de soutien de conception politique. cette utilisation de la religion a des fins politiques existe et cause des dégats extreme dans les pays a majorité musulmanes mais aussi et en particulier aux etats unis ou les neo-conservateurs se sont adossé aux evangelistes pour asseoir leur majorite electorale et la theorie de la "guerre des civilisations"(en France Sarckozi s’inspire aussi de cette conception). L’etat sinoniste a aussi comme socle l’integrisme juif.Sans oublier que ce qui a ouvert la porte aux activistes evangelistes US c’est certainement la recherche obtinée de légitimité internationnale de nos dirigeants.Tous les integrismes sont comdanables et nuisibles ils aboutissent inmanquablement a la violence et aux affrontements communautaires.