Le 11 novembre : jour d'hommage "à tous les morts pour la France"
Mots clés : algerie, France, combattants, commémoration, Grande guerre
Le Parlement a adopté définitivement hier lundi, par un vote de l’Assemblée nationale, la loi instaurant le 11 novembre, jour de l’armistice de 1918, comme une journée "en hommage à tous les morts pour la France", et non seulement à ceux de la Première Guerre mondiale.
Seul le groupe des députés du Front de gauche a voté contre ce texte, annoncé par Nicolas Sarkozy le 11 novembre dernier, et qui précise, à l’initiative du Sénat, que "cet hommage ne se substitue pas aux autres journées de commémoration nationales".
Les associations d’anciens combattants craignaient en effet de voir disparaître d’autres dates commémoratives, comme le 8 mai célébrant la victoire des Alliés en 1945, ou les journées d’hommage aux morts en Algérie ou en Indochine.
La nouvelle loi fait aussi obligation aux communes d’inscrire sur leurs monuments aux morts les noms de tous ceux qui se vont vu reconnaître la mention «mort pour la France», quel que soit le conflit dans lequel ils ont combattu. Le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, Marc Laffineur, a souligné à la tribune de l’Assemblée qu’une évolution du 11 novembre était "nécessaire", en raison de la disparition des derniers anciens combattants de la guerre de 1914, mais aussi pour «honorer la 4e génération du feu», après les deux guerres mondiales et les conflits coloniaux.
"Depuis la fin de la guerre d’Algérie, plus de 600 militaires sont en effet morts pour la France", a-t-il rappelé. Le socialiste Dominique Raimbourg a expliqué que son groupe, opposé au texte en première lecture, votait cette fois-ci pour en raison de la précision introduite par le Sénat, à majorité de gauche, sur le maintien des autres journées de commémoration. "C’est un texte de rassemblement qui nous réunit aujourd’hui", a-t-il dit.
Pour Patrick Baudouin (UMP), qui s’est félicité de ce consensus entre les deux chambres du Parlement, "devant un monument aux morts, on ne se divise pas, on se rassemble». Mais, au nom du Front de gauche, le communiste André Chassaigne a refusé "que toutes les mémoires soient amalgamées, empêchant ainsi de réfléchir et de tirer les enseignements de chaque guerre, accréditant l’idée selon laquelle peu importent les raisons pour lesquelles des militaires et des civils ont perdu la vie."
Nicolas Sarkozy avait annoncé, lors des cérémonies de l’armistice à l’Arc de triomphe son choix de faire de cette journée à la fois "la date de commémoration de la Grande Guerre et de tous les morts pour la France". "Nous ne devons pas simplement commémorer, nous devons communier", avait-il insisté.
Après cette annonce, le gouvernement a mis les bouchées doubles pour faire adopter cette réforme avant la présidentielle: présentation du projet en Conseil des ministres le 14 décembre, votes en première lecture par l’Assemblée et le Sénat puis accord députés-sénateurs en commission mixte paritaire en janvier, votes définitifs par chacune des deux chambres en février.
AFP
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