La Ligue arabe appelle à l'envoi des casques bleus en Syrie

La Syrie vit une guerre civile qui ne dit pas son nom.
La Syrie vit une guerre civile qui ne dit pas son nom.

De plus en plus isolé, le régime criminel dirigé par Bachar Al Assad rue dans les brancards. Pendant ce temps l'opposition gagne en reconnaissance. Ce pays vit une guerre civile qui ne dit pas son nom.

La Ligue arabe a épuisé les moyens de pressions sur le régime syrien. Aussi, elle veut s'en remettre à l'Onu. Dans un projet de résolution, la Ligue arabe appelle l'ONU à envoyer des casques bleus en Syrie. Le texte prône également la suspension de toute forme de coopération diplomatique avec Damas, et les ministres des Affaires étrangères de la Ligue, réunis dimanche 12 février au Caire, ont préconisé en outre le renforcement des sanctions économiques.

La réunion avait démarré dimanche dans la confusion, au lendemain d'une nouvelle journée de violences qui se sont étendues au Liban voisin. Le chef de la mission des observateurs de la Ligue arabe en Syrie, le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha Al-Dabi, avait annoncé dimanche matin sa démission, sans en expliquer les raisons. On se rappelle que le choix de ce général au triste passé au Darfour a été largement critique. Bref, au final, la mission d'observateurs n'a fait que prolonger la répression aveugle menée par les sbires du régime.

D'après plusieurs sources diplomatiques, la Ligue arabe devait principalement examiner les propositions en vue d'une reprise de sa mission d'observation en Syrie. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait annoncé mercredi que la Ligue arabe allait renvoyer sa mission en Syrie, avec éventuellement une participation de l'ONU et "un émissaire spécial commun". La proposition de résolution dévoilée dimanche va bien au-delà, et prévoit même la fin de la mission d'observation. Cela dit les chances d'adoption d'une résolution d'envoi de casques bleus en Syrie sont incertaines. La Chine et la Russie avaient mis leur veto à une précédente résolution demandant le départ du président syrien Bachar Al-Assad. Ces deux pays autoritaires et fermés restent les derniers soutiens de poids du régime syrien. La Russie parce qu'elle a un base de mouillage pour sa marine militaire, la Syrie est aussi un client du complexe militaire russe. Plusieurs tonnes d'armes ont d'ailleurs été livrée par ce pays au régime d'Al Assad, au mépris de la situation catastrophique de la population syrienne. La Chine également a des intérêts économiques en Syrie.

Premiers contacts avec l'opposition

La Ligue envisage également d'"ouvrir des canaux de communication avec l'opposition syrienne et de lui fournir toutes les formes de soutien politique et matériel", d'après le projet de résolution. Les ministres saluent en outre la proposition de la Tunisie d'organiser sur son sol "une conférence des amis de la Syrie" le 24 février.

Sans surprise, la Syrie a annoncé en début de soirée refuser "catégoriquement" les décisions prises par la Ligue arabe à son sujet et estime qu'elles ne font que refléter "l'hystérie" de certains pays arabes, selon un communiqué distribué par l'ambassade de Syrie au Caire. Avant même le début des réunions, Damas a accusé les pays arabes d'être à la solde des puissances occidentales : "Il n'y aura probablement pas de surprise car les ordres ont déjà été transmis. Ils ne décident rien du tout, ils ne peuvent qu'exécuter. Ils l'ont déjà fait dans le passé, ils le font aujourd'hui", écrivait dimanche le quotidien gouvernemental As-Saoura.

Le terroriste Aymen Zawahiri soutient la rébellion en Syrie

Dans un enregistrement vidéo mis en ligne samedi sur des forums jihadistes, le chef d'al-Qaida, Ayman al-Zawahiri, manifeste son soutien au mouvement de contestation syrien, rapporte dimanche SITE, le centre américain de surveillance des sites islamistes. Dans cette vidéo de huit minutes, intitulée "En avant, les lions de Syrie", il accuse également le régime de Bachar Al-Assad, qu'il qualifie d'anti-islamiste, de crimes contre ses citoyens. Il n'est cependant pas un soutien fréquentable pour l'opposition. Cet appel risque plus de porter atteinte au Conseil national syrien qu'autre chose. Pire encore, le chef d'Al Qaida avertit l'opposition de ne pas dépendre de l'Occident.

Tout le monde dans le même sac, pour Zawahiri. Devant un rideau vert, Zawahiri encourage les Syriens à ne pas faire confiance aux gouvernements occidentaux ou arabes. "Ne dépendez pas de l'Ouest et de la Turquie qui ont eu des contrats, des accords et des partages avec ce régime pendant des décennies, et qui n'ont commencé à les abandonner que lorsqu'ils ont vu (le régime, ndlr) vaciller", exhorte le chef d'Al-Qaida. "Ne dépendez que de Allah, et (comptez sur) vos sacrifices, votre résistance et votre fermeté". Il incite également les contestataires à établir "un État qui défend les pays musulmans, cherche à libérer le Golan et continue son jihad jusqu'à hisser la bannière de la victoire au-dessus des collines usurpées de Jérusalem".

Bombardements intermittent à Homs

Au lendemain des attentats meurtriers à Alep, les forces de l'ordre se sont déployées en masse dans les quartiers rebelles, a constaté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Selon un militant sur place, des blindés et des tireurs embusqués ont été déployés dans la ville, poumon économique du pays. Les attentats qui ont visé vendredi les sièges des renseignements militaires et des forces de l'ordre étaient les premiers à Alep depuis le début, le 15 mars 2011, de la révolte populaire, dont la répression a fait plus de 6000 morts, selon les militants.

Au moins 24 personnes, en majorité des civils, ont été tuées dimanche dans des violences en Syrie, notamment dans la ville de Homs (centre de la Syrie). "Les tirs de chars et de mortier se sont intensifiés dimanche après-midi", a indiqué Rami Abdel Rahmane, chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Au moins 14 personnes ont été tuées à Homs, dont 13 à Baba Amr", l'un des quartiers les plus visés par l'assaut mené par le régime depuis le 4 février. Rami Abdel Rahmane, précisait plus tôt que 500 personnes au moins ont péri jusque-là dans l'offensive militaire lancée contre la ville le 4 février.

"Il y a pénurie de pain dans certains quartiers", notamment ceux bombardés, a-t-il précisé. Les Comités locaux de coordination (LCC), qui chapeautent la contestation sur le terrain, ont indiqué de leur côté que "toutes les boulangeries de la ville ont fermé leurs portes, à l'exception de celle qui se trouve dans le quartier d'Al-Malaab", soulignant "l'aggravation de la situation humanitaire". "A Homs, les volontaires du Croissant Rouge syrien distribuent de la nourriture, des couvertures et de l'aide médicale à des milliers de gens touchés par la recrudescence des violences", affirme par ailleurs un communiqué commun du CRS et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Dans le reste du pays, neuf civils ont été tués par les troupes du régime dans la région de Deraa, de même que deux déserteurs et cinq soldats lors d'affrontements, selon l'OSDH. Un militant a été abattu à Damas et un civil à Idlib. Cinq civils sont aussi morts à Zabadani près de Damas, où l'armée a également lancé une offensive pour étouffer la contestation, selon l'OSDH.

Y. K. avec agences

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Commentaires (2) | Réagir ?

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R A M E S S E S II

S'il y a un chaoui qui a compris l'arnaque, j'en suis sur et certain que tous les autres vont se rendre à l'évidence et comprendre que seule l'autonomie de gestion des régions décidée lors du congrés de la Soummam qui va réussir en Algérie, c'est le seul moment ou l'Algérie faisait face à la France et à l'Otan. La décentralisation vers les régions et suppression des representants de l'Etat au niveau de chaque mairie, daira, l'élu sera le premier responsable de ses administrés et puis le vote local, peut être décalé d'une région à l'autre et on aurra pas besoin de surveillants wisigoths ou arabes pour choisr nos maires et nos assemblées, l'Algérie ne sortira pas du piège avec un vote surveillé dans un bureau à el Anasser ou Oran ville, on ne guérit pas un cancer avec du Dafalgan.

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hamid

La ligue des imbéciles, ils détruisent leur propre civilisation, je suis Algérien de l'est mais je suis prêt à donner ma vie pour Said Sadi s'il déclare complètement que nous n'avons rien avoir avec ces énergumènes. J'ai change ma perception et je préfère un kabyle qui gouverne l'Algérie, je suis sûr qu'il va nous donner notre dignity back.