"Permis de tuer" russe pour Bachar Al Assad
Mots clés : France, Syrie, Répression syrie, Russie
Après la visite du chef de la diplomatie russe à Damas, Moscou fait mine de chercher une "solution". Mais ni la France ni la Grande-Bretagne ne semblent y croire.
Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé a souligné mercredi 8 février qu'il ne croit "absolument pas aux engagements" sur la fin des violences pris par Damas auprès de son homologue russe. Le ministre des Affaires étrangères ajoute que Moscou se "trompe complètement" dans ses "arguments" sur le dossier syrien.
Mardi, le président syrien avait promis de mettre fin aux tueries à l'issue d'une rencontre à Damas avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Mais les violences n'ont pas cessé, notamment à Homs, où elles ont fait de nouveaux morts.
"C'est vraiment une manipulation de la part de Bachar Al-Assad dans laquelle nous n'allons pas tomber", a déclaré Alain Juppé lors de l'émission "Question d'info" (France Info/Le Monde/AFP/LCP). "Cela fait 'N' fois que des gens vont à Damas rencontrer Bachar al-Assad et qu'il leur donnent des bonnes assurances. (...) Je ne crois absolument aux engagements du régime syrien qui s'est discrédité".
D'après le ministre, après les vétos de la Russie et de la Chine, qui se sont opposés à l'adoption d'une résolution de l'ONU sanctionnant la répression, "il faut rebondir". Alain Juppé ajoute : "Ce que nous avons proposé, et qui est en cours d'élaboration avec la Ligue arabe, c'est de réunir le groupe des amis de la Syrie".
Il s'agit d'"exercer une pression maximum d'abord sur la Russie pour bien lui montrer qu'elle est dans une impasse (...) et surtout sur Bachar al-Assad pour favoriser le processus de transition proposé par la Ligue arabe".
Quant à l'un des arguments avancés par Moscou, celui du précédent libyen, Juppé estime qu'il s'agissait d'un "prétexte totalement fallacieux". "Il est écrit noir sur blanc dans le projet de résolution contre lequel la Russie a mis son veto qu'il n'y aura pas d'opération militaire", a-t-il clamé.
De son côté, Le Premier ministre britannique David Cameron avoue qu'il n'a qu'"une confiance très limitée" quant aux résultats à attendre de la visite que vient d'effectuer en Syrie le chef de la diplomatie russe. Au lendemain de cette visite à Damas, Sergueï Lavrov a pour sa part refusé d'évoquer le départ du pouvoir de Bachar al-Assad. Le ministre russe critique par ailleurs la vague de rappel des ambassadeurs arabes et occidentaux de Syrie. Une mesure sans "logique", a-t-il affirmé.
Lavrov n'a ainsi pas voulu répondre à un journaliste qui demandait s'il avait évoqué avec le président Assad l'éventualité de son départ pour résoudre le conflit. Toute solution à la crise syrienne doit être décidée par "les Syriens eux-mêmes", rétorque le ministre russe.
Samedi, la Russie et la Chine avait mis leur véto à un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression en Syrie. Un double véto qualifié de "permis de tuer" par l'opposition.
Avec AFP
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