Mutinerie des militaires et coup d'Etat aux Maldives
Mots clés : Maldives, coup d'état
Le président des Maldives, Mohamed Nasheed, premier président élu à l'issue d'un scrutin pluraliste dans l'histoire de l'archipel de l'océan Indien, a démissionné mardi après trois semaines de manifestations de l'opposition et une mutinerie de policiers.
Le chef de l'Etat a expliqué qu'il refusait de recourir à la force contre sa population, comme l'y obligerait son maintien au pouvoir, et a remis le pouvoir au vice-président Mohamed Waheed Hassan Manik. "Je démissionne parce que je ne suis pas quelqu'un qui souhaite diriger d'une main de fer", a-t-il déclaré lors d'un message diffusé à la télévision. "Je démissionne parce que je crois que si le gouvernement restait au pouvoir, il est très probable que nous subissions des influences étrangères", a-t-il dit.
Un membre de l'opposition et une source diplomatique indienne à Colombo ont indiqué que Nasheed avait réclamé l'aide de l'Inde et que celle-ci lui avait été refusée. Un porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères a indiqué que la rébellion était un problème interne et qu'il devait "être résolu par les Maldives". En 1988, l'Inde avait dépêché sur place à bataillon pour déjouer une tentative de coup d'Etat et soutenir le gouvernement. Le nouveau chef de l'Etat a précisé à Reuters que Nasheed se trouvait sous protection de la police et que parler de coup d'Etat était "de la désinformation".
"A un moment, ce matin, il y a eu un différend entre l'armée et la police alors que Nasheed était encore président. La situation est maintenant réglée. Police et forces armées soutiennent totalement ma prise de fonction", a dit Manik. Il a précisé que sa priorité était de créer "un environnement durable pour le tourisme car c'est notre principale industrie". Dans la matinée, plusieurs soldats avaient fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des policiers mutins et des manifestants qui assiégeaient le QG de la force de défense nationale des Maldives (MNDF), place de la République.
Le Parti progressiste des Maldives (opposition) accuse l'armée d'avoir tiré des balles de caoutchouc sur les manifestants et fait état de nombreux blessés. Dans la nuit, les policiers mutins avaient attaqué et incendié le principal point de rassemblement du Parti démocratique des Maldives du président avant de prendre le contrôle de la télévision d'Etat et de la renommer TV Maldives.
Ancien militant des droits de l'homme, Mohamed Nasheed, qui a été arrêté à plusieurs reprises lorsqu'il était dans les rangs de l'opposition, est arrivé au pouvoir en 2008 en mettant fin à trente ans de règne de Maumoon Abdul Gayoom. Il s'est attiré les foudres de l'opposition en faisant arrêter à la mi-janvier du président de la Cour criminelle et proche de Gayoom, Abdulla Mohammed, accusé de corruption. Plusieurs manifestants de l'opposition, qui accuse le président de dérive autoritaire, se sont réunis près de la présidence et ont scandé le nom de son prédécesseur.
Le vice-président devrait prendre la tête d'un gouvernement d'union nationale jusqu'à la tenue de l'élection présidentielle prévue l'année prochaine.
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