"L’Algérie n’a rien à cacher" selon Ouyahia sur l’assassinat des sept moines
Mots clés : algerie, France 24, assassinat des moines, le juge Trévidic, Tibhirine
Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a affirmé jeudi à Alger que l’Algérie n’avait "rien à cacher" concernant l’assassinat en 1996 des sept moines du monastère Tibhirine.
Après la commission rogatoire des juges français Marc Trévidic et Nathalie Poux, adressée aux autorités algériennes comprenant notamment l’autopsie des crânes des moines et l’audition de 22 témoins (*) Ahmed Ouyahia a réagi jeudi. "L’Algérie n’a rien à cacher, l’Algérie a des conventions de coopération judiciaire avec la France, et elle a toujours coopérer sur ce dossier (moines du monastère de Tibhirine, ndlr) avec la France", a-t-il déclaré en marge de la cérémonie de clôture de la session d’automne de l’Assemblée populaire nationale (APN). Le premier ministre a souligné que la coopération sur ce dossier se fait en particulier entre les ministères algérien et français de la Justice.
Pourtant les choses n’ont pas toujours été faciles sur ce dossier et sur d’autres. Le juge Jean-Louis Bruguière réputé très proche du régime avait essuyé plusieurs refus pour sa demande rogatoire en 2006. Au final, son déplacement n’a pas servi à faire avancer l’enquête puisqu’il est reparti d’Alger avec seulement le communiqué du GIA revendiquant l’assassinat des moines. Mais il faut préciser que les demandes des juges Trévidic et Poux sont plus exigentes que celles de Bruguière. Ainsi, par exemple, ils demandent carrément à entendre 22 témoins cités par des repentis du Groupe islamique armé dans des auditions filmées en 2006 par les autorités et adressées par la suite à Jean-Louis Bruguière, chargé de l'enquête à l'époque. Les deux juges ne veulent donc pas se contenter des éléments recueillis par les services de sécurité algériens. Ils entendent mener eux-mêmes leur enquête.
Au-delà des déclarations rassurantes d’Ahmed Ouyahia, il reste à savoir si les juges pourront entendre à Alger les témoins ?
Les sept moines avaient été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans leur monastère à Tibéhirine par un groupe terroriste. Leurs crânes avaient été retrouvés le mois de mai de la même année mais leurs corps ne l’ont jamais été.
Yacine K.
Lire également : Moines de Tibhirine : les juges français en quête de témoins algériens
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