La Chine offre un nouveau siège à l’Union africaine
Mots clés : chine, Union africaine, siège, Addis Abeba, sommet, UA
L’Union africaine vient de réceptionner son nouveau siège financé par l’Empire du Milieu.
Du Sud-Africain Jacob Zuma à l'Ivoirien Alassane Ouattara, en passant par le Nigérian Goodluck Jonathan, le Soudanais Omar el-Béchir, le Sud-Soudanais Salva Kiir, les dirigeants africains étaient venus nombreux assister à l'inauguration, samedi, à Addis Abeba (Ethiopie), sur fonds de tambours et de danses folkloriques, du nouveau siège de l’Union africaine. Le siège de l'UA est "sans doute le plus haut de Addis", s’enthousiasme le président de la Commission de l'UA Jean Ping, avec une hauteur de 113 mètres selon ses services. Le coût est de 200 millions de dollars, entièrement sortis de la poche chinoise. Mais gageons qu’elle en a déjà repris dix fois plus en Afrique.
L'empreinte de Pékin y apparaît un peu partout en filigrane, dans une pierre traditionnelle chinoise qui décore un jardin d'apparat, dans la signature gravée dans la pierre d'entrée ("avec l'aide du gouvernement de la république populaire de Chine", un euphémisme !), voire dans le choix des canaux de traduction simultanée, le chinois s'étant vu attribuer le premier canal, et l'anglais le second. Mais pas seulement. Car de quelle indépendance va s’enorgueillir l’Union africaine alors que son siège est entièrement financé par la Chine ? Osera-t-elle dire non à ce pays qui est en train d’accaparer les ressources de nombreux pays africains ? Ces dix dernières années, la Chine est devenue le premier partenaire économique de l’Afrique, détrônant de loin les Etats-Unis, la France et l’Angleterre. Elle représente 10% du total du commerce extérieur chinois. Soit 150 milliards de dollars. Et plus de deux mille sociétés chinoises qui ont investi 13 milliards sur le continent. Donc, il n’y a rien de philanthropiques dans cet investissement. Les Chinois sont de terribles et agressifs investisseurs. Car mettre 200 millions de dollars dans un siège dans le continent noir ne représente presque rien eu égard aux intérêts immenses que la Chine en tire.
Enfin, les chefs d'Etat africains qui ont ouvert dimanche leur 18e sommet ont auparavant été invités à planter un arbre devant le nouveau siège, hommage posthume à Wangari Maathai, la militante écologiste kényane et prix Nobel de la Paix, décédée l'an dernier.
Comme souvent depuis ces derniers temps, l’Algérie a été représentée à ce sommet par Ahmed Ouyahia, Abdelaziz Bouteflika ne sortant plus beaucoup de sa résidence algéroise.
Yacine K.
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