Médiation et ballon de baudruche : L’incompétence chronique de Messahel

Abdelkader Messahel.
Abdelkader Messahel.

Indéboulonnable malgré les remaniements ministériels, préservé par les canaux médiatiques qui ne pipent mots de ses écarts de comportement devenus réguliers lors de ses différentes missions en sol étranger, Abdelkader Messahel, ministre des Affaires maghrébines, de l'Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, abuse impunément de son positionnement privilégié dans le premier cercle présidentiel pour perpétuer ses échecs diplomatiques et entamer la crédibilité de son département.

En bon diplomate illusionniste, le comédien mis en scène il y a quelques jours pour attester de la bonne santé du chef de l’Etat, lors du dernier montage de la télévision publique, incarne à lui seul l’audacieuse imposture d’un gouvernement qui dissimule très mal la vacance du pouvoir. Abdelkader Messahel s’affirme désormais comme un membre actif du clan qui a pris en otage l’Algérie pour se servir. Abus de faiblesse à l’endroit d’un président grabataire, à l’endroit d’un pays dont les institutions ont été mises à mal. Magnéto.

Une source bien informée du milieu de l’audiovisuel explique que c’est Toufik Khelladi, directeur de l’EPTV, l’entreprise monopolisant les différentes chaînes de l’ex-Unique, qui veille personnellement à la couverture redondante et emphatique des activités du ministre chouchouté d’El Mouradia. Le deuxième patron du Ministère des Affaires étrangères, qui n’a de cesse d’œuvrer à imposer un bicéphalisme ridicule et stérile à l’appareil diplomatique algérien, bénéficie ainsi de la complaisance bienveillante des médias lourds qui ont fini par lasser les relais de la presse écrite, les menant à douter des réelles aptitudes de l’omniprésent agitateur aux lauriers obtenus sans résultat probant.

No success…

Il faut dire que la chansonnette qui ressasse "l’expérience algérienne en matière de lutte antiterroriste" ou celle d’"Alger pour une solution par le dialogue inclusif dans la crise…" sont devenues des formules éculées qui n’ont aucun impact sur les événements que le sous-département que dirige Abdelkader Messahel feint de traiter. Le cas libyen illustre malheureusement le décalage entre les tonitruantes annonces de médiation et les chétives incidences sur le terrain, lesquelles contredisent à chaque fois toute influence de Messahel par-delà les frontières. Un "génie" en panne d’initiative depuis bien longtemps. Depuis qu’il prétend vouloir gérer seul des dossiers qui le dépassent. "Seul" signifiant dans les arcanes de l’Exécutif "sans l’aide de son co-locataire, Ramtane Lamamra avec lequel il s’est installé dans une position de concurrence ouverte et permanente".

S’attribuant, de façon éhontée, le travail des autres qui se dévouent dans l’ombre au service de la paix et de la sécurité en Libye et dans la région, Abdelakder Messahel, dont l’échec est patent, a ouvert la voie à d’autres acteurs, notamment, la Tunisie et l’Egypte qui défendent respectivement leurs intérêts nationaux avant tout. Le Sommet tripartite décidé à Tunis et non tenu à ce jour est une preuve irréfutable de la diplomatie spectacle de Messahel dont l’ego surdimensionné a beaucoup contribué à nous éloigner d’une véritable solution à la crise libyenne faute de travail sérieux, efficace et constant.

Récemment, une source sécuritaire espagnole révélait, à un cercle d’initiés, la tentative de notre ministre dépité de s’en remettre à Idris El Senoussi, le petit-fils du roi déchu de Libye, Idris 1er. Messahel l’aurait rencontré dans un hôtel madrilène, afin de demander à ce notable libyen en exil, introduit aux Etats-Unis plus en homme d’affaires qu’en acteur politique, qu’il le recommande aux Américains, pour un rapprochement avec la nouvelle équipe de Donald Trump. C’est que l’imposteur n’ignore pas que Washington n’accorde aucun crédit aux manœuvres du médiateur algérien en mal de visibilité et de reconnaissance pour ses fausses performances que son ami Khelladi présente, par le biais de "l’orpheline", comme des victoires. Risible manipulation, n’eut été le grave discrédit que ces comportements irresponsables jettent sur la diplomatie algérienne et l’Algérie.

Personne n’en parle encore à voix haute, mais ce n’est point un secret sur la place d’Alger que les relations d’affaires liant Khelladi et Messahel, notamment à travers les boites de communication appartenant à des membres de leur famille qui permettent un siphonage criminel des deniers publics, constituent le socle de leur inébranlable complicité.

Mépris US

Idris El Senouci aurait-il transmis le message saugrenu du ministre algérien ? Cela expliquerait le retour de manivelle et l’humiliation subie par Abdelkader Messahel durant son dernier voyage à Washington la semaine dernière où personne n’a daigné le prendre au sérieux; l’Administration américaine ne lui ayant réservé qu’un programme de rencontres limitées à des interlocuteurs sans épaisseur. On susurre même à l’ambassade américaine d’Alger que le ministre des Affaires maghrébines, de l'Union africaine et de la Ligue des Etats arabes a irrité les autorités US en voulant absolument transformer sa visite de travail en "deuxième réunion de haut niveau", à l’image de celle effectuée par Kerry en Algérie. "Si Messahel" espérant une audience chez le MAE américain, bien entendu ! C’était ignorer que le Département d’Etat américain, très pointilleux sur les usages diplomatiques, ne saurait tenir pareille consultation sans la présence de l’homologue algérien en titre, à savoir Ramtane Lamamra. On notera que cette deuxième réunion a d’ailleurs déjà été tenue à Alger, en 2014… Comme on le voit, pour Abdelkader Messahel, tous les moyens sont agréés pour tromper son monde, en bon spécialiste de l’esbroufe qu’il est.

Gouvernance loubia

Au moment où l’ANP consent d’énormes sacrifices pour sécuriser les frontières en attendant un retour à la stabilité dans le périmètre stratégique de l’Algérie, des ministres, qui ne doivent leur ascension qu’à leur connivence avec les maîtres de Céans, se permettent de tourner en bourrique l’opinion publique et les institutions du pays. Messahel qui aime à se présenter comme un ministre sympathique savourant la loubia populaire, ne mijote assurément rien d’élaboré lui non plus dans ses cuisines du Ministère des Affaires Etrangères. Sauf que ses recettes n’ont pas la saveur authentique des plats simples et ses périples inutiles de globe-trotter paumé coûtent très cher au trésor public. Piètre médiateur et piètre ministre. A l’image du règne finissant d’Abdelaziz Bouteflika qui aura réussi à généraliser l’échec contre toutes les compétences réelles parasitées par ses sbires en mission pour la destruction du pays.

Youcef Lemri

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Commentaires (3) | Réagir ?

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samir mderci

djamel rami, désolé il n'est pas de Tlemcen mais des béni messahel venusz du maroc, d'ailleurs les vrais tlemcéniens n'ont pas de métis, il s'apparente à Bouteflika uniquement par son larbinage légendaire.

Normalement il ne serait pas ministre, au vu de ses origines comme Abdelkader Ben Salah du Maroc ou ils ont de nombreuses familes question de sécurité nationale.

Mais comme Bouteflika a mis cette sécurité nationale sur sa "Roulette", alors svp ignorez les ils sont tous condamnés à périr, que Ramadan emporte sont lot au sommet cette année In Ch' Allah.

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djamel rami

Sa seule référence c'est d'être de Tlemcen..... soi disant !

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