Qui se souvient d'Abdelkader Meksa ?

Meksa avec sa femme Nathalie et sa fille Missiva.
Meksa avec sa femme Nathalie et sa fille Missiva.

L'immense auteur de "Zelgum", "Anzar", Abdelkader Meksa, est né le 4 juin 1954 à Mira (Timizart) en Algérie. Il est décédé à Créteil (France) le dimanche 30 octobre 1988, à l'âge de 34 ans.

Meksa, un talent fou et un parcours digne d'une étoile filante qui continue de nous illuminer de ses morceaux musicaux. Tous les mélomanes qui l'écoutent diront qu'il est parti trop tôt. Abdelkader Meksa a, en une brève carrière artistique, apporté énormément à la chanson kabyle. Son jeu de guitare tout en sensibilité et sa voix cristalline gorgée de douceur ont fait de lui un chanteur hors pair.

Missiva Meksa qui a perdu son père alors qu'elle avait seulement huit ans a raconté à kabyle.com, que son père est mort suite à une bavure, non par accident comme beaucoup le laissent croire.

"Mon père est mort d’une bavure policière. Ce jour fatidique du 30 octobre 1988, après son travail, mon père est passé boire un coup dans un bar. Ayant voulu passer un coup de fil, il descendit au sous-sol où se trouvait l’appareil téléphonique. Mais il trébucha dans les escaliers et tomba. En le découvrant ainsi, le patron du bar appela la police qui est venue le récupérer. On le mit dans une cellule de dégrisement sans examen médical préalable. C’est quand ils ont vu qu’il ne bougeait plus depuis un bon moment que les policier ont décidé de le transporter dans un hôpital. Le rapport de l’hôpital que j’ai pu récupérer stipule que mon père était dans un état éthylique. Et le rapport du médecin légiste affirme que mon père avait reçu un coup (sans doute de matraque) à la tempe…"

Missiva se rappelle d'un papa poule qui aimait la chanson et sa famille. "Durant sa courte vie, il avait deux passions : celle de la famille et celle de son travail d’artiste engagé. Il était très attaché à ses racines kabyles, et à tout ce qui a trait à la civilisation berbère", a-t-elle confié dans ce témoignage.

L'inimitable Meksa Abdelkader est enterré dans son village natal, Mira, auprès de ses parents. Sa fille regrette profondément que sa tombe ne soit pas entretenu comme il se doit. Il est évident qu'un grand chanteur comme Meksa mérite les égards. "Asif asif", "Anzar" "Loundja", "Avava Amghar"... Son patrimoine est d'une richesse inouie et d'une profondeur musicale aura marqué plusieurs générations.

Repose en paix Meksa.

Hamid Arab

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