La France, le terrorisme et l’organisation Daech

Paris cherche la parade pour faire face au terrorisme qui s'est invité chez lui.
Paris cherche la parade pour faire face au terrorisme qui s'est invité chez lui.

Le théoricien allemand Clausewitz affirmait que la guerre est la politique continuée par d’autres moyens.

Une politique des Etats qui sont représentés par des dirigeants qui commandent des armées conventionnelles. De nos jours, ce n’est plus le cas, on assiste à des victoires et des défaites qui ne se font plus que par terroristes interposés. On a aussi "modernisé" les victimes, ce n’est plus des soldats, mais des femmes des enfants des vieillards… tous ceux qu’on nomme avec un rien de mépris d’hypocrisie ou d’indifférence, les effets collatéraux. Des êtres humains qui subissent la politique à défaut de la faire et qui ne sont pas du tout entrainés pour en échapper encore moins à leurs assassins. Au XXIe siècle, à l’ère du numérique du cerclage satellitaire de la planète, des Droits des humains des animaux et des arbres, la guerre est devenue une liquidation pure et simple de ceux qui ne comptent plus. On a dit à Mao qu’un vieux chef féodal a refusé, pour une question de morale, d’attaquer une armée ennemie pendant qu’elle se trouvait en position de faiblesse traversant un gué, le grand timonier a répliqué : "c’est une éthique stupide" (1) Ethique stupide aurait pensé aussi Churchill qui réfléchissait même à gazer des villes entières tel un Saddam Hussein envers ses Kurdes. En Algérie, les attentats de Paris nous interpellent pour quatre raisons :

1- Parce qu’on a connu cette calamité injuste et le traumatisme, jamais soigné encore moins exprimé, qui en découle.

2- Parce qu’on a de fortes chances d’avoir de la famille à Paris précisément dans ces "zones grises" visées où se côtoient ceux qui n’aspirent qu’au vivre ensemble.

3- Parce qu’on rêve d’y aller et chaque attentat multiplie notre chemin de croix.

4- Parce qu’on est fatigué que les médias omniprésents et omnipotents réagissent avec les même mots des mêmes analystes, filment les mêmes fleurs, applaudissent le chapelet assourdissant et lumineux des ambulances sur fond d’une indignation internationale qu’inaugure la Maison Blanche en vierge effarouchée avant de se muer en ange exterminateur. Et ce malaise qui nous saisit quand on voit cette lueur fiévreuse, cette excitation dans les yeux des journalistes du "spécial direct" telles des hyènes affamées face à un festin. Dix mois après "je suis Charlie" qui a fait gagner 20 points de popularité au Président de la France, combien avec "je suis Paris" ou "je suis Bataclan" ? L’endroit était visé, on le savait : "Nous avons un projet d’attentat contre le Bataclan parce que les propriétaires sont juifs." (2) On savait que la menace prenait de l’ampleur avec la décision de l’Elysée d’envoyer le porte-avion Charles de Gaule en appui aux bombardements en Syrie. 8 jours avant le vendredi 13, le directeur de l’IREMAM jouait les oiseaux de mauvais augure (3) : "Inéluctablement, demain, après demain, dans quelques semaines, nous allons connaitre en France le même sort que les Russes dans le Sinaï. Certains, leur calculette électorale en main, s’en réjouissent sans doute déjà. Le pire, en fait, ne sera pas l’attentat. Ce sera ses terribles lendemains. Car à n’en pas douter, cet attentat programmé ne fera pas voler en éclats que des victimes innocentes. Il fera sauter également les derniers barrages qui contiennent les torrents de la haine sectaire qui, déjà ronge la République ?" On remarque qu’en Algérie où il n’y a que des autochtones depuis plusieurs siècles une seule langue une seule religion, les attentats ont produit la même malédiction de ces lendemains qui n’ont même pas l’excuse d’une haine sectaire. A la question du journaliste (4) : "La France a-t-elle les moyens de lutter contre le terrorisme de grande ampleur ?" un ex-juge antiterroriste répliqua : "Non, la donne a changé. L’évidence est là : nous ne sommes plus en mesure de prévenir les attentats comme dans le passé. On ne peut plus les empêcher. Il y a quelque chose d’inéluctable…Les politiques prennent des postures martiales, mais ils n’ont pas de vision à long terme. Nous, les juges, les policiers de la DGSI, les hommes de terrain, nous sommes complètement débordés. Nous risquons d’aller dans le mur." Les mots sont mesurés, l’ancien fonctionnaire de la Justice de la République est tenu à la réserve.

La France est minée par des fractures même les policiers manifestent leur ras-le-bol dans la rue. Quant à sa puissante armée, elle n’est plus que l’ombre de celle rêvée par le général Charles de Gaule. C’est une armée sur-déployée avec un minima de capacités d’un pays pourtant premier exportateur européen d’armes : "…Au Mali,… pour l’opération Serval (2013-2014), les véhicules avaient deux fois l’âge des conducteurs. Nos avions Rafale étaient ravitaillées par des avions qui avaient plus de 50 ans etc.…un avion sur deux ne peut décoller, un navire sur deux ne peut prendre le large et un char sur deux ne peut rouler…les hélicoptères Tigre, quatre appareils sur cinq ne peuvent prendre l’air…" (France tv info) Il y a aussi le facteur humain en chute libre qui dirige le pays des Lumières. On s’interroge même en Suisse : "La France serait-elle tombée entre les mains d’un gang de dangereux amateurs ? Après la ministre de la Culture qui ne peut citer un seul titre du dernier prix Nobel français Patrick Modiano… Voici maintenant le ministre du Travail qui ne sait pas combien de fois l’on peut renouveler un contrat de durée déterminée, pilier de la régulation de l’emploi en France…" (5). Malheureusement, les Français votent pour eux contrairement aux Algériens qui ont la médiocrité imposée et le bonus d’un "dégage" à l’envers. Ces attentats que paye la populace font hélas leur aura. A un moment donné, on ne peut éviter la question : qui est responsable ? Officiellement c’est le président Bachar el Assad. Dans les commentaires sur le web, des gens qui ne sont ni journalistes ni politiciens encore moins analystes, des «bougnoul»avec des noms inconnus derrière de ridicules pseudos posent enfin les vraies questions : "D’où viennent les armes ?"

"D’où viennent les armes ?" Dans le livre Al Qaida en France, de Samuel Laurent, on peut lire que les terroristes possèdent les armes les plus sophistiquées du moment. L’auteur affirme que l’Organisation terroriste a introduit en France des missiles à fairet pâlir de jalousie l’armée française. Des engins capables de faire exploser un avion à 1 ou de 2 km de distance de l’aéroport au moment propice : au décollage ou l’atterrissage. Traduction : impossible de déjouer ce 11 septembre à la française…Il ajoute que les têtes pensantes, on le devine, n’ont rien à voir avec les banlieues. Ils y puisent simplement leurs kamikazes. Ils évoluent dans les sphères plus élevées, impossible de détecter en eux le moindre arabisme encore moins islamisme ainsi que dans leur entourage. Si c’est de l’information c’est grave si c’est de l’intox encore plus. Comment s’explique en ces temps explosifs, le silence des autorités concernant la vente d’un brûlot aussi "satanique" ; pas même un procès … Pour avoir douté de l’existence des chambres à gaz, il y a plus de 40 ans, Le Pen a été définitivement mis hors de la société et son parti diabolisé quel que soit son score. Il a fallu attendre la défaite du nazisme et des décennies pour que Mein Kampf le livre d’Hitler soit disponible au commun des mortels.

"D’où vient l’argent ?" "Alain Chouet, ancien chef du service de renseignements de sécurité à la DGSE dit à la presse : "Nous sommes alliés avec ceux qui sponsorisent depuis trente ans le phénomène djihadiste." Il ajoute que la "guerre de civilisation" et celle contre le terrorisme est une imposture du couple Droite-Gauche qui masque une autre "celle de l’alliance militaire entre les pays occidentaux et les parrains financiers du djihad". Une imposture ou "zéro alternative". Il dit qu’on ne fait pas la guerre au terrorisme, mais à des criminels. S’attaquer aux causes pas aux exécutants. "Sur 1,5 milliard de musulmans, si 1 sur 1 million péte les plombs, cela fait déjà un réservoir de 1500 terroristes..." On a tendance à le croire quand on entend à la TV que pendant des années l’Europe a acheté du pétrole à Daech sans le savoir. Daech, l’invincible, dirigée par des anciens officiers de Saddam, qui sûrement ont connu l’enfer avant d’être "récupérés". D’un pays qui ne pouvait qu’éclater à la moindre friction, l’Irak, créé par des militaires britanniques en 1920 pour réprimer une insurrection. Faire la guerre pour le pétrole alors qu’on l’a déjà, ce n’est pas sérieux quand on voit ce que coûte une guerre.

Aujourdhui s’entendre avec le Raïs est plus rentable que de s’accaparer de son bled. Certains observateurs disent que ce va-t-en guerre des dirigeants occidentaux c’est une fuite vers l’avant face à leur échec. C’est le traumatisme millénaire du monarque qui a failli dont les sujets ne peuvent trouver leur consolation que dans son lynchage. D’après les sondages, la majorité des Américains, des Français… n’ont plus confiance en ceux qui les représentent. Le vote ne veut plus rien dire quand on voit le pourcentage de l’abstention. L’hibernation populaire n’existe pas seulement en Algérie, partout elle est largement entretenue par les médias de masse grâce au divertissement jusqu’à la crétinisation. A l’image de la France, les politiciens américains ont fini par faire bon ménage avec les journalistes. Le meilleur exemple, une ex-journaliste de CNN représentante US à l’ONU. Une léthargie possible grâce au manque de solidarité des classes qui n’existait pas avant. On a divisé pour régner sur quoi ?

En Occident, on est en train de changer la population par une autre étrangère plus malléable de même dans le monde arabe où les dirigeants sont soulagés de se débarrasser de leurs éléments les plus perturbateurs. Le Figaro a interrogé ses lecteurs : "si la photo d’Aylan, le petit noyé syrien a changé leur vision sur la crise des migrants ?". Sur 58200 réponses, 18 % seulement ont répondu oui. Traduction : 47724 ont peur. Dans quel pays au monde on accueille des demandeurs d’asile à bras ouverts quand on souffre du chômage de la crise du logement de l’insécurité et surtout du terrorisme ? En Algérie, les premiers à se plaindre des migrants syriens (dont le nombre est plus modeste) ce sont les mendiantes. A l’exception des Suisses et encore, les populations européennes ne deviennent citoyennes que le jour où ils élisent leurs représentants, après ils cessent d’être maitres de leur sort jusqu’au jour du prochain vote. Cet attentat à Paris et un point de non-retour, mais avec un Daech plus terrifié par la "débauche" des musulmans que l’impérialisme des croisés. "Le terrorisme est…une manière de se venger d’un ordre qu’il n’admet pas et contre lequel il n’a pas les moyens politiques de réagir. Au fond, le but du terrorisme est de faire évoluer la conception politique de ceux qui sont au pouvoir." (1) C’est vrai que le terrorisme cible toujours les victimes apolitiques dépourvues de tout pouvoir.

Mimi Massiva

Renvois

  1. La Guerre (Michel Dubost)
  2. LePoint.fr (bureaux de la DCRI février 2011)
  3. Facebook, François Burgat, (directeur de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman, IREMAM à Aix-en-Provence)
  4. Marc Trévidic, Journal du Dimanche (5 novembre 2015)
  5. Directeur des editions Xenia (Brèves 13/11/ 2015)

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Commentaires (1) | Réagir ?

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deradji nair

Où vous avez vu des mendiants syriens en Algérie car c'est le seuls réfugiés à qui ont autoriser de travaillé comme tout algérien. Vous etes toujours contre ce pays et vous vénérez toujours votre mère patrie la France. Est-ce par plaisir, par amour ou par sein que vous avez tété.