Les déboires d’Air Algérie et la cohue aérienne mondiale

Air Algérie connait de sérieuses perturbations.
Air Algérie connait de sérieuses perturbations.

S’il est vrai qu’Air Algérie n’excelle pas dans l’art du timing ni de celui des tarifs appliqués à sa clientèle, insupportablement élevés depuis toujours, il est néanmoins utile de donner quelques indications de l’atmosphère de cohue qui règne dans la plupart des grands aéroports du monde en ces période de grands rush, sans pour autant disculper les dirigeants de notre compagnie aérienne de leur part de responsabilité concernant les diverses anomalies et autres incidents rapportés par la presse ces derniers jours. Petit témoignage :

Samedi 9 août, New-York; un laconique email nous apprend que le vol de connexion retour, Londres- Bruxelles, prévu pour le lendemain 14h30, est annulé, nous invitant, pour de plus amples informations, à contacter British Airways. Suite à de simples tractations au téléphone, on nous réserve des places sur le vol suivant, prévu à 16h30. Après tout, 2h de retard sur le planning, ce n’est pas si grave que cela! Malheureusement, les choses ne se limitent pas à ce contretemps.

Passées les formalités de contrôles à l’Aéroport JFK, un retard sur le vol vers Londres, initialement prévu à 21h50, est annoncé, retard qui s’évalue à pas moins de 2h. Le commandant de bord s’est néanmoins excusé dès que l’ensemble des passagers fût embarqué, expliquant les raisons de ce retard, dû essentiellement au flux croissant de circuits aériens entre les 2 continents et l’effet boule-de-neige sur les petits délais entre allers et retours, délais qui s’accumulent très vite en période estivale. Arrivés à Londres vers 11h locales, les 5 heures d’attentes qui nous attendaient nous semblaient interminables, bien que confortablement assis dans la salle d’attente de Heathrow-Airport. L’œil vissé sur le tableau d’affichage, nous voyions s’inscrire d’importants retards et annulations sur de nombreux vols à destination de l’Europe et d’ailleurs, mais tant que le nôtre était toujours fixé à 16h30, nous ne perdons pas confiance d’un départ à l’heure, bien que la météo affichée sur grand écran, annonçant une tempête aux alentours de la presqu’île britannique, prenait des allures de mauvais présages. Effectivement, désillusions vers 15h40. L’affichage du vol vers Bruxelles bascule à 17h30. Les minutes s’écoulent avec une lenteur angoissante. 16h40, notre vol est toujours affiché pour 17h30, mais tant que la porte d’embarquement n’est pas indiquée nous n’étions toujours pas rassurés. Minutes supplémentaires d’attente interminables. 16h50, la porte d’embarquement s’affiche enfin, provoquant un empressement collectif instantané. Vers 17h45, l’ensemble des passagers est embarqué. Ouf de soulagement général, d’autant que le commandant de bord nous annonce une mise sur piste imminente. Des rafraîchissements sont servis pour faire baisser l’irritation des uns et l’angoisse des autres. Faut-il avouer que dans ces cas là, une bonne bière fraîche ne peut être que bienvenue ? 18h15, soit plus de 30 minutes sur le tarmac, l’avion ne bouge toujours pas. L’inquiétude est collective. 18h45, le commandant de bord nous informe qu’un problème technique au niveau de l’appareil, un Airbus A319, impliquant un retard additionnel non quantifiable, venait d’être localisé par les ingénieurs aéronautiques. Pas de panique à bord, tant qu’il s’agissait de sécurité, on ne blague pas ! Tout le monde semble prendre le mal en patience. A travers des messages réguliers, quasiment toutes les 5 minutes, notre commandant fait part de l’évolution de la situation, et vers 19h15, quand le problème fut identifié, il s’infiltre carrément dans le couloir passagers, sourire aux lèvres, pour expliquer avec un humour délicieux : «voilà chers passagers, le problème vient d’être identifié par nos ingénieurs, il s’agit d’un mauvais positionnement du siège de pilotage !» Et de rajouter, en amplifiant son sourire « je suis certain que vous n’aimeriez pas conduire votre voiture, le siège déplacé de l’axe du volant, vous comprendrez donc que je ne puisse pas piloter à l’aise et en toute sécurité, avec un siège décalé des manettes de commandes !» Intervention brève, concise et suffisante pour provoquer amusement, réconfort et soulagement parmi tous les passagers. 19h30, le problème est enfin réglé, et nous voilà partis pour atterrir à Bruxelles avec 6h de retard sur le planning initial. Je crois savoir que ce jour là, la cohue à Heathrow était telle que de nombreux voyageurs vers d’autres destinations ont dû y passer une bonne partie de la nuit.

Cette anecdote se veut un témoignage sur le fait que le trafic aérien de part le monde a atteint des niveaux de saturation tels qu’en ces périodes estivales, des retards ne sont plus une exception mais plutôt une règle quasi-générale. A l’évidence, les passagers des compagnies aériennes les plus désorganisées, dont Air Algérie occupe une position peu honorable, en seront les éternelles victimes, si rien n’est fait pour faire du mot sérieux le leitmotiv de tout le personnel, responsables en premiers. Or, à lire les déclarations de Madame Mounia Bertouche, chargée de communication d’AA, laquelle ne trouve rien d’autre comme excuse qu’un « Allah Ghaleb » majestueux* pour justifier le tohu-bohu qui règne dans sa compagnie, et au vu du fait que son PDG, Mohamed Salah Boultif, ramène le problème de milliers de voyageurs à sa petite personne, en exhibant les intitulés de ses diplômes pour justifier sa nomination, et en dévoilant un égo touché à blanc, au point de menacer d’ester en justice les journalistes de tsa** pour l’avoir mis en cause, il va sans dire que le sérieux de cette compagnie n’est pas pour demain !

Mais comment pourrait-il en être autrement quand le bateau Algérie est confié à un capitaine aphone, immobile et incapable du moindre geste de redressement d’une barre livrée aux caprices du temps et des imbéciles qui se contentent d’en scruter les dangers en espérant d’Allah une issue clémente pour eux ? Quand aux petites gens, parmi lesquelles les voyageurs d’Air Algérie, elles n’ont qu’à faire leurs propres incantations pour de meilleurs voyages dans le ciel, en attendant que les responsables fassent preuve de plus de tact à leurs endroit !

Faut-il rappeler qu’Air Algérie ne doit sa survie qu’à une dictature politique perpétrée par des hommes qui ne s’encombrent point de morale pour désigner et dégommer toutes sortes de responsables dont le mérite est d’exceller dans l’irresponsabilité et une inconscience à se flinguer les neurones? Pourquoi se soucier du petit peuple dès lors que les poches se remplissent, à tire-larigot, de moult liasses en devises sonnantes et trébuchantes ? N’est ce pas Monsieur le PDG sorti de l’ENA, et qui se targue d’une post-graduation en Angleterre ? post-graduation qui n’aura servi à rien, l’ingrédient essentiel, celui du flegme légendaire britannique (voir l’anecdote du commandant de bord, ci-dessus relatée), nécessaire à ce genre de responsabilités, n’ayant pas été assimilé. Faites preuve de fair-play Monsieur le PDG, jetez l’éponge et laissez votre poste à plus compétent ! L’histoire d’Air Algérie retiendra votre geste comme un signe de bravoure et non comme un geste de lâcheté, croyez moi ! L’Algérie est en manque de tels gestes exemplaires. Evidemment, si vous vous assimilez au clan Bouteflika, vous continuerez mordicus à vous croire irremplaçable car meilleur que les autres, comme ils disent de lui, lui, le plus agile de tous malgré un pied et demi dans la tombe ! N’est-ce pas son Général ? Lui, avec un cerveau plus actif que l’ensemble des nôtres, malgré un AVC fatal aux neurones les plus coriaces, n’est ce pas Amara Benyounès ?

Quant aux tarifs appliqués par Air Algérie, je crois avoir lu un témoignage d’un père de famille qui dit avoir payé 2200 euros pour 4 billets aller-retour Paris-Alger. C’est bizarre, mais c’est exactement la somme déboursée pour 4 billets aller-retour Bruxelles-New-York, en cette période de grand rush. On peut bien croire à la bonne volonté de nos responsables pour faire diminuer les tarifs, mais il va falloir en faire d’avantage pour convaincre qu’un séjour à Alger est plus attrayant qu’un séjour à New York ou ailleurs pour le même budget, d’autant qu’on à beau dire, un séjour chez le « Grand Satan » est bien plus apaisant et décontractant que des vacances dans mon pays (musulman) où l’incivilité, ambiante au détour de chaque recoin, vous pousse en permanence à regagner au plus vite le pays des « koffars » où vous avez élu domicile!

Nul pays ne peut être bien géré par de mauvais canassons, fussent-ils les moins mauvais de tous! En vouloir aux seuls responsables d’Air Algérie, c’est ignorer les sources de nos maux, et ces sources, n’en déplaise au Général Nezzar, ne se trouvent nulle part ailleurs qu’à El-Mouradia et aux Tagarins d’Alger, les deux repaires des grandes canailles qui ruinent le pays. En disserter d’avantage ne serait que pure fantaisie, avec ou sans les déboires d'Air Algérie !

Kacem Madani

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Commentaires (6) | Réagir ?

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Al Jardine

Bonjour Kacem Madani

Certains algériens excellent dans l'art d'exhiber leurs diplômes (surtout étrangers) que cela devient agaçant à la longue. Parfois je suis contraint de hausser mes épaules (signe de désintérêt) devant eux. Un diplôme sanctionne une culture et un savoir mais le savoir-faire c'est sur le terrain qu'il faut le prouver. On passe du tableau d'école au tableau de bord! Faut-il rappeler que l'Algérie n'a jamais formé de bon managers dans le bon sens du terme?

C'est toujours un plaisir de vous lire.

Salutation du Midwest US.

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mohand aghedu

Bonsoir Madani !

En tentant d'opérer un parallèle avec les compagnies

aériennnes étrangères, n'êtes-vous pas, précisément,

en train de disculper Air Algérie ?... De grâce, ne vous

fourvoyez pas dans des combats douteux, vous qui

nous avez habitués à plus de clairvoyance.

PS : j'allais titrer ma saute d'humeur :"les aveux les plus doux"

ou : "en un combat douteux". Mais ce serait tenir là des propos

bien outranciers, cher ami.

outranciers, cher ami.

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