Que cache le dernier changement à la tête de Sonatrach ?

Par Mohamed Benchicou

Rien ne laissait entrevoir ce bouleversement à la tête de la plus importante compagnie algérienne, rien si ce n’est des facteurs politiques extérieurs qui semblent liés d’une part, à la mise en place d’un personnel dirigeant résolument Bouteflikiste dans la perspective d’une situation où l’actuel président viendrait à passer la main et, d’autre, à un come-back d’intérêts américains bien précis dans la pétrole algérien, en relation sans doute avec le retour des Républicains de Donald Trump aux affaires.

En effet, c’est plus le parachutage du nouveau directeur général Monsieur Abdelmoumen Ould Kaddour que le départ du précédent PDG M. Mazouzi, qui suscite des interrogations. Le choix du nouveau patron de Sonatrach laisse pour le moins dubitatif. Sa qualification n’est pas en cause. Abdelmoumen Ould Kaddour est un polytechnicien diplômé du Massachusetts Institute of technologie. Mais il est surtout connu pour avoir été jeté en prison par le tribunal militaire de Blida pour « espionnage pour le compte d’un pays étranger et atteinte à la sécurité de la Nation ». M. Ould Kaddour dirigeait alors la sulfureuse société mixte algéro-américaine Brown & Root Condor (BRC), une joint-venture entre Sonatrach (51%) et la compagnie du vice-président américain Dick Cheney, Halliburton.

BRC, qui a servi de tirelire à bien des pontes américains et algériens, s’occupait de tout et de rien, bénéficiant de marchés allant de l’engineering pétrolier à la construction d’hôpitaux ou de stades de football ! Toutes les prestations de BRC étaient surfacturées. L’enquête ouverte par le tribunal de Bir Mourad Rais sur les violations et la surfacturation dans les transactions de cette compagnie, a révélé des marchés d’un montant astronomique : 5700 milliards de centimes avec le ministère de l’Energie et 13000 milliards de centimes avec le ministère de la Défense ! On découvrit alors que Sonatrach, sous Chakib Khelil avait confié, illégalement, vingt-sept projets à BRC signés de gré à gré.

C’est ainsi que BRC fut amenée à acheter, en 2004, du matériel sophistiqué destinée à l’armée algérienne, achat effectué auprès de la firme américaine Raytheon, pour un montant de 1,5 milliard de dollars.. Ce matériel consistait en des « mallettes de commandement » Ces mallettes bourrées d’électronique, des sortes d’ordinateurs communicants ultrasophlstiqués, étaient destinées aux très hauts cadres de l’armée, écrit Hocine Malti, afin de gérer l’ensemble des questions militaires, de simuler des opérations, de définir des options tactiques, d’élaborer les schémas à adopter lors de manœuvres par chacune des trois armes (terrestre, navale et aérienne). Toute la stratégie de l’armée et l’organisation de ses composantes humaines et matérielles étaient régies par ces mallettes.

Mais, vers la mi-2005, les services spéciaux russes informèrent les militaires algériens que ces mallettes étaient reliées aux écoutes de la CIA. (Voir Hocine Malti, Histoire du pétrole algérien). Abdelmoumène Ould Kaddour fut arrêté pour « intelligence avec l’ennemi » et incarcéré à la prison militaire de Blida. Il n’était sans doute pas le seul coupable. Pour tuer dans l’oeuf tous les scandales, Bouteflika fit mettre en liquidation BRC et l’Algérie dédommagera confortablement Halliburton.

Voilà que Ould Kaddour revient…à la tête de Sonatrach ! Dans quel but le clan Bouteflika refait-il appel à ce personnage ? Injonction américaine pour avoir un interlocuteur acquis aux intérêts américains ? Homme de confiance qui saura garder secrets les mic macs de Chakib Khelil ? Ould Kaddour, comme Hemche, l’homme-lige de Khelil, est natif de Hennaya, près de Tlemcen, une bourgade qui élit aux meilleurs destins puisque c’est le village natal du père de Bouteflika.

M. B.

8 réflexions au sujet de “Que cache le dernier changement à la tête de Sonatrach ?”

  1. des Ould kaddour à des ould Abbes, finalement aucune généalogie particulière, le retour du canasson de chakib khelil et dick cheney consort n'est pas en soi une surprise, et oui, la panique au haut du sommet en fin d'un cycle périlleux , ne peut que le pousser dans une vaine tentative de flagornerie prostitutive du pouvoir aux lobbys texans dont chakib khelil fanfaronne son appartenance de larbin.
    Trump fait peur à Alger, Rabat lui damne le pion et semble prêt à croiser le fer avec la troupe d'Alger.Bouteflika sur conseils de ses apprentis sorciers veut jouer en retard au lobbying aux USA? KHELIL EST INSIGNIFIANT POUR les grands lobby juifs et financiers qui gèrent les Usa, Bush et Cheney c'est du passé, le golfe arabe veille à faire barrage à un projet de lobby algérien aux Usa, tout cela pour un fort improbable refuge aux USA, deux généraux du renseignement algérien ont leurs résidences aux USA, taisons un nom et donnons le nom de l'autre puisque en retraite dixit Mediene dit Toufik….
    Ould Kaddour a bien été un agent des américains, qui l'a blanchi à Alger les services de Tartag….?
    le reste est sans importance c'est un remplacement au sein de l'ouest algérien du Mazouni au Ould Kaddour originaire aussi de Hennaya, toute sa famille y est en Tlemcen et Hennaya (ex Eugene Etienne du temps de la France), Bouteflika se piège de plus en plus à tel point qu'en cas de scénario catastrophe les européens n'ont plus aucun intéret à recevoir des vip réfugiés escrocs del Mouradia ou du MDN, malgré leurs fortunes mal acquises, ah si seulement Marie Lepen serait présidente: Un ravage sera effectué sur leurs fortunes pour dédommager les anciens colons Français, alors vite déguerpissez aux USA, Trump sera en tout cas à la frontière.

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  2. Au fait qui a dit que l'Algérie de la smala Bouteflikiste n'était pas le verrou de l'Afrique du nord, à son propre profit, et oui ; ni les Américains , ni les Français, ni les Russes et les Britanniques ne sont dupes, piller un pays immense comme l'Algérie au seul profit du clan et sous clan de Bouteflika, cela ne saura etre toléré longtemps par les grands de ce monde car mettant le feu aux poudres en Afrique du nord, d'ou l'intéret de ces puissances de remettre le Maroc comme futur état leader de la région et Gendarme de la région, meme les russes lui vendent des sukhois 34 et des sous marins pour verrouiller Gibraltar avec l'occident et bientot 18 milliards d'Armement pour remettre la mise sur Alger déconfituré militairement parlant sur le plan stratégique; bye bye "Blad al Mouadjizatt" quelle fin triste se profile pour les imposteurs devenus inutiles aujourd'hui aux puissances du monde.

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  3. CEUX QUI ONT DÉCIDÉ DE NOMMER CE NOUVEAU PDG DE SONATRACH ONT-ILS RÉFLÉCHI, D'ABORD, À L'ASPECT MORAL DE CETTE DÉCISION QUI NE MANQUERA PAS DE HEURTER FORTEMENT TOUT LE PERSONNEL DE CETTE ENTREPRISE QU'ILS SOIENT CADRES DIRIGEANTS OU NON, ONT-ILS SUFFISAMMENT ÉVALUÉ SON IMPACT NÉGATIF AU PLAN INTERNATIONAL SUR LA PROBITÉ ET LE SÉRIEUX DE L'ÉTAT ALGÉRIEN.
    IL Y A COMME COMME UNE TRAHISON QUELQUE PART QUI S'AFFIRME SANS HONTE FACE À TOUS ! CELA A COMMENCÉ PAR LES RENIEMENTS ET NOUS Y ALLONS LENTEMENT VERS L'ABANDON DE NOTRE SOUVERAINETÉ ! GRAVISSIME….

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  4. Plus cela arrive plus je pense que l’Algérie est en retard et en total déphasage avec le temps et qu’il lui faudra beaucoup pour se relever et rejoindre les pays avancés.
    Non, cela ne se fait pas comme cela dans le monde aujourd’hui, c’est-à-dire le monde qui se respecte. Non seulement on ne lit pas les derniers livres de management mais même si on les avait lus, on ne les comprendrait pas et même si on les comprenait on ne les appliquerait pas. On a en quelques sortes une façon bien particulière de gérer et cela pourrait coûter très cher. Pas immédiatement. Je m’explique en peu de mots.
    Le CEO d’une aussi importante compagnie fut-elle propriété et sous contrôle de l’état comme c’est le cas ici, ne doit pas avoir un leader nommé par un ministre. Dans le monde entier, sans rentrer dans les détails, c’est un board ou conseil formé de directeurs, en place ou d’ex. en retraite qui votent en toute responsabilité quelqu’un de l’intérieur ou de l’extérieur de la compagnie pour diriger pour un mandat donné, en le conseillant au ministre qui ne fait qu’entériner un tel conseil. Le ministre doit recevoir l’accord préalable du parlement. Comme vous pouvez le constatez, on est très loin. Et pour commencer, on ne choisit certainement pas quelqu’un avec un passé.
    Je pense que si l’on continue sur cette voie, je ne m’étonnerais pas si dans quelques années, on arriverait à nommer des étrangers au pays pour diriger chaque compagnie d’importance. On en viendra jusqu’à designer aussi des étrangers au postes de ministres, chefs de l’armée et de la police. Je suis convaincu que l’on n’a pas la capacité de gérer le pays, son gouvernement, ses ministères et ses compagnies d’état en toute compétence et profitabilité raisonnables. Tout le monde sait qu’on ne fait pas en tant que pays, le minimum requis, et qu’est très loin de pouvoir faire de la compétition aux autres pays du voisinage ou autres. On n’en est pas loin avec le FMI qui commence à s’intéresser à l’Algérie de plus près. Amicalement.

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  5. Le clan ne s'embête plus à "habiller" sa stratégie malfaisante. Il a décidé le passage en force car le Président est malade. Ce sera le retour des traitres confirmés et même condamnés. Au mois de mai 2017, Chakib Khelil sera nommé Chef de gouvernement et comme pour Ould Kaddour, personne ne réagira. Chakib Khalil futur président va garantir la continuité de l'alibi. Il appliquera les consignes du FMI et veillera à privatiser le secteur des hydrocarbures et vendra les actifs de Sonatrach (au dinar symbolique) comme cela a été déjà fait pour Asmidal. Dans 5 ans, le peuple algérien se reveillera mais trop tard pour constater les dégâts.

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  6. Nous entrons de plein pied dans la ruse du Mesmar Djeha ou comment faire pourrir au maximum la situation à Sonatrach et ailleurs pour s'approprier les lieux. Faire pourrir d'un cran supérieur une ambiance déjà bien pourrie .

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  7. Finalement Houari Boumediene avait raison de se débarrasser sans commune mesure des précurseurs de ces ould flen et feltène, au fait c'est rapide et proprement fait, un débris à envoyer au recyclage de la terre, non je ne suis pas barbouze mais je crois que seule cette solution s'invitera bientôt en Algérie.
    Au fait qui est sur de son lendemain au pays de la roulette bouteflikiste.

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  8. Après le parachutage de l'homme du bric-à-brac à BRC avec la surfacturation des marmites à 40 millions qui dit mieux ?Pour saigner le Trésor , il faut rebeloter et cette fois pour la liquidation pure et simple de Sonatrach. Une faillite et une mise à genoux de la plus grande compagnie Algérienne Sonatrach qui ne dit pas son nom et qui risque de la voir disparaitre avec tous les intérêts américains qui en sont liés. Il faut donc renégocier , racheter ou Carteliser une société en déperdition pour la mettre sous la botte des Americains avec la complicité des militaires. Dans ce domaine la désignation de ce nouveau patron obéit presque aux mêmes objectifs assignés à la défunte société fantoche ex- BRC, comment sauvegarder les super-profits américains avant toute autre chose.

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