Deux informations majeures sont passées quasi inaperçues ces derniers jours, qui confrontées et rapprochées l’une à l’autre révèlent les errements de la politique étrangère algérienne. La première concerne la déclaration de Nicolas Sarkozy au dîner annuel du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF) à Paris où il a déclaré : « Je ne serrerai pas la main à des gens qui refusent l’existence d’Israël », pendant que Richard Prasquier , le président de cette institution lui rappelait la nécessité pour Israël d’être au coeur de son projet d’Union méditerranéenne. La seconde information, qui est d’un même degré d’importance, concerne notre ambassadeur d’Algérie en France. Celle-ci qui figure d’ailleurs sur le site de l’ambassade d’Algérie à Paris révèle que « Missoum SBIH, Ambassadeur d’Algérie en France a été, le 7 février 2008, l’invité d’honneur du dîner d’hiver du Club des Ambassadeurs de Monaco » et « qu’au cours de ce dîner-débat, l’ambassadeur d’Algérie a fait un exposé sur le projet d’Union méditerranéenne qui a été suivi d’un très large débat. »
De deux choses l’une, soit M. Sbih est devenu le VRP de Sarkozy pour ce qui est de du projet d’union méditerranéenne, un idée purement zarkosiste qui soit dit en passant est unanimement critiquée et rejetée par les principaux membres de l’UE, en particulier l’Allemagne, soit l’attitude algérienne concernant le processus de Barcelone a changé, auquel cas il serait plus qu’indispensable que le gouvernement algérien s’explique sur ce changement de cap, soit enfin, si on fait la synthèse des deux informations, il faudrait comprendre que M. Bouteflika s’apprête à reconnaître l’État d’Israël par le truchement de cette Union méditerranéenne dans laquelle Israël entend figurer, et que le CRIF a ardemment défendu auprès d’un Sarkozy pleinement acquis à l’2tat juif.
Alors, Union Méditerranéenne, portée par un président français pro sioniste comme jamais la France n’en a produit, ou processus de Barcelone, soutenu par l’ensemble des partenaires européens engagés dans la démarche ? Visiblement, l’Algérie n’est sortie de ses compromettants atermoiements politiques.
Omar Cheriet
