Le dernier sommet de l’UMA remonte à avril 1994. Le prochain ne semble pas prévu pour tout de suite.
Rude, rude que de réunir le roi et les chefs d’Etat du Maghreb. Lundi dernier le porte-parole de la Présidence tunisienne, Adnène Mansar, a annoncé, au cours d’une conférence de presse, que le prochain sommet maghrébin devrait avoir lieu à Tunis le 10 octobre 2012. Ce rendez-vous maghrebin pourrait toutefois être retardé pour laisser aux pays de l’Union du Maghreb plus de temps pour les concertations et le dialogue en vue de faire réussir le sommet, indique-t-on avec prudence à Tunis.
Réponse du berger à la bergère, Alger répond à Tunis. Par le même canal. Autrement dit, par la voix d’Amar Belani, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
La date de la tenue du sommet de l’Union du Maghreb arabe (UMA) « fait encore l’objet de consultations et elle sera arrêtée lorsque le processus préparatoire aura été mené à son terme pour assurer à cette importante échéance les meilleures conditions de succès« , a indiqué mercredi Belani. Voilà qui éloigne la perspective de réunir les chefs d’Etat de la région. Alors divergence profonde ou simple mésentente sur la date ? L’avenir proche nous le dira.
Cette organisation moribonde que certains ont qualifiée de « syndicat de chefs d’Etat » est née en 1989 à Alger, à l’époque de Chadli. Mais à partir de cette date, aucune réunion ni décision majeure qui engage les pays de la sous-région n’a été prise. Pire, depuis 1994, année de la fermeture des frontières algéro-marocaines, plus aucun sommet ne fut organisé. Il était question d’un sommet en décembre 2003, mais il a été annulé comme tous les autres. La même année, l’ancien dictateur libyen avait déclaré : « L’UMA est à mettre au frigo« .
Depuis le vent révolutionnaire du printemps arabe est passé par là pour dégommer trois dictateurs de la région. La Tunisie et la Libye ont pris l’option de la voie résolument démocratique avec l’organisation des premières élections libres. Le roi du Maroc, Mohammed VI, est arrivé au pouvoir en juillet 1999. Pour parer à tout contagion révolutionnaire, le roi avait fait voter par référendum la révision de la Constitution il y a une année. Depuis le Maroc a organisé les premières élections libres qui ont vu l’arrivée des islamistes au pouvoir. Seule l’Algérie n’a pas connu de changement depuis une décennie. Bouteflika qui aura connu tous les dirigeants de ces pays fait figure d’homme du passé dans l’échiquier maghrébin. Bouteflika est le seul frein devant les accélérateurs de l’histoire que sont nos voisins. A ce propos, il est l’unique dirigeant à n’avoir pris aucune des mesures majeures annoncées et promises lors de son discours du 15 mai 2011. Bien au contraire, c’est à un renversement de situation, à un véritable tête-à-queue que les Algériens assistent médusés.
A ce titre, les retrouvailles avec les réformistes du Maghreb, si retrouvailles il y aura, risquent de créer quelques frictions. Surtout si l’on sait que les dossiers de discorde sont nombreux. Fermeture des frontières avec le Maroc et la Libye, la question du Sahara occidental, l’asile donné par l’Algérie à la famille Kadhafi, etc.
Yacine K.
