Le Matin d'Algérie

La police arrête et embarque les greffiers à Alger

En grève depuis une quinzaine de jours, les greffiers ont tenté mardi matin d’organiser un sit-in de protestation à El Mouradia. En vain.

Plusieurs dizaines de greffiers ont tenté de se rassembler devant la présidence, mais c’est compter sans l’intervention musclée des services de sécurité qui ont rapidement intervenu. Certains greffiers ont été tabassés, d’autres interpellés. Nombre d’entre eux sont emmenés dans les commissariats d’Alger.

Dès la matinée, les services de sécurité ont bouclé les rues qui mènent à la présidence pour empêcher les greffiers d’arriver à leur fin. Les greffiers se considèrent comme les oubliés des augmentations. Des tribunaux ont été repeints, modernisés, des magistrats augmentés, mais pas les greffiers. Ils sont en grève depuis le 10 avril. La raison ? Ils demandent une réévaluation de leur régime indemnitaire et le changement de statut.

Que dira, demain, le ministre de l’Intérieur devant ces interventions sans ménagement devant des manifestants pacifiques ? Quand même le droit de s’exprimer est interdit, quel sens donner du coup à la démocratie dont se targue le pouvoir et ses relais ? A ce titre, il est en effet difficile de convaincre ces manifestants bastonnés, et pourtant rouage important dans le système judiciaire, d’aller glisser un bulletin dans l’urne le 10 mai.

Liès H.

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