Le Matin d'Algérie

Halte aux lynchages faciles… Par Si Mohamed Baghdadi

Le sort des hommes publics qui, n’étant plus en poste, veulent continuer à se battre pour leurs idées, est-il d’être lynchés et voués aux gémonies par d’anonymes inquisiteurs ?

C’est ce qui vient d’arriver, pour la deuxième fois sur les pages du Matin, à Abdelhak Bererhi, parce qu’il a pris la responsabilité et le courage de débattre ; et donc, de s’exposer aux coups. Même aux coups bas les plus pernicieux et les plus odieux ; certains courageux, experts du clavier venimeux, confortés par un anonymat peu glorieux, n’ont pas hésiter à frapper plus bas que la ceinture. Cela les disqualifient, tout autant qu’ils disqualifient le site qui leur permet de verser leur bile à tort et à travers, sur ceux là même qui le méritent le moins.

La net éthique cela existe ou devrait exister dans un pays où les règles et les principes sont bafoués par princes et seigneurs du moment. Si non, il nous la faudrait créer, tous ensemble, par un effort commun. Le jeu en vaut la chandelle, pour mettre fin à cette ravageuse culture du dénigrement qui tend à remplacer la culture tout court. A saturer et pervertir nos débats qui devraient porter sur une appréciation objective des situations que vit notre pays et penser les solutions les mieux adaptées. Construire des alternatives, puis agir par tous les moyens et sous toutes les formes non violentes, pour les faire advenir.

Cessons de nous entredéchirer à coups d’invectives, d’injures et d’accusations surfaites, tenant de l’intoxication, semée à pleines menteries par les officines de l’ombre, au creux de complaisantes oreilles, se donnant la coquetterie d’être plus au fait que d’autres, des bruits et fureurs agitant le sérail et sa périphérie asservie. Tout ceci pour ébranler la société qui résiste, la décourager et l’écoeurer jusqu’à la nausée, par des propos loin de faire avancer la cause de ceux qui souffrent, des jeunes chômeurs, des harragas, « brûleurs » de routes et de vaisseaux plutôt que de pourrir sur pied, comme s’y complaisent certains.

Au lieu de dépenser tant d’énergie à faire mal, pourquoi ne pas l’utiliser à nous unir, réfléchir, travailler et agir ensemble, afin qu’advienne le changement dont tout le monde parle et rêve. A continuer à ce train, vous le savez tous, vous faites le travail des diviseurs et des redresseurs si prompts à servir leurs seigneurs, en brisant, au sein de la société civile, toute poche de résistance, tout espace où pourrait se débattre des alternatives économiques, politiques, éducatives et culturelles. C’est par l’action solidaire et plurielle, et non pas par le verbe démagogique et vipérin, que se construit le changement, porteur des besoins concrets, attentes et aspirations du plus grand nombre. Certes Abdelhak Bererhi n’a rien dit d’autre que tout le monde ne connaissait déjà, et son analyse rejoint celle du dernier d’entre nous, mais il a eu le courage de proclamer, publiquement, la vérité que toutes les algériennes et tous les algériens portent tout au fond d’eux-mêmes ; chose qui n’est pas donnée à tout le monde. Seulement pour cela, son edito mérite le respect.

Baghdadi Si Mohamed

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