Il pleut sur l’Algérien de telles analyses savantes sur le terrorisme qui frappe son pays qu’il en est venu – Dame, que faire d’autre ? – à se résigner à l’ignorance – mieux vaut ne pas chercher à savoir- puis à l’incrédulité. Al-Qaida au Maghreb ? Bof ! Un canular pour le bon peuple. Mais enfin, ce coup de filet anti-terroriste à Paris ? Coup de filet ? Chauffe, Marcel, chauffe ! Huit hommes, un Algérien, un Tunisien et six Français, arrêtés par la DST et soupçonnés de fournir du matériel informatique à la branche d’Al Qaïda au Maghreb ? La même qui a revendiqué le double attentat d’Alger le 11 décembre ? Cause toujours, tu m’intéresses…
D’ailleurs dans Libération de ce même 20 décembre, des gens très informés, et pas n’importe lesquels, Lahouari Addi, qui est professeur de sociologie à l’IEP de Lyon, François Gèze qui dirige les éditions la Découverte et Salima Mellah journaliste quelque part, des gens très informés donc se posent les questions de M. Tout le Monde : « Comment croire que des véhicules bourrés de près d’une tonne d’explosifs – selon la version officielle et celle donnée par AQMI – auraient pu se déplacer sans être interceptés par des forces de sécurité omniprésentes ? Comment croire qu’un groupe terroriste réputé être au bord de l’agonie (du fait des «coups de boutoir» de la répression antiterroriste, selon le leitmotiv de l’«information sécuritaire») aurait pu aussi facilement mener à bien de tels attentats, qui demandent des moyens matériels et humains ainsi qu’une capacité d’organisation difficilement concevables de la part d’un groupe «en pleine déliquescence» ? » Alors, ce coup de filet anti-terroriste à Paris ? Alors, on ne sait plus…Des figurants, sans doute…Un coup de Sarkozy…
Ils le disent dans Libé : c’est le «clan Tewfik», chef du DRS, qui a commis les attentats du 11 décembre pour punir Bouteflika qui « a pris, grâce à ses alliés, plusieurs décisions contraires aux intérêts des chefs du DRS et de leurs alliés civils : abrogation de la loi sur les hydrocarbures ; annulation de gros contrats avec des firmes américaines (dont un projet de quelque 2,5 milliards d’euros avec Anadarko) et liquidation de la société mixte algéro-américaine Brown & Roots Condor ; arrêt de la construction, déjà très avancée, d’une importante base militaire américaine près de Tamanrasset ; intensification de la coopération militaire (et des grands contrats d’armement) avec la Russie, etc. »
L’ennuyeux c’est que les Américains ne pensent pas comme nos trois personnalités informées et The Washington Post ne pense pas comme Libération. « Jusqu’à l’année dernière, la filiale d’Al-Qaida au Maghreb islamique n’était qu’une série de groupes de guérilla isolés dans le désert et les montagnes, ayant bien des difficultés à recruter, à se financer et à faire parler d’eux. Mais les attentats du 11 décembre au cœur de la capitale prouvent que le réseau terroriste a fait d’importants progrès dans ces trois domaines. » écrit Craig Whitlock dans The Washington Post. Et ce n’est pas fini. Alors que Lahouari Addi, François Gèze et Salima Mellah pensent que « le choix des cibles des attentats du 11 décembre peut être compris comme la délivrance de sinistres «messages» au clan Bouteflika, mais aussi à d’autres destinataires », messages lancés, évidemment par « le clan anti-Bouteflika », The Washington Post écrit le contraire. « En prenant pour cibles la Cour suprême et des agences des Nations unies, les terroristes ont lancé un défi aux autorités et apporté un démenti au gouvernement, qui avait annoncé la fin prochaine de leur organisation. Par la même occasion, ils ont prévenu qu’aucune partie du pays ne serait à l’abri de leurs attaques, mettant fin à dix ans d’un calme relatif dans une capitale étroitement gardée », écrit Craig Whitlock.
Bah, on saura bien un jour…
Zouèche
