Un peuple qui n’a pas la maîtrise du temps est condamné à tourner en rond. Ce week-end, si l’on ferme les yeux sur les ratés du démarrage du tram, l’heure était peut-être à l’euphorie dans certains quartiers est d’Alger, mais la déclaration lâchée par Amar Tou, le ministre des transports, laisse les esprits éveillés songeurs. « La ligne les Bananiers -les Fusillés est en chantier quant à l’extension vers Dergana, elle n’est pas engagée« . Une autre source d’Alstom affirmait à l’AFP qu' »il n’y a pas de délai d’achèvement du projet, nous avançons en fonction de la réalité du terrain« . Ainsi donc, au ministère des Transports, la notion de la gestion du temps est toute relative. Avec deux ans de retard sur la première tranche du tramway, les entreprises pourront prendre leur aise pour finir les 16 km qui restent, faisant fi des incalculables désagréments causés par les travaux aux citoyens et des surcoût inévitables. Personne ne semble offusqué par ce manque de rigueur. « Normal ! » diront les résignés. Pourtant, ce n’est pas normal que la rigueur ne soit pas la première vertu d’un gouvernement aussi bancal fût-il. Là comme ailleurs, on n’en est plus à une inconséquence près avec le gouvernement Ouyahia. Rappelons-nous les nombreux retards de l’autoroute Est-Ouest, ou les annonces vite démenties sur l’avancement des travaux du métro d’Alger, pour ne rester que dans le domaine des transports. En 2011, à l’heure du tout-vitesse, nos gouvernants n’arrivent toujours pas à comprendre que le temps c’est de l’or.
L. M.