Le Matin d'Algérie

Des cendres de Bouazizi aux cendres de Marrakech

Bouteflika était condamné en dictateur par les cendres des cadavres immolés. Le voilà qui renaît d’autres cendres, ceux de l’attentat de Marrakech. Trois jours après l’attentat qui a secoué la ville touristique du Maroc, le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, s’est envolé pour Washington où il a été reçu par son homologue américaine Hillary Clinton. A son retour, le voilà qui se répand en autosatisfaction.

M. Medelci s’est félicité de « l’excellence » des relations américano-algériennes tout en soulignant l’importance de renforcer plus encore cette coopération. « Ces relations qui sont déjà extrêmement importantes vont devoir se développer encore davantage sur les différents plans qui constituent la lutte contre le terrorisme mais également ce qui fait le développement global de notre pays », a -t-il-souligné. En fait, tout tient en une phrase de Mme Clinton : « Nous sommes très reconnaissants envers l’Algérie pour sa coopération dans la lutte anti-terroriste et les questions de sécurité en général ».

Il faut dire qu’on était aussi au lendemain de la mort de l’homme le plus recherché du monde, Oussama Ben Laden.

C’est que le régime algérien a toujours sur faire passer son hégémonisme au second plan grâce au rôle supposé ou réel qu’ils jouent dans la lutte contre le terrorisme au Sahel ou pour contrecarrer le problème « d’El Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) »et qui représente une menace importante sur la sécurité de l’Afrique et de l’Europe…

Il n’est pas rare qu’un responsable américain félicite l’Algérie pour ses progrès réalisés en matière de lutte antiterroriste et de sécurité dans la région sahélo-saharienne en général.

L’appui US aux dirigeants algériens a connu son comble en janvier 2010 quand Gina Abercrombie-Winstanley, la coordinatrice des programmes au Bureau américain de la coordination pour la lutte contre le terrorisme, a affirmé, lors d’une visite de travail à Alger, que «les Etats-Unis considèrent l’Algérie comme l’un de leurs meilleurs partenaires» en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme, ajoutant également que son pays «tire profit de l’expérience algérienne dans la lutte contre la menace terroriste».

D’ailleurs, le chef de la diplomatie algérienne a surtout rencontré, dans la capitale américaine, les hauts responsables de l’administration Obama spécialisés dans le domaine : Daniel Benjamin, Coordonnateur de la lutte anti-terrorisme et Williams Burns, Sous-secrétaire des Affaires politiques au Département d’Etat. L’agenda du ministre incluait aussi une importante rencontre avec John Brennan, Conseiller spécial du Président Barack Obama dans la lutte contre le terrorisme.

Louant les efforts engagés par l’Algérie au niveau de la région du Sahel pour lutter contre ce fléau, Daniel Benjamin a répété que la coopération entre les Etats-Unis et l’Algérie dans ce domaine a atteint un « stade de maturité ». Lors de sa rencontre avec le Coordonnateur pour le contre-terrorisme au département d’Etat, Daniel Benjamin, Mourad Medelci s’est félicité du développement de la coopération algéro-américaine sur le plan de la lutte antiterroriste.

La semaine dernière déjà, Daniel Benjamin avait souligné que les relations entre les deux pays en matière de lutte antiterroriste s’étaient « considérablement améliorées au cours des deux dernières années ».

A l’occasion d’une conférence consacrée à Al Qaida et ses groupes affiliés à la New America Foundation à Washington, le Coordonnateur pour la lutte contre le terrorisme au Département d’Etat avait déclaré qu’« un des aspects les plus importants, tel que le partage d’information et le développement militaire, avait permis d’améliorer nettement les relations des Etats-Unis avec le gouvernement algérien ». Le dirigeant américain avait entre autre fait référence à la première rencontre du groupe de contact entre les deux pays qui s’était tenue en mars dernier à Alger et à laquelle il avait lui-même participé.

Bref, Bouteflika regagne la sympathie américaine …grâce au terrorisme. Qui l’eût cru ?

Abdel

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