C’est dans les excès du président français que se dévoilent les dessous d’une cabale diplomatique contre Téhéran.
Hier, Nicolas Sarkozy a dénoncé « l’ampleur de la fraude » en Iran.
Pourquoi va-t-il si loin?
Aucun autre pays ne l’a fait.
Même les Britanniques, d’ordinaire très sourcilleux sur ces sujets, se sont contentés d’émettre de « sérieux doutes » sur les résultats.
Et Barack Obama s’est seulement déclaré « très troublé » par la répression.
Or, ce Sarkozy remonté contre Téhéran est le même qui s’est tu sur les autres fraudes.
Faut-il rappeler qu’avant même l’annonce officielle du résultat de l’élection présidentielle en Algérie, le chef de l’Etat a félicité Bouteflika pour sa victoire obtenue avec 90% des voix – un score dont « l’ampleur » n’a pas semblé troubler Nicolas Sarkozy?
Etrange, cette colère contre un président élu à 63% et ce silence complaisant sur un président » élu » à 90 % !
Faut-il rappeler qu’il s’est empressé de féliciter, avant tout le monde, Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev pour leurs succès électoraux dans les conditions que l’on sait, avec les fraudes massives qui ont été documentées et alors qu’à la différence d’Ahmadinejad Poutine et Medvedev n’ont jamais accepté de débattre à la télévision avec leurs opposants.
Faut-il enfin rappeler que Nicolas Sarkozy a félicité Ben Ali pour « les progrès de la démocratie en Tunisie » et qu’il a déclaré de Tunis où sont emprisonnés quantité de prisonniers politiques et où les élections sont aussi démocratiques qu’en RDA: « je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais de m’ériger en donneur de leçons » sur ces sujets.
Oui, étrange, cette colère sélective…
Sarkozy a dévoilé le pot-aux-roses iranien…
L.M.
D’après » L’actualité internationale décryptée par Vincent Jauvert, grand reporter au Nouvel Observateur »
