Il est le seul ministre touché par le remaniement. Le seul changement notable dans le nouveau gouvernement nommé par le président de la République. Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Abderachid Boukerzaza a été sacrifié, lui et son département réduit à un secrétariat d’État auprès du Premier ministre. Il cède sa place à Azzedine Mihoubi, directeur de l’ENRS, promu au poste de secrétaire d’État à la Communication.
Boukerzaza a fait les frais de son « indocilité » relative et assez étrange. « Les prestations de M. Boukerzaza à la tête de la communication et en tant que porte-parole du gouvernement sont souvent passées à côté, allant parfois à contre-sens de “la logique” gouvernementale, contredisant ses collègues sur des questions sensibles », écrit Liberté. En effet. Boukerzaza a contredit récemment le ministre de l’Intérieur et, encore plus récemment, la ministre de la Culture, à propos de l’interdiction du livre de Mohamed Benchicou, « Journal d’un homme libre ». Alors que Khalida Toumi affirmait « C’est moi qui l’ai interdit », le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Abderachid Boukerzaza, soutenait le contraire : « Le gouvernement n’a rien à voir dans cette affaire. »
Ce désaveu de la ministre de la Culture a soulevé la colère de la Présidence. Khalida Toumi endossait la responsabilité de la censure afin de « couvrir » El-Mouradia et Boukerzaza venait de tout démolir.
C’en était trop !
M. Boukerzaza, déjà dans l’oeil du cyclone pour avoir osé toucher à l’ENTV, chasse gardée de Bouteflika, venait de commettre l’erreur de trop.
Il n’est plus ministre.
Dans un pays qui a peur d’un livre.
Rabah T.
