Pourquoi aligner un philosophe, un vieux pays comme la Syrie et un costume de plage affublé d’un nom sorti on ne sait d’où ? Parce que l’hystérie collective et l’emballement médiatique éloignent plus qu’ils ne rapprochent de la vérité des faits. Paradoxalement, il faut faire appel à des éléments apparemment sans liens pour comprendre un fait divers. Une précaution pas inutile à une époque soumise au règne de tout, tout de suite…
Jean-Paul Sartre c’est une vision du monde où l’individu est libre, la Syrie c’est la contrée où l’homme a cessé d’errer à un moment de son histoire et le burkini, affreux néologisme, un costume qui déclenche haine et violence. Oui Sartre manque à cette France séduite à présent par des « philosophes » qui ont troqué, pour paraphraser Jean-Luc Godard, la rudesse de Marx contre les délices de Coca-Cola. Sa voix singulière a été remplacée par celle des Finkielkraut, Bernard Henry Lévy et du petit dernier Michel Onfray. Ce remplacement de la pensée des Lumières par les élucubrations des « nouveaux philosophes », est chargé de sens. Les Sartre, Diderot et autre Voltaire ont creusé les sillons d’une pensée qui a accouché d’une vision du monde, enfant modeste et doué de l’histoire. Quant à nos ‘’nouveaux philosophes’’, ils veulent faire rétro-pédaler l’histoire pour préserver un monde fonctionnant selon leurs certitudes.
Pour nous Algériens, Jean-Paul Sartre est un symbole, c’est la signature phare du « Manifeste des 121 » qui fut un coup de tonnerre en 1960 pour soutenir et amplifier l’écho de la lutte de notre pays. En pleine guerre, une telle position solidaire avec un peuple en rébellion, était passible de prison. Quand l’information arriva aux oreilles de De Gaulle, ce dernier répondit « on ne met pas Voltaire en prison ». L’homme politique d’une grande culture littéraire qu’était De Gaulle voulait signifier aux petits marquis de la police/justice que l’on a beau mettre physiquement un homme en prison, ses idées continueront à germer dans la société. Aujourd’hui, les idées qui saturent l’air, ce sont celles d’un Michel Onfray justifiant la torture de l’armée française qui ne serait qu’une riposte (donc « légitime ») au terrorisme du FLN/ALN. Celles d’un Finkielkraut qui exige que les enfants d’immigrés oublient non seulement d’où ils viennent mais qu’ils renient le passé de leur parents pour embrasser les valeurs de la France comme il l’a fait lui, fils de Polonais. Et enfin, le Bernard-Henry Lévy, le « philosophe » qui pour donner de la consistance à ses œuvres, pompe des « pensées » d’un philosophe(*) qui n’a jamais existé. Eh bien, ce BHL lui a carrément échangé sa chemise blanche de bellâtre contre une tenue militaire pour aller saccager la Libye et rêve aujourd’hui de la reddition de la Syrie. Voilà le triste et maigre tableau intellectuel qui fait office de Panthéon de la Pensée.
Hier, les Sartre, Deleuze et autre Foucault exploraient le monde dans toutes ses contradictions et sa complexité pour nous dire que l’histoire est loin d’avoir dit son dernier mot. Aujourd’hui, nos nouveaux « philosophes » font l’éloge des exploits de l’Occident. Quels exploits ? Armer et légitimer des forces sourdes au tic tac de l’horloge de l’histoire. En Syrie et en Irak, ce monde étale ainsi au grand jour ses inepties et son arrogance. Ceux qui véhiculent les idées à la « mode » pensent que leur « renommée » suffit à crédibiliser leurs ahurissantes propositions pour résoudre le conflit en Syrie. A titre d’exemple, le cas d’un professeur de Sciences politiques qui « exige » un cessez-le-feu immédiat et convoque la diplomatie pour en finir avec ce problème. Pourquoi la diplomatie car pour ce professeur émérite, les diplomates débordant d’imagination finissent par trouver la solution idoine. Oublier que la diplomatie repose essentiellement sur la rigidité du fer et l’intensité du feu des rapports de force, c’est faire preuve d’une bêtise abyssale. Il oublie que l’imagination des diplomates ne sert qu’à sauver la face de l’ennemi dans certains cas ou au contraire à l’humilier pour lui faire payer les humiliations qu’il a fait subir aux autres. Ce professeur ne connaît pas l’histoire de son pays quand Napoléon avait écrasé toute l’Europe mais une fois sa grande armée décimée dans les immensités neigeuses de la Russie, l’Autriche et l’Angleterre allaient lui faire boire le calice jusqu’à la lie.
Une autre voix de l’opposition syrienne qui s’exprime dans un grand journal français exige que l’on se débarrasse de l’Iran pour avoir la paix au Moyen-Orient, rien que ça ! On a envie de lui dire mais madame les USA, l’Arabie et Israël n’ont jamais cessé de cultiver ce rêve. Mais qui êtes-vous pour conseiller, suggérer, exiger une telle démarche à des puissances qui ont déjà épuisé tant d’hommes et de ressources pour matérialiser ce genre de fantasme. Depuis que BHL a réussi à entrainer un président français dans une aventure où ce président y trouvait son compte, apparaissent ici et là des « intellectuels » qui se prennent pour des stratèges. Et le plus extravagant c’est qu’on leur ouvre les médias pour délivrer de tels messages. La vigilance n’est pas de mise tant que les élucubrations de ces « stratèges » vont dans le sens de ce monde qui ne veut pas mourir face au monde qui se bat pour émerger (je paraphrase Gramsci). En revanche, les tribunes des médias sont hermétiquement fermées à ceux qui veulent chanter une autre chanson.
Le monde pollué par les idées des « nouveaux penseurs » (qualifiés par un vrai essayiste politique de « nouveaux réactionnaires ») et la guerre en Syrie engendrant un terrorisme tous azimuts alimentent l’hystérie qui balaie actuellement la France. Une population voyant des bombes explosées dans ses rues, des flots de réfugiés fuyant la guerre et concentrés aux frontières de l’Europe, assiste impuissante au comportement de son gouvernement qui aident là-bas (Syrie) des islamistes « modérés » et qui combat ici (France) une secte un peu moins « modérée ». La machine bien huilée de la propagande détourne la colère vers la population « basanée » pour faire oublier la folle aventure du gouvernement en Syrie. Dans un pareil contexte, tout prétexte est bon à prendre quand on a des comptes à régler datant de la colonisation ou par ceux qui, alléchés par les odeurs des prochaines élections s’emparent d’une telle opportunité pour combler le vide de leur programme politique. Et le burkini offre sur un plateau une image médiatique idéale qui libère toutes les peurs et les fantasmes à la fois sexuels et coloniaux.
En Algérie, nous connaissons sur nos plages le phénomène des femmes nageant tout habillées. Nous ne faisons même plus attention tellement est forte la pression dans le paysage culturel et religieux. Qu’en est-il en France de cette hystérie autour du burkini ? La presse nous apprend aujourd’hui que « l’affaire Corse » n’est pas due directement à une histoire de burkini. Pour ceux qui ont de la mémoire, il faut aller chercher du côté de cette ambiance « particulière » qui règne en Corse et qui a déjà produit des poussées de fièvres racistes dont souffre la communauté marocaine. Passons, car l’histoire du burkini dépasse la petite Corse. On n’en a la preuve avec l’emballement médiatico-politique se propageant à la vitesse d’un feu de forêt. Des maires de différentes communes ont vite pris des décrets interdisant le burkini sans prendre la précaution de vérifier sa validité juridique. Ce qui est révoltant c’est le signal donné à travers l’empressement des autorités sans anticiper les conséquences de leurs gestes. Un des effets de leurs décisions se traduit par la libération de la parole raciste. Au lieu de traiter le phénomène des burkas et autre burkini d’abord politiquement au sens noble du terme, on sort la grosse artillerie qui fait d’énormes dégâts chez les jeunes déjà malmenés par le chômage et autres stigmatisations.
Il faut qu’un jour ou l’autre on se donne en France les moyens politiques, idéologiques et culturels pour appliquer le fameux « vivre ensemble ». Commencer d’abord par assécher les marécages du malaise social et « identitaire ». En vérité, ces jeunes souffrent du regard qui colporte des images confectionnées par les préjugés et lieux communs de la société. Et ce regard est à l’origine des freins rencontrés à leur insertion sociale, donc à un travail en rapport avec leur compétence.
En un mot et pour le dire brutalement, c’est la rencontre de la France moisie qui a ouvert les portes aux pays du wahabisme diffusant leurs idées moyenâgeuses. Cette alliance (misère sociale et idéologie misérable) explique le désarroi et les dérives d’une certaine jeunesse des banlieues. L’espoir n’est donc du côté de cette France conservatrice, opportuniste aussi bien en affaire (avec les pays du Golfe) qu’en politique (siphonner les voix du FN (Front national). Pour aller vite, disons l’espoir est du côté de cette France de Sartre qui tient à la laïcité car cette loi garantit la liberté de pensée et de conscience religieuse, agnostique ou athée à tous les habitants du pays. L’espoir viendra de ces jeunes qui finiront par démasquer les diffuseurs du wahabisme dont on connaît la pratique et les ravages au Moyen-Orient. Encore faut-il les aider à cultiver cet espoir et les faire rêver en direction d’autres horizons. Comme dit la maxime, il n’y a que les preuves d’amour qui font palpiter les cœurs des amoureux qui s’adonne aux jeux antiques de la séduction…
Ali Akika cinéaste
(*) Bernard Henry Lévy a cité des passages d’une œuvre d’un philosophe inventé par Le Canard Enchainé. BHL est tombé dans le piège et depuis il est la risée du petit monde intellectuel qui doutait déjà de son titre de philosophe.

Euréka ! J’ai la solution.
Puisqu’on ne peut ni interdire le burkini ni l’autoriser .
Il faut supprimer la saison estivale !
Sauf que ce n’est pas parce que le thermomètre ment qu’il n’y pas de fièvre.
C’est accordé beaucoup d’importance à BHL et comparses que de laisser accroire qu’ils ont une influence ou une quelconque responsabilité dans cette histoire de burkini. Et Jean Saul Parte comme disait Vian, malgré son immensité, quelle influence avait-il sur la société ? Voltaire lui même était plus paria que guru.
C’est vrai qu’il aurait moins de problème avec le burkini que dans ce qu’on en dit. Mais moi ce qui m’inquiète c’est ce qu’il cache. Pardonnez-moi cette formule. Mais c’est là la véritable question : Que cache le burkini ?
La mauvaise conscience est une poufiasse de muse ! Avec elle c’est difficile de faire la part de l’âne à Lyse et celle de l’âne à Mnèse. Le choc post-traumatique d’un syndrome de Stockholm chronique et la culpabilité de l’homme blanc qui le lui a causé.
Ces zimmigris sont vraiment cruels de rappeler comme ça à Bwana les dégâts qu’il leur a causé.
Quand le paternalisme gaucho-paternaliste radine au secours du lumpenprolétariat immigré qui peine à se faire une conscience de classe. C’est normal que les zimmigris fassent feu de tout bois, msakène, comment voudriez vous qu’ils se forgeassent une idéologie sans puiser aux sources de leur khramayement pour exprimer leur désarroi ?
Et c’est sur cette vague que des chakhsiyates zimmigris ont choisi de surfer. Elles ont décidé de réagir contre le stigmatisage des musulmans.
Une bonne partie de ces personnalités ne doit sa réussite sociale qu’à sa docilité et sa promptitude aux takrirates ainsi qu’à leur singe-savantisme d’indigène qui a réussi. Et qu’est-ce qui manque à leur gloire ya Kichi , atonavi ? La reconnaissance , ih ! Wech m’la reconnaissance ? Comme autorité scientifique, cul-turelle, nagh jissipaquoi d’autres prouesse s? Non, khati ils veulent être reconnus comme musulmans, ya boureb !
Est-ce tikouni la chanson : « ad yekhda3 rebbi frança id yarène qaci d.arguez » ?
Les intellectuels d'Algérie ont aussi manifesté leur opposition contre le quatrième mandat de Bouteflika , J.P.Sartre aussi l'a fait contre le système Colonial en manifestant sa sympathie au FLN . On ne peut exploiter le désarroi de son peuple pour s'imposer à lui comme étant la solution dans ce qui fait son problème .L'administration coloniale voulait aussi faire œuvre de bienfaisance au travers de son" Code l'indigénat" juste pour rempiler aux élections.
Quelqu'un va-t-il dire un jour à ces incapables qui dirigent la France, que chaque fois qu'un des leurs tient des propos négatifs ou dégradants à l'égard des musulmans de quelque pays qu'ils soient, que chaque fois que leur gouvernement prend des décisions arbitraires et inconstitutionnelles à leur égard, ce sont des centaines si ce n'est des milliers de vocations terroristes qu'ils suscitent !
Le terrorisme en France, peuple français, c'est votre gouvernement lui-même qui l'alimente et personne d'autre.
Salut a Dda Vewaq !… Non je n’ai pas entendu cette chanson, mais je connais un ancien diction qui dit : « d’el-hif g-ergazen ay-k-yerran a-âli d-argaz. » (c’est le manque d’hommes qui fait de toi un homme, Ali.)
Pour paraphraser ces cheikhs vénérés, Marx et Engels je dirai, : “l’idéologie de la nation dominante est l’idéologie dominante sur terre.” Quand la France avait produit Voltaire elle était la nation la plus puissante (ou presque) sur terre, et du temps de Sartre, elle était au moins encore assez puissante pour se sentir très forte. Les nouveaux parvenus sur la scène du Vieux-Monde, ces rustiques nouveaux-riches américains, n’avaient pas encore assez de confiance en eux-mêmes politiquement et culturellement pour affirmer haut et fort leur hégémonie sur terre. Mais depuis quelques décennies, il n’y a plus à tortiller : les USA sont bel et bien le rebb-el-meqla sur terre, dans tous les domaines. Maintenant, il est clair que leur idéologie est l’idéologie dominante sur terre.
L’idéologie est la façon de voir et ressentir le monde. Prenons juste un petit exemple qui montre à quel point la culture US a bousculé la France en particulier. D’abord, il y a la place de la langue anglaise qui a complétement rendu le français obsolète en dehors des pays francophones. Il y a trente ou quarante ans, le français jouissait encore d’un prestige certain aux yeux des américains alors qu’aujourd’hui c’est soit comme s’il n’existait pas, soit un objet de ridicule. J’ai entendu plus d’une fois des gens rire en me disant qu’un petit feuillet en anglais devient un gros livre quand on le traduit en français. Quand j’étais tout petit, quand on écrivait une lettre, il fallait apprendre toute une chiée de formules “d’appel” et de “congé” selon le destinataire, et malheur à celui qui écrivait “veuillez agréer l’expression de mes ceci et cela” au lieu de quelque autre formule jugée plus appropriée ! Il fallait tout un stage pour apprendre tout ça ya boureb! Les américains, eux, ont toujours eu une formule toute simple: il faut écrire un mot ou deux pour dire merci, ou cordialement, ou sincérement à la fin de la lettre, quel que soit l’envoyeur ou le destinataire. Voilà où on voit l’effet de la domination idéologique US : il y a 50 ans et plus, le français était considéré comme élégant, raffiné, recherché, des qualités admirées et enviées. L’anglais (l’américain plutôt) était et est encore très court et abrupt, entrant directement dans le sujet, sans ambages, peu élégant. Aujourd’hui les attitudes ont changé : c’est la briéveté qui est recherchée et appréciée, pas le raffinement et le langage fleuri et élégant. C’est parce que l’américain a imposé cette attitude, sans aucunement le faire délibérément, juste par osmose, juste parce que les idées du plus fort sont toujours les plus fortes. Time is money disent-ils, le temps c’est de l’argent, il ne faut pas le perdre en formules creuses et chiantes. Sous cette domination idéologique US, la France peut-elle produire quelqu’un de l’envergure de Voltaire ou de Sartre ? J’en doute fort. Non pas parce que personne en France ne pourrait avoir des idées percutentes, mais parce que le contexte ne lui permettrait plus de rayonner. Si Sartre avait vécu de nos jours, il n’aurait pas le même rayonnement qu’il avait. La France a tout simplement perdu l’initiative dans le domaine, et aujourd’hui le mot « intellectuel » ne veut plus rien dire. L’argent a bel et bien battu l’intellect à plate couture.
@Kichi Duoduma et @ Hend Uqaci Ivarwaqène:
Au moins 3 autres éléments à prendre en compte dans la tentative d'appréhender ces nouveaux phénomènes liés aux musulmans de France" (comme il a dit lui) ou aux zimigris si vous préférez.
Seulement, pour faire le tour de ces 3 éléments, yahsaviyi Rabbi adnawi la nuit balak.
Tout d'abord, l'évolution de ce que l'on appelle la Gauche française à travers le temps.
Ensuite, l'évolution du phénomène migratoire (vers la France bien sûr) ainsi que les caractéristiques socio-culturels des populations immigrées originaires d'Afrique du Nord des 30 dernières années.
Et, enfin, l'état des pays et sociétés d'origine de ces populations immigrées.
Attention, je ne fais pas mon sociologue à deux centimes d'euros; j'essaie juste de traduire en des termes un peu clairs ce que je pourrais condenser sous la formule suivante:
"iniyid, anwa idh vavak, anita idh yemmak, anita i tsamourthik, dhachou i thaghridh, ayghar idoussidh ar França, anwa i théts3âcharédh nagh ithéts'khaladhédh en France …akdinigh ayghar i th'hémlédh le burkini, ayghar i th'hémlédh atchédh halal, ayghar , ayghar …."
Salut “quelqu’un” !… Comme tu le dis, bien sûr, on pourrait en discuter non pas une nuit, mais des semaines entières. Il me vient tellement de choses à l’esprit en y pensant que les idées se bousculent trop et je ne sais laquelle sortir la première ou la dernière. En ce moment, ton post a élicité en moi cette réponse: un adage anglophone dit “a little knowledge can hurt you”, c’est à dire “un peu de savoir peut vous faire du mal”. Dans le cas que nous discutons ici, un peu (mais pas assez) de savoir peut faire énormément de mal. Nos prédécesseurs émigrés étaient pour la plupart illettrés et ils savaient qu’ils étaient illettrés. Ils avaient cette humilité, et ils avaient du respect pour le savoir. Ils ne savaient pas grand-chose et ils savaient qu’ils ne savaient rien en dehors de leur monde à eux. Le problème est la nouvelle vague d’immigrés la plus récente. Ils sont frottés d’un petit peu de savoir, juste au delà de l’ignorance la plus totale, mais ils croient tout savoir. Ils se sentent assez nombreux et arrogants pour imposer leur mode de vie dans les sociétés chez lesquelles ils sont allés quémander l’asile au lieu de s’adapter aux mœurs locales. Le musulman est élevé avec le sens qu’il est un être humain special, au sein de l’élite de l’humanité, favorisée de Dieu. Tout imbu de ce sentiment, il atteint l’âge adulte et puis il se rend compte, consciemment ou inconsciemment, qu’on s’est moqué de sa gueule, qu’il est en fait le dernier des derniers sur terre. Ce n’est pas facile de tout remettre en question comme ça et décider qu’on va s’adapter et vivre comme un européen puisqu’on est en Europe. Les énormes chaînes psychologiques avec lesquelles on est venu ne se rompent pas si facilement.
Mais ça, c’est juste la surface des choses. Le fond des choses est plus profond et plus important: l’explosion de la démographie, l’explosion des nouveaux besoins et l’incapacité de les satisfaire. En ce moment, je ne vois pas quel espoir un pays comme l’Egypte, le Maroc ou l’Algérie auraient qu’un jour pas trop lointain ils pourraient fournir à tous leurs habitants un niveau de vie assez décent pour leur faire oublier l’exil en pays étranger. C’est un cercle vicieux: plus les gouvernements font, et plus ils ont besoin de faire à cause de la démographie. D’ailleurs ils ne font presque rien de toutes façons. L’Algérie a déjà 40 millions d’habitants, c’est trop ! Un jour ou l’autre quelque chose doit casser quelque part, et ça a commencé à casser.