Le Matin d'Algérie

Abdelaziz Bouteflika appelle les Algériens à se serrer la ceinture

Après avoir fait longtemps dans la dépense à outrance dans des projets de prestige, le chef de l’Etat incite les Algériens à faire des sacrifices.

Rattrapée par la crise, l’Algérie voit sa rente pétrolière fondre au grand désespoir de la nomenklatura et autres affairistes qui en auront profitée. Elle va mal. Ses rentrées en devises sont divisées par trois. Mais les besoins sont toujours immenses et les transferts sociaux pour acheter la paix sociale importants. Aussi, que fait le président pour remettre le pays sur le chemin des réformes ? Après avoir tergiversé depuis plusieurs mois, il commence à distiller les informations sur la gravité de la situation. Prudemment, il avance ses pièces pour faire passer la pilule. Il vient d’ordonner « le gouvernement de dire la vérité au peuple sur la conjoncture actuelle ». La solution ? Pour le président il faut que « nous adoptions tous un mode de consommation adapté à ce que nous produisons comme richesse et que nous renoncions à l’économie basée essentiellement sur les recettes des hydrocarbures en vue de passer à une économie diversifiée axée sur l’Agriculture, l’Industrie et les Services ».

Plus facile à dire qu’à faire quand on sait qu’il a eu tout le temps pendant ses trois mandats et demi de faire basculer l’économie algérienne de la rente à une économie productrice de richesses, ce qu’il a échoué (ou n’a pas tenté) de faire.

Courageux ! le président poursuit sa diatribe in abstentia : « J’ai appelé le gouvernement à accompagner la société pour bannir et lutter contre toute forme de gaspillage et de dilapidation et à prendre les mesures nécessaires en vue de rationaliser les dépenses publiques ». Qui dit mieux après tous les scandales de corruption qui ont éclaboussé les hautes sphères ?

Après avoir fait la cigale, le président invite les Algériens à devenir des fourmis. A produire ce qu’ils vont consommer !!! Demander aujourd’hui des sacrifices aux Algériens, c’est reconnaître à moitié son échec et confirmer que son règne n’a fait que perpétuer l’économie de rente en vigueur depuis le boom pétrolier.

Yacine K.

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