« À prévoir les dangers le sage est attentif, quand le péril est là, tout conseil est tardif. » Citation de Publilius Syrus ; Sentences – Ier s. av. J.-C.
L’heure est grave ! Le sort du peuple et de la nation se trouvent, désormais, entre les mains d’un pouvoir occulte oligarchique, sans légitimité populaire aucune, abusant de la confiance et profitant de la maladie d’un plus que septuagénaire Président dont les fonctions physiques et facultés mentales sont sérieusement atteintes, amochées par les ravages d’un AVC (Accident vasculo-cérébral), en lui faisant porter la casquette sur les bouleversements politico-sécuritaires ambiguës que traverse actuellement le pays, alors que les menaces terroristes sont à nos frontières.
Comment en est-on arrivé là ? A son retour des Invalides, l’ordre fût donné par le chafouin du sérail de lâcher les chiens, et l’on s’en souvient de l’attaque frontale d’Amar Saidani, le taulier de service, contre le DRS et son chef : un général major de l’Armée nationale populaire de surcroît. Initiative, du reste, qui a suscité beaucoup d’interrogations sur ses desseins sournois et inavoués par la presse locale. A quelle injonction obéit-il ? Les baisers des Judas politiques et militaires qui en suivirent, ne servaient qu’à retarder l’échéance pour mieux dégarnir ses moyens de défense.
Et tel une mécanique bien huilée, le démantèlement du DRS, cette colonne vertébrale du pays, commença par la dissolution de sa police judiciaire, celle-là même qui a enquêtée sur les scandales financiers, suivi tour à tour, du GIS, sa troupe d’élite, du service économique et de la SCORAT, dont le chef le général Hassan est curieusement jeté à l’opprobre populaire par médias interposés, et mis en prison. D’autres cadres, fidèles aux services seront tout bonnement admis à la retraite malgré leur jeunesse, leur expérience et leur professionnalisme.
Vidé de ses prérogatives, de ses matières grises et de sa force, le DRS est devenu tel une arène de tauromachie où tant d’estocades finales furent portées jusqu’au taureau de tête : le général Mohamed Mediene dit Toufik. Tantôt haï, tantôt acclamé, l’on prête à l’homme ses positions légalistes et nationalistes notamment et bien d’autres choses. Il aura marqué ainsi un pan de l’histoire trouble postindépendance du pays.
Et plus que jamais auparavant, l’Algérie, notre pays, traverse une hallucinante situation politique avec un Etat sommeillant et une vacance d’un puissant contre-pouvoir, garant et défenseur de la volonté et des aspirations du peuple, ses représentants incultes aux hémicycles soudoyés, se sont depuis fort longtemps, mis serpillère pour ne pas à subir les foudres de leurs généreux donateurs. (Ad hane essir issir). L’inspection générale des finances et l’observatoire national contre la corruption sont bien restés muets depuis leurs lancements, et ce n’est pas demain qu’ils sortiront de leur silence.
Le champ est désormais libre aux nantis de la république, leurs larbins et leurs gros-bras de faire ce qu’ils veulent sans avoir à craindre une quelconque autorité pardi ! L’autorité c’est nous… Un péril en la demeure qui se fait criard.
Et maintenant libre cours et sus à la politique du bazar, de l’import-import et de l’évasion fiscale, à l’oppression et à la tyrannie des puissances d’argent, et à d’autres ministres véreux usant de leurs statuts et privilèges, qui continueront à se sucrer sur le dos de l’Etat et du peuple en toute impunité. Il est vrai que leur ex-collègue Chakib Khellil s’est fait cas de jurisprudence et exemple pour leur bon vouloir.
Les jeunes désœuvrés, les écoliers, les retraités, les sans ressources, les sans domicile fixes, les malades de Kef Lakhdar, de Khenchela, d’In Salah, de Djurdura, des Aurès et des contrées lointaines de l’Algérie profonde, continueront, eux aussi, à traîner leurs godasses vers un futur noirci encore plus par une chute des prix du pétrole et les mesures d’austérités qui vont avec. Ils devront attendre, encore quelque temps, pour qu’une politique de commisération voit le jour pour mettre fin aux aléas et les vicissitudes qui leur font la vie dure.
Et demain est un autre jour !
Brahim Ferhat
