Tel Néron jouant de la lyre et chantant,au sommet du Quirinal,pendant que la ville de Rome brûlait,le régime de Bouteflika, avec ses copains et ses coquins, ses larbins et ses gros-bras, ses puissances d’argent mal acquis, ses corrompus ont fini par achever les milles rêves et milles espoirs placés sur la manne financière jamais collectée auparavant.
Près de 800 milliards de dollars sous l’oeil bienveillant d’un Said Bouteflika, acoquiné à l’ex-ministre en cavale Chakib Khelil et ses scandales, sont partis en fumée en éphémères projet « culturels » dont Khalida Messaoudi s’en est bien délectée des années durant. On n’oublera pas l’autoGhoul et l’autre grand bâtisseur devant l’éternel, Ali Haddad et l’urgence du moment, une gargantuesque réalisation architecturale toujours en construction avec ses surcoûts budgétaires, la Grande mosquée d’Alger avec le plus long minaret d’Afrique.
Tout ça est une politique de prestige bien huilée. En vérité, un caprice présidentiel pour en faire une sorte de panthéon des immortels louant leurs butins et leurs gloires et il n’est pas à exclure demain de voir fakhamatohou et sa smala y être enterrés aux bons souvenirs du petit peuple avec ses sans-abris, ses sans le sou et ses malades mentaux. Il est assez curieux de constater qu’au moment fort du terrorisme ayant endeuillé notre nation, près de 150 000 compatriotes ont fui le pays alors que 750 000 Algériens l’ont quittés sous l’ère Bouteflika.
« Par le peuple et pour le peuple. » Allons donc, une formule bien creuse depuis 1962, l’année de la confiscation de sa parole et de ses aspirations. Une bonne blague. Après avoir anesthésié la voix du peuple et soudoyé leurs légitimes représentants aux hémicycles de l’A.P.N et du Sénat, paralysé les maires et dépouillé le DRS de sa police judiciaire et démembrer le GIS, sa force de frappe, à quelle institution le clan présidentiel devra-t-il rendre des comptes sinon à lui-même ? Le pouvoir absolu mène à tous les excès.
Et l’autre jour Abdelmalek Sellal, en bon personnage de La Fontaine, tantôt en chien, qui emporté par les vagues, se vantait d’être un bon nageur et tantôt en cigale, fort dépourvue, s’en allant crier famine à la fourmi… S’égosillant à qui mieux mieux pour nous faire la part belle d’un gouvernement, surpris dans son sommeil, par la chute brutale des prix du pétrole. Gouverner c’est prévoir, dit l’adage, et partant, notre ministre des Finances ne s’est pas fait prier pour imposer une nouvelle taxe foncière, pour renflouer les caisses de l’État.
Dans sa déclaration publique du soixantième anniversaire du 20 août, le Premier ministre, toute honte bue, a demandé aux Algériens de se serrer la ceinture pour des lendemains incertains, tout en se montrant rassurant sur la pacifique atmosphère prévalant en hauts-lieux. Après s’être appuyé sur le clientélisme et le farniente ces quinze dernières années, dilapidant à tour de bras le denier public pour s’acheter la paix sociale avec ses voix et ses urnes, sans considération aucune, sur les retombées socio-économique, hypothéquant sérieusement l’avenir de notre pays, ne voilà-t-il pas que moult mesures d’austérité sont proposées dans un contexte de rentrée sociale qui s’annonce à haut risques, et pour faire sérieux, tour à tour, des ministres sont envoyés au charbon et sous les sunlights faire leur cinéma en congédiant sur le champ de leur promenade ministérielle tel ou tel responsable en faisant fi sur sa dignité humaine.
Un malheureux lampiste, histoire de se faire bonne conscience et donner des gages à un peuple exsangue des multiples viols de ses droits et de ses richesses. En vérité,cette déliquescence de l’Etat n’est pas pour étonner depuis une quinzaine d’années, où l’on a délibérément foulé aux pieds les artifices juridiques censés baliser la voie pour faire triompher le droit, et le droit de ceux qui sont dans le droit dans un pays de Droit. De quoi sera fait notre lendemain ? Nul le sait, sinon Dieu, tout puissant !
Brahim Ferhat
