Je viens d’apprendre que l’Algérie dispose à la fois de plus de 90 milliards de dollars de réserves de changes et de 600 000 enfants victimes de malnutrition. Je sais ce qu’on va me dire : tu n’y connais rien en économie ! Et c’est vrai en plus…
Je ne suis experte en rien, et j’ai bien entendu le gouverneur de la Banque d’Algérie, un homme compétent, paraît-il, dire à la télé que les réserves en devise constituaient un « élément de sécurité très important pour l’économie algérienne contre d’éventuels chocs externes ».
Je ne sais pas ce qu’est exactement un « choc externe » mais si le gouverneur de la Banque d’Algérie en parle, c’est que cela doit être quelque chose de grave. Je n’y connais en économie. Mais alors y-a-t-il un diplômé de Harvard ou de Cambridge pour expliquer à l’ignorante mère de famille pourquoi les réserves en devise sont un « élément de sécurité très important contre d’éventuels chocs externes » et pas « contre les incontestables chocs internes » ?
C’est à dire pourquoi l’Algérie avec plus de 90 milliards de dollars de réserves de changes n’a pas amorti le « choc interne » de 600 000 enfants victimes de malnutrition ? Ou comment avec plus de 90 milliards de dollars de réserves de changes l’Algérie accepte de subir le « choc interne » de regarder mourir ses jeunes harragas en mer…
Je vois sortir les griffes des partisans du président : encore un mauvais procès à Bouteflika ! Non, promis, juré, je ne reprocherai rien à Bouteflika. C’est sans doute un homme incompris à qui l’histoire rendra justice un jour. Je veux juste savoir… Et je ne souhaite à mon pays aucun « choc externe ». C’est grave, dit-on, un « choc externe » et 90 milliards de dollars de réserves de changes suffisent à peine pour s’en prémunir. Si, si, c’est M. Leksaci qui le dit.
Je voudrais juste prier pour nos « chocs internes » qu’on n’apprend ni à Harvard ni à Cambridge. Prier pour que quelques dollars arrivent aux 600 000 enfants victimes de malnutrition. Sans bien sûr exposer l’Algérie aux « chocs externes ». Je veux juste prier… Puisqu’il m’est interdit de savoir…
Tayabet El-Hammam 007
