Le président aux quatre mandats a disparu de la scène nationale. Normal, diront les Algériens, on est habitué à ses absences depuis son séjour haut de gamme à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce.
Aucun officiel n’a le courage de dire la vérité aux Algériens. Un voile de silence complice recouvre les secrets de la santé d’Abdelaziz Bouteflika. Dix jours d’absence sans qu’aucun ministre ne soit capable de dire aux Algériens qu’est devenu « leur » président. Pire, sur le site de la présidence, la dernière activité du président recensée remonte au Conseil des ministres du 26 août. C’est dire le décalage. Manifestement le temps présidentiel échappe au temps des simples mortels.
Mais qu’on ne s’y trompe pas. Bouteflika est plus présent qu’absent. « Il travaille 24h sur 24 », assure le doigt dans le nez Amar Ghoul. Les autres ministres ne font pas mieux. Pourtant les rares apparitions qu’on lui connaît donnent le triste spectacle d’un homme malade peinant à articuler la plus simple des phrases. La séquence du conseil constitutionnel est, à ce propos, révélatrice des limites physiques, voire mentales, du président.
C’est décidément l’écume avant la tempête !
Alors pourquoi chercher où notre cher président peut bien être alors qu’il a réussi le tour de force qu’aucun candidat à la présidentielle n’a jamais fait sur terre ? Se faire élire sans faire le moindre discours, la moindre sortie publique… le tout grâce seulement à ses prêtres. Ils assurent le service après-vente sans ciller, avec panache. Ils font tourner les moulins en l’absence du meunier et donnent du grain à moudre à ceux qui en veulent bien. D’ailleurs c’est bien pour ce rôle qu’ils ont été choisis. Pas pour des compétences avérées dans la gestion des affaires publiques. En la matière, le résultat est là : une Algérie riche de sa rente, des dirigeants en manque d’imagination et de fil en aiguille un tissu économique rudimentaire basé sur l’importation et la rente.
Pas seulement. Amar Ghoul et ses semblables traînent quelques lourdes casseroles qui leur auraient valu la prison dans une véritable république. Mais qu’ils soient rassurés, on est encore dans une djoumloukia, comme dirait Mohamed Benchicou. Et ils y travaillent actuellement derrière les portes blindées de leurs résidences pour qu’on y reste pour un bon bout de temps.
Eh oui c’est que le président peut aller se reposer avec 15 ans de règne sans partage. Ses prêtres veillent avec un zèle sourcilleux sur le bonheur des Algériens et la bonne marche… des affaires.
On vous le dit : on n’a pas besoin de le voir. D’autres le font vivre. Jusqu’à quand ?
Yacine K.
