Le Matin d'Algérie

Benachenhou, le dur métier d’aventurier

Rappelez-vous sa déclaration historique : « Les Algériens sont des citoyens gâtés ! ». C’est dans El-Watan du 29 septembre 2004. La belle époque ! Benachenou n’est pas un roturier.

Il n’aime pas le caprice plébéien : manger du pain à la place de la viande, habiter un bidonville au lieu d’un loft de 200 mètres carrés, mettre des fringues usés plutôt que du Pierre Cardin… Impardonnables fantaisies populaires ! Abdelatif Benachenhou est pour la sobriété et gagne sa vie comme il peut.

Son salaire d’ancien ministre, ses primes et ses diverses rémunérations internationales ne lui suffisent pas, mais il ne se plaint jamais. Ce n’est pas un « citoyen gâté » ! Il a appris comment s’en sortir seul : en courant après l’argent. Où qu’il soit. Dans les caisses de l’Etat de préférence.

Ou, à défaut, en vendant des secrets d’Etat, de l’Etat qu’il servait il y a à peine un an ! Abdelatif Benachenhou, grand argentier du pays, a offert ses services au Crédit agricole, une banque française qui a soumissionné pour acheter le CPA et à qui il vend des « ficelles » que seul connaît un ancien ministre des Finances.

Contre quelques milliers d’euros, il dévoile les combines : comment « doubler » ses concurrents, comment « blouser » les Algériens, comment « taper » dans les réserves de change algériennes, comment intervenir dans le créneau juteux et sans risque de l’import -import et des crédits à la consommation plutôt que dans l’investissement. Benachenhou s’est même fait l’avocat des repreneurs français, la semaine dernière, sur El-Watan !

Passer de ministre de la République à vulgaire aventurier… Que ne faut-il pas faire pour n’être pas un « citoyen gâté » !

Tayabet El Hammam 007

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