L’histoire retiendra que le jour du 4ème anniversaire de la réélection de Bouteflika, on enterra ces onze garçons qui voulaient fuir le pays sur une barque trop petite.
Et que ce fut le seul évènement de cette journée maudite.
Ils étaient partis de nuit, entre jeudi et vendredi, pour fuir la vie perdue dans ces faubourgs miséreux de Tiaret, dans cette cité Volani et dans ce Préfabriqué qui ressemblent à la prison, fuir Biban-Mesbah, la ferme Djellouli Missoum et le lieudit Araar. Ils étaient amis, peut-être parents…
Ils s’appelaient Mustapha, Hocine, Khaled, Saad, Benaouda…Et on n’a pas de nouvelles du jeune Bouchadjra
Au village de Biban Mesbah on dressa des tentes devant les logements misérables des quatre familles pauvres et endeuillées. Le père vivait de l’extraction de pierres, là-bas, près du village. Elles ont perdu huit enfants.
Même la famille Bouchedjra a dressé une tente devant la porte bien qu’elle n’ait pas trouvé son fils. Elle sait que Mohamed ne reviendra pas.
Biban Mesbah. A l’entrée du village, ils écrivaient ces tags que la commune effaçait à chaque fois : « c’est ici que s’arrête la vie ».
Ils s’appelaient Mustapha, Hocine, Khaled, Saad, Benaouda…Et on n’a pas de nouvelles du jeune Bouchadjra.
Et ils furent enterrés le jour du 4ème anniversaire de la réélection de Bouteflika.
Et ce fut le seul évènement de cette journée maudite.
L.M.
