Le Matin d'Algérie

Ces frères ennemis qui tuent les amis des peuples

Ils sont frères par la religion ou par le clan tribal. Ils sont islamistes ou militaires. Ils ont en commun la haine du démocrate et les droits des peuples qui vont avec.

De palabres en palabres, de Saint Egidio à la démocratie islamique, les faux dévots brandissent cet oxymore aux fausses vertus ennemies des droits et des libertés des peuples, quitte à devenir leurs fervents complices. De Rabat au Caire, ces faux dévots en conciliabule négocient leur survie et tolèrent l’intolérance des frères ennemis pour le sauvetage de leur déchéance.

Autant être frères des frères ennemis et palabrer sur le « qui tu qui ? », pour se frayer un chemin dans l’arène des vainqueurs et éviter ainsi leurs balles assassines. Autant être les frères des frères ennemis et solidaires contre ce dangereux concurrent pour le pouvoir, qu’il faut abattre sans scrupule au firmament de sa lutte.

Pendant que les amis des droits des peuples gémissent sous la répression aveugle des clans et des balles assassines des bigots. Pendant que les amis des peuples subissent la répression féroce des services et les balles assassines de l’intolérance des obscurantistes.

Tué Tahar Djaout. Tué Ali Mécili. Voilà venu le temps de la mort chez nos amis ; tué aussi Chokri Belaïd, lâchement anéanti, lui et ses rêves de démocratie. Tués les rêves de liberté pour son peuple avili. Tuée la vie qui a jailli de la mort de Bouazizi. Tuée la liberté, poignardée dans le dos de l’effervescence de sa Constituante.

Autant est meurtri le corps de l’ami des peuples, autant c’est peine perdue les frères ennemis, car de la mort du martyr jaillit la vie des hommes libres. De la mort de tous les martyrs que vous causez, ces combattants de la liberté, jaillit le discrédit de votre idéologie. Ni vos frères ennemis, ni vos amis d’un jour, ces faux dévots arrimés à vos victoires illusoires ne vous seront d’aucune utilité ni secours.

Vos meurtres sont l’expression de vos défaites à venir et le bannissement inéluctable de votre alibi qu’est l’islam politique et votre béquille, la religion, à jamais, du champ politique.

Youcef Benzatat

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